Chapitre 4 : Hanté par les fantômes du passé

Nouveau chapitre ! xD Alors avec celui là j'ai peur que ce soit quitte ou double, soit ça va être long et mortel au possible, soit ça passe... J'espère que ce sera plutôt le deuxième et que vous allez aimer parce que... J'aime bien ce chapitre ! xD Enfin voilà commentez sur ce que vous en pensez si ça vous dit ou sinon... Je sais pas moi ! x)

Sur ces mots, bonne lecture ! ^^

***

Une vingtaine d'années plus tôt, cité de Sanguinem-Eldarya-à plusieurs centaines de kilomètres d'Eel...

- Non !!

- Voyons, tu sais très bien que si tu pars d'ici tu ne pourras jamais revenir !

- Je ne changerais pas d'avis, malgré tout ce que tu me diras pour essayer de me retenir !

- Je ne veux pas te retenir. Mais...Réfléchis un peu, tu es le fils de l'ancien roi des vampires !

- Oui ancien ! Mon père est mort, et c'était l'un des seuls encore raisonnable dans cette cité ! Maintenant celui qui dirige cette fichue race est un sale psychopathe !

- Si par sale psychopathe tu parles de personnes qui boivent du sang humain, tu en es un également Nevra...

- Je le sais très bien cela, mais lui... Ce sale type a tué des dizaines d'orphelins, il vide des centaines d'enfants de leurs sang tous les jours dans le seul et unique but de nourrir tous ces sales nobles à l'excès ! Ils n'ont pas besoin d'autant de sang ! s'exclama le brun en ajustant sa cape noire sur ses épaules, remontant ensuite sa capuche devant ses yeux.

- Je le sais bien, et je pense comme toi. Ce système mis en place depuis la mort de ton père est un vrai carnage. Prendre ces humains pour du bétail, c'est inadmissible et je suis bien placé pour le savoir... déclara l'autre garçon en baissant les yeux. Cependant, si tu pars, cela ne va pas s'arranger...

- Je sais... Mais tu peux venir avec moi !

- Nevra tu sais bien...

- Je t'aiderai à t'évader et on pourrait vivre une vie nouvelle loin de toutes ces horreurs !

- Tu sais très bien qu'il me traquerait sans relâche et qu'il me ramènerait de force ici...

- Pas si nous allons tous les deux là-bas !

- Chut ! s'exclama le deuxième garçon plaquant sa main contre la bouche de Nevra. Ecoute si tu veux partir, tu dois le faire ce soir et maintenant avant la prochaine tournée des gardes.

- Je ne veux pas que tu payes pour moi... commençais-je.

- Nevra, tu es comme un deuxième frère pour moi, tu m'as aidé à vivre cette vie dont je ne voulais pas et je t'en serais toujours reconnaissant. Et puis je dois rester ici pour le moment. Mais je suis sûr que nous nous reverrons un jour, quand tu auras réussi à t'enfuir et que j'aurais retrouvé mon frère. Maintenant, pars avant qu'il ne soit trop tard.

Je ne savais quoi répondre. J'ouvrais la porte-fenêtre et grimpais sur la rambarde en pierre qui donnait sur une plaine déserte, et quelques mètres plus loin, la forêt noire, la liberté. Je me retournais une dernière fois vers mon ami et le fixait dans ses yeux bleus, cherchant les mots. Il me sourit et finalement tout ce que je pus dire fut un « Merci ».

Je sautais et courrais sans me retourner, me faufilant comme une ombre jusqu'à la forêt en pensant une dernière fois à mon ami blond que je ne reverrais sûrement jamais.

Au bout de quelques minutes, je m'enfonçais enfin dans la forêt noire. Adieu les lumières criardes de Sanguinem ! Les quelques traits de lumière que laissaient passer les arbres ne permettaient pas de voir quoi que ce soit au-delà de ses pieds. Seules les « créatures de la nuit » pouvaient espérer trouver leur voie ici. J'esquissais un léger sourire, pensant que j'allais enfin pouvoir découvrir mes véritables capacités de vampire. J'arrêtais de courir, étant à bonne distance de la capitale des vampires et ayant estimé m'être suffisamment enfoncé dans la forêt pour être hors d'atteinte. Enfin c'était un bien grand mot lorsque l'on savait quelle réputation cette forêt avait acquise ces derniers siècles. Depuis le début de mon existence en tant que vampire, j'avais pu constater que tous les ravitaillements ou voyages suivaient le littoral puis contournaient la forêt par la mer. A la mort de mon père, j'avais décidé de comprendre par moi-même pourquoi cette forêt était évitée à tout prix. J'avais passé des nuits et des nuits dans la bibliothèque de la cité à lire les légendes qui s'y rapportaient en prenant soin de ne pas éveiller de soupçons. Beaucoup de gens pensaient déjà que je voulais trahir le régime mis en place, alors s'ils avaient su que je prévoyais de m'évader... J'aurais été dans de beaux draps. Enfin, de toutes les légendes qui s'étaient transmises de générations en générations, aucune ne faisait l'éloge de cet endroit.

