Chapter 5

Mes yeux fixaient le sucre qui était entrain de fondre avec la température de l'eau bouillante, la nuit dernière, j'avais convaincu ma fille d'aller se coucher, je lui avais fais passer une interrogatoire pour savoir si elle avait entendue quoi que ce soit concernant notre échange avec Zack, mais celle-ci avait nié et cela me convenait. J'avais énormément peur de les perdre, avec Zack, notre conversation fut courte vu que son petit-ami le menaçait de le mettre à la porte. Leur relation était plutôt complexe, il s'agissait d'un problème familial d'une haute importance et d'une mésentente entre beaux-parents...Mais mon cas était beaucoup plus compliqué que cela, j'avais des enfants et je devais les protéger, être  à leurs côté, leur donner tout l'amour que j'avais, j'étais prête à tout pour eux, même à me sacrifier.

Chef, si tu es fatiguée je peux faire l'inventaire, me demandait une des employées mais je refusais en lui souriant.

C'était un travail vraiment long et fatiguant mais j'avais bientôt finis, je n'étais pas le genre de responsable à m'en prendre à mes subordonnées, non, je préférais les aider à surmonter leurs difficultés.

Je bois ma tisane et je continue, j'en ai pour une dizaine de minute, comment ça se passe à l'intérieur ?

C'est complètement bondé à cause des soldes du mois ! Elle s'exclamait, pleinement satisfaite.

Je comptes sur toi pour gérer ça, je vous rejoints dès que j'en ai fini avec tout ça.

Je re-montais sur l'escabeau et comptais le nombre de boîte qu'on possédait et notait la référence ainsi que le prix à côté. Je continuais de faire la même chose avec les vingtaines de produits qu'il me restait.

J'entendais des cris survenir de l'intérieur et sans terminer mon travail, j'accourais vers mes collègues.

— Qu'est ce qu'il se passe Kiara ?

Les autres employées étaient tout aussi choqué que moi.

J'ai, j'ai...Elle perdait ses mots, en pleurs.

Elle m'est rentrée dedans, regardez mon état ! Fit la cliente face à moi en tentant de s'essuyer avec un mouchoir en tissus cachemire.

— Je suis navrée madame, nous allons vous rembourser les dégâts que nous vous avons causés.

Elle relevait de la tête et pointait méchamment Kiara du doigt.

Comment sait-elle que je travaille ici ?

— C'est cette fille incompétente, arrogante !

Tout le monde dans le magasin regardait le spectacle qui se déroulait. Je prévenais les filles de s'occuper des autres clientes.

Catrine , tu peux te calmer ? Ne fait pas tout un plat, elle a fait une erreur ça peut arriver à tout le monde.

Elle croisait ses bras et me regardait de bas en haut.

Tu me fais la moral ? Ne te surestime pas trop, on sait tous d'où tu viens.

Qu'est-ce qu'elle savait à mon propos ? Elle ne me connaissait même pas et osait me juger. Je n'avais jamais eu affaire à une personne aussi hypocrite, elle paraissait faible face à Dario alors qu'avec moi, elle était une peste.

Tu ne sais rien sur moi, tes paroles n'ont aucunes sens.

Alors que je tentais de me dérober de la conversation qui devenait plus qu'ennuyante, elle me saisissait le poignet.

Tu crois connaître Dario mais tu te trompes sur toute la ligne, tu es tellement naïve qu'il te manipule à sa guise, comme il l'a fait pour moi.

Elle glissait une feuille dans la poche de mon gilet, en me précisant que si la curiosité devenait trop persistante, je devrais l'appeler pour m'en débarrasser. Je dois l'avouer, au début j'avais seulement songé à déchirer ce satané bout de papier mais en y repensant, je me disais que je n'avais rien à perdre, il était clair qu'elle voulait m'éloigner de Dario mais je voulais connaître ses réels motivations, pourquoi me gâcherait-elle la vie alors qu'elle a déjà un mari ?

~

Pendant que je préparais le dîner, Dario ne quittait pas son ordinateur portable, d'une main il tenait son téléphone et de l'autre, il tapait sur son clavier.
Il était excité à l'idée de collaborer avec l'entreprise Janis, c'était sa première collaboration hors Royaume-Uni, son entreprise de communication allait avoir l'opportunité de s'étendre en Europe voir même en Asie. Des gouttes de transpiration perlaient sur son front et j'avais saisi une serviette pour le lui essuyer, il m'avait lancé un regard rapidement en me souriant avant de retourner à son travail.

Léon et Lola, eux, jouaient à la pâte à modeler sur la table basse du salon. Malgré leurs différence d'âge, ils étaient très proches l'un de l'autre et ne se battaient jamais. Lola avait toujours cherché quelqu'un avec qui jouer, aujourd'hui, elle avait son petit frère, ils s'entendaient à merveilles.

Les mots de Catrice me revinrent à l'esprit, « je peux intenter un procès si vous ne me laissez pas voir ma fille ». Je prenais une grande inspiration, j'étais dans une voie sans issue, une personne était sur le point de détruire tout ce que j'avais fondé depuis des années, moi qui pensais que la vie me souriait enfin...

Maman, demain c'est Samedi, on peut aller se promener en famille ? Lola m'avait enlacé.

Je lui avais effleuré les cheveux tout en mettant le plat dans les assiettes.

Oui ma puce, on ira à la fête foraine ça marche ?

— Papa viendra aussi ?

— Bien sûr.

