19
Alex
Un corps gît sur le lit, j'avance prudemment le cœur battant à tout rompre. Je sais ce qu'il m'attend et pourtant, je ne peux empêcher mes pieds d'avancer. Je tente de faire demi-tour, mais une force inconnue m'oblige à rejoindre cette silhouette. Sa robe longue est remontée jusqu'à ses genoux, elle est droite comme un i, les bras écartés. Je ferme les yeux refusant de voir la suite, mais même à travers mes paupières closes, je discerne les traits de son visage. Cependant, ce regard bleu, vide de toute vie, ce n'est pas elle, mais Aliona. Je crie un NON qui m'arrache les cordes vocales, j'agrippe ma chevelure et me laisse tomber au sol.
— Alex, réveille-toi. Alex, s'il te plaît.
La voix paniquée d'Aliona me sort de ce cauchemar. Le regard hagard, je cherche son visage et lorsqu'il se matérialise devant moi, j'attrape sa nuque et l'embrasse à en perdre haleine pour me convaincre qu'elle est bien réelle, bien vivante. Lorsque sa paume entre en contact avec ma joue et que ses doigts glissent sous mon œil, je sais ce qu'elle fait. Et j'espère qu'elle ne me posera aucune question afin de savoir pourquoi les larmes coulent sur mon visage. Ce cauchemar, je le fais chaque nuit, mais jamais Aliona ne s'est retrouvée à sa place. Je devrais prendre ça comme un avertissement ; or je ne veux pas la perdre, je suis un putain d'égoïste et je n'en ai rien à foutre. Elle me fait du bien, même si elle n'éprouve rien pour moi, hormis peut-être de la pitié.
Aliona s'écarte, mais je refuse qu'elle me voie ainsi, je refuse qu'elle m'échappe, alors je bascule sur elle et reprends ses lèvres avec avidité. Ses doigts empoignent mes cheveux, alors que sa langue joue avec la mienne. Elle prend tout ce que je lui transmets par ce baiser, la douleur, le mal qui me ronge comme si elle s'emparait de mes tortures. Puis ses paumes descendent dans mon dos, elle saisit le bord de mon t-shirt et le remonte le long de ma peau. Je me redresse et elle m'en débarrasse. Son regard détaille mon torse, ses doigts frôlent mon épiderme puis lorsque ses pupilles plongent dans les miennes, je n'ai plus envie de me contrôler. Sans doute regretterons nous ce que nous nous apprêtons à faire, mais j'ai besoin d'elle, de penser à autre chose qu'à ce rêve. Je veux m'assurer qu'elle est bien là avec moi.
Sans que je lui demande, elle ôte son pull blanc et le jette dans un coin de la chambre. Elle est magnifique, belle à en crever comme je l'imaginais. Je prends le temps de caresser chaque parcelle de sa peau si douce. Ma paume englobe l'un de ses seins parfaits, et lorsque je pince son téton sous la dentelle fine, un gémissement franchit ses lèvres. Ma bouche se repose sur la sienne, les mains d'Aliona glissent jusqu'à la ceinture de mon pantalon qu'elle déboucle avec difficulté, elle est fébrile et stressée et je le suis tout autant. Elle s'apprête à glisser sa main sous l'élastique de mon boxer, mais je la stoppe avant qu'elle n'atteigne son but. Ses sourcils se froncent d'incompréhension, je veux juste prendre le temps, j'attends ce moment depuis si longtemps que je refuse de le gâcher.
Sans un mot, je glisse mes mains derrière son dos et la débarrasse du tissu qui recouvre sa poitrine. Ma langue glisse sur sa gorge, son sein et j'aspire avec douceur la pointe brune. Je continue jusqu'à son ventre, et j'entreprends de la débarrasser de son pantalon. Elle se laisse faire, pourtant je redoute ce moment où elle me dira d'arrêter. Je jette son slim au sol, tandis que ma paume appuie légèrement sur ce shorty noir. Son bassin se soulève puis elle cherche mon contact en se déhanchant. J'écarte ses jambes, mon doigt s'immisce sous le tissu, un grognement m'échappe lorsque je constate qu'elle est trempée. Et je me ravis de savoir que c'est moi qui lui fait cet effet-là. Je joue doucement entre ses lèvres humides sans jamais la pénétrer, juste en effleurant son clitoris gonflé par le plaisir. Elle gémit et ma queue tressaute se trouvant un peu trop à l'étroit sous la toile de mon jean. Aliona se cambre alors que mon doigt entre dans ses chairs mouillées d'excitation. J'entre et sors avec une telle lenteur que je vois bien que ça la rend dingue.
— Alex, murmure-t-elle en soupirant d'aise.
— Donne-moi l'autorisation, Aliona, s'il te plaît.
Elle hoche vigoureusement la tête de haut en bas, je cesse mon geste et me débarrasse de mon jean et mon boxer en un rien de temps. Je lui enlève sa culotte et continue de jouer avec sa petite chatte parfaite. Aliona se relève et empoigne mon érection sans que je m'y attende. Ces gestes sont incertains et pourtant j'adore ce qu'elle me fait. Je pose mes lèvres sur les siennes et étouffe mes râles contre sa bouche. Ne tenant plus, je la bascule sur le matelas, ouvre le tiroir de la table de nuit et en sors un préservatif. Une fois couvert, j'observe la pièce sous son regard interrogateur. Je quitte le lit et lui tends la main, elle s'en saisit et je l'entraîne avec moi jusqu'à la chaise qui se trouve dans un coin de la chambre. Je m'assois dessus et tire Aliona qui se mord la lèvre. Le moment d'hésitation est là et j'ai peur qu'elle ne fasse marche arrière.
— Je... commence-t-elle.
— C'est pas grave, dis-je précipitamment.