A la naissance d'Eldarya, cette forêt avait été la plus magnifique et radieuse de toutes. L'équivalent du jardin d'Eden pour les humains à ce que l'on disait. Toutes les races voulaient s'approprier les bienfaits de cet endroit qui paraissait sacré auparavant. Cependant, toutes ces histoires tournèrent au bain de sang. Elfes, fées, dryades, brownies, kitsune, et tant d'autres, toutes ces créatures vivant à la lumière s'étaient battues à feu et à sang. Jusqu'à ce que l'inévitable finisse par se produire. En s'entretuant, la forêt avait subi les mêmes dégâts. Tout ce sang avait attiré les pires créatures, partant des simples créatures de la nuit jusqu'aux créatures toutes droit sortie des enfers comme disaient les légendes. Depuis ce jour où ces magnifiques arbres avaient brûlés, recouvrant ces amas de cadavres de cendre alors que les derniers survivants fuyaient, abandonnant leurs désirs si futiles, démons, blackdogs, chiens de l'enfer, daevas, djins, léviathans, polymorphes, stryges ou encore wendigos... Tous ces être chassés des terres gorgées de lumières, rongés et forgés par les plus sombres désirs et en ayant perdu toute humanité, avaient élu domicile dans cette forêt. Et ceux qui osaient s'aventurer, avec seulement de faibles attributions humaines ou faeliennes sombraient dans la folie s'ils avaient la chance d'avoir le temps de rebrousser chemin.

C'était tout ce que j'avais pu lire ou apprendre sur cette forêt dans la capitale des vampires. Enfin bien sûr, j'avais pu me renseigner chez des intellectuels dignes de confiance, même si ça n'avait pas été chose facile, d'autant plus que la plupart des informations avaient été censurées... Quand bien même l'idée de fuir était suicidaire, la vie ici m'était devenue insupportable. Je ne pouvais plus voir tous ces orphelins se faire traiter comme du bétail tous les jours... Nous étions des vampires, et par définition nous avions besoin de sang. Et le sang humain était l'un des plus nutritifs pour nous, mais cela ne justifiait pas de tels principes. Enfin ce n'était que ma vision des choses du moins. Et autant dire qu'après la mort de mon père, j'avais très rapidement du apprendre à rester discret. Depuis le jour où l'on avait retrouvé mon père avec un pieu dans le cœur, confortablement installé dans son lit, la plupart des gens avaient été favorables à l'idée d'entasser des centaines d'enfants orphelins terriens ou faeliens dans les bas quartiers de Sanguinem, et qu'une fois par jour, ils seraient saignés comme des vaches auxquelles on prendrait leur lait... Vision que je moi et mon père ne partagions pas. C'est à peu près à ce moment-là que j'avais décidé de trouver un moyen de m'enfuir. Je savais pertinemment que cela aurait des conséquences, et c'était précisément pour cette raison que je ne pouvais absolument pas échouer. J'étais prêt à supporter cette forêt maudite. J'étais prêt à traverser les enfers. La mort ne me faisait pas peur, je n'avais pas peur de mourir... J'étais déjà mort et j'étais une créature de l'ombre. J'étais né pour tuer, faire souffrir, utiliser mes charmes pour tuer, et faire couler le sang... A partir du moment où j'avais décidé de me battre contre ce destin, j'avais signé mon arrêt de mort. Mourir ne me faisait pas peur. Je n'avais personne à qui tenir, je ne tenais pas particulièrement à ma misérable vie. Mais j'étais bien trop lâche pour y mettre fin.

C'est comme cela que je m'étais retrouvé à courir dans l'obscurité de la forêt la plus sombre d'Eldarya.

