Chapter 2

Je posais les deux tasses de café sur la table basse, l'atmosphère était pesante et forcenée. Je connaissais Dario par cœur, ce regard qu'il avait n'annonçait rien de bon.

On peut parler juste tous les deux ? Demandait la dénommée Catrine.

Dario ne broncha pas d'un sourcil, je faisais un sourire crispé, laisser mon mari avec cette inconnue ne me rassurait pas mais peut-être qu'en sa compagnie peut-être que Dario parlera enfin.

Je vais vous laisser discuter.

Je m'apprêtais à quitter la pièce mais il me retenait par la main.

Elle reste ici, dis-moi ce que tu as à dire et va-t-en.

Dans ses paroles, on pouvait clairement cerner de la colère et du dégoût, je ne voulais pas l'énerver davantage alors je m'installais sur le fauteuil auprès de lui.

Je suivais toutes les actions de la femme assise près de nous. Elle me toisait, puis son regard fut bloqué sur ma main, elle regardait ma bague.

Vous êtes donc sa femme. Cela avait plus l'air d'être une constatation qu'une question.

Je hochais simplement la tête.

Viens-en aux faits ! Dario avait haussé le ton.

L'inconnue ne semblait pas être impressionnée par lui, au contraire, elle avait un sourire en coin, comme si elle voulait le provoquer.

Je sais que tu es énervé contre moi, que tu me détestes de t'avoir fait subir d'horribles choses mais crois-moi, j'avais mes raisons.

Dario avait eu un rictus, j'étais terrifié à l'idée de le voir peter un câble en plein milieu de la journée.
Il prenait une grande inspiration et chuchotait des mots que je ne croyais jamais l'entendre dire.

Tu es une bonne actrice, je vois que l'argent t'a vraiment contrôlé au point de te faire perdre ta dignité.

Elle écrabouillait entre ses mains son sac en cuir, je connaissais cette marque de grand couturier aux couleurs marronnées.

Je suis venue rencontrer ma fille, que tu me crois ou non.

Sa fille ?

Je déglutissais, la mère de Lola était vivante, Dario était au courant et j'étais ici la dernière prévenue. Je divaguais, je ne savais plus quoi penser de tout cela.

Si tu as fini, tu peux partir.

Elle rejetait ses cheveux en arrière et se levait sur ses talons aiguilles.

Tu sais que je peux demander un procès n'est-ce pas ? Elle le menaçait clairement.

Il gardait son calme.

Un procès perdu d'avance, quel genre de mère pourrait abandonner son enfant à part une lâche comme toi ? Crachait Dario.

Elle quittait la maison, sans daigner se retourner.
Dario faisait les cent pas alors qu'on entendait la porte claquer.

Dario, la mère de Lola est vivante ?

Il poussait la baie vitrée.

Je ne veux pas en parler maintenant Evana.

Je lui emboîtais le pas jusqu'au jardin, sa main contre sa nuque, il était stressé.

Dario, tu dois me dire ce qui se passe pour que je puisse t'aider, j'ai le droit de connaître la vérité.

Sans que j'eusse le temps de réagir, ses bras m'enveloppaient, son regard me fuyait et sa tête se posait sur mon épaule.
Je comprenais qu'il voulait rester ainsi un petit moment.

Je lui caressais le dos, ce n'était pas facile pour lui de faire face à la réalité.

Une quinzaine de minute plus tard, Dario s'était calmé. Je nous avais préparé deux tisanes, assis dans le jardin, Dario s'était décidé à parler.

Il y a quelques mois, j'ai reçu une étrange lettre à mon bureau, il n'y avait ni destinataire, ni signature.
C'était Catrine qui m'avait écrit en parlant d'elle à la troisième personne. « La fille que tu comptais épouser n'est pas décédée » elle avait écrit en lettres gras. Je n'ai pas vraiment fait attention, me disant que c'était sûrement un canular. Il m'expliquait.

J'attendais la suite, curieuse.

Mais un jour elle a débarqué à l'entreprise, mariée à un millionnaire d'ici, j'ai signé un partenariat avec l'entreprise de son mari sans le savoir.

— Qu'est-ce qu'elle t'as dit lorsque tu l'as vu ?
J'attendais sa réponse.

Qu'elle était mariée avec le PDG du Groupe Janis, qu'elle avait fait ça pour notre bien, qu'elle n'avait jamais eu l'intention de nous laisser tomber, qu'elle voulait voir Lola.

Mon coeur était lourd et des sentiments indescriptibles me tourmentaient.

Qu'est-ce que tu as ressenti lorsque tu l'as vu ? Je demandais en redoutant déjà la réponse à ma question.

J'étais surpris et...dégoûté. Je n'arrive pas à croire que pendant tout ce temps, elle nous a laissés vivre dans un énorme mensonge.

J'évitais de le regarder, son ex-copine était belle et bien présente, prête à tout pour voir sa fille. J'étais en plein milieu d'une voie sans issue.

Tu l'aimes ? Je tentais.

Il tirait la chaise en bois sur laquelle j'étais placée auprès de lui et je manquais de tomber. Ses longs jambes coinçaient mes jambes placées entre les siennes.

Tu es jalouse ? Il essayait.

Je riais, bien sûr que j'étais jalouse, la femme était d'une beauté, de plus elle avait des goûts vestimentaires assez...féminin et luxueuse. Elle avait un physique avantageux, tous ceux qu'une femme rêverait d'avoir. Et comme si cela ne suffisait pas c'était son ex !

Je ne suis pas jalouse, je demandais juste.
J'avais levé les épaules et mon action avait trahi ma parole.

Il poussait ma chaise et je manquais de tomber une deuxième fois, je m'étais retenue à son polo gris.
Je me retrouvais à califourchon sur lui et ce dernier souriait comme un idiot.

J'adore te voir jalouse.

Je ne lui répondais pas, il aimait me taquiner mais j'avais aussi mon arme, faire la gueule.
Il levait la tête, tentant de m'embrasser mais je l'arrêtais dans son élan, ma main avait prit place sur sa bouche. Il plissait les paupières fatiguées de mes enfantillages.

Tu es la seule que j'aime Evana.

Maintenant que la réponse me convenait, je prenais sa tête entre ses mains et nos lèvres se rencontraient, ses mains étaient sur ma taille et sa langue s'amusait avec la mienne.

— Beurk !

On se décalait et nos regards se portaient sur la voix qui venait de nous interrompre.
Maman était là, essayant de cacher les yeux de Lola d'une autre main, elle portait notre fils.

Dario éclatait de rire, je devais sûrement être toute rouge.

Avis ?

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top