✨ Chapitre 32 ✨
Je soupire doucement, comme pour évacuer le stress.
- Et si je te répondais que je n'aimais aucun des deux mondes ?
- Pourquoi cela ?
- Je n'ai plus ma place nulle part, je lâche, surprise face à la profondeur de mes mots. Je veux dire... Ici, je n'ai plus l'impression d'être moi. Ma vie de terrienne est loin, elle fait partie de mon passé. Ma vie endorienne, ma vie magique, j'aimerais l'oublier. J'aimerais qu'elle n'ait jamais existé. Mais elle est comme une ombre, elle me suit où que j'aille.
- Pourquoi veux-tu oublier ta vie magique ? m'interroge ma petite sœur d'une petite voix.
J'enfonce mes mains dans les poches de mon sweat et respire un bon coup.
- J'ai été torturée.
Un bruit sourd s'échappe de la bouche de ma sœur. Je comprends qu'elle aurait voulu ne rien laisser paraître, pourtant, elle en a été incapable. La monstruosité des faits est là. Alors, avant qu'elle ne dise quoique ce soit, je décide de continuer :
- Mon père biologique est un démon. Un être très puissant. Je suis la seule personne dans le monde connu qui a des pouvoirs égaux, voire plus grands que les siens. Au début, il voulait me tuer, pour se débarrasser de moi. Mais finalement, il a jugé bon de m'utiliser à des fins criminelles.
- Comment ça ? parvient à articuler difficilement Mélina.
- Il m'a utilisée pour tuer des milliers d'Endoriens.
À ces mots, ma voix se brise complètement et des larmes roulent sur mon visage. J'ai du mal à prendre conscience de la tragédie à laquelle j'ai participer.
- J'ai du sang sur les mains comme tu n'as pas idée. Je suis souillée et...
- Ce n'est pas de ta faute, Selena. Tu n'étais pas maître de ton corps. Tu n'es pas la fautive.
- Si, c'est mon pouvoir qui est sorti de mes mains ! J'aurai dû me tuer au lieu de tuer ces gens innocents.
Mélina me fait asseoir sur un banc et je fonds en larmes devant les passants étonnés.
- Et..., continue-t-elle, que t'as fait ton... père, là-bas ?
Je tourne la tête à ce moment-là. Je veux bien lui raconter cette histoire que j'ai gardée pour moi intégralement, mais je refuse de croiser son regard. Je ne veux pas de sa pitié, de son regard triste. Je détourne les yeux et dit :
- Une fois sous son emprise, je n'avais plus qu'à lui obéir au doigts et à l'œil. Raphaël a été là pour moi mais il ne pouvait rien faire. Pas contre Arittan, notre père. Celui-ci m'a de nombreuses fois battue physiquement, j'avais le corps en sang, mais je ne voulais pas lui obéir. Pas de mon propre gré.
Je souffle, épuisée de la masse de souvenirs qui refait surface.
- Alors, voyant que la violence physique ne suffisait pas, il a vite abandonné. Ce devait être quelques semaines, sur Terre, après mon enlèvement. Il a donc utilisé la souffrance psychique.
- La pire de toute, laisse échapper Mélina, par réflexe.
- En effet, la pire. Il m'a menacée, obligée à tuer des centaines, des milliers de personnes.
Je me tourne d'un seul coup vers ma sœur, les yeux baignés de larmes. C'est la première fois que je parle des atrocités qui se sont déroulées sur Démonia.
- Des dizaines de femmes ont été violées par des Démons en mon nom. Arittan m'a accusée d'être la source de ces viols. J'ai dû assassiner des enfants ! J'ai tenté de me suicider pour éviter tout ça mais j'ai été trop lâche.
Je vois dans son regard qu'elle est horrifiée parce que je lui révèle.Mais c'est la pure vérité.
- Tu veux que je continue ? je demande mes yeux dans les siens.
Et contre toute attente, elle me répond à l'affirmatif. Je poursuis donc.
- Tu vois, sur Démonia, il y a un Démon que je considère comme mon ami.
- Ton ami ? s'étonne-t-elle en ouvrant des yeux ronds.