Elle me sauta au cou en me faisant des bisous sur tout le visage, jamais je ne l'avais vus heureuse comme cela. Je l'a comprenais tellement, elle voyait son père une fois par jour puis, il y avait des jours où elle ne pouvait pas car Dario restait à l'entreprise... Je l'avais surprise entrain de pleurer sous sa couette à plusieurs reprises, je détestais la voir triste surtout à cause de tels situations.

Après le repas, alors que les enfants montaient dormir, je décidais de m'entretenir en tête à tête avec Dario, ce dernier étant toujours sur son ordinateur, concentré comme jamais. Il levait rapidement la tête vers moi, comme s'il savait que je devais lui parler de quelque chose.

Je t'écoute, me fit-il.

Je jouais nerveusement avec la fermeture éclair de mon sweat à capuche. De quoi j'avais peur ? Sa réaction. Il était parfois accro au boulot au point de presque en perdre la raison, comme s'il ne suffisait pas qu'il perdes la notion du temps.

Je vais emmener les enfants à la fête foraine.

Il se massait les épaules.
C'est une bonne idée, ils méritent de s'amuser.

Sa voix monotone brisait mon assurance.
— Tu peux venir aussi ?

Il prenait sa tête entre ses mains.
— Tu ne vois pas que je suis débordé Eva ?

— Juste deux heures ? J'essayais de le convaincre.

Il restait silencieux.
Tu ne peux pas nous donner deux heures de ton emploi du temps ?

Il se levait et son poing frappait contre la table en bois, je sursautais, n'attendant pas une telle réaction de sa part.

Tu crois vraiment que je n'ai pas envie de passer du temps avec ma famille ? Tu ne vois pas, je n'ai même pas de temps pour moi-même !

Dario, baisse d'un ton les enfants vont se réveiller, mon regard se portait vers l'escalier.

Tu crois vraiment que je peux faire tout ce que je veux, quand je veux ? J'ai des responsabilités moi, d'énormes responsabilités dans ma boîte, pas comme toi.

« Pas comme toi » cette phrase faisait des échos dans ma tête, j'avais l'impression que quelque chose aiguillait ma poitrine : Il me sous estimait.
Il insinuait que je faisais moins d'effort, que j'étais moins travailleuse que lui, ma fierté avait prit un sacré coup.

Je ne travailles pas peut-être ? Tu crois que je ne fais pas des efforts ? Moi aussi j'ai une vie professionnelle mais je sais prendre du temps pour les gens qui comptes pour moi.
Je m'énervais à mon tour.

Des efforts ? Tu portes trois robes, c'est normal que tu n'es pas fatigué. Tu déverse tout l'énergie qui te reste sur moi pour m'étouffer avec tes reproches. Ce n'est pas toi qui va m'apprendre comment être un bon père.

Ses poings étaient serrés, les muscles de son visage tendu, il était irrité. Je devais être moi aussi, rouge de colère. Je n'arrivais pas à comprendre ce comportement de macho qu'il avait, cela faisait quatre ans que nous étions mariés et jamais nous avions eu de crises comme cela.

Je tournais les talons récupérais mon manteau accroché sur le bois pendant sur le mur, ma main cherchait les clés de ma voiture, après les avoir enfin trouvé, j'enfilais ma veste et vérifiais l'heure sur mon téléphone : 21h35.

Il était sûrement réveillé.
Je claquais la porte et à peine ai-je actionné le bouton de la clé, une main me retenait pas le bras.

Où vas-tu ? Tu as vu l'heure ?

— Lâche-moi, je croyais que je t'étouffais ? Je te laisse libre à présent.

Il me fit retourner face à lui, il me regardait dans les yeux et je voyais bien qu'il n'était pas encore calme.

Arrête tes conneries Evana, rentre à la maison.

— Je te reconnais plus Dario, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi tu as autant changé ?

— Tu me reproche de ne pas passer du temps avec mes enfants tandis que toi, tu passe ton temps à jouer à la « mère parfaite » alors que Lola n'est même pas ta vraie fille, il faut que tu arrêtes de faire la comédie.

Ses mots ne firent qu'empirer la douleur que j'avais dans la poitrine, je commençais même à éprouver du dégoût vis-à-vis de cet homme avec qui j'étais censée partager ma vie. Sans que je ne puisse me retenir, ma main rencontrait sa joue, tout mon corps tremblait sous l'action, le froid y était aussi pour quelque chose, il devait reprendre ses esprits avant de me perdre complètement.
Je n'arrivais plus à retenir mes larmes, il m'avait brisé en me rappelant ma place, je n'étais qu'une « remplaçante » et non la vrai mère de cette petite fille. J'étais juste de passage dans sa vie, comment pourrais-je prétendre être sa mère alors que je ne lui ai pas donné naissance ? Je lui ai seulement donné de l'amour, du soutien, de l'aide, de la joie...

— Tu avais peur de devenir comme ton père Robin, te voilà transformé en lui.

Je savais pertinemment qu'il n'aimait pas qu'on parle de son père et je l'avais fais consciemment, je voulais qu'il comprenne la douleur qu'il venait de m'affliger. Je démarrais la voiture et m'en allais sans regarder derrière moi. Je comprenais à cet instant même que JAMAIS je ne pourrais avoir autant d'importance, comparé à Catrice qui est au centre du monde en ce moment.
J'aimais Dario d'une façon indescriptible, dès qu'il souffrait je souffrais, on pleurait et riait ensemble, je m'étais promise de ne jamais le laisser tomber mais en ce moment, il agissait d'une façon à me faire douter de moi-même...

— Parfois, tu ne connais pas la vraie valeur d'un moment, jusqu'à ce qu'il devienne un souvenir...Si seulement tu en étais conscient Dario...

Avis? ❤️

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