Chapitre 5 : Incompréhension
Henri ouvrit doucement les yeux et constata qu'il était seul dans sa chambre d'hôpital. Tout juste eu-t-il reprit ses esprits qu'il regarda sa main droite. Elle était couvert de bandages. Alors ainsi ce n'était pas un mauvais rêve, c'était bien réel. Henri se remémora alors la nuit dernière où il fut emmené en urgence à l'hôpital central d'Osaka. Akira avait hurlé en voyant tout le sang sur son bureau et Masami avait de suite appelé les urgences. 10 minutes plus tard, Henri avait le droit à un trajet expresse et gratuit à travers toute la ville... en ambulance. Il fut admit en priorité et sa main dû être recousu après désinfection (et sans anesthésie bien sûr). Bref, ce fut vraiment une nuit de merde.
"Bon sang, se dit Henri. Je sais pas si Masami aura encore envie que je revienne dans son appart' après toute cette histoire. Elle doit croire que j'ai essayé de m'ouvrir les veines. Quand à Akira... la pauvre. Je ne l'avais jamais entendu hurler comme ça. Mais qu'est ce qui a bien pu se passer bon sang ??? J'étais en train de perdre contre 1-known et voilà que ma main s'est mise à pisser le sang comme par magie ! Et 1-known avait l'air terrifié. Il savait que cela allait arriver et encore je crois que le pire a été évité. Je n'ose pas imaginer ce qui se serait passé si c'était ma tête qu'on aurait tranché. Je rêve ou... est ce que ce jeu a essayé de me tuer ???"
Alors qu'Henri se posait toujours plus de questions quelqu'un toqua à la porte. S'il s'attendait à voir Masami, Akira ou même Jian, une voix grave lui demanda s'il pouvait entrer. Au vu de l'intonation, cela devait probablement être un homme assez âgé. Henri répondit par l'affirmative et la porte s'ouvrit. Un homme inconnu entra alors dans la pièce. A vu d'œil il devait avoir dépassé la cinquantaine mais ce qui marqua le plus Henri c'était son accoutrement. On aurait dit un de ces policiers que l'on voyait dans les films noirs des années 1950 car il portait un long manteau ainsi qu'un chapeau de couleur sombre. Et effectivement, il était bien de la police...
_Inspecteur Takeshi de la brigade criminelle, dit-il pour se présenter. Navré de vous déranger alors que vous vous remettez à peine de vos émotions mais j'ai jugé nécessaire de vous parler de toute urgence.
_Euuuh... bégaya Henri. Qu'est ce que j'ai fait ? demanda-t-il sur une voix hésitante.
_Je souhaiterai vous parler des circonstances de votre... "accident".
_Vraiment ? Je suis confus...
_Je le devine bien aisément. C'est normal après qu'un jeu ait essayé de vous tuer.
Soudainement Henri écarquilla les yeux comme jamais il ne l'avait fait auparavant (même quand son ex l'avait largué subitement avant le début de l'été). Comment ce policier avait-il pu en arriver à la même conclusion que lui ??? Et comment savait-il pour son accident ??? Toujours plus de questions qui s'entassaient dans l'esprit fatigué d'Henri et qui ne trouvaient toujours aucune réponse...
_Je... quoi ??? s'exclama Henri.
_Je vous doit des explications je suppose. Depuis plusieurs mois nous devons faire face à une vague de morts inexplicables. Nous retrouvons les victimes chez elles dans une marre de sang et parfois avec des membres sectionnés et rien ne permet d'expliquer leur décès. Aucune trace de lutte ni d'effraction et les blessures sont tellement profondes qu'aucun être humain normal ne pourrait se les infliger. Hors les victimes avaient toutes un point commun. Elles étaient en train de jouer à Rising War...
L'esprit d'Henri bouillonnait. Car il ne savait pas s'il devait être fier de voir ses hypothèses se révéler concluantes ou alors terrifié de savoir qu'il avait eu raison et qu'il aurait pu effectivement y laisser sa peau. Craignant ce qui allait se passer pour la suite, il décida de feindre l'ignorance et de ne rien dévoiler au policier. Surtout à propos de 1-known.
_Euh, je suis vraiment confus en ce moment. Et je crois que vous trompez sur mon cas...
_J'ai lu le rapport d'incident de l'hôpital. Vous avez déclarer que vous étiez en train de jouer quand cette blessure est arrivé. Et je crois savoir à quel jeu vous jouiez au moment des faits.
_Non ! Je ne jouais pas à Rising War !
_Alors pouvez-vous m'expliquer comment vous vous êtes fait cette blessure ?
_Je... je... Henri était définitivement coincé sur le coup. Il n'avait jamais été doué pour mentir. Alors qu'il commençait à envisager la possibilité de tout dévoiler au policier, il fut sauvé par l'intervention d'une jeune femme bien énervée qui semblait bien connaître l'inspecteur.
_Inspecteur Takeshi ! Enfin je vous retrouve ! Vous n'avez pas le droit d'interroger les gens comme ça à la volé et surtout à l'hôpital ! Si jamais le bureau l'apprend...
_Ah... soupira l'inspecteur. Agent Kanazawa. Je pensais vous avoir semé...
