ii
la terre est parasitée de sept milliards d'humains, et pourtant, ils ne me servent à rien. non, y a personne qui veut de moi, je sais que je suis seule. je ne sais même pas pourquoi je vis encore. je n'ai pas le courage de découvrir des sources de distractions. or, cela aurait pu donner un peu plus de sens à ma pauvre existence. peut-on parler d'existence ? aux yeux des autres, je n'existe pas. Je finirai bien par disparaître.
maison. murs. lit. tables. herbes fraîches. maison. murs. lit. tables. herbes fraîches. maison. murs. lit. tables. herbes fraîches. maison. murs. lit. tables. herbes fraîches. mes journées se ressemblent toutes et se résument à : maison. murs. lit. tables. herbes fraîches.
j'ai vécu bien trop longtemps, je connais trop bien la caverne dans laquelle je me cache. l'ennui me fait faire de drôles de choses, alors je compte les carreaux du sol de la cuisine ( cent-vingt-et-un), les lattes du parquet de ma chambre (deux-cent-soixante-quatre), je connais l'endroit exact de mes livres, de mes bibelots, je crois que je serais même capable de compter les brins d'herbe de mon jardin et d'y identifier toutes les plantes.
l'inconnu ne me fait pas peur. au contraire, je le cherche, malheureusement je n'en ai pas la force. la terre n'est pas vide, c'est moi qui m'enfonce dans mon propre néant. maison. murs. lit. tables. herbes fraîches. mes connaissances n'ont plus de sens, elles sont emprisonnées, piégées entres les barreaux lui empêchant un renouveau.
c'est ma vie. maison. murs. lit. tables. herbes fraîches.
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