Chapitre 16...

Une secousse cogna de nouveau la tête de l'adolescente qui lâcha un gémissement de douleur en grimaçant. Elle tira instinctivement ses mains afin de se frotter la tête mais ces dernières étaient enchaînées dans son dos. Elle continua donc à grimacer jusqu'à ce que la douleur s'estompe. À l'avant du véhicule, Daniel Ferraud semblaient discuter avec deux personnes. Mais, à cause de l'isolation entre leur cabine et la sienne, Suzanne ne réussissait pas à entendre ce qu'ils disaient. Elle se rassit du mieux qu'elle put sur son siège et pria pour ne plus subir de secousse.

L'effet de la piqûre s'était estompée. Ses pensées étaient revenues depuis peu seulement. Elle était déjà menottée et assise dans le véhicule quand tout lui revint. Ou ce fut, peut-être, le premier choc sur la tête qui lui fit retrouver ses esprits. L'adolescente n'avait aucune idée de ce qui se tramait. Elle ne savait pas non plus pourquoi elle était dans ce van, attachée.

Elle était complètement perdue pour résumer.

*

Devant, Ferraud terminait d'expliquer le plan à Anne et Lucas. Si tout marchait comme il le voulait, le sauvetage de sa fille se ferait sans aucun problème et en plus il récupérerait les quatre autres adolescents. Il ouvrit la valise qu'il avait à ses pieds et tendis quatre fléchettes à Lucas. Ces fléchettes contenaient un mixture, qui une fois dans le sang des adolescents, les rendrait incapables de se maîtriser et ainsi leur pouvoir se déchaînerait. Lucas les rentra dans la petite arme qui allait tout en demandant :

- Comment on fait si le plan ne marche pas ?

- Il marchera, répondit Ferraud sûr de lui.

Lucas n'ajouta rien et rangea l'arme dans son étui. Ferraud tourna alors la tête vers sa fenêtre en s'allumant un cigare.

Le plan allait marcher, les gamins avaient fait une erreur en choisissant d'enlever sa stupide fille.

Il souffla un premier nuage de fumée en ne pouvant s'empêcher de ricaner. Décidément, il jouait contre des amateurs...

*

- Donc récapitulons, recommença une nouvelle fois l'agent Douglas, Ferraud débarque et demande qu'on lui rende sa fille. On lui dit de nous rendre Suzanne avant. Et ? Vous pensez vraiment qu'il va accepter et venir sans plan ?

Roxanne grogna face au manque de confiance de l'agent.

- Bien sûr que non ! Les connards montent toujours des plans.

- Alors qu'est-ce qu'on est censé faire au juste ?!

Elle poussa un soupir et c'est Maël qui prit la suite.

- Ferraud va sûrement venir en compagnie du mec qui court vite et de la meuf qui ne parle jamais et va les lancer à notre attaque.

- Et donc ?

- Et donc on les filme nous attaquer et on diffuse cela sur l'écran géant et sur toutes les télévisions grâce à cette gentille dame.

Maël désigna une jeune femme d'une trentaine d'année que Roxanne tenait sous son emprise.

- Si la population voit comment il nous traite, elle sera de notre côté.

Il termina son explication en croisant les bras, fier de lui. Sam regarda son jumeaux un peu sceptique.

- Tu penses que ça sera aussi simple ?

- Non, je sais bien que ça ne sera pas aussi simple, mais nous devons quand même essayer, pour Suzanne.

Les autres firent un mouvement de la tête pour montrer leur accord. Sam soupira avant de mettre ses mains dans les poches.

De son côté, l'agent n'était pas rassuré. Il avait beau être de la CIA et avoir plusieurs interventions à son actif, il avait l'impression de ne pas être maître de ce qui se passait. C'était comme si les adolescents commandaient tout et lui se contentait d'acquiescer tout en essayant d'assurer leurs arrières. Il n'aimait pas ça du tout. D'habitude, le chef c'était lui. C'était lui qui prenait les commandes et qui donnait des ordres. Il jeta un regard au Professeur Martin, tranquillement assis sur un siège et qui semblait absent. Comment un homme comme lui, un Professeur reconnut pour ses travaux scientifiques, pouvait se laisser manger par cinq adolescents ?

Il alla pour dire quelque chose lorsque Katia débarqua dans la pièce en courant.

- La voiture ! Ils arrivent !

- Bien, tout le monde à son poste, lança Maël à tout le monde.

Les adolescents se dispersèrent sauf le Professeur et Roxanne qui restaient dans cette pièce en compagnie de la femme sous emprise de l'adolescente et de la fille de Ferraud. James fut le dernier à passer la porte et rejoignit son agent déjà préparé.

Et ils attendirent...

*

Katia était de retour à sa fenêtre. D'où elle était, elle pouvait voir sans être vue. Elle examina soigneusement les personnes qui sortirent de la voiture. Ferraud, la Flèche et la Blonde. Elle n'eut pas le temps de voir la Flèche correctement car il entra comme une flèche dans le bâtiment. Aussitôt Katia frappa sur le tuyau à côté d'elle, deux coups, le code pour indiquer que la Flèche entrait dans le bâtiment.

La Flèche entra dans le bâtiment et se glissa dans l'ascenseur afin d'arriver le plus rapidement possible au dernier étage, là où se trouvaient les gamins et la fille du patron.

