18

1

Il faisait noir. C'était étrange. Hansol n'avait pas peur du noir mais il laissait toujours une lumière allumée avant d'aller se coucher. Et voilà qu'il avait ouvert les yeux... dans une profonde noirceur. Il tourna la tête, espérant déceler les rayons blanchâtres de la lune à travers les rideaux de sa chambre mais il fit face à plus de noir encore. Il se redressa sur son lit... Non. Ce n'était pas son lit mais le sol. Il était par terre.

Il tapota la surface dur et fraîche sous lui. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Il était sûr de s'être couché dans son lit. Il était rentré assez tard d'une longue journée à l'agence, avait pris une douche et s'était brossé les dents puis sans prendre la peine de manger quelque chose, il était parti se coucher.

A aucun moment il ne s'était installé au sol. Il faisait cela parfois mais c'était lors de fortes chaleurs, comme en été.

Peut-être qu'il s'était déplacé dans son sommeil ? C'était étrange mais se connaissant, il était capable de faire ça. Et puis il était peut-être dans le noir parce que les plombs avaient sauté !

Clic.

Il sursauta. Une lumière s'était soudainement allumé sur sa droite. C'était la lumière de la cuisine. Il était dans le salon alors... et les plombs n'avaient pas sauté. Tant mieux.

On se mit à chanter et il reconnut très vite la voix angélique de Seungkwan. Il s'apprêta à se recoucher pour savourer la douce voix tranquillement quand la lumière de l'entrée s'alluma à son tour.

Clic.

Il tourna la tête vers celle-ci et une bourrasque de vent assez violente rabattit tous ses cheveux en arrière et l'aveugla momentanément. Quand il put enfin voir, son sang gela.

L'homme, le saesang qui avait essayé de tuer Seungkwan dans l'arrière-boutique, était dans l'entrée. Il portait un costume noir et appuyé sur un mur à l'aide de sa main, il retirait ses chaussures bien vernies. Il sifflotait le même air que Seungkwan ; cette chanson qui passait à la radio durant les évènements dans l'arrière-boutique. Il posa sa mallette sur le meuble à l'entrée et rentra dans le salon en se dandinant ; sifflant plus fort l'air.

Seungkwan apparut dans l'encadrement de la porte de la cuisine, une spatule à la main, semblant chercher quelque chose dans le réfrigérateur. Il était dos à la porte, il ne pouvait pas voir l'homme s'approcher de lui.

Hansol tenta de le prévenir mais Seungkwan n'entendit rien, bien trop plongé dans son interprétation.

Hansol ferma les yeux en criant et quand il les réouvrit, il n'était plus au sol dans le salon mais avec Seungkwan dans la cuisine. Ils dansaient. La spatule maintenant coincée entre leur deux mains, Seungkwan avait son autre main dans le creux de son dos et l'autre main de Hansol était posé sur son épaule. Ils dansaient sur ce que chantait Seungkwan. Celui-ci était resplendissant. Cependant son sourire ne dura pas.

L'homme apparut dans l'encadrement de la porte et devint rouge de colère dès qu'il vit Seungkwan et Hansol ensemble. Il commença à crier mais Hansol n'entendit rien, seul la musique remplissait le silence. Seungkwan s'écarta de lui pour rejoindre l'homme et essayer de le calmer. Hansol les rejoint à son tour mais Seungkwan lui fit signe de se pousser.

Les deux plus jeunes se regardant, aucun d'eux ne vit l'homme attraper Seungkwan violemment. Il le poussa au sol et commença à le rouer de coups. Hansol essaya de l'arrêter mais à chaque fois il était repousser.

Finalement, l'homme abandonna sa première cible pour se concentrer sur Hansol qui l'embêtait un peu trop. Il l'attrapa par les cheveux mais n'eut pas le temps de faire autre chose.

Seungkwan s'était relevé et avait attrapé l'homme du bras qui s'apprêtait à s'abaisser violemment vers Hansol. L'homme se débattit et finit par pousser le blond qui percuta brutalement le mur derrière lui. Il tomba telle une poupée de chiffon.

Le temps s'arrêta.

