29
Alex
Allongé sur le toit de mon immeuble, je fixe le ciel éclairé par la lune. Je fais le vide, je me ressource, j'en ai besoin. Trop de choses se sont passées dans ma vie en seulement quelques jours. Je ferme les yeux un instant en tirant sur mon joint fraîchement roulé. Je souffle la fumée en souriant, putain, je souris et pour une fois ce n'est pas forcé. Une main à moitié gantée saisit la mienne et me tire pour que je me lève, ce que je fais. Je plane, mais je suis encore conscient de mes actes et de mes paroles.
Aliona se dandine au rythme du son qui se dégage de mes enceintes, elle est belle. Je suis dingue de cette nana, complètement fou d'elle. Je l'attire à moi, alors qu'elle boit une rasade de vodka. Je lui ôte la bouteille des mains et pose mon front contre le sien tout en l'accompagnant dans sa danse lascive. Elle rit à gorge déployée tandis que je me sens vivant.
— Bois pas trop, murmuré-je contre ses lèvres.
Elle lève les yeux vers moi avant de s'emparer de ma bouche avec douceur. Je réponds à son baiser avec tendresse, je prends le temps de savourer celui-ci. C'est si bon de savoir qu'elle me veut entier, je ne le réalise pas encore. Je romps notre échange et la serre contre moi tout en continuant à bouger avec elle dans mes bras.
— Je ne suis pas soûle, Alex, m'assure-t-elle.
Aliona s'éloigne de moi, puis se met à tourner sur elle-même en levant son visage vers le ciel. J'extirpe mon téléphone de la poche de mon jean et la prends en photo. Elle est juste magnifique, et elle est avec moi. Une semaine que je partage mon quotidien avec elle. Si elle n'était pas venue me voir au garage, je l'aurais perdue. Je ne serais pas retourné vers elle, j'avais bien trop mal pour supporter notre arrangement. Là, toute douleur s'est envolée et je me sens plus léger, les zones d'ombres sont encore très présentes, surtout quand Aliona n'est pas près de moi, mais je les gère mieux.
Je me rassois sur la couverture posée au sol sans jamais quitter la jeune femme des yeux, elle se baisse et ramasse la bouteille pour en boire une longue gorgée. Elle est un peu éméchée, rien de bien méchant. Elle décompresse, c'est les vacances pour elle et la pression qu'elle ressent pour son expo est palpable. Je peux la comprendre, et surtout je ne l'empêche pas de s'enivrer alors que je le devrais.
— Aliona, l'appelé-je.
Elle arrête aussitôt sa danse, ses yeux pétillent et un sourire étire ses lèvres. Emmitouflée dans son blouson blanc, son bonnet enfoncé sur la tête et cette jupe dévoilant ses fines jambes la rendent canon. Je lève le bras et l'invite à me rejoindre, ce qu'elle fait en abordant une démarche qui se veut sensuelle et même si elle n'est pas droite, elle n'en reste pas moins aguicheuse.
— Tu m'allumes, m'amusé-je.
— Peut-être bien, minaude-t-elle.
Je ne peux m'empêcher de rire ce qui la stoppe nette, sa petite moue boudeuse me faire reprendre mon hilarité de plus belle.
— Te moquerais-tu de moi, Alex ? bafouille-t-elle.
Elle pose ses petits poings sur ses hanches en prenant un air outré. Je me remets sur pied et l'attire à moi, sans lui laisser le temps de réagir, je m'empare de sa bouche avec brutalité et elle y répond avec la même hargne. Je me sépare d'elle avant qu'elle ne glisse ses doigts sous mon blouson. J'aime la chauffer, la rendre dingue et elle le sait. Sous son regard rempli d'envie, je range nos affaires dans mon sac à dos, puis j'attrape sa main et la tire vers moi en pressant le pas. J'ai envie d'elle et elle aussi, elle trottine derrière moi en chantonnant l'air que diffusait mon téléphone. Nous descendons les escaliers et je pousse la porte qui nous mène dans le couloir où se trouve mon appartement.
À peine arrivé chez moi, que je la plaque contre le mur et je la dévore. Je dégage son manteau sans ménagement, je suis bien trop pressé de la sentir autour de moi et à en croire ses doigts qui déboucle ma ceinture elle aussi. Habituellement, je prends mon temps, je la savoure, la caresse, mais là, je n'ai pas envie de préliminaire. Aliona n'est pas aussi timide qu'elle le laisse paraître, elle est entreprenante, ne se pose pas de questions et ça me convient.
