Écho et Narcisse

L'orage et la tempête détruisent ce paradis,
Là où ta beauté éblouit toutes les fleurs,
les ailes blessées de mon amour jadis,
S'enfuit avec les couleurs de mon malheur.

Une voix, un rire, une symphonie
Disparaissent à jamais de ma bouche meurtrie
La déesse en colère et désabusée
M'enferme dans cet enfer pour l'éternité.

Une beauté, un regard, un écho
Un océan de larmes qui chavire mon bateau,
Un péché enseveli, une nature déjà détruite,
Une fontaine, de son eau, t'a séduite.

Une parole, un murmure, puis je tressaute :
Un rejet m'emportant jusqu'à l'Aube,
Dans la grotte qui me sert de citadelle,
Esperer un baiser de toi pour que mon corps s'émerveille.

Némésis, venges-moi de cet affront,
Que mon châtiment ne soit plus aussi cruel,
Quel est ce rêve qui me semble si réel ?
Ou alors suis-je aussi maudit que Lycaon?

Hélas mon cauchemars ne prend fin,
Donne-moi un crayon ou une plume de Séraphin
Peut-être que pourrais-je faire un dessin,
Ou écrire notre histoire en s'improvisant écrivain !

Une chanson, une voix, un écho
Une image qui hypnotise mon héros,
Un amour impossible même pour Eros,
Le dieu qui ne veut enlever mes barreaux.

Un dernier voeu pour Hadès,
Emmènes-moi voir les enfers,
Je deviendrais alors comme Héraclès
Vainqueur de cette déesse mensongère.

**

LAir et la Terre avaient une fille : Écho. Cette charmante nymphe vivait dans les bois aux côtés de la déesse Artémis. Elle allait de rivières en torrents ; les arbres lui servaient de toit, la mousse et les jeunes pousses de lit. Elle ne connaissait ni  tourment ni ennui. Un jour qu'elle babillait avec les autres nymphes, Écho fut accusée pas la grande déesse Héra d'aimer son époux infidèle.

C'était une injustice, mais Héra, aveuglée par la colère, refusa d'écouter Écho, qui  limplorait. « Tu veux donc avoir le dernier mot ! », clama la déesse, folle de rage. Son châtiment ne tarda guère : bientôt, la nymphe devint incapable de parler. Ni phrase ni rire ne sortait plus de sa bouche. Elle répétait seulement les derniers mots qu'elle entendait. Écho était au désespoir.

Cette punition était d'autant plus cruelle que notre jolie nymphe tomba éperdument amoureuse

Écho aimait Narcisse. Ce garçon était tellement plaisant que toutes les nymphes et toutes les jeunes filles espéraient recevoir de sa part un baiser. Mais le jeune homme était indifférent aux beautés qu'il croisait. Et jamais il ne sentait la présence d'Écho, qui le suivait pourtant aussi fidèlement que son ombre.

La nymphe l'observait sans pouvoir lui parler, avec l'espoir pourtant d'en être un jour aimée. Un beau matin, elle tenta toutefois de se faire remarquer. Narcisse, à la recherche de ses amis, appelait : « Êtes-vous ici ? Y a-t-il quelqu'un par ici ? », et Écho lui répondait de sa jolie voix : « Ici, ici, ici ». Narcisse lui demanda alors de venir et Écho, le cur battant, apparut au jeune homme.

Mais celui-ci s'en détourna immédiatement. Et sans la regarder, il cria : « Jamais, jamais Penses-tu qu'un jour il se pourrait que je te donne pouvoir sur moi ? » Et la voix de la nymphe, entrecoupée de larmes, répéta, suppliante : « Je te donne pouvoir sur moi. » Mais déjà, Narcisse s'éloignait.

Méprisée par celui qu'elle aimait, Écho s'enfuit à travers bois, jusqu'à trouver une grotte dans laquelle elle voulut cacher sa honte et son désespoir. Émue par le chagrin sincère de la nymphe, la déesse Némésis se résolut à la venger

Narcisse se promenait comme à son habitude, lorsqu'il fut soudain pris d'une soif terrible. Il se laissa alors guider par Némésis jusqu'à une fontaine et il s'y pencha pour prendre une gorgée d'eau. Lorsqu'il vit son propre reflet, Narcisse en tomba amoureux. Dès lors, il ne cessa plus de contempler son beau visage dans l'eau limpide. Il se désespérait de ne pouvoir ni toucher ni aimer cette image, et il n'arrivait pas à s'en éloigner. Sa douleur était si grande qu'il appelait la mort, espérant ainsi se libérer d'un amour impossible. « Hélas, gémissait-il, je comprends bien maintenant toute la peine que j'ai causée à ces jeunes filles ! » Le temps s'écoulait et, progressivement, les pieds de Narcisse se changeaient en racines, son corps en tige, et sans qu'il s'en aperçût, le jeune homme se transforma en une jolie fleur, qui porte encore son nom.

La folie de Narcisse n'avait pas apaisé la douleur d'Écho. Elle continuait à veiller sur lui. Et lorsque Narcisse dit adieu à son propre reflet, Écho répéta doucement, tristement : « Adieu » Aujourd'hui, la nymphe a tant maigri qu'il ne reste que sa voix. Et, du fond de sa caverne, Écho répète encore les derniers mots des paroles qui lui sont adressées.

Lhistoire n'a pas été écrit par moi. Source : https://www.iletaitunehistoire.com/genres/contes-et-legendes/lire/biblidcon_088#histoire

Média : Echo and Narcissus, peinture à l'huile de John William Waterhouse, 1903, le tableau illustre le mythe raconté dans les métamorphoses d'Ovide.

* Narcisse à donné aujourd'hui l'adjectif de " narcissique" pour désigner quelqu'un qui s'aime (trop).

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