Je prends le premier bus qui s'arrête devant l'hôpital. J'ai fini mes trois semaines ici. L'odeur des désinfectants me suis toujours, mais après une bonne douche et l'accueil de mes amis j'oublierai tout ce qui a bien pu arriver. Mais il fallait que je recolle les morceaux. Pourquoi j'avais atterrie à l'hôpital, sans personne. Et surtout, qu'est-ce qu'il avait bien pu se passer juste avant.
Après une bonne heure de transport je descends enfin du bus. J'observe l'entrée de l'Université, rien n'a changé. J'entre et prends le petit tracé. J'ouvre la porte principal de mon petit immeuble qui se trouve un peu plus loin que l'établissement. Je prends l'ascenseur et me retrouve devant mon studio. Je souffle un bon coup. J'ai si hâte de les prendre dans mes bras. J'inserre les clefs dans la serrure et entre.
Personne n'est là. Où peuvent-ils bien être ? Je pose quand même mes affaires sur mon lit-canapé et m'installe un peu histoire de respirer l'air de « chez » moi. Cela fait du bien de revenir, mais quand personne n'est présent pour vous accueillir, c'est plutôt triste. Je me demande bien où ils sont ? Sûrement en cours. Peut-être qu'ils avaient réussir à s'enfuir et m'avaient oubliés sur les lieux qui sait ? Mais ils seraient venu me chercher. C'est si étrange. Je descends alors de mon appartement et rejoins les allées principal. Tout est calme. Je me dirige alors vers le bar de Stevie et son père mais il est fermé. Mais où peuvent-ils bien tous se cacher ? Arrêtant mes recherches, je m'installe sur un banc près de l'entrée de l'établissement. J'observe les quelques personnes sortant de l'Université partant se promener dans les allées attendant que leur pause finisse. Ils ne se soucient peut-être pas du danger qui traîne ici. Et je les envie tellement.
Je baisse alors ma tête vers mes pieds lorsque je sens une présence se mettre à mes côtés. Je me tourne vers cet individu qui n'est autre que Phil. Je reste bouche-bée.
— Phil ?
Il me prend dans ses bras sans un mot.
— On a essayé de chercher de tes nouvelles, mais c'était sans succès. Dit-il avec beaucoup d'émotion dans la voix.
— Je savais que vous aviez fait de votre mieux. Mais je t'en prie explique-moi, qu'est-ce qu'il s'est passé...
— Il y a tant de choses à dire...
— Je t'écoute, j'ai tout mon temps.
Il inspire un grand coup puis commence ;
— Je suis allé près de la cabane lorsque je t'ai laissé... Et je me suis caché car j'ai entendu des voix, pas n'importe lesquels. Celles des gars qui nous avaient déjà fait des horreurs, bref j'ai un peu flippé. Puis j'ai attendu qu'il parte. Mais j'ai compris à la dernière minute qu'ils étaient partit... vers où tu étais caché... alors je voulais te rejoindre et surtout les empêcher de faire quoique ce soit. Mais en voulant revenir, je suis tombé à cause d'une branche qui sortait du sol. Puis je suis atterrie devant la porte de la maisonnette. Et j'ai entendu des cris. J'étais horrifié. Je ne pouvais pas faire comme si je n'avais rien entendu. Alors je suis entré... et...
Il se coupe un instant regardant l'heure sur sa montre.
–- Je dois y aller.
–- Quoi ? Tu ne peux pas me laisser sans la suite Phil, je t'en supplie...
Il se lève et se met devant moi.
–- Je passe ce soir si tu veux.
–- Je t'attendrai.
Puis sans un regard ni même un sourire il prend la sortie de l'Université et se retrouve dans la rue là où je ne le vois plus. Mais surtout, pourquoi s'en va-t-il... ?
*
Après avoir vagabondé dans les allées, je m'installe près de la plage là où le sable est si chaud. Le soleil tape fort que j'en ai envie de me baigner. Je regarde de droite à gauche, cela me rappelle la fois où Stevie et moi parlions. Je me demande où il peut bien être à cet instant. Le café est fermé. Je ne le croise pas. Tout me paraît si étrange depuis que je suis revenue de l'hôpital, j'ai besoin de réponse maintenant. Mais Phil est soi-disant occupé. Je me demande ce qu'il a à faire lui aussi ! Et Hailee dans tout ça. Tout ne tourne pas rond et cela m'inquiète.
Je sors de mon téléphone de ma poche et compose le numéro de Hailee. En attente. Celui de Stevie : sur répondeur. Je vais appeler Phil, je veux savoir maintenant et pas ce soir !
–- Allô ? Fait sa voix au bout du fil.
–- Je veux te voir tout de suite.
–- Cela fait même pas une heure que je suis partit, je t'ai dit que j'avais des choses à faire Summer.
–- Je m'en fous, viens !
–- Quoi ? Je suis pas à tes ordres.
Mais qu'est-ce qu'il lui prend ?
–- Viens de suite sinon je viens moi.
–- Ok, j'arrive.