Après quelques mètres à avancer dans la pénombre, mes yeux s'habituèrent enfin pleinement à l'obscurité. Je n'avais jamais été dans un endroit aussi sombre. Malgré ma vision nocturne, je distinguais à quel point cet endroit était plongé dans les ténèbres. Tous ces arbres étaient dépourvus de feuilles, affichant tous le même air menaçant et inquiétant. Leurs branches semblaient s'entrelacer afin de masquer la nuit, pas un seul rayon lunaire ne parvenait à transpercer cet épais barrage. Je sentais malgré moi un pincement dans mon cœur et je fermais les yeux. Il fallait que je continue, je le devais pour Mika qui allait surement payer pour ma trahison, je le devais pour tous ces orphelins, je le devais pour montrer au reste du monde que nous n'étions pas tous des êtres cruels assoiffés de sang au point de tuer des villages entiers... Je voulais stopper ces massacres d'innocents... Je ne savais pas encore comment, mais quelque chose me disait que mes jours de marche dans cette sombre forêt allaient me laisser le temps d'y réfléchir... Ce n'était pas comme si j'avais quelqu'un à qui faire la conversation de toute manière...

Après avoir marché toute la nuit, j'apercevais enfin quelques rayons de lumières passer à travers les branches qui me surplombaient depuis des heures. Je décidais alors de m'arrêter quelques heures pour dormir un peu. Je me disais qu'il était préférable pour moi de marcher la nuit que de dormir pendant ce temps. Car même si le temps semblait être suspendu dans cet endroit sinistre, et même si ces créatures de l'enfer avaient perdu toute humanité, elles avaient surement besoin de repos elles aussi, et les proies étaient plus faciles à attraper en pleine nuit. Enfin c'est ce que je me disais du moins. Je m'étais donc avachi contre un des arbres morts, sans être vraiment rassuré quant à l'idée de dormir ici. Mais la fatigue fut plus forte et m'emporta assez rapidement, mes jambes se firent plus légères et la douleur de la marche s'estompa.

Je dormais paisiblement, les paupières lourdement fermées, mais j'entendais une douce mélodie parvenir jusqu'à mes oreilles. Cela commença seulement avec une simple mélodie fredonnée qui m'envoutait profondément, puis cette sublime voix chanta mon nom, m'obligeant ainsi à fixer mon attention sur elle.

En te rendant vers Eldarya

A ta perte tu courras

Entendis-je, toujours dans mon sommeil profond.

Reste avec moi dans l'obscurité

Et de ton destin tu seras protégé

La voix semblait s'approcher de plus en plus de moi, et je ne comprenais pas ce qu'elle me disait alors même que j'entendais parfaitement ce qu'elle semblait me dire.

En évitant la souffrance

Tu ne fais que pencher la balance

Ces notes résonnaient encore plus fort, mais je ne parvenais toujours pas à comprendre quoi que ce soit. Etais-je toujours en train de rêver ?

A repousser ta vraie nature

Tu crois éviter la luxure

Malgré la mélodie qui se voulait envoutante, je reprenais peu à peu ma lucidité. Je ne rêvais plus.

Mais dans ta quête contre le mal

Tu as oublié que tu étais banal

Je luttais pour ouvrir les yeux, je comprenais enfin ce qui m'arrivait.

Laisse-toi donc aller

Et laisse-moi te dévorer

J'ouvrais subitement les yeux. Un wendigo. Je sautais d'un bond en haut d'un arbre. Je savais bien ce que les légendes disaient sur ces créatures. Elles étaient l'une des pires. Autrefois humaines, ces créatures s'étaient nourri de chair humaine. Elles avaient ainsi, comme les vampires lorsqu'ils boivent du sang, été esclaves de pulsions les forçant à tuer pour de plus en plus de chair fraiche. Certains d'entre eux pensaient pouvoir ainsi devenir des sortes de dieux, mais c'est tout le contraire qui se produisait. Ils devenaient des êtres sans âmes et dépourvus de raisons. Ils étaient malgré tout, et c'était bien là le plus gros problème, des êtres doués d'une intelligence et d'une vitesse inouïe. Le seul inconvénient était que cela ne leur servait pas à faire une partie d'échec, mais à chasser leurs proies...

Je tentais de réfléchir rapidement tout en cassant un branche afin d'en faire un pieu de fortune. Fuir ne servirait à rien. Il serait plus rapide que moi. La seule façon que j'avais de m'en sortir était de le tuer. Ce qui n'allait pas être chose aisée. Je n'eux pas à réfléchir très longtemps. Je ne sais pas si celui-ci était affamé ou si j'étais particulièrement appétissant mais le wendigo se jeta sur moi en quelques secondes. Je ripostais et le maintenait aussi loin que possible de moi. Je priais de toute mes forces pour que la créature soit affaiblie et donnait un coup de pied dans sa jambe et profitai des quelques secondes de répit que mon geste me procurèrent. Je le faisais rouler sur le côté et plantai mon bout de bois dans sa poitrine une fois, deux fois, et après une troisième fois son corps se raidit et la chose se désintégra sous mes yeux, ne laissant qu'un tas de poussière grisâtre.