— Non, j'en ai envie, très même, mais... Une chaise ?
Je ne peux m'empêcher de sourire, sans doute son ex se contentait de la choper dans un lit. Pour ma part, peu importe l'endroit, mais le moins possible dans un lit, trop conventionnelle.
— Ouais, sur une chaise. Viens je t'assure que tu vas prendre ton pied.
Enfin, elle passe ses jambes de chaque côté de mes cuisses. Je la guide et la laisse mener la danse à son rythme. Elle glisse sur ma queue dressée avec lenteur et je me retiens de ne pas la pilonner avec violence tant l'attente est insoutenable. Une fois empalée sur mon membre, elle ne bouge plus, seule sa respiration parle pour elle. J'attrape ses hanches et la soulève avant de la redescendre. Puis, elle prend appui sur mes épaules et arbore un rythme régulier. Son regard plonge dans le mien et le désir que j'y voie me rend dingue. Je saisis sa nuque et l'embrasse avec ferveur, j'amorce un coup de bassin pour aller à sa rencontre, puis je glisse ma main entre nous et masse ce bouton de plaisir qui accentuera son orgasme.
Essoufflée, elle s'écarte, alors tout en la maintenant contre moi, je me lève et la plaque contre le mur derrière moi. Ses jambes s'enroulent autour de mes hanches, et je ne me retiens plus. J'accélère la cadence, c'est trop bon, trop parfait, trop interdit. Mais j'en ai rien à foutre, et encore plus lorsque sa voix résonne au creux de mon oreille.
— Ne t'arrête pas, je crois...
Et là elle se lâche, un cri sort de sa gorge et je sais que j'ai envie de l'entendre à nouveau. D'un dernier coup de reins, je la rejoins dans sa jouissance. Puis je reste plaqué contre corps sans bouger, ma tête enfouie dans son cou.
— Alex ? murmure-t-elle.
— Laisse-moi trente secondes.
Juste le temps que je me remette de ce que je viens de ressentir. Je ne veux plus m'arrêter, je suis prêt à recommencer encore et encore. Je m'écarte d'elle à contrecœur, j'ai peur de sa réaction, j'ai peur de la perdre alors que je ne le veux pas. J'ai peur de tellement de choses que je me demande si c'est vraiment une bonne idée de la faire entrer dans ma vie. Je panse ses blessures, elle panse les miennes. Un bon compromis en soi, si on oublie le fait que je ne veux pas seulement ça avec elle.
Elle glisse ses jambes et retrouve sa stabilité sur le sol, alors que je pensais qu'elle fuirait tout contact visuel, et bien non elle me regarde droit dans les yeux et je ne décrypte pas ce qui se passe dans sa tête. Je m'éloigne d'un pas pour qu'elle soit tranquille, et ma crainte s'intensifie. Elle ne me retient pas, je lui tourne le dos et ramasse nos vêtements éparpillés sur le sol. Je lui tends les siens et la laisse seule alors que je file sous la douche.
Une fois sous l'eau, je me laisse aller à la colère qui comprime ma poitrine, mon poing frappe le carrelage et je serre les dents pour m'empêcher de hurler ma douleur.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Après ce qui me semble une éternité sous la douche, j'en sors enfin. Je remets mes fringues et quitte la salle de bain, honteux de l'avoir abandonnée comme un connard. Je ne serais pas surpris de ne plus la trouver chez moi. Mais Aliona est toujours là, habillée et assise sur le lit. Quand elle s'aperçoit de ma présence, elle lève la tête vers moi.
— Pardon, lui dis-je d'une voix éraillée.
— Tu n'as pas à t'excuser.
Elle se lève et se poste devant moi, sa paume se pose sur mon torse et elle me fixe d'un regard triste.
— Je ne suis pas prête pour avoir une autre relation.
Un rire sans joie sort de sa gorge.
— Je te dis alors ça que je ne sais même pas ce que nous sommes toi et moi. Je me sens ridicule.
— Nous ne sommes rien, réponds-je acerbe.
Elle rompt le contact comme si je l'avais brûlée.
— Tu viens de te faire larguer et je ne suis qu'un pansement. Je ne te demande rien, Aliona. Rien du tout.
Son visage se penche sur le côté et putain je dois me retenir de ne pas l'embrasser malgré la douleur qui foudroie mon cœur.
— On pourrait... Je ne sais pas... être comme cette fille et toi ?
Si seulement c'était possible et aussi facile.
— Sauf que tu ne seras jamais comme Clémentine, parce que ce n'est pas ce que je veux avec toi.
Sa bouche forme un O de surprise, pourtant je pensais qu'elle avait compris mes réelles intentions envers elle ; or je me rends compte que je me suis planté.
— Alors, je vais rentrer chez moi et reprendre le cours de ma vie parce que je ne pourrais pas te donner ce que tu veux. Pourtant, j'ai vraiment envie de passer du temps avec toi, de te connaître et... de te sauver, hésite-t-elle.
— Je te l'ai dit, personne ne peut me sauver. Même pas toi, surtout pas toi, je te ferais bien trop de mal et tu t'en ferais sans doute aussi en espérant me sortir des griffes de mon passé.
— Tu as sans doute raison.
À cet instant ma poitrine brûle et mon organe vital se déchire en de minuscules morceaux. Le vide s'installe ensuite dans ma cage thoracique, je savais que ça ferait mal d'entendre ses mots, mais pas à ce point.
— Je peux te demander une dernière chose ?
— Oui, l'encouragé-je.
— Laisse-moi t'accompagner ce soir et je te promets qu'ensuite je sortirai de ta vie.
— Comme tu voudras, ça te permettra de voir qu'il est impossible de me venir en aide. J'espère que tu es prête à me voir tel que je suis.
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