Chapitre 49

L'obscurité du matin règne dans les couloirs. Ces derniers sont éclairés avec de petites torches accrochées aux murs en marbre beige. Fatma Hatun, Mustafa Agha marchent rapidement. La vieille Kalfa cache quelque chose dans la manche de sa robe verte et or. L'eunuque ne cesse de tourner la tête derrière eux pour surveiller s'ils ne sont pas suivis.

Il faut dire qu'ils risquent gros à ce moment là.

Les deux serviteurs arrivent dans un coin reculé du palais où les attend Esra Kalfa. La jeune Kalfa trépigne sur place. Lorsqu'elle voit arriver Fatma Hatun et Mustafa Agha, elle éprouve un intense sentiment de soulagement.

– Vous l'avez ? Leur demande-t-elle impatiente.

Mustafa hoche gravement la tête avant d'ajouter :

– Cela n'a pas été simple mais une concubine nous a aidés à détourner son attention.

Fatma Hatun sort le poignard de sa manche. Le-dit poignard est une lame assez richement ouvragée. Le manche est bleu azur et comporte des incrustations de pierres précieuses dedans. Sa lame très fine laisse les trois serviteurs assez perplexes.

– Il n'est pas d'ici, finit par dire Fatma Hatun.

Les deux autres approuvent.

– Leyla n'a aucune arme en sa possession, assure Esra Kalfa, ce ne peut pas être à elle.

Soudain Mustafa Agha a une idée.

– Il nous faudrait l'avis de Hassan Bey, cet homme s'y connaît en arme. Je suis sûr qu'il pourrait nous indiquer l'origine de ce poignard.

Esra et Fatma sont du même avis.

– Je vais le ramener discrètement à la Sultane et la convaincre d'aller demander à Hassan Bey.

Cette phrase sonne comme une fin de discussion et les trois serviteurs se séparent. Esra emporte avec elle l'arme du crime.

Lorsqu'elle arrive dans la chambre de la Sultane, le jour se lève doucement. Les enfants et la Sultane dorment à poing fermé. Esra s'approche doucement du lit de la Sultane puis lui tapote doucement l'épaule afin de la réveiller. Leyla sursaute légèrement avant d'ouvrir les yeux.

– Pardonnez moi Sultane, lance alors Esra d'une voix douce, mais c'est urgent.

Leyla comprend la gravité de la situation. Elle vit comme une paria depuis une semaine. Recluse dans sa chambre, sans aucun contact avec l'extérieur. Il paraît même que les concubines discutent à son sujet.

La Sultane se lève et Esra l'aide à passer sa robe de chambre en soie verte.

– Vous avez réussi ? S'inquiète Leyla en se tournant par la suite vers la Kalfa.

Esra hoche la tête avant de lui montrer le poignard qu'elle a déposé sur un petit guéridon doré. Leyla s'approche et le prend délicatement avant de passer ses doigts sur son manche. Cette lame ne lui appartient pas. Elle ne possède pas d'arme. Elle n'aime pas ça.

– Mustafa Agha pense qu'il faudrait demander à Hassan Bey s'il connaît l'origine de cette lame car selon lui ce n'est pas un poignard ottoman, lui rapporte Esra d'une voix grave.

– J'irai voir Hassan Bey, annonce Leyla. Je suis sûre qu'il a pleins de choses à nous apprendre dessus.

Dilara est assise sur un pouf dans le pavillon des concubines. Elle discute avec plusieurs d'entres elles. La jeune femme est sortie de l'infirmerie il y a peu. Elle a encore une cicatrice sur la joue. Les concubines, curieuses, lui posent tout un tas de questions sur ce qu'il s'est passé. Elles sont surprises que cela vienne de la Sultane Leyla qu'elles appréciaient.

– Il faut croire que la jalousie lui a fait perdre la tête, commente Dilara face à leurs remarques.

– C'est fou...

– Mais elle est dangereuse, lance une autre.

Dilara sourit intérieurement en voyant que son stratagème prend racine.

