Chapitre 22...
6h venaient de sonner à la basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille. Quelques touristes étaient déjà en train de se promener sur la plage Borély, juste devant l'hippodrome portant le même nom. En ce début de mois de Juillet, ces touristes venaient admirer le levé de soleil face à la mer. Un spectacle magique qu'ils avaient promis à leurs bambins tout juste sortis du lit. Finalement les premiers rayons du soleil commencèrent à apparaître. Les adultes fascinés montraient ce miracle de la nature à leurs enfants qui ne s'étaient pas rendormis entre leurs bras.
Au fur et à mesure que le soleil apparaissait, des ombres noirs vinrent se greffer sur cette mer qu'il croyait vide de navire. Des dizaines de bateaux étaient en train de se diriger vers la plage. Les adultes se relevèrent doucement en ne quittant pas des yeux ce spectacle. Ils se serraient crus à une reconstitution du Débarquement de Juin 1944 en Normandie. Sauf qu'ils n'étaient pas en Normandie mais à l'autre bout de la France, à Marseille. Les femmes commencèrent à regarder leurs maris, de plus en plus inquiètes.
Un premier bateau toucha terre et sa coque glissa sur le sable dans un bruit sourd. Les personnes s'étaient reculées afin de ne pas se faire écraser. D'autres avaient sorti leur téléphone dans le but de prévenir les forces de l'ordre. Des enfants semblaient également plus émerveillés par l'arrivé du bateau que par le soleil se levant au dessus de l'horizon.
Les premières voitures de police arrivèrent tandis que rien n'avait bougé dans le bateau. D'autres bateaux avaient accosté si bien que la plage semblait remplie de navires. Et ce n'était pas la seule plage de la ville dans ce cas là. Des personnes s'étaient attroupées afin de voir ce qui se passait. Des jeunes et des moins jeunes étaient même en train de filmer. Les unités de police avaient délimité un périmètre de sécurité et empêchaient les journalistes de s'approcher. D'autres personnes cherchaient des caméras, pensant se trouver sur le tournage d'un film.
Le commandant Arthur Morin, homme d'âge mûr à la chevelure poivre et sel et aux yeux verts, arriva sur les lieux avec quelques uns de ses hommes. Chargé de cette affaire, il prit directement les choses en main. Il éloigna encore plus les civils et les journalistes puis demanda à ce que l'on lui trouve un porte-voix. Il s'approcha d'un des bateaux, hommes armés et gilets pare-balles avec lui. Il se posta devant l'un des bateaux avant de se mettre à parler dans son mégaphone.
- Commandant Arthur Morin à tous les occupants de ce bateau, veuillez vous montrer les mains en l'air.
Ses hommes scrutaient les moindres changements qui pourraient s'opérer sur ce navire. Or, rien ne se passa. Le commandant reprit alors la parole.
- Veuillez vous identifier. Je ne vous le demanderai pas une autre fois.
Nouveau moment silencieux.
- Bien, nous allons à présent monter sur le navire. Je répète que nous sommes armés.
Sur ce, il donna l'ordre à ses hommes qui grimpèrent rapidement. Une fois sur le pont, les hommes se séparèrent afin de fouiller le bateau. Arthur Morin attendait en bas en essayant de voir ses hommes. Soudain, l'un de ses hommes fut projeté par dessus bord. Des gens crièrent et il tomba lourdement au sol. Morin, ainsi que le personnel de soin, accoururent vers lui. L'homme semblait secoué par des spasmes incontrôlables. Il serrait son bras droit fort contre lui en gémissant.
- Amrani, vous allez bien ? Qu'est-ce qui s'est passé là-haut ?
Le commandant voyait que son subordonné voulait lui répondre mais le jeune homme semblait dans l'incapacité de le faire. Le Samu le prit en charge et le transporta plus loin. Morin se tourna vers son micro afin de donner ses ordres à toutes les patrouilles.
- Individus dangereux sur le bateau. Je répète dangereux. Usage des armes autorisé.
Il allait rajouter quelque chose lorsque tous les hommes montés sur le bateau furent soi jetés par dessus bord ou soi projetés par un hublot. Le commandant les regarda, avec un regard mêlant surprise et peur, tandis qu'ils se faisaient prendre en charge.