Seungkwan avait les yeux grands ouverts, ses lèvres écartées par sa mâchoire détendue et une énorme fissure était apparente à l'arrière de sa tête, du sang s'en écoulait comme une rivière agitée. Son regard sombre se releva doucement vers Hansol puis perdit toute lueur de vie.

Il était mort.

Clic.

Hansol se redressa subitement, le regard humide et affolé, sa respiration haletante et son cœur au bord des lèvres. Il se débarrassa du son draps. Il avait affreusement chaud et il avait l'impression qu'à tout moment, il pouvait recracher son diner.

Il étouffa un sanglot.

« Solie ? » une main se posa sur sa cuisse. Il la connaissait mieux que les siennes. Dans la noirceur de sa chambre légèrement éclairée par les faisceaux de lumière provenant du couloir passant sous la porte, il reconnut Seungkwan. « Ça va ? » demanda-t-il sans ouvrir les yeux, le visage à moitié caché dans le drap et enfoncé dans son oreiller.

Dieu merci il était vivant.

Il ouvrit un œil et se redressa aussi vite que son corps engourdi le pouvait. « Hé... Qu'est-ce qui ne va pas ? » Il dégagea le visage de Hansol en poussant ses mèches de cheveux désordonnées. « Pourquoi tu pleures ? Hansol ? » Il essuya quelques larmes mais d'autres virent rapidement les remplacer.

« J'en peux plus. » pleura plus fort le brun. Il s'écarta des mains de Seungkwan pour prendre celui-ci entre ses bras. « Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi je fais ça ? pourquoi j'y arrive jamais ? » geint-il.

C'était la cinquième fois qu'il faisait ce cauchemar et il n'arrivait jamais à sauver Seungkwan de l'homme ; il mourrait à chaque fois, la tête éclatée contre le mur. Hansol ne supportait plus cette vision, il ne supportait plus cette chanson, il ne supportait plus d'être impuissant.

« S'il-te-plait, dis-moi ce que je peux faire ? Dis-moi ce qui te met dans cet état. »

Hansol hocha la tête, décidé à raconter ce mauvais rêve qui le hantait depuis plusieurs jours maintenant. Il raconta tout sans oublier un seul détail. Seungkwan écouta en silence, ne s'arrêtant à aucun moment de caresser la tête de son petit-ami.

« Est-ce que... » commença-t-il une fois que le rappeur ait fini « Est-ce que tu as si peur pour moi ?

- Je suis constamment inquiet pour toi. J'ai peur... J'ai peur que tu finisses à l'hôpital comme la dernière fois. Je ne veux pas que tu souffres encore. Ces derniers mois ont été un enfer. Tu étais tellement triste... Je ne veux pas que quoique ce soit t'arrive à nouveau.

- La Voix n'ira pas après moi.

- Qu'est-ce qui te fait croire ça ? On ne devrait pas agir comme si tout ça était fini ! Je ne peux pas... » Seungkwan l'embrassa. Il prit un air déterminé qui fit chauffer les joues de Hansol.

« Tu as raison, on doit agir. A la première heure demain j'envoie une message à Jeonghan. Il faut qu'on parle. Et je te promets que je vais faire super attention.

- Est-ce que peux venir avec toi ? Je veux vous aider.

- Bien sûr. » Il l'embrassa à nouveau puis alluma son téléphone. « Il est cinq heures du matin... Tu veux des pancakes ? »

Hansol sourit. Seungkwan savait toujours quoi dire ou faire pour lui remonter le moral.

2

Le roi était pensif. Il observait les premiers rayons du soleil entrer dans la bibliothèque royale par les grandes fenêtres face à la table où il était assis. Ses yeux suivaient l'avancée des rayons mais ses pensées étaient à des années lumières de là. Il était inquiet. Les choses n'allaient pas bien au palais. Il n'avait pas pensé que ces tentatives de meurtre puissent être raccrochées à un plan plus large.

Son fils avait été attaqué dans le lieu le plus sûr de toute la Corée du Sud. C'était impossible. Inimaginable. Et pourtant si.

Il avait peur.

Seungcheol n'avait rien eu de grave mais qui sait ? Qui sait ce qui pourrait lui arriver la prochaine fois ?