Plus haut, Roxanne se trouvait maintenant en compagnie de Maël dans la salle des compteurs électriques. Ils avaient repéré celui qui dirigeait l'ascenseur et Roxanne était en train de se concentrer dessus.

- Tu vas y arriver rapidement Roxanne ? Parce qu'il mettra exactement 1 minute pour arriver à nous.

Elle grogna en posant sa main dessus.

- C'est la première fois que j'utilise mon don sur une machine ! Si j'avais su que j'en étais capable, je l'aurais fait sur les distributeurs à la banque.

Le garçon jugea qu'il valait mieux la laisser tranquille et se retira dans le fond du local. De son côté, Roxanne mettait toute sa concentration afin de bloquer l'ascenseur et la Flèche à l'intérieur. Voyant le temps passer, Maël réapparut.

- Désolé mais il faut le stopper maintenant...

- C'est ce que j'essaye de...

Il ne lui laissa pas le temps de finir et fracassa le compteur avec un marteau qu'il avait trouvé plus loin. La jeune femme le regarda bouche bée afin de finalement dire, dans le but de redresser sa fierté :

- Moi aussi j'y serai arrivée avec un marteau...

Il esquissa un sourire puis frappa le tuyau avoisinant trois fois avant de quitter le local avec son amie. Suzanne retourna auprès de son otage tandis que Maël rejoignit l'agent Douglas.

Tout en bas de l'immeuble, Sam attendait caché que la Blonde entre. Ils ne savaient pas si elle allait le faire mais dans le cas où elle le ferait, il était prêt à l'arrêter. Elle était à l'extérieur avec Ferraud en train de regarder une montre. Elle devait sûrement attendre un certain temps avant d'entrer. Sam commença à s'impatientait. L'adrénaline était montée en lui et il avait envie de lui régler son compte. Il ne savait, par contre, pas s'il en était capable. Jamais il n'avait utilisé son don pour produire des sons sous forme d'ultrason. Il ne savait même pas, s'il en faisait, si la jeune femme était capable de les entendre. Un frisson lui parcourut le dos. Et s'il échouait ? Et si à cause de lui ses amis étaient pris ? Il secoua la tête afin de chasser ces pensées horribles et manqua de lâcher un cri de surprise en voyant la Blonde se décider à entrer.

Elle observa rapidement le hall avant de se diriger vers l'ascenseur. Sam sortit de sa cachette et lui barra le chemin. La jeune femme s'arrêta et Sam put lire une légère surprise dans ses yeux.

- Tu n'iras pas plus loin, dit-il en se sentant soudain devenir puissant.

Anne marqua un temps d'arrêt et sembla ne pas savoir comment réagir face à cette situation. Elle tourna légèrement sa tête en direction de la sortie et de son patron avant de finalement refaire face au garçon. C'est alors qu'elle commença à ouvrir la bouche. Sam plaqua instinctivement ses mains sur ses oreilles tout en se concentrant sur le son qu'il voulait produire. Il lâcha un cri intense, dominant la voix de son adversaire. Son cri fut par la suite amplifié par son don pour se transformer en un son intenable. Anne commença à paniquer. Elle ouvrait encore et encore sa bouche afin de faire sortir sa voix mais rien n'y faisait. Le son que produisait ce garçon semblait avoir les mêmes caractéristiques que celui qui sortait habituellement de sa bouche. Or, à ce moment là, elle n'y arrivait pas. Elle en était incapable. C'était la première fois que ça lui arrivait.

Alors Anne se tut. Elle ferma par la suite les yeux et se laissa envahir par le son du garçon. Cela ne dura pas extrêmement longtemps, car une minute après, elle était inconsciente sur le sol.

Sam rouvrit les yeux peu de temps après la chute de la jeune femme. Il haletait et son t-shirt lui collait à la peau. Il prit quelques secondes afin de reprendre son souffle puis se dirigea vers la jeune femme. Il l'attrapa sous les aisselles et la tira jusqu'à un local à balais. Il l'allongea doucement à l'intérieur puis l'enferma. Ce n'est qu'après qu'il frappa quatre coups sur le tuyau.

*

Dehors Ferraud s'impatientait. À l'heure qu'il était, Anne et Lucas devaient déjà avoir fini leur tâche. Or, il n'avait aucune nouvelle d'eux. Il intériorisa un juron et rentra dans sa voiture. Il se munit de son téléphone portable et demanda à ce qu'un van de ses hommes soit dépêché rapidement. Autour de lui, les gens passaient, insouciants. Ferraud les regarda un petit instant avant de se concentrer à nouveau sur son téléphone. Sa femme essayait de le joindre. Depuis l'annonce de l'enlèvement de sa fille, elle n'avait pas arrêté. Daniel avait répondu la première fois, lui disant qu'il s'occupait de tout et qu'il appellerait une fois qu'il aurait récupéré leur fille, mais elle n'arrêtait pas. Elle essayait de le contacter toutes les heures afin d'avoir des nouvelles. Ferraud laissa sonner et attendit que ses renforts arrivent.

Ses hommes ne mirent pas longtemps à arriver. Le van se gara à côté de ce lui de Ferraud et une dizaine d'hommes en sortirent, tous habillés façon GIGN. Ferraud sortit à leur rencontre et s'adressa au chef. Autour d'eux, la population commençait à s'agglutiner, se demandant ce qui se passait.

Les hommes de Ferraud se dirigèrent par la suite dans le bâtiment...

Plus haut, Katia sonna cinq coups.

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top