- Monsieur Morin, l'interpella l'un des membres du Samu, il faut que vous voyez ça !
Il ordonna à d'autres hommes de surveiller l'embarcation puis suivit le médecin. Celui-ci l'emmena jusqu'au camion où avait été transporté le jeune Amrani. Le jeune homme était maintenant torse nu et continuait à trembler en gémissant. Son front était brillant de sueur et ses mains ne cessaient de se serrer et de se desserrer. Le regard du commandant se porta immédiatement sur la marque jaune orangée qu'il avait sur le bras droit. D'où il était Morin pouvait identifier cette marque comme étant celle laissée par de l'acide. Il allait dire quelque chose lorsque soudainement, la couleur changea. La marque sur le bras du jeune policier devint violette. Puis bleue, verte, rouge.
Le commandant regarda le médecin complètement abasourdi.
- C'est la même chose pour tous les hommes Monsieur.
Arthur Morin sortit de la camionnette en vitesse. Il se tourna vers ses lieutenants et continua à marcher tout en donnant ses ordres.
- Appelez l'armée. Délimitez une zone de protection, je ne veux plus voir aucun civil ici. Faites parvenir à tous les habitants de la ville, résidents comme les touristes une information leur disant de rester chez eux. Évacuez ceux qui se trouvent dans un rayon de 1 kilomètre autour des plages.
Les hommes et les femmes s'exécutèrent par la suite lorsqu'un bruit retentissant se fit entendre. Au même moment, toutes les sirènes des différents bateaux retentirent, obligeant les personnes autour à se couvrir les oreilles avec les mains. Le bruit dura un longue minute avant que le silence ne se fasse entendre. Plus personne ne parlait. Tout le monde fixait les navires en silence. C'était comme s'ils ressentaient tous que quelque chose allait se produire. Quelque chose de mauvais. Néanmoins, ils n'arrivaient pas à bouger.
Au bout d'une autre minute qui sembla interminable pour tout le monde, des pas se firent entendre sur les ponts. C'étaient des pas lourds, des pas qui donnaient la chair de poule.
Un premier homme se fit voir, bientôt suivit par d'autres, sur tous les navires. Les policiers se regardaient en ne sachant pas quoi faire, la main sur leur arme. Ils attendaient un ordre de Morin. Or ce dernier semblait pétrifié. Il n'avait jamais vu cela de sa vie.
Les hommes sur les embarcations ne semblaient plus humains. Leur tête était rasée et d'une blancheur extrême, leurs vêtements comportaient de nombreux trous. Et le pire dans tout cela, c'était leur peau. Blanche, très blanche, mais luisante, des gouttes coulaient également.
Morin ne comprenait pas ce qui se passait. Jamais il ne s'était retrouvé dans une situation comme celle-ci. Il ne savait pas comment réagir.
L'un des hommes sauta de l'embarcation et atterrit sur ses deux jambes. Comme si le fait de sauter de 2m50 ne lui faisait rien. Il regarda Morin avec un sourire mauvais avant de déclarer d'une voix caverneuse.
- Vous êtes officiellement pris en otage.
Le commandant le regarda abasourdi.
- Par... pardon ?
- Vous êtes nos otages. À ce moment même, toute la ville de Marseille est en train de se faire encercler par nos hommes.
- Pourquoi faites-vous cela ?
L'homme le regarda avec un sourire en coin avant de cracher quelque chose. De la salive ou de l'acide, le commandant n'en avait aucune idée. Il passa à côté du commandant sans répondre à sa question. Morin agrippa son arme, le visa puis tira. L'homme se retourna avec une vitesse extraordinaire avant de bloquer la balle entre ses doigts. Puis un bruit de décomposition à l'acide se fit entendre et la seconde d'après, la balle avait disparu. Le commandant recula en ne le quittant pas des yeux. Il tremblait.
L'homme s'avança vers la population apeurée tandis que d'autres hommes descendaient des bateaux restants. Notre premier homme chercha dans la foule un instant avant de repérer une femme avec une caméra. Il se dirigea vers elle de façon à être dans le champ de vision de la caméra.
- Vous êtes à l'antenne ?
La femme hocha la tête vivement sous la peur, incapable de prononcer un mot. L'homme sourit, sortit un papier de sa poche puis releva la tête vers la caméra.
- J'ai un message pour le Professeur Martin...
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