iii
le néant me fait perdre la tête. je ne parle pas, ce sont mes pensées qui hurlent à ma place. je voudrais arrêter de penser. je n'en peux plus d'essayer de remplir le vide. ça ne marche pas. y a toujours du vide. je suis vide du cœur et de l'esprit. il est impossible pour moi d'être matière, je suis fantôme moi-même.
au plus fort de la fièvre néantique, des nausées sèment le désordre dans mon être, je préfère les appeler les tremblements de tête. oui, les tremblements de tête. l'épicentre vient souvent de mon cœur, puis la vague remonte, et je ressens tous les séismes de sentiments violents ravager mon esprit. ça fait dégâts à l'intérieur de moi, pas assez pour me sentir vivante.
parfois, je vomis des mots. si on peut appeler ça des mots. plutôt des bouillis de syllabes, des sons hachés de ma voix, ils s'échappent comme des prisonniers cherchant à s'évader. je suis une prison et je ne suis pas capable de garder tout en moi. même lorsque je chercher à combler le néant, je me vide moi-même.
« je pense donc je suis. »
— mensonge. mensonge. mensonge. je n'existe pas moi ! je n'existe pas, personne ne m'a jamais vu alors je n'existe pas. c'est comme les fantômes, personne n'y croit parce qu'on en a jamais vu. je pense vide donc je suis vide, c'est ça la réponse ! je suis rien, rien, rien...
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