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nek
Je me réveille avec une tête beaucoup trop lourde, c'est affreux. J'ai fait le chaud hier mais j'aurais pas du, je tiens pas l'alcool aussi bien que je le laisse paraître.
Il me faut un long moment de solitude pour me rappeler que je crevais d'envie d'embrasser la Cherko hier. Mais connard que je suis je ne l'ai pas fait. Ou peut-être que j'ai bien fait. Pourtant j'avais vraiment l'impression qu'il y avait un truc, ce genre de moment où on sait ce qu'on veut mais personne n'ose le dire.
Je soupire avant de tapoter la table de chevet à la recherche de mon téléphone. 11:49 et trois nouveaux messages.
De : Sneaz
Déclaration d'amour sur insta ?
De : Perrine
Toujours partant pour ce soir?
De : Cherko
Aspirine + bouteille d'eau sur ta table de chevet
J'envoie directement un message pour remercier Athénaïs avant de prendre l'aspirine et de boire. Puis je pars faire un tour sur Instagram car je ne comprenais pas ce que Sneaz voulait. Mais je tombe rapidement sur ce que je pense être l'objet de son message.
cherko_

de bon matin avec mon premier amour, feu🧡
→ perrinecolin : cette gravure 😍
↪️ ginakowiak : il faisait la star pcq j'agitais des carottes crois pas
↪️ cherko_ : j'y peux r si mon poney est trop beau, avec ou sans tes carottes d'ailleurs
Donc la meuf se met une race mais elle poste sa meilleure photo avec une de ses affreuses bestioles à 8:30. Elle me fascine.
A : Sneaz
Même pas
De : Sneaz
T'aurais kiffé hein
Son message me fait juste sourire. Je commence à passer trop de temps ici car j'avais reconnu la bestiole directement : Feu Follet, un des chevaux de son père. Je ne me souviens plus de son histoire, à vrai dire elle m'avait raconté toute la vie de ses poneys et j'en avais retenu la moitié. Comme je pense qu'elle a retenu que la moitié de ce que je lui ai dit sur mon crew ou le rap.
Quelqu'un frappe à la porte, ce qui me sort de mes pensées encore baignées dans le whisky écossais. La porte s'ouvre sur Cherko qui me sourit amusée et avec son regard moqueur.
- Ça va ?
Ma seule réponse est un pouce en l'air. Elle ouvre le rideau puis la fenêtre sous prétexte que "ça sent le chacal".
- Gina fait du riz ce midi si tu veux
Je n'ai pas la force de répondre et je referme les yeux prêt à me rendormir. Mais pas besoin d'avoir les yeux ouverts pour voir qu'elle se moque encore de moi.
- On se voit plus tard
- Hé attends
Ah bah bizarrement j'ai retrouvé ma langue. Bon reste cool mec, fais pas le gars accro.
- C'était quoi le bail avec Feu déjà ?
Elle fronce les sourcils ne me comprenant pas. J'oublie très régulièrement que mes interlocuteurs n'ont pas entendu le début de discussion dans ma tête.
- Sur Insta
- Ahh, euh.. Il a 23 ans, c'était un des chevaux de concours de mon père jusqu'à ses... 13 ans, puis après c'est devenu le mien pendant 7 ans mais on sortait pas en concours. Et là il est en retraite depuis 3 ans
- Et ça fait combien de temps que t'as Sat?
Oula, je commence à vraiment m'intéresser à ses poneys et j'utilise les surnoms qu'elle leur donne? Mais va te faire soigner mon pauvre.
- 10 ans, on l'a eu poulain
Vu la tête qu'elle tire, elle me l'avait déjà dit.
- Pourquoi tu t'intéresses comme ça?
- J'sais ap, pourquoi j'ai pas le droit? La dernière fois tu m'as harcelé pendant 2h sur le pe-ra
Elle sourit avant de se diriger vers la porte. Je renforce ma tête dans le coussin et avant qu'elle ne sorte, je lui pose une question qui me brûlait les lèvres.
- On est cool?
J'ose même pas la regarder. J'ai l'impression d'être un gamin. Je sais pas pourquoi je me suis laissé emporter hier. Bon en soit il ne s'est rien passé mais ça aurait pu déraper. Et je sais que ça finira par le faire, il y a clairement trop de tension entre nous. Ou c'est juste moi qui la désire beaucoup trop.
- On est bon potes Ken, c'est cool. Il s'est rien passé de gênant.
Bon potes qu'elle a dit. Mon cul va.