Le roi avait doublé la sécurité mais il n'était pas tranquille pour autant. Il ne serait pas tranquille tant que la personne derrière cette horrible machination ne serait pas derrière les barreaux – ou même morte, tiens.

On toqua à la porte et celle s'ouvrit mais il ne prit pas la peine de se tourner vers le nouvel arrivant ; il y avait deux gardes devant la porte, une menace n'aurait pas pu rentrer aussi facilement. On tira la chaise à ses côtés mais ce n'est que quand un échiquier fut placé avec précaution face à lui qu'il réagit.

« Bonjour Majesté. » dit Jeonghan en s'asseyant. « Comment allez-vous ? »

Jeonghan n'avait pas vraiment changé depuis qu'il était parti (si ce n'est qu'il avait l'air, malgré ses cernes, plus détendu) mais le roi prit un moment à le reconnaitre. Il ne pouvait enregistrer sa présence. Il ne pouvait croire qu'il était vraiment là. Jeonghan était parti. Il n'avait dit à personne où il allait. Il avait rompu avec son fils. Alors comment pouvait-il être devant le roi ?

« Jeonghan... Qu'est-ce que... Que fais-tu là ? »

Le jeune homme sourit, baissa les yeux timidement sur l'échiquier sur lequel il s'affairait à ranger les pièces. Il posa la reine noire à côté de son roi, souriant plus franchement au couple réuni.

« Vous savez... J'ai eu du mal à accepter le rôle de Lionne. Quand Seungcheol ou Minghao me demandait pourquoi, je répondais toujours que c'est parce que je ne trouvais pas ça très flatteur pour un homme d'être appelé par un nom féminin mais ce n'est pas ce qui m'embêtait. » Il posa un fou puis un cavalier. « Je suis celui que Seungcheol a décidé d'épouser et je sais que je mérite ce titre mais... J'avais tout de même l'impression qu'il ne m'était pas destiné. J'ai suivi tous les cours, respecté les règles du manuel mais... J'avais peur de faillir à ma tâche, de ne pas réussir à le protéger... et c'est exactement ce que j'ai fini par faire. Seungcheol était menacé et au lieu de me dresser entre lui et le danger, j'ai préféré me plier au volonté de son agresseur en espérant naïvement que ce serait suffisant pour qu'il ne s'en prenne pas à lui ; je me suis trompé. Je veux tellement être comme sa Majesté Sukhee mais je suis trop lâche pour...

- Jeonghan. » l'interrompit le roi en prenant le pion qu'il avait dans sa main pour le poser et prendre cette dernière entre ses deux mains « Le rôle d'une Lionne est certes de défendre le Lion mais pas de se mettre entre lui et le danger. Quand ma Sukhee... Tu sais à quel point j'étais dévasté. Un Lion ne fonctionne pas aussi bien sans sa Lionne. J'ai dit une fois à Seungcheol que la Lionne n'est que décoration. Ce n'est pas vrai. La Lionne est le pilier du Lion ; c'est la pièce maitresse. Aucun cours ne peut apprendre à devenir une Lionne. Si le Lion a choisi sa Lionne c'est qu'elle est parfaite pour lui. Il n'y a pas de modèle à suivre. Sukhee était parfaite pour moi. Tu es la parfaite Lionne pour Seungcheol comme tu es. »

Le châtain paru surpris et ses yeux s'humidifièrent. Le roi un peu paniqué de le voir pleurer, lui tendit son mouchoir de poche pour qu'il s'éponge les yeux. Son geste – ou peut-être ces grands yeux ouverts en signe d'affolement – provoqua un certain amusement chez Jeonghan qui éclata de rire.

« Merci. » dit-il, une fois calmé. « J'espère que les choses n'ont pas été trop dures pour vous durant mon absence.

- Quand tu n'es pas là, il se lamente comme un chien dont le maitre est parti travailler. Cet enfant est insupportable quand il s'y met... » il leva les yeux au ciel. « Faisons une partie. »

Un quart d'heure plus tard, Jeonghan se retrouva dans une fâcheuse situation ; son roi était beaucoup trop à découvert à son goût et il ne lui restaient plus assez de pions. Le roi était un adversaire redoutable.

« Majesté, j'ai quelque chose à vous demander.

- Je t'écoute.