Je mords sa lèvre quand elle empoigne mon érection et commence de lents va-et-vient. Je soulève sa jupe et grogne contre ce collant qu'elle porte. Vivement l'été et les jambes nues. J'arrête sa main avant qu'il ne soit trop tard pour moi de contenir ma jouissance.
— Retire-moi ce truc qui ne sert à rien, ordonné-je en montrant ses jambes.
— Ça tient chaud, rétorque-t-elle.
— Ouais, mais là ça me gêne.
Aliona vacille un peu en ôtant ses bottes, je la laisse faire tandis que je remonte légèrement mon pantalon et file chercher un préservatif dans ma chambre. Je fouille dans la table de nuit et constate que c'est le dernier que j'ai en stock.
Fais chier !
Lorsque je reviens, Aliona jette son collant au sol. Ses iris bleus sont presque imperceptibles tant ses pupilles sont dilatées. J'avance vers elle, ma queue palpite, impatiente de la sentir autour d'elle. Je glisse ma main sous sa jupe et je grogne lorsque je constate qu'elle a enlevé sa culotte. Elle est trempée, alors sans ménagement j'enfonce deux doigts en elle sans la lâcher du regard. Elle gémit et j'aime l'entendre. Je baisse mon jean et mon boxer avant d'enfiler le latex. J'embrasse Aliona, puis agrippe sa cuisse que je cale sur ma hanche et avec lenteur je la pénètre. Un soupir d'extase sort d'entre nos lèvres. Je ne bouge pas durant quelques secondes, puis je recule mon bassin et je reviens en elle plus brusquement. Mes coups de reins sont brutaux tant elle me rend complètement fou. Jamais je ne me lasserai d'elle. Ses ongles griffent mon crâne, ma nuque. J'enfouis mon visage dans son cou et mordille sa peau fine. Sa respiration s'accélère et ses gémissements s'intensifient.
— Ali, dis-moi que tu y es, chuchoté-je au creux de son oreille.
— Oui, hoquète-t-elle.
Sa tête bascule sur mon épaule, son corps se contracte et tremble légèrement et il ne m'en faut pas plus pour la rejoindre dans son orgasme. Le mien me foudroie, comme chaque fois. Je me retire et maintiens Aliona contre moi. Je me débarrasse du préservatif, remonte mon pantalon et prends la jeune femme dans les bras. Elle enroule le sien autour de ma nuque, je la dépose sur mon lit, puis l'aide à se débarrasser de ses fringues. Je fais de même avec les miennes et m'allonge à ses côtés. Aussitôt, elle se colle contre moi et caresse mon torse.
— Je me sens bien avec toi, murmure-t-elle.
— Moi aussi.
Je la serre un peu plus contre moi, ouais je me sens revivre avec cette fille. Elle est différente, elle n'est pas comme elle. Aliona lève son visage vers moi, elle semble triste tout à coup et mon cœur s'emballe d'appréhension.
Ne gâche pas ce moment, Ali. S'il te plaît, ne dis rien.
— Parle-moi de toi, Alex.
Tout mon corps se raidit, voilà nous y sommes. Par réflexe, je cherche à m'éloigner, mais Aliona m'en empêche en se positionnant sur moi. Je pourrais sans problème la basculer et fuir, cependant je suis chez moi. Je peux éventuellement lui révéler quelques brides de ma vie.
— Que veux-tu savoir ? articulé-je difficilement.
Ne me parle d'elle, je serais incapable de dire quoi que ce soit.
— Comment tu étais enfant ?
Aliona pose sa tête sur mon torse en attendant ma réponse. Mes yeux fixent le plafond et des souvenirs apparaissent. Ma mère et moi préparant un gâteau, elle qui me pousse sur la balançoire, des moments d'innocence où nous riions ensemble. Mon père nous rejoignait souvent après son travail, je le revois me tenir à bout de bras et me faire tournailler dans les airs. Un sourire étire mes lèvres à ces pensées.
— Un enfant sage.
— Je m'en doutais. Et tes parents, ils font quoi ?
Je n'ai aucune envie de m'engager sur ce terrain-là. J'ai pourtant eu mon géniteur au téléphone il y a quelques jours, je n'avais pas imaginé qu'il prendrait la peine de décrocher, mais il l'a fait. J'ai voulu lui dire tout le mal qui me rongeait, lui expliquer que je n'allais pas bien, mais je me suis tu. Je n'ai rien balancé sur ma vie misérable. Il m'a demandé si j'allais bien, j'ai menti en lui disant que tout roulait pour le mieux. La discussion s'est arrêtée là, elle a été courte, cependant, elle m'a fait du bien et m'a laissé un minime espoir que je comptais encore pour lui.