_Inspecteur Takeshi, vous devez arrêter d'agir de la sorte ! Si je n'étais pas là, vous seriez déjà mis à pied ! insista la jeune femme.
_Bien bien d'accord, je vais quitter les lieux. Mais avant... le policier se dirigea vers le lit d'Henri et déposa une carte sur la table de nuit. Voici mes coordonnées. Si vous vous souvenez de quoi que ce soit appelez-moi sur le champ. Cette affaire est grave et je crains qu'elle ne dépasse tout ce dont en quoi nous croyons.
L'inspecteur quitta les lieux accompagné de sa subordonné qui avant de partir ne déclara pas moins de 1000 excuses à Henri (oui les fameuses courbettes japonaises existent réellement !) et le supplia de ne pas porter plainte. Henri accepta d'un air gêné et se retrouva (enfin) seul à nouveau dans sa chambre. Et désormais il ne pensait plus qu'à une seule chose : 1-known. Il savait quelque chose. Et Henri voulait lui faire cracher le morceau.
_Oniiii-chan !!! s'exclama une petite fille qui rentra dans la chambre sans frapper et que Henri ne connaissait que trop bien. Enfin tu es réveillé !
_Akira ! On est dans un hôpital ici ! gronda Masami qui entra à son tour dans la chambre.
_Mais Masami !!! Henri est là ! Et il va bien ! rétorqua Akira.
_Ce n'est pas une raison pour entrer sans frapper !
_C'est bon Masami, intervint Henri pour calmer la situation. Car Masami avait pour plus grand défaut d'avoir le sang aussi froid qu'un lézard. Contrairement à sa jeune sœur Akira... Moi aussi je suis content de vous voir. Et je te remercie d'avoir appelé les urgences. Car je savais plus quoi faire hier soir...
_Qu'est ce qui s'est passé Henri ? demanda Masami qui comme à son habitude rentrait directement dans le vif du sujet.
_Je... je sais pas Masami. Je crois que j'avais du amener un couteau avec moi pour manger dans la chambre et qu'en jouant au jeu j'ai du me couper avec...
Cette histoire était totalement bidon et Masami le savait. Ce n'est pas un simple couvert qui avait pu causer une telle blessure sur sa main droite. Akira elle buvait chacune de ses paroles. Il faut dire qu'elle l'aimait beaucoup. Mais ce n'était pas elle qu'Henri avait besoin de convaincre...
_Je... je suppose que tu ne me crois pas Masami.
_Et je suis sûr que tu mens Henri, répondit cette dernière.
_Tu crois que j'ai voulu faire une bêtise c'est ça ?
_Je ne sais pas Henri. Toi et moi on ne se connait que depuis trop peu alors je ne veux pas m'avancer.
_Je vois... Tu veux que je parte j'imagine.
_Quoi ??? s'exclama Akira. Non Masami ! Tu ne peux pas dire à Henri de partir ! Il a besoin d'aide ! On ne peut pas l'abandonner !
Masami et Henri se retrouvèrent bien embêtés devant l'intervention d'Akira. Finalement, ils décidèrent d'en rester là et Henri décida d'aller passer la nuit suivante chez son ami Jian pour se remettre les idées au clair. Il quitta l'hôpital dans l'après midi et appela alors son fidèle camarade.
>Jian ? C'est moi tu vas bien ?
>T'es sérieux de me demander ça ? C'est plutôt à moi de te la poser cette question ! rétorqua ce dernier.
>Oui c'est vrai... ouais je vais bien. Il en faut plus pour m'abattre.
>Je suis vraiment désolé de pas être venu... On avait une livraison importante et je devais être là pour faire les comptes.
>T'en fait pas pour ça. J'ai pas besoin de fleurs, on est pas dans une série !
>Henri... qu'est ce qui s'est passé hier soir ? demanda Jian sur un ton plus grave.
>Pas au téléphone. Je te rejoins chez toi.
>Ok ça marche.
>A toute de suite.
Pendant ce temps à l'autre bout de la ville.
_Monsieur Nakajima (rappel : le responsable de l'entreprise DIMENSIONS). Désolé de vous déranger pendant cette période si cruciale mais nous avons un problème.
_Eh bien dîtes moi tout alors. Et faîtes vite.
_Un des sujets à survécu à l'expérience.
_Vraiment ? répondit Nakajima sans la moindre émotion.
_Monsieur, les services de sécurité recommandent une action rapide. D'autant que le sujet à l'air de se douter de ce qui se passe, pressa l'interlocuteur.
_Voilà qui devient enfin intéressant.
_Pardon monsieur, mais nous devons agir !
_Et quoi encore ? Vous voulez éliminer le premier sujet à avoir survécu ? Ce n'est pas une menace mais une nouvelle opportunité. Laissez le faire. Nous verrons s'il se rapproche de la vérité. S'il a survécu à l'expérience je me demande jusqu'où il va bien pouvoir aller...
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Enfin un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu et que vous commencez à comprendre dans quelle direction je vais avec cette histoire. Car vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! Comme d'habitude : votez, commentez et abonnez-vous ! On se voit au prochain chapitre ;-)
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