- J'ai eu une discussion avec un ami, le chanteur qui s'est fait agressé le même soir que moi. »

Le roi fronça les sourcils en hochant la tête, les yeux toujours posés sur l'échiquier. Jeonghan attendit que son visage se détende pour reprendre.

« Nous avons décidé de mettre un terme à cette affaire de tentative de meurtre. Et comme la police est débordée avec d'autres affaires et qu'elle ralentit de plus sur la nôtre, nous allons procéder sans son aide.

- Cela me parait dangereux.

- Dès que nous aurons la main sur la personne derrière tout ça et des preuves pour la faire arrêter, nous contacterons la police. On ne sera jamais en contact avec elle... Seungcheol ne sera jamais en contact avec elle. C'est promis. »

Le roi sembla hésiter. Ses yeux encrés dans ceux de Jeonghan donnaient l'impression qu'il y cherchait un signe. Peut-être cherchait-il le signe que Jeonghan ne mentait pas ; qu'il n'arriverait rien à Seungcheol, son fils chéri. Finalement, il soupira.

« Bien. Faites ce qu'il y a à faire. Juste... Faites attention à Seungcheol.

- Merci votre Majesté. »

Ah... Jeonghan avait perdu. Rien de surprenant. Le roi était un adversaire redoutable.

Voyant la partie achevée, la Lionne se leva pour partir.

« Jeonghan ? » dit le roi alors que l'appelé allait passer les portes. « Bon retour parmi nous. »

Jeonghan lui sourit et partit. Le roi reporta son regard sur la fenêtre. Les arbres n'avaient plus de feuilles ; il préférait le printemps.

3

Soonyoung observait Jihoon s'échauffer. Depuis qu'il lui avait déclaré ses sentiments, le plus jeune acceptait de trainer à nouveau avec lui, de se voir après le boulot et le weekend pour danser un peu (comme maintenant d'ailleurs) mais il restait quand même distant. Même quand ils étaient à la fête de mariage de ses parents, Jihoon s'était montré distant ; c'est pourtant lui qui l'avait invité ! Sans parler du mariage de Junhui et Minghao où il avait emmené en tant que partenaire ! Soonyoung ne savait plus quoi faire, quoi dire pour que Jihoon lui reparle comme avant.

Il étira les muscles de ses jambes et alla s'assoir près des grosses enceintes pour choisir un morceau sur lequel danser. Il déverrouilla son téléphone et fit défiler les morceaux de genres variés qu'il possédait.

« Celle-ci ? ou celle-là ? » se demanda-t-il dans sa barbe. Il se tendit soudainement.

Jihoon avait posé sa mâchoire sur son épaule par derrière pour voir ce qu'il faisait sur son téléphone. Il en pointa une et lui demanda s'ils pouvaient faire la chorégraphie qu'ils avaient créée sur celle-ci en premier. Soonyoung se dépêcha d'acquiescer et déjà Jihoon était parti se mettre en position.

« Je ne suis pas sûr de me rappeler de tous les pas. » prévint-il quand Soonyoung le rejoint et se mit à danser en rythme avec la musique. Le chorégraphe haussa les épaules avec un petit sourire avant de faire lentement un tour sur lui-même et de tendre sa main au styliste.

« C'est pas grave. » répondit-il finalement.

Ils dansèrent en silence pendant pratiquement toute la chanson et Soonyoung n'aima pas cela. Avant, ils dansaient en discutant, en riant, parfois ils s'éloignaient de la chorégraphie pour faire des âneries... la séance d'aujourd'hui était tellement vide, tellement sans intérêt...

« Jihoonie...

- Hum ? Concentre-toi. » le styliste fit quelques pas supplémentaires avant de jeter un long regard au chorégraphe devenu silencieux. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

Jihoon était élégant quand il dansait, beaucoup moins effrayant et avait un air beaucoup plus sensible. Jihoon dansait depuis pratiquement aussi longtemps que Soonyoung et il aurait pu aisément en faire une carrière mais il avait choisi le stylisme et c'était tout aussi bien. De toutes façons Soonyoung avait pu et pouvait l'admirer autant qu'il le voulait et ça lui était parfaitement suffisant, il aimait être le seul public de Jihoon et aussi son seul partenaire de danse.