– Il faut faire attention à vous les filles, lance Dilara d'une voix grave. Il ne faudrait pas qu'elle s'en prenne à tout le monde pour se venger. Sa Majesté l'a punie dans sa chambre.

– Que veux tu qu'elle nous fasse ? L'interroge une concubine avec une légère pointe d'inquiétude.

– Rien j'espère bien, lui répond Dilara, mais quand on voit ce qu'elle a réussi à me faire, il faut s'attendre à tout...

Dans leurs regards, Dilara sent qu'elle a semé la graine d'inquiétude qu'elle voulait. Les concubines chuchotent entre elles et certaines commencent à craindre pour leur vie.

Dilara en entend même commencer à parler de se débarrasser de la Sultane pour la sécurité de tout le monde.

Son plan est en marche.

Plus tard dans la journée, Leyla arrive discrètement jusqu'au bureau d'Hassan Bey. L'homme était en train de lire quelques documents lorsque la Sultane entre. Vêtue d'une veste à capuche sombre, elle enlève sa capuche une fois entrée. Hassan Bey la regarde avec surprise.

– Sultane ? Que faites vous là ? Si sa Majesté l'apprend, vous risquez d'être...

– D'où vient une lame comme celle-ci ? Le coupe Leyla en sortant le poignard de sa manche.

Leyla n'a pas le temps de discuter, il lui faut des réponses rapidement.

Hassan Bey baisse les yeux sur la lame et est d'abord étonné d'en voir une ainsi dans les mains de la Sultane.

– Est-ce que c'est...

Là encore, Leyla ne lui laisse pas le temps de terminer.

– On m'accuse d'avoir blessé la favorite du Sultan avec. Or je n'ai jamais vu cette lame. Mustafa Agha dit que ce n'est pas une arme ottomane. Donc d'où provient-elle Bey ?

Tout s'explique alors dans la tête d'Hassan Bey. Comment sa Majesté a-t-il pu passer à côté de ce détail ?

– C'est un stiletto italien Sultane, lui répond-t-il finalement.

– Italien ? Reprend Leyla en réfléchissant tout haut. Dilara est italienne.

– Cette arme est à elle, assure Hassan Bey. Elle a essayé de vous faire passer pour la méchante alors qu'elle s'est fait sa blessure toute seule.

– Comment Sa Majesté n'a pas vu que c'était un poignard italien ? Veut savoir Leyla.

La Sultane sait que Mehmet s'y connaît en arme pourtant.

– Sous l'effet de la colère, il n'a peut-être pas fait attention, suppose Hassan Bey. Confiez le moi et je vais essayer de lui en parler.

Leyla hoche la tête et donne le poignard au Bey.

– Retournez vite à votre chambre avant que quelqu'un ne vous voit...

Leyla remet sa capuche puis remercie le Bey avant de reprendre rapidement le chemin de sa chambre.

Le soir, en arrivant dans sa chambre, Dilara jubile en s'asseyant sur son divan. Les concubines sont partisanes à l'idée de punir la Sultane pour ce qu'elle a fait à Dilara. Dilara n'a qu'un seul mot à dire pour qu'elles se mettent en action.

– C'est tellement facile, ricane-t-elle, elles me mangent dans la main.

Elle se lève pour se rendre à un petit placard. Elle l'ouvre puis cherche dans le fond le poignard qu'elle a caché. Elle tâte l'endroit plusieurs fois sans le trouver.

– Mais...

Elle fouille dans le placard adjacent également mais ne trouve rien. Dilara a son coeur qui commence à battre plus vite.

– Quelqu'un l'a pris, comprend-t-elle.

Elle se rue vers sa porte afin de retourner au harem. Si quelqu'un l'a pris cela veut dire que quelqu'un sait et que du coup elle est en danger. Elle doit rapidement mettre son plan à exécution.


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Coucou :) On va arriver au 1 an de Sultane sur Wattpad. Est-ce que vous voudriez quelque chose de spécial pour célébrer le coup ?

J'ai différentes images des personnages si cela vous intéresse...? Ou une autre idée :)

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