Sans lui laisser une seconde de plus, je raccroche et l'attends toujours bien installée sur le sable devenu froid à cause du vent qu'il s'est mit à souffler.
Je tourne ma tête vers les personnes qui s'installent sur le sable. J'aperçois à cet instant Phil arriver.
–- Pourquoi t'as besoin de moi Summer ?
–- Je ne peux pas rester sans réponse. Dis-moi.
–- Pourquoi ?
–- Pourquoi quoi ?
–- Pourquoi tu veux savoir ?
–- Je suis concernée ! J'étais là, mais manque de chance je me suis pris un coup dans le crâne et j'ai passé un mois dans le coma ! Je ne sais même pas ce qu'il s'est passé ! Je ne sais même pas où se trouve Hailee ni Stevie !
–- Je ne veux pas que tu me coupes, ni même que tu t'en ailles lorsque je te raconterai, lâche-t-il la mine dégoûté.
–- Crache le morceau merde !
–- Je voulais te protéger. Dit-il fermement.
–- En me laissant mariner comme ça, sans rien ? Mais oui !
–- Lorsque je suis entré dans la cabane. J'ai vu des horreurs.
Je le regarde avec incompréhension.
–- Des ho...
–- Ne dis rien, me coupe-t-il.
Il se frotte les mains comme s'il avait très froid.
–- C'est dur de raconter des choses aussi affreuses Summer... Je ne m'en remettrais jamais...
Je lui prends la main.
–- Je vais t'aider, parles, explique-moi, je veux savoir.
Il passe une main dans ses cheveux avec nervosité.
–- J'ai vu... des filles attachées à des poteaux, du feu dans une cheminées où ils brûlaient des tas de choses...
–- C'est quoi une secte ?
–- J'en ai bien peur. Souffle-t-il. Puis, il n'y avait pas de Hailee dans les parages. A cet instant du moins.
Il frotte ses yeux.
— J'ai encore la scène devant moi...
Sans un mot je le laisse reprendre ses esprits.
— Viens avec moi.
Il se lève et me tends la main. Je la prends et je le suis.
— Je veux que tu vois d'abord par toi-même... C'est douloureux à expliquer.
Il m'amène vers la brasserie de Stevie.
— Le bar de Stevie ?
— Va voir de plus près.
Il me lâche la main me faisant signe d'aller voir vers le comptoir où le rideau de fer est baissé. Je le laisse m'approchant de plus en plus du bar. Un mot est accroché. Je le lis avec difficulté à cause du vent qui souffle le faisant se décroché légèrement. Je l'appuie contre le rideau comme si je le recollais puis le lis. Il y est inscrit ;
« Pour raison personnel la brasserie sera fermé pendant une durée indéterminée. »
Je lâche et m'arrête. Phil me rejoint.
— Je ne comprends pas Phil, qu'est-ce qu'il se passe...
— Suis-moi. Il n'y a pas que ça.
Il m'entraîne vers la maison du père de Stevie.
— Regarde l'intérieur.
— Je n'y vois pas beaucoup.
Phil m'essuie la buée qui se trouve sur l'une des fenêtres et me fait signe de remettre mon visage.
— Oh mon dieu... dis-je les larmes aux yeux.
Phil me prend dans ses bras et j'éclate en sanglots.
— Il n'y a plus rien... dis-je en pleurant... pourquoi... ?
Il inspire.
— Lorsque j'étais bien à l'intérieur de la cabane, un gars est sortit de nul part et a voulu se battre avec moi. Mais Stevie est arrivé. Il m'a comme protégé... Il s'est mit au milieu. Quand il s'est mit devant moi pour empêcher les coups de venir sur moi, j'ai découvert une ouverture où du sang coulait abondamment. J'en ai déduis que pour sauver Hailee, il s'était battu avec eux... mais il est tombé à terre après avoir massacré son ennemis... il a fait une hémorragie. J'ai vite appelé les pompiers, la police pour nous venir en aide, puis quand ils sont arrivés, ils ont arrêtés tous ceux qui complotaient, ils t'ont ensuite trouvés, puis ils nous transportés jusqu'aux urgences... quand je suis sortit de mon opération, j'ai appris... que Stevie n'avait pas... réussi à s'en sortir, il est... mort Summer.
Je me détache de son étreinte. Stevie... je tombe à terre, les mains sur les yeux. Il ne peut pas... c'est impossible... il n'est pas mort.
Phil me relève et m'emmène jusqu'à mon studio.
— Tu comprendras avec le temps pourquoi je suis horrifié aujourd'hui... tu comprendras qu'il ne faut faire confiance qu'à soi-même, et surtout n'aider que ceux que tu aimes vraiment et pas ceux qui n'ont jamais été là pour toi.
Il m'installe sur mon canapé et se dirige vers la porte. C'était sans doute un sous-entendu avec une personne que l'on côtoyait. Il referme délicatement la porte. Je me noie sous mes draps et pleure sans m'arrêter. Stevie... m'a bel et bien quitté.
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