La complicité qu'il y avait entre eux lui manquait.

« On est tellement pas aussi... proches qu'avant.

- A qui la faute ? » le mordant de Jihoon perturba Soonyoung qui rata un mouvement qu'il n'avait jamais raté avant.

« Désolé... C'était vraiment ma faute tout ça, hein ? Je suis vraiment stupide... Est-ce que... Est-ce que tu m'aimes au moins ? »

Jihoon s'arrêta dans ses mouvements, dos à son meilleur-ami. Est-ce qu'il l'aimait ? Bien sûr que oui. Et à ce qui paraissait, Soonyoung aussi l'aimait. Mais comment être sûr que ses sentiments étaient réels ? Jihoon ne voulait pas être encore blessé.

« Je t'aime. Mais... Je ne peux pas accepter tes sentiments.

- Pourquoi ? »

Jihoon reprit la chorégraphie et Soonyoung qui s'était arrêté s'empressa d'en faire autant.

« Tu sais... » confia Soonyoung en tournant sur lui-même avec grâce, il réceptionna Jihoon tout en douceur entre ses bras. Celui-ci n'encra pas son regard dans le sien comme il en avait l'habitude et se décolla de lui bien avant le bon moment. « Quand je te fuyais après notre dispute. Je m'étais décidé à me confesser mais j'avais peur. Alors je me cachais pour ne pas avoir à le faire. Et puis j'ai paniqué quand tu m'as trouvé. Je déteste sincèrement pour ça.

- Ne te déteste pas. J'aurai pu me déclarer plein de fois aussi. »

Ils s'écartèrent pour chacun danser librement. Jihoon avait l'air tellement triste. Soonyoung le rendait triste. Il se détestait tellement.

Soonyoung s'arrêta de danser.

« Je peux plus continuer. » dit-il simplement avant de se diriger vers la sortie à grands pas.

Il n'avait jamais voulu blessé Jihoon. Tout ce qu'il voulait c'était le garder à l'abris des aléas de la vie, prendre soin de lui, être là quand ça allait ou n'allait pas ; il voulait le faire rire et sourire, faire ses yeux briller de joie et ses joues rougirent de bonheur... Depuis quelque temps, il ne faisait que le contraire.

S'il continuait à le fréquenter, il le ferait courir à sa perte. Hors de question que ça arrive.

Arrangeant son sac sur son épaule, Soonyoung poussa la porte qui menait à la cage d'escalier et commença à descendre les marches, tête baissée et épaule rentrée. Il avait une boule dans la gorge et était en colère contre lui-même. Il ne faisait jamais rien de bien. Il n'était pas foutu de garder une élève prometteuse ou même de la sauver d'une psychopathe et il ne pouvait même pas garder son meilleur-ami heureux. A quoi bon essayer ?

« Soonyoung ! » Jihoon poussa la porte à son tour et eut à peine le temps de voir le chorégraphe descendre les escaliers que celui-ci se mit à courir pour lui échapper. « Yah ! Kwon Soonyoung ! »

Ils se mit à le poursuivre, sautant des marches pour aller plus vite. Et Soonyoung qui croyait bêtement pouvoir le semer. Arrivé au rez-de-chaussée, Soonyoung poussa la porte qui débouchait sur l'accueil de l'agence.

Il était tard mais il y avait encore du monde ; la réceptionniste, quelques stagiaires fêtant leur futur début, des idoles et célébrités profitant d'un instant libre pour passer du temps ensemble et des agents d'entretien. Ils tournèrent tous leurs têtes vers les deux hommes qui avaient surgit par la porte.

« Kwon ! Soon ! Young ! » cria Jihoon, maintenant bien en colère. Comme pour la fois précédente, il prit de l'élan et bondit sur son meilleur-ami pour le plaquer au sol. Ils atterrirent au beau milieu de l'accueil et commença une bataille de main. Soonyoung essayait de sortir de sous Jihoon et celui-ci tentait d'attraper ses mains pour qu'il arrête de s'agiter.

On pouvait vaguement entendre au loin la musique de leur salle de danse remplir les couloirs vides de l'agence. Et par-dessus, il y avait les différentes et très imagées insultes que Jihoon hurlait à l'encontre de Soonyoung.