Je me relevai, le cœur battant si fort que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine. Je ne comptais pas me rendormir avant d'avoir atteint la sortie de cette forêt maudite. Même si j'étais moi-même un être condamné à l'enfer, j'étais bien décidé à ne pas quitter ce monde ici et maintenant. J'avais eu de la chance une fois, mais je n'en aurais surement pas deux fois de suite. Les choses qui rodaient ici avaient perdu toute raison, et humanité depuis plus d'un siècle. Et même un vampire ne devrait surement pas rester ici plus que nécessaire. Ne voulant pas m'attarder plus longtemps je fonçais droit devant moi, et j'avais atteint la sortie après une bonne journée de marche. A la fin de ma traversée, j'avais eu à tuer eu blackdogs en plus du wendigo, et avait couru pendant le reste du trajet à partir du moment où j'avais entendu des hurlements et que des fausses voix humaines avaient commencé à m'appeler.

Les légendes disaient vraies. Personne ne ressort de cette forêt indemne. Je pouvais m'estimer plus que chanceux de n'avoir croisé que 3 créatures pendant ma traversée. Mais ces hurlements, ces cris que l'on pouvait entendre la nuit, lorsque l'obscurité vous enveloppe complètement. Au fond même si ces choses sont loin d'être humaines, on peut entendre une détresse, un désespoir dans leur voix. Elles ne peuvent même pas mettre fin à leur souffrance elles-mêmes. Alors quand leur corps dévoré par les ténèbres crie pour attirer leurs proies, leurs âmes perdues se manifestent, hurlant leur désespoir à ceux qui peuvent l'entendre. Ces âmes prisonnières demandent le repos, crient pour la délivrance, mais ne la trouveront certainement jamais. Passer dans cette forêt, c'est comme passer en enfer, entendre la souffrance des autres et ne pouvoir aider personne. Et savoir qu'au fond, un jour je connaitrais les mêmes souffrances ne me réjouissait pas vraiment. Même si j'étais immortel, il suffisait de réussir à me tuer pour m'envoyer pendant le reste de l'éternité dans les ténèbres les plus profondes, là où personne ne voyait plus la lumière du jour, où les cris raisonnaient si forts dans les têtes que cela en devenait insupportable au bout de quelques secondes à peine... Comme toutes les créatures nées de la noirceur de l'homme, je savais très bien que j'avais déjà ma place VIP de réservée là-bas, mais je préférais aller la prendre le plus tard possible.

Oui cette forêt m'avait changé. J'avais perdu mon innocence, mais ma détermination était devenue plus forte. Je ne voulais plus être un monstre, ou du moins essayer d'être le moins affreux d'entre eux. J'allais gagner ma rédemption, et peu importe ce que je devrais supporter pour cela... J'allais y arriver.

***

Je rouvrais les yeux, passant ma main dans mes cheveux noirs et me redressait de mon lit de fortune. J'étais perché sur le haut d'une branche d'un des vieux arbres de la forêt dont je venais de rêver. Repenser à ces vieux souvenirs m'avait fait réaliser à quel point j'étais jeune et naïf à l'époque... J'avais traversé cette maudite forêt en pensant pouvoir renier ma vraie nature. Pouvoir surmonter cette folle envie de sang, ce désir de tuer, de chasser ma proie et de lui faire traverser toutes les émotions possibles et imaginables avant d'enfin l'achever...

Ce jour-là quand j'avais tué ce fichu wendigo, je n'avais pas prêté attention une seule seconde à ce qu'il m'avait dit. Mais parfois, même les créatures les plus ignobles vous disent la vérité quand c'est dans leur propre intérêt. Eldarya m'avait amené amitié, gloire et joie pendant un temps. Mais mon instinct avait vite repris le dessus, et j'étais de nouveau là où tout avait commencé. Mais cette fois quelque chose avait changé... J'étais plus fort certes, et le fait que je me balade dans une forêt pleine de choses plus dangereuses les unes que les autres laissaient voir que j'avais gagné en assurance ces dernières années... Mais c'est cette chose que les humains appellent « l'espoir » qui m'envahissait autrefois. Maintenant, il n'y a plus rien...

Plus rien que les ténèbres et l'obscurité au fond de moi.


Voilà fin de ce nouveau chapitre, j'espère ne pas vous avoir gonflée et que vous avez aimé... A la prochaine ~

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