30.
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15 février, Seongbuk-gu, Séoul
Rapidement, il y eut convergence des événements : les retrouvailles du groupe 5MONSTERS, l'examen et l'exposition de Min-ho étaient tous programmés le même week-end.
Les parents de l'étudiant étaient venus voir l'exposition et célébrer son diplôme. Min-ho était nerveux au moment de leur montrer sa toile même si celle-ci avait suscité des réactions positives au sein du jury. Il ignorait ce que ses parents allaient en penser. Heureusement pour lui, ils n'étaient pas trop conservateurs...
— Les toiles de tes camarades sont pour la plupart très réussies, mais c'est la tienne que nous voulons voir, poussin.
— Ah, oui, oui, on y est presque...
Il avait fait serpenter ses parents à travers l'exposition pendant plusieurs dizaines de minutes, mais il ne pouvait plus retarder la découverte. Avec une nervosité grandissante, il les conduisit devant la toile tout au fond de l'exposition. Sa plaque informative portait un petit ruban doré avec inscrit « 1st place ».
— Voilà, c'est celle-ci.
Ses parents demeurèrent un instant muets devant la toile. Elle représentait deux hommes qui s'enlaçaient, prêts à s'embrasser, et dont le bas du corps partait en fumée. D'un réalisme saisissant, leurs prunelles étaient très émotives, mais c'était le travail sur les ombres et les lumières qui avait été tout particulièrement salué par le jury.
— Ils ont l'air... amoureux, commenta sa mère, rêveuse.
— D'où t'es venue cette idée ? l'interrogea son père avec étonnement. Dis-nous, Min-ho.
Rougissant jusqu'à la pointe des oreilles, il bafouilla une réponse :
— Euh... je ne sais pas trop... On n'est quand même plus au Moyen-Âge ! Deux hommes qui s'enlacent... ça ne devrait plus choquer personne, non ?
Et c'était précisément pour cette raison qu'il avait – à sa grande surprise – remporté le premier prix de l'exposition. Au départ, il avait cru qu'il se tirait une balle dans le pied en présentant une telle toile, or sa prise de risque avait été récompensée. Le jury avait applaudi le réalisme de la toile et l'émotion qui s'en dégageait. Si-Woo lui avait même confié que si, durant une grande partie de son cursus, il avait été aussi sévère avec lui, c'était parce qu'il croyait en ses chances de rafler le premier prix et de proposer une toile aussi audacieuse.
— Tu t'es vraiment surpassé ! s'exclama Ji-ha en arrivant derrière. Je n'arrête pas de le lui dire !
— Où sont tes parents ? demanda Min-ho.
Elle fit la moue.
— Oh, je les ai perdus quelque part autour du buffet... il y a des huîtres dont mon père raffole. Et ma mère a accaparé le professeur Si-Woo pour lui parler de mes perspectives de carrière.
Ji-ha grimaça en levant les yeux au ciel. Ses parents étaient de riches industriels et elle avait longuement dû les convaincre pour qu'ils acceptent de la laisser entrer dans un programme d'art, eux qui auraient préféré qu'elle étudie plutôt la médecine ou la finance. Mais une fois qu'elle y était entrée, ils étaient devenus obsédés par l'art, avaient commencé à acquérir des toiles, à faire des dons à l'université et à parler de leur petite fille prodige (et future Van Gogh, ils insistaient !) à tous leurs amis.
— Nous avons vu ta toile, nous l'avons beaucoup aimée aussi, Ji-ha, dit la mère de Min-ho en souriant.
— Merci beaucoup ! Mais vraiment... je fais pâle figure à côté de notre Min-ho !
— J'ai bien envie de parler à votre professeur Si-Woo moi aussi, ajouta le père. Nous lui avons apporté un cadeau.
D'un mouvement de tête, Ji-ha désigna le buffet.
— Là-bas. C'est le monsieur en costume noir avec les lunettes bleues.
Comme les parents de Min-ho s'éloignaient pour leur laisser un moment, Ji-ha dit à voix basse :
— Tu sais, depuis que je la regarde, je me dis que ça ressemble quand même beaucoup à Smoke... et l'autre, on dirait étrangement...
Min-ho écarquilla les yeux et il la coupa avant qu'elle ne prononce la fin de sa phrase :
— Smoke est une grande source d'inspiration, c'est sûr, tu sais comme sa musique m'a inspiré ! Mais je pense que ton imagination est un peu trop fertile... !
— Ouais, ouais...
Ji-ha rit en lui décochant un petit coup de coude amical. Son amie avait beau voir clair dans son jeu, Min-ho n'était pas prêt à lui avouer que, en peignant cette toile, il s'était souvenu aussi clairement que possible de ce soir où Yeongi et lui s'étaient embrassés...
Et jamais il n'avait pensé que son émoi pourrait lui valoir le premier prix de l'exposition (ainsi qu'une note parfaite à l'examen) !
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