A ce stade-là, tous les stagiaires avait leurs portables en main, filmant la scène avec effarement.

« Soonyoung ! Stop ! » cria Jihoon en réussissant enfin à empêcher Soonyoung de bouger. « Ecoute-moi ! »

Le chorégraphe se calma instantanément, curieux d'entre ce que le styliste allait lui dire.

« Je t'aime, OK ? Et je veux sortir avec toi, je veux qu'on aille dans des restaurant chics, qu'on porte les mêmes vêtements pour montrer au monde entier qu'on est ensemble, je veux... je veux que tu dormes avec moi, je veux qu'on fasse les courses et le ménage ensemble, je veux qu'on adopte un chien et un chat ! Mais pour ça... Il faut que je sois sûr de tes sentiments. Jure-moi que tout ça est vrai. Dis-moi que tu ne joues pas avec moi et que tu m'aimes vraiment. »

Jihoon ne savait même pas qu'il pleurait. Il ne s'en rendit compte que quand la main de Soonyoung glissa de la sienne puis chasser les larmes qui coulaient le long de son visage. L'expression torturée du chorégraphe avait laissé place à une autre beaucoup plus sereine. Il souriait, les yeux remplis d'amour et les joues rougies par l'effort.

« Je t'aime Lee Jihoon. » murmura-t-il avant de l'embrasser.

Ils rirent quand tous ceux réunis à l'accueil applaudirent.

« Je t'aime, moi aussi. » répondit Jihoon en serrant Soonyoung dans ses bras. « Je t'aime tellement. »

4

« Seungcheol ! » s'exclama Seungkwan en allant prendre le plus âgé dans ses bras. « Comment vas-tu ? »

Le prince lui sourit, affirmant au moins trois fois (pour convaincre le chanteur) que ça allait beaucoup mieux ; il accepta même de lui faire quelques câlins. Hansol resta plus réservé (il avait toujours été plus à l'aise avec Jeonghan, ce qui se comprenait parfaitement puisqu'ils se connaissaient depuis tout petits) mais ne manqua pas de faire comprendre à Seungcheol qu'il était content de le voir en bonne santé.

Ils saluèrent ensuite Jeonghan qui cherchait des feutres ardoises pour le grand tableau blanc mural dans tous les placards et tiroirs de la salle ; il ne leur répondit que vaguement.

« Ah-ha ! » s'écria-t-il, vainqueur. Il brandit avec joie les feutres vers Seungcheol qui sourit, totalement attendri par Jeonghan. « On va pouvoir commencer la séance. Notre objectif : Identifier la Voix, la localiser, ramasser un nombre de preuves suffisant et contacter la police pour qu'elle procède à l'arrestation. Compris ? » Tous hochèrent la tête. « Commençons parce qu'on sait d'elle. Seungkwan ? »

Le blond prit un feutre rouge et commença à écrire au tableau.

« Alors... C'est une personne très intelligente. Elle est clairement préparée. Elle ne commet pas les tentatives de meurtre elle-même donc aucune trace de son passage sur les scènes de crimes.

- Sauf pour le meurtre de Choi Areum. Elle affirme l'avoir tué elle-même. » Jeonghan grimaça en repensant à la scène d'horreur à laquelle il avait assisté ; il ne s'en remettrait jamais, c'est sûr.

« Elle a aussi de quoi faire chanter ses victimes ; elle sait où trouver des informations qui devraient rester secrètes. Elle a même réussi à faire en sorte que Junhui et son fiancé sa fasse agresser en Chine...

- Elle a réussi à se procurer nos numéro de téléphone et n'utilise jamais le même appareil pour nous contacter donc impossible de la traquer.

- Elle a quelqu'un qui travaille ici. » intervint Seungcheol « Je ne serais pas étonné si un policier est aussi un espion à sa solde...

- Un espion au sein du château ? »

Seungcheol hocha la tête.

« Elle ne voulait pas que je voie les enregistrements du mois dernier alors elle a envoyé quelqu'un me tabasser et effacer toutes les preuves. Tout ce que j'ai pu voir de celle qui m'a agressé sont ses chaussures et ses chaussettes ; c'était assurément l'uniforme des agentes d'entretien. »

Un silence se posa dans la salle. Les trois autres fixaient Seungcheol avec interdit.

