Chapitre 3

C'est seulement sur le chemin du parking que Soraya se rend compte qu'elle n'a pas à commencer aussi tôt le lendemain, étant donné que les tours de qualifications du lendemain sont prévus pour 22h, et dans un élan de motivation, elle fait demi tour, plutôt motivée à passer un peu plus de temps avec tout le monde, ne les ayant après tout pas vu depuis longtemps. Elle fait donc une nouvelle apparition, entrant comme une reine dans les bâtiments où encore pas mal de personnes se trouvent.

Max et Sergio sont tous les deux en train de discuter, et la rouquine croise le regard du premier qui lui fait un sourire sans l'air d'y avoir réfléchi. Ce qui rend là chose bien trop adorable. Mais avant de s'attarder là dessus, elle rejoint le petit groupe de Charles, Carlos, Lando, Daniel et Pierre.

- Bon ça fait un petit moment qu'on discute, c'est bien beau, mais est-ce que tu compte nous expliquer la raison de ta présence ici ? Demande Pierre en se penchant légèrement vers la jeune femme.

- J'admets que moi aussi je veux savoir, dit Max, qu'elle n'avait pas vu arriver, juste derrière elle.

- Ça va, ça va, je vais vous expliquer rapidement la situation... mais d'abord, Max tu ne veux pas te déplacer histoire d'avoir l'air un peu normal ? Plaisante t'elle en se décalant.

- Mais bien sûr mon petit... répond il en souriant.

- Je vais faire très simple, je suis forcée d'arrêter la compétition. Mon accident l'an dernier a été plus grave que ce qui a été rapporté. Je ne suis plus en capacité de rouler en moto 2.

La rouquine leur laisse le temps de digérer l'information, et les rassure comme elle peut fasse à leurs questions incessantes. Elle peut comprendre leurs réactions, mais en même temps elle n'a pas spécialement envie de détailler plus les choses, ce qui aurait juste pour effet de lui faire revivre l'incident qui a changé sa vie. Seul Lando reste calme et silencieux. Enfin c'est aussi le cas de Max, dont le regard semble perdu dans une dimension lointaine, comme si il n'était plus avec eux.

- Bon je vous laisse à vos exclamations... je vais boire un petit truc, dit elle avec un sourire qui se veut rassurant.

Carlos la talonne pourtant sans réfléchir, et passe devant elle pour l'arrêter, son regard doux plongé dans le siens.

- Est-ce que tu vas bien Soraya ?

- Je vais bien, vraiment. Je nais juste pas spécialement envie de tout raconter en détails, ni de faire face à une vague de pitié... soupire t'elle en baissant les yeux sur son verre.

- Je peux comprendre. Mais tu sais bien que personne ne te traitera avec pitié ici, surtout que tu travaille avec nous, on va juste tous se serrer les coudes malgré la rivalité, comme d'habitude. Je suis d'ailleurs bien content d'être dans la même équipe que toi, explique l'espagnol l'air de vouloir détendre l'atmosphère avec sa phrase de fin.

- Ton accent m'avais manqué.

- C'est tout ce que tu trouve à répondre ? S'amuse t'il.

- C'est tout ce que j'ai envie de répondre spicy boy.

Les deux amis rient ensemble de bon cœur, avant de retourner parler tranquillement avec le reste de la bande. Finalement, personne ne reparle de l'accident de Soraya qui leur en ai silencieusement reconnaissante, et c'est avec le coeur léger qu'elle rejoint sont hôtel accompagné d'Eric qui partait en même temps qu'elle.

- Alors, ta soirée retrouvaille s'est bien passée ?

- Écoute, oui, ça m'a fait vraiment plaisir de revoir tout le monde.

- Charlotte m'a dit que tu avais une histoire avec Max ? Rigole le blond en sachant parfaitement qu'il allait la piquer sur ce sujet.

- Mais n'importe quoi ! J'avais juste sa chanson dans la tête ! Répond la rouquine en laissant sa tête tomber contre l'appui tête de la voiture.

- Je sais bien, mais tu réagi toujours tellement bien quand on parle de lui que c'est assez encourageant pour te taquiner sur le sujet. C'est à se demander si il n'y a pas anguille sous roche.

