Chapitre 26
Alphonse Martin n'en revint pas. Son ravisseur, Daniel Ferraud, l'avait ramené là où tout avait commencé. À l'endroit où ces deux hommes s'étaient rencontrés : dans un laboratoire de Genetics. En y réfléchissant plus, Alphonse admit que ce choix de lieu était logique. Daniel voulait que le professeur réalise à nouveau sa formule. Cet endroit était le lieu approprié pour refaire sa formule sur la génétique.
– Si vous avez besoin de quoi que ce soit pour la formule, je m'en occupe. Lui annonça Ferraud en regardant son otage faire le tour des équipements qu'il avait mis à sa disposition.
– Vous avez même un fœtus ? Questionna le professeur en portant un regard sur l'homme qui le détenait ici.
Le PDG secoua négativement la tête avant de dire :
– Nous n'en avons pas besoin. Vous le ferez sur moi-même.
Alphonse fixa Daniel avec surprise.
– Je ne peux pas faire cela Daniel. Vous risquez de mourir.
– J'ai été capable de modifier les capacités génétiques de deux adolescents alors que je ne suis pas du métier. Vous devriez être capable de le faire pour moi, non professeur ?
Le professeur ne répondit rien. Il ne savait pas comment expliquer que cela était différent lorsque l'on touchait aux sens. Daniel Ferraud s'approcha de lui avant de demander :
– Alors, vous avez besoin de quelque choses professeur ?
*
Les adolescents roulaient depuis une heure déjà. Ils avaient rapidement quitté Marseille pour s'enfoncer dans les terres à la poursuite de Daniel Ferraud. Avant de quitter la ville, Maël avait envoyé un message à son frère pour lui indiquer qu'il partait avec Roxane et Suzanne à la rescousse du professeur. Sam, Katia et les autres devaient rester à Marseille pour aider la population contre les hommes bizarres.
– Roxanne attention ! Cria Maël en indiquant une voiture qui arrivait en face.
La jeune femme se crispa en serrant les dents.
– Bon sang Maël si tu continues de faire ça pour chaque voiture que l'on croise je sens que je vais t'éjecter de la voiture...
Suzanne soupira face à la nouvelle dispute de ses amis. De son côté, la voiture en question passa à côté de celle de nos héros sans encombre.
– J'ai toujours peur quand tu conduis c'est pas de ma faute... avec ce qui s'est passé la dernière fois...
– Je t'ai déjà dis que c'était à cause de ton frère !
– C'est bon tous les deux ! Les coupa Suzanne soudainement.
Il y eut un blanc après l'intervention de la jeune fille. Suzanne et Maël savaient qu'ils se comportaient comme des gamins et n'étaient pas fiers d'eux.
– On doit sauver le professeur, c'est tout ce qui compte, continua la jeune fille sans les regarder.
Roxane et Maël finirent par s'excuser. La voiture continua à rouler un instant.
– On va jusqu'où Maël comme ça ? Demanda par la suite Roxane.
Depuis qu'ils avaient pris la route, l'adolescent pistait le professeur avec son flair.
– L'odeur est de plus en plus forte, on se rapproche.
Soudain, derrière une montagne, un grand bâtiment apparut. La bâtisse de couleur grise arborait le nom « Genetics » sur sa façade.
– C'est grand... lâcha Suzanne. Comment on va faire pour arriver jusqu'au professeur sans se faire arrêter avant ? Il doit y avoir une tonne de gardes là dedans...
Les deux autres adolescents se mirent à réfléchir quand soudain, Maël tourna sa tête en direction d'une petite maison à peine visible à l'orée des bois.
– Qu'est-ce que tu as senti ? L'interrogea Suzanne en le voyant faire grâce au rétroviseur.
– Je crois que j'ai une idée pour arriver jusqu'au professeur... Roxane arrête toi devant cette maison.
– Pour quoi faire ?
– Roxane s'il te plaît.
La jeune femme finit par obéir. Elle fit demi-tour afin de rejoindre la maison que Maël lui avait indiqué. Lorsqu'elle éteignit la voiture, elle se tourna vers le garçon :
– Il y a quoi dans cette maison de si important ?
Maël regarda les deux filles avec un sourire en coin.
– Notre moyen de pression.
*
Jean Ferraud entendit un bruit de porte que l'on ouvrait.
– Ils sont là, murmura-t-il pour lui même sans bouger d'où il était.
Le vieil homme se trouvait dans son fauteuil roulant devant la baie vitrée de son salon.
Les adolescents entrèrent dans la maison en essayant d'être silencieux et suivirent un couloir qui les mena au salon. Ils s'immobilisèrent en voyant un homme au crâne dégarni assis dans un fauteuil roulant.
– Je... je ne peux pas faire ça... c'est horrible... confessa Suzanne en reculant de deux pas.
– Vous allez pourtant devoir le faire, jeune fille, la coupa le vieil homme en se tournant vers eux.
Roxane et Maël se regardèrent avec surprise. Ils ne s'attendaient pas à ce que le père de l'homme qui faisait de leur vie un cauchemar réagisse comme cela.
Jean avança avec son fauteuil roulant jusqu'aux adolescents.
– Vous êtes les gamins avec les sens c'est ça ?
Roxane hocha la tête.
– Je savais que vous alliez venir. Il faut se dépêcher. J'ai peur pour mon fils...
Alors qu'il passait entre les adolescents, Maël répéta :
– Comment ça vous avez peur pour votre fils ? Je ne sais pas si vous savez, mais c'est lui qui est à l'origine de ce cauchemar...
Jean Ferraud se tourna vers le garçon avec des yeux tristes.
– Tu sais mon garçon, Daniel est quelqu'un de très égocentrique et avide de pouvoir. À cause de lui, vous souffrez toi et tes amis. Mais Daniel est également mon enfant et en tant que père, j'ai peur pour lui. Je ne veux pas qu'il finisse seul...
Maël resta bouche bée. Malgré le fait que cet homme avait un monstre pour fils, il voulait quand même le protéger. C'était donc cela l'amour paternel que les adolescents n'avaient jamais connu ?
– Vous attendez quoi de nous au juste ? Voulut savoir Roxane.
Le vieil homme les regarda tous les trois avant de dire :
– Vous cherchiez un moyen de faire plier mon fils, c'est ça ? Alors faites de moi votre otage et aidez moi à raisonner mon fils.
Les adolescents se regardèrent un instant afin de réfléchir.
– Nous n'avons pas le temps de réfléchir les enfants, coupa le vieil homme. Il nous faut agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard.
Roxane hocha la tête pour signifier qu'elle était d'accord avec les paroles de Jean Ferraud. Maël tourna sa tête vers sa petite amie afin d'avoir son avis. Suzanne fixait Maël, pas sûre du tout du plan.
Roxane ne laissa pas le temps aux deux autres adolescents. Elle passa derrière le vieil homme puis poussa son fauteuil jusqu'à l'extérieur.
– Il va falloir faire confiance au vieux, conclut Maël en attrapant la main de Suzanne.
– Oui...
Une fois tout le monde dans la voiture, Roxane redémarra en direction de « Genetics ».
******************
De retour ! Je vais me consacrer à cette histoire afin de la finir comme promis :)
Bonne lecture à vous !
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