« Quelqu'un ici a été capable de t'envoyer à l'hôpital et tu continues à te balader dans les couloirs comme si de rien était ? Mais enfin, Seungcheol !

- Hanie ! Je ne vais pas rester coincé dans notre appartement, enfin. Je te signal que les élections approchent.

- On doit mettre la main sur la personne qui t'a fait ça !» S'écria Jeonghan en pointant sur les quelques bleus toujours apparent de Seungcheol. Il n'aimait vraiment pas l'idée que celui-ci puisse être encore en danger ou surveillé par un sbire de la Voix. « En plus ce n'est pas la première fois qu'elle t'a approché, j'ai reçu une photo de ton visage en gros plan. Cette personne est proche de toi et tu lui fais confiance. » Il soupira. « C'est une femme, ça c'est sûr. Maintenant, il faut qu'on trouve un moyen de la coincer.

- Et ensuite ?

- On la force à nous dire tout ce qu'elle sait...

- Elle est peut-être aussi menacée, ou alors c'est quelqu'un qu'elle aime qui l'est. » fit remarquer Hansol. Seungkwan lui sourit doucement.

« Ne t'inquiète pas pour ça. On la fera protéger, elle et l'autre personne s'il y a.

- Seungcheol a dit qu'il y a des risques que des policiers travaillent pour la Voix aussi. »

Jeonghan hocha la tête, l'air pensif.

« C'est vrai qu'elle a su très vite qu'on avait retrouvé le corps d'Areum et que j'avais tout vu. Elle a profité de mon choc pour me poser l'ultimatum. Comment savoir lequel est contre nous ? Ils sont si nombreux...

- Attrapons d'abord la femme. » dit Seungkwan en écrivant sur le tableau les dernières informations qu'ils avaient données. « Et éloignez-vous du personnel pendant un moment, on sait jamais. »

Il posa le feutre qu'il tenait avec force sur le bureau devant lui.

« Si on arrive au moins à savoir qui est son informateur au sein du palais, on aura un temps d'avance sur elle. Ne travaillons plus avec la police pendant un moment, si on nous pose des restons, on doit rester vague ou mentir. Elle ne saura pas qu'on est sur ses traces et avec un peu de chance, l'agente qui fait le sale boulot pour elle lui communique toutes les informations à travers le même téléphone depuis le début donc ce sera plus simple de la traquer.

- Ça, c'est un plan. » dit Jeonghan en tapant dans la main du chanteur. « Pour attraper l'agente, j'ai une petite idée. Je dois aller voir Joshua pour ça. Seungcheol chéri, tu veux bien aller chercher Seokmin et Chan s'il-te-plait ? Ils pourraient nous être utiles. »

Le prince se leva de son fauteuil et quitta rapidement la salle. Hansol referma la porte derrière lui avec précaution.

« Dis-nous tout. » demanda-t-il en prenant un feutre pour résumer au tableau le plan de Jeonghan.

La Voix ne verrait rien venir. Le royaume serait bientôt débarrassé d'elle pour toujours. Et Seungcheol et Jeonghan pourraient continuer à vivre leur idylle où elle s'était arrêtée.

*

« Bonjour Joshua. » dit Jeonghan en entrant dans le bureau de son ami. Il ne s'attendit pas à voir celui-ci en compagnie d'un autre homme sur son canapé ; au lieu d'être habituellement assis à son bureau il était assis sur les jambes de l'autre homme. Ils se tournèrent vers la Lionne d'un même mouvement, mettant mal à l'aise celle-ci. Joshua prit un air paniqué et se mit à rougir violemment avant de se lever maladroitement, se postant droit comme un piquet entre l'homme et son ami.

« J-Jeonghan ! qu'est-ce que tu fais là ?!

- Je viens prendre de tes nouvelles ? » Jeonghan ne pouvait détacher son regard de l'autre homme, se demandant où est-ce qu'il l'avait vu. Celui-ci se leva pour lui faire une révérence une fois qui le reconnut. Il était grand et élégant dans son costume et il aurait pu paraître froid s'il n'avait des pommettes hautes et des joues subtilement rondes ; il ressemblait à un ours.