- Je vais te tuer Éric.

Il se contente de hausser les épaules en riant, et Soraya fait mine de l'abandonner en arrivant à l'hôtel, même si elle sait très bien qu'elle ne sait pas comment faire la tête à quelqu'un. Plus encore quand c'est pour de faux.

- En tout cas si je te vois supporter l'écurie RedBull... je saurais ce qu'il en est ! Rajoute le blond en évitant de justesse le croche pied que lui tend la jeune femme.

- J'espère que tu t'étouffera avec ta salive dans ton sommeil.

La rouquine rejoint sa douche en un instant, et soupire de bonheurs avant de se glisser sous ses draps, satisfaite. Après tout, le boulot s'est bien passé, et les retrouvailles avec ses amis aussi, que demander de plus ?

C'est pourtant avec une boule au ventre que Soraya se lève le jour suivant. Elle est heureuse d'être là, mais l'euphorie des courses lui manque, en tant que pilote. L'adrénaline de la piste qui a disparu semble avoir créer un vide en elle, et pour ne rien arranger, une douleur dans sa jambe se réveille au moment même où elle pose le pied par terre. Mais peut être que son état physique et son mental sont inconsciemment liés. Elle prends donc un café à l'hôtel avant de partir, une fois prête, ayant besoin d'un petit shot d'énergie dès que possible. Pourtant, ce regain d'énergie se fait sentir d'une bien autre manière. Et ce, rien qu'en apercevant Max lui faire signe de le rejoindre depuis un peu plus loin sur le parking. Décidément, les bêtises de Charlotte et d'Eric doivent monter à la tête de la jeune femme, c'était la seule explication.

- Salut Maxou, comment tu te sens pour les qualifs ? Demande-t'elle en s'appuyant contre la barrière d'un air nonchalant.

- Probablement mieux que n'importe qui d'autre, ne t'inquiète pas pour ça, répond le jeune homme avec un clin d'œil.

- Evidemment, qu'elle question, s'amusa la rouquine.

- Mais dis moi, tu vas bien ?

- Bien sur, pourquoi ?

Il fronce les sourcils, ne semblant pas spécialement convaincu, et Soraya penche légèrement la tête sur le côté, étonnée de sa question. Mais sans rien ajouter à cette conversation, ils se dirigent tous les deux vers les bâtiments, entendant au loin le brouhaha fait par les spectateurs qui sont déjà présents sur place.

La jeune femme laisse Max continuer sa route, presque à contrecœur, pour s'arrêter auprès de Lando et Ricciardo devant qui elle vient de passer, pour leur souhaiter bonne chance pour la soirée, avant de rejoindre le bâtiment Ferrari. L'équipe est un peu plus calme que la veille, étant donné que le plus gros est fait, et l'impatience commence à pointer le bout de son nez quand au fil des heures. Ce n'est peut être pas la course en elle même, mais les qualifications ont une importance non négociable.

Une fois les pilotes en place et sur la piste, Soraya jette un coup d'œil aux alentours, remarquant qu'il y a plus de spectateurs que la veille. Mais il y en aura encore plus le lendemain, c'est évident. L'ambiance des courses de F1 est toujours plutôt sympa à vrai dire. Même si du coup les pilotes se font souvent aborder de tous les côtés. Et c'est face à ces moments là que la jeune femme était contente de les connaître personnellement, beaucoup aimeraient être à sa place.

Les trois tours de qualifications se sont très bien passés pour Ferrari, avec Charles en pôle position, et Carlos en deux, donc plutôt prometteur pour la suite. Max se retrouve en troisième, et Lando en huit. C'est donc ravie que Soraya rejoint les deux pilotes de son écurie pour discuter avec eux, dans une ambiance presque euphorique. Parce que même si ça ne garanti rien, c'est toujours encourageant.

- Tu viens avec nous Soraya ? Le briefing risque d'être plutôt joyeux, demande Carlos avec un sourire.

- Je vous rejoins, je vais essayer de trouver Lando.

- Tu veux pas attendre qu'on ai terminé ? S'étonne l'espagnol, prêt à y aller.

- Je fais vite t'inquiète pas.

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top