*
C'est au milieu de l'après-midi que j'ai eu le courage de sortir prendre l'air. Il faisait extrêmement lourd. D'après les filles il allait pleuvoir sous peu.
Je me baladais sans réel but dans les écuries mais instinctivement je suis partie voir ce qu'il se passait dans le box de la jument de Cherko.
Je suis très amusé du spectacle, la jument est couchée sur son flan et Cherko est en pleine sieste avec en guise de coussin le gros bidon de Saturne. Je sors mon téléphone pour prendre une petite photo souvenir.
Bon bah c'est pas avec elle que j'allais pourquoi déconner. Je sors de l'écurie direction la carrière. Perrine était seule, à cheval. Très beau cheval d'ailleurs, couleur crème.
Je me pose sur la barrière, la regardant un peu. Elle est au pas, rênes longues. Au vu du temps que je passe ici, je pense qu'elle a fini de le travailler.
Elle faisait le tour de la carrière et me fait un grand sourire en me voyant. Tel un gentleman, je soulève ma casquette Seine Zoo.
- Bien dormi?
Elle abordait un sourire narquois.
- Ouais ça va
- Tu m'as pas répondu d'ailleurs ce matin
Ah, j'ai oublié ? Oh. Étonnant. En même temps j'ai fait mine de m'intéresser à Perrine juste pour voir la réaction de Cherko qui était trop proche de la joie à mon goût. Mais bon maintenant je ne peux pas faire marche arrière et je suis quand même curieux de voir ce que la brune peut m'apporter.
- Ouais j'ai totalement zappé
- Alors, on sort tout à l'heure?
- Vous avez des bars à la campagne ? je ris
- J'habite en ville, pas de problèmes, sourit-elle
C'est vrai qu'elle n'habitait pas ici mais dans la plus grande ville proche des écuries. J'oublie vraiment les informations pas importantes.
Elle caresse le cheval et descend. Je lui ouvre la porte de la carrière et elle me remercie. On se dirige vers les boxs à l'extérieur et d'après le nom sur la porte il s'agit de Phoebus.
- T'es seule? demandais-je
- Ouais Gina est partie chez une copine et j'ai perdu Cherko
Elle enlève l'harnachement de la bestiole avant de sortir, le tout en main.
- Tu peux me prendre la selle ?
J'obtempère sans broncher. On se dirige dans la sellerie et elle récupère ses brosses. On continue de parler encore un long moment, le temps qu'elle finisse de s'occuper du cheval.
*
19h, je viens de me garer dans un parking souterrain, pas loin du centre ville. Je n'ai même pas retenu le nom de cette ville paumée. Perrine m'attendait déjà, elle était clairement au max. Elle est vraiment bonne, faut se l'avouer.
Elle me paya un verre, on avait beaucoup discuté et putain qu'est-ce qu'elle est chiante. Inintéressante la meuf. Aucune conversation, rien. À la moindre référence, elle ne comprenait pas et ne connaissait pas. On parle quand même d'une meuf qui n'a lu aucun bouquin de Victor Hugo et dont la culture cinématographique s'arrête à Scary Movie. Après je ne vais pas non plus lui reprocher de ne pas connaître IAM ou NTM, bien qu'elle ait grandi dans les années 90 il me semble, si le rap n'est pas son style musical de prédilection.
Elle s'était repris un second verre. Je ne pouvais pas m'empêcher de regarder mon téléphone toutes les deux minutes pour voir que l'heure n'avançait que très peu. J'hochais régulièrement la tête pour faire semblant d'écouter, au bout d'un moment j'avais arrêté de faire des efforts. C'est comme si je parlais à une huître, elle est creuse.
À 21h j'en avais trop marre. Elle était encore en train de parler de je sais pas quoi d'ailleurs. C'est dingue comment les personnes les moins intéressantes parlent le plus. Je la coupe.
- Désolé Perrine mais je vais devoir y aller
Je relève la tête vers elle, elle semblait déçue mais se ressaisit rapidement.
- Pas de soucis, je te raccompagne
On sort du bar et on arrive assez rapidement devant ma voiture. Je ne savais pas comment lui dire au revoir alors j'opte pour une simple bise.
- Je pensais avoir le droit à un petit bisous quand même
Je souris de manière crispée face à son petit sourire en coin.
- Je n'embrasse pas le premier soir
- Oh, on va se revoir ? T'avais pas l'air trop.. intéressé
- On verra bien c'que l'avenir nous réservera
xxx
double update car j'avais envie!
portez vous bien ♥️
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