« Votre Altesse. » salua-t-il timidement.

« Oh. C'est vous que j'ai vu à l'entrée du palais. Vous demandiez à la réceptionniste de vous appeler par votre prénom !

- Tu flirtes avec la réceptionniste ?! » Joshua fronça les sourcils puis se dirigea rapidement vers Sunjoon pour l'attraper par le col. « Tu me dit de belles paroles pour ensuite aller voir ailleurs ?

- C'est pas ce que tu crois, chéri ! Elle est juste sympathique !

- Elle est aussi très jolie.

- Comment je pourrais aller voir ailleurs ? Non mais tu t'es vu ou quoi ? Ce serait du gâchis. »

Joshua lâcha Sunjoon, soudainement calmé par la confession. Il rougit sous le regard du duc. « Peu importe ! » il se tourna vers Jeonghan qui observait la scène, amusé. « Jeonghan, je te présente Sunjoon, mon...

- Fiancé ! Enchanté, votre Altesse.

- Arrête de dire à tout le monde qu'on est fiancé ! Tu n'as jamais demandé ma main à ce que je sache ! »

Jeonghan gloussa. Joshua avait rarement l'air si décontenancé, ce Sunjoon lui faisait définitivement du bien. Le concierge se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

« Arrête de te marrer, toi ! » aboya-t-il. Sunjoon s'offusqua, lui reprochant de s'adresser sans tenue à un membre de la royauté.

« Je suis habitué, Sunjoon. Ne vous inquiétez pas pour moi. Donc... ça fait combien de temps que c'est officiel entre vous ? »

Joshua s'agita. Gêné de parler de sa relation de couple. Il n'était pas encore habitué au fait d'être en couple (surtout avec quelqu'un d'aussi merveilleux que le duc de Busan).

« P-pourquoi tu es là, de toute façon ? Tu n'as pas des devoirs royaux à accomplir ?

- Je voulais savoir une employée a pris des congés ce dernier mois.

- Je te dis ça tout de suite. »

Joshua ouvrit un semainier posé sur son bureau, il tourna plusieurs pages avant de secouer la tête de droite à gauche. Les choses s'avéraient plus compliquées que prévu.

« Est-ce que tu pourrais faire en sorte à ce que personne n'en prenne avant la fin du mois ?

- C'est vrai qu'avec les élections, tout le monde doit être disponible... Je ferai passer le mot.

- Merci Josh'. Ah ! Demain, pourrais-tu convoquer toutes les femmes dans une grande salle s'il-te-plait. Une salle avec deux portes ; une qui mène à un couloir principal et une autre vers une plus petite artère.

- Heu... d'accord ? » Joshua ne comprit pas pourquoi Jeonghan était aussi précis mais il supposa qu'il ferait mieux de ne pas poser de question. Surtout que ça lui prendrait un moment pour trouver la salle parfaite.

Jeonghan leur sourit une dernière fois avant de clamer ne pas vouloir les déranger plus que ça et quitter le bureau.

Le plan était en marche.

5 191 mots

1) Bonsoir Chers Cinnamons !

2) Je sais que j'ai dit que je ne posterai pas cette semaine mais sacrifier une heure de sommeil pour boucler ce chapitre en vaut la peine ; je traînais à le finir parce que j'ai beaucoup de choses à faire mais aussi parce que je n'arrivais pas à m'asseoir une bonne fois pour toute et le boucler.

3) Nos quatre protagonistes sont prêts à démonter la Voix et honnêtement, je suis super excitée à l'idée d'écrire les chapitres qui vont venir !

4) Dans cette histoire, Jeonghan et Seungkwan font vraiment la paire à mes yeux ^^

5) Je me suis rendue compte un peu tardivement que l'extrait que j'ai publié hier va en fait dans le chapitre 19 pas 18... Ne faites pas comme moi et dormez beaucoup, mes petits.

6) J'espère que vous avez apprécié ce chapitre et que vous en êtes satisfaits :3

7) La seconde partie avec le roi m'a un peu émue, je ne sais pas si vous avez pu ressentir la même chose...

8) Je vous souhaite un bon vendredi et un bon weekend, bisous <3

LullabyForACat

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top