D'un mouvement de bassin, je bascule Aliona sur le côté et me lève avec précipitation. Je ne me tourne pas vers elle, inutile d'affronter son regard azur. J'ai besoin de boire ou fumer, peu importe, mais je ne tiendrais pas face à son interrogatoire si je ne suis pas un minimum défoncé. Je me dirige vers l'entrée, je chope la bouteille dans mon sac à dos et en ingurgite le fond qui reste. Je vais ensuite dans la cuisine, ouvre un placard et en sors un autre alcool que je m'empresse de boire. Une main se pose sur mon poignet quand je réitère mon geste et la douce voix d'Aliona parvint jusqu'à mes oreilles.
— Alex ne fait pas ça.
— Si, après j'irai mieux.
— Non, tu te trompes, insiste-t-elle.
J'ai envie de lui dire de la fermer, qu'elle ne peut pas comprendre ce que je ressens. Cette douleur qui me ronge, qui grignote mes chairs pour me faire souffrir de tout le mal que je fais autour de moi et même elle n'y échappera pas. Je le sais.
Face à mon regard réprobateur, elle lâche sa prise et je mets le goulot à ma bouche. Elle farfouille à son tour sur les étagères et saisit une bouteille.
— Qu'est-ce que tu fais ? grondé-je.
— Comme toi ! rétorque-t-elle sèchement.
Je suspens mon bras, puis je la dévisage en train de boire.
— Viens, on va dans le lit, ordonné-je.
— Quoi ?
— On pourra cuver tranquille.
Aliona me suit et de nouveau nous nous installons dans le lit. Je n'attends pas qu'elle réitère sa question et attaque le sujet famille directe.
— Ma mère est morte quand j'avais dix ans, commencé-je. Une putain de maladie qui l'a emmené en quelques mois. Mon père m'a élevé seul jusqu'à ce qu'il rencontre...
Ma mâchoire se crispe rien que de pensée à cette garce. C'est en partie de sa faute si j'en suis là, mes doigts se resserrent sur la bouteille avant que je la porte à la bouche.
— Je suis désolée pour ta mère, murmure Aliona en s'installant face à moi.
— Ne le sois pas, c'est comme ça. Quand j'ai eu dix-huit ans, mon paternel a ramené sa poufiasse chez nous. Une vraie salope qui aime plus le pognon que mon père.
La bouche d'Aliona s'ouvre en grand face à la virulence de mes mots, en revanche, elle ne m'interrompt pas et me laisse continuer. Je m'enfile de longues rasades d'alcool pour me donner du courage, le liquide ne me brûle même plus l'œsophage tant je suis habitué. Je cale ma tête contre le mur et lève les yeux vers le plafond.
— Un après-midi, j'ai terminé les cours plus tôt. Je suis rentré chez moi, une voiture était garée dans l'allée et ce n'était pas celle de mon père. Normal, puisqu'il bossait. Quand j'ai franchi la porte, j'ai trouvé cette pute en train de se faire choper le cul par un homme que j'avais déjà croisé à des soirées guindées. Le type a vite remballé son matos et a pris la fuite.
— Oh ! Mais tu n'as rien dit à ton père ?
Je reporte mon attention sur ma jolie brune. Le visage fermé, le regard sombre, un sourire sadique étire mes lèvres.
— Bien sûr que si, je lui ai tout raconté le soir même, il m'a foutu dehors le lendemain. Sa connasse a été lui raconter que je la harcelais, que je lui faisais des avances et mon père a préféré la croire elle, plutôt que moi. Je ne me suis pas défendu, j'ai fait mes bagages et je suis parti.
Le silence règne à nouveau dans la chambre, lui avoir révélé cette partie de ma vie me soulage. Cependant, elle n'en saura pas plus, c'est tout ce que je m'autorise à lui dire. Sa bouteille à la main, elle me saute dessus et m'embrasse avec rage et fougue. J'y réponds sans aucune hésitation, Aliona ondule son petit cul sur mon entre-jambes qui se réveille malgré l'alcool qui coule dans mes veines. Je pose ma bouteille sur la table de nuit, puis prends la sienne et fais de même.
— J'ai plus de capotes, ricané-je en haussant les épaules.
— C'est pas un problème.
Elle embrasse mon torse, sa langue glisse jusqu'à mon ventre.
Putain, j'adore cette fille !
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