- Oui, mon ami. C'est lui qui m'a défendue de me tuer. C'est lui qui a été là pendant ces années de tortures. C'est lui qui m'a soignée. C'est bien ce Démon qui a essayé de rendre ma vie meilleure pendant ces neufs années endoriennes. Il a risqué sa vie pour me sortir de là. Il a toujours voulu que mon bonheur. Sans ce Démon, je ne serai plus de ce monde depuis longtemps.
- Mais pourquoi est-il différent de tous ces Démons ?
- C'est un exclus, en quelque sorte. Il est petit et ça lui a valu de ne pas faire parti de l'armée. Il se consacre donc aux tâches quotidiennes. Lorsque je suis arrivée, c'est lui qui a été chargé de s'occuper de moi. J'ai vite compris qu'il était différent. Mais il y a aussi quelques autres Démons avec qui je m'entendais bien malgré leur dureté...
Je lève les yeux au ciel en repensant à Démonia. J'ai tant de souvenirs là-bas. Mais mon cœur se serre, je voudrais juste essayé d'oublier ça quelques instants.
- Tu n'aurais pas d'autres questions ? je la questionne pour changer complètement de sujet.
J'essuie d'un revers de la manche mes larmes et nous nous levons du banc pour finalement continuer notre balade.
- Si, bien sûr que j'ai des questions. Tiens, puisque tu m'as dit que tu avais un copain. Est-ce que vous avez déjà...
Je la regarde avec un demi sourire mais celui qu'elle me lance est pleins de malice et de gêne en même temps.
- Si nous avons déjà eu un rapport intime, tu veux savoir ? je souris, les yeux mi-clos à cause du soleil.
- Oui, voilà.
- Alors, non. Les règles ne sont pas spécialement les mêmes sur Endora que sur Terre. Déjà, les préservatifs n'existent pas.
Je parle d'une petite voix tellement je suis gênée de parler de ça avec ma sœur.
- Ça complique donc la tâche. Puis, on ne doit pas avoir d'enfants tant que nous ne sommes pas à la retraite des combats, c'est comme ça. Et avec tout ce qui s'est passé ces dernières années, je n'ai pas vraiment eu le temps de penser à ça.
Mélina me lance un regard avant d'exploser de rire.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu es aussi rouge que mon vernis à ongles, rit-elle à gorge déployée.
Je me regarde dans l'appareil photo de mon téléphone et vois l'effet de la gêne sur moi. Génial.
- Ce n'est pas marrant, arrête de rire, je lui reproche en continuant ma route.
Mais elle continue de rire cette imbécile. Je plaque alors ma main sur sa bouche mais elle me la lèche et je la retire immédiatement.
- T'es dégueulasse, Mélina ! je râle en essuyant ma main sur sa veste.
Elle ouvre de grands yeux en voyant mon geste avant de me dire :
- La guerre est déclarée !
Elle me court après à travers tout le parc en hurlant. Moi, je pends mes jambes à mon cou. J'ai une grande forme physique à présent, même en tant que Selena. Du coup, Mélina se fatigue très vite et s'arrête contre un arbre pour reprendre sa respiration. Tout encourant, je tourne la tête vers elle pour lui lancer un regard et lui tirer la langue mais lorsque je me remets à regarder devant moi, je me prends de plein fouet quelqu'un. Je tombe complètement à la renverse dans une flaque de boue. J'insulte le monde entier de tous les noms d'oiseaux que je connaisse.
- Désolé, je suis désolé. Je ne t'ai pas vu et tu es arrivée si vite...
Cette voix masculine. Je la connais. Je relève ma tête pleine de boue pour voir le garçon mais mes yeux me piquent et je n'arrive pas à les ouvrir.
- Mon Dieu, Selena. Ça va ? hurle ma sœur en arrivant en courant, je suppose.
Puis elle s'arrête et je ne l'entends plus jusqu'à ce qu'elle dise :
- Julien ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Pourquoi la vie s'acharne-t-elle sur moi ?
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Un immense retard et j'en suis extrêmement désolée. Pour ceux qui lisent mon Rantbook, vous savez pour quelles raisons j'ai pas mal de retard dans mes fictions. En tout cas, étant donné que je suis en vacances, j'essaie un maximum d'écrire. Je vais faire de mon mieux pour vous en écrire un pour la semaine prochaine ^^
Sur ce, j'espère que l'histoire et son déroulement vous plaisent toujours ! Je vous embrasse tous, bye bye 😘
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