Chapitre 2

Elle me suit jusqu'à mon appartement, son portable vibrant encore et encore dans sa main et elle finit par le mettre en mode avion. Je n'ai pas pu m'empêcher de jeter un coup d'œil sur son écran, deux noms y sont apparus : Papa et Dave. Que ce soit pour l'un ou pour l'autre il n'y a aucun surnom ou smiley, ce qui pourrait traduire d'une relation assez froide... ce qui est étonnant en ce qui concerne son copain. Ou pas vu ce que j'ai vu tout à l'heure. J'ouvre la porte d'entrée avant de monter dans l'ascenseur, appuyant sur le bouton 4. Enfin j'ouvre la porte de l'appartement, June n'a pas dit un seul mot, elle qui est pourtant d'habitude si bavarde...

June: tu vis seul Shun ?

Moi:... oui. Tu ne dérangera personne si c'est ta question cachée.

June: entre autre. Mais non c'était juste pour savoir, simple curiosité.

Moi: a parce que ça t'intéresse maintenant ?

Elle affiche une mine blessée et je grimace avant d'aller dans la cuisine.

Moi: excuse moi June. C'est pas ce que je voulais dire.

June: t'inquiète pas.

Moi: tu bois un truc ?

June: tant que tu as quelque chose de fort...

Moi: tu es sure de toi ? Je croyais que tu avais déjà trop bu.

June: tu demande, je te réponds mon petit Nush. Tu as quelque chose pour moi ou pas ?

Moi: Nush ?

June: mmh. Shun, Nush, c'est pareil non ?

Elle le tire la langue et je lève les yeux au ciel en souriant, attrapant la vodka dans le placard. Le temps que je prépare deux shots, amenant la bouteille avec moi, June a eu le temps de s'installer sur le canapé et d'allumer la télé. Je me fige quand je vois Link, mon chat noir, sur ses genoux en train de ronronner, se frottant contre sa main.

Moi: c'est quoi ce bordel ?

June: quoi ?

Moi: ce chat s'en fou de moi depuis que je l'ai, et toi il t'adopte juste en te voyant ? C'est pas juste !

Elle rigole, d'un rire sincère et je m'assois à côté d'elle en détournant les yeux. C'était un son bien trop beau pour mon cerveau fatigué qui commence à pensé aux paroles d'Irio. Comme quoi il faut que je passe à autre chose. Elle me prend le shooter dès main et le boit d'un coup, grimaçant un peu. Voyant que je ne réagis pas, elle attrape le miens et le bois aussi.

Moi: hé ! Je te permets pas !

June: ça c'est pas très grave.

Son regard est joueur, me défiant de faire quoi que ce soit et je ne peux m'empêcher de rigoler doucement.

Moi: est-ce que tu sais à quel point tu es insupportable June ?

June: oui je sais. Mais si je ne le fais pas, qui ferais chier un garçon comme toi ?

Moi: qu'est-ce que tu entends par la ?

June: et bien... tu es sportif, de haut niveau, jeune et beau qui plus est. Tu vas pas me dire que les gens temmerde ?

Moi: pour certains sujets plus que tu ne le crois.

June: laisse moi deviner, les amours ?

Moi: comment tu...

June: j'ai bu mais je ne suis pas idiote mon coco. Je connais la vie des sportifs pro autant que toi.

Moi: tu joue au volley ?

Elle parait se renfermer et je grimace.

June: non. Je devrais en faire parce que mon père est entraîneur ?

Moi: pas du tout... je t'ai juste souvent vu nous regarder.

June: je joue au basket et c'est très bien comme ça.

Je n'insiste pas au vu de sa réaction et elle semble se détendre un peu quand on se met à parler d'autres choses. Trois shoots plus tard elle semble plus que fatiguée et elle se laisse tomber sur le canapé, les yeux fermés. Elle doit être épuisée pour se laisser aller comme ça... mes yeux se pose sur son visage paisible et je me lève avant de la prendre dans mes bras puis de la déposer dans mon lit. J'hésite un instant et finis par me décider à lui retirer sa robe, délicatement. Elle porte de simple sous vêtements noirs mais je me force à ne rien regarder, déposant son vêtement sur la table de nuit. C'est quand je m'apprête à lui enfiler un de mes tee shirt que je me rends compte de quelque chose.

Moi: mais qu'est-ce que c'est que ce bordel...

Je n'avais pas fais attention à son poignet tout à l'heure qui a pris une teinte bleue mais ce n'est pas le pire. De multiples bleus sont présents sur son ventre et ses jambes, et je remarque même une marque un peu plus ancienne sur son cou. Quelques cicatrices strient la délicate peau sur ses côtes et je sers les dents. Qui pourrait croire qu'une jeune femme si entêtée, si sure d'elle et si forte cacherait ça ? Comment cette bonne humeur qu'elle laisse toujours transparaître peut elle avoir l'air si vrai alors que son corps semble brisé ?

Mon corps est serré de peine et de colère aussi, me doutant vaguement de qui pourrait lui faire ça. Dave... je pose délicatement ma main sur sa joue, mon pouce caressant doucement sa pommette et elle se mets à gigoter doucement. Je m'apprête à retirer mon bras pour la laisser dormir tranquillement, mais elle le serre contre sa poitrine, les joues désormais humides de ses larmes. Ses nuits sont-elles toujours aussi tristes ? Comme le reflètent son corps ?

Je prends son visage entre mes mains, dépose mes lèvres sur son front en fermant les yeux et j'essaie d'enlever délicatement mon bras de son emprise. Non pas que lui servir de peluche le dérangerai, mais je ne veux pas qu'elle ai plus de problèmes par ma faute. Je passe ma main dans ses cheveux pour dégager son visage avant de me détourner, ramenant la couverture sur son corps. Je m'installe sur ma canapé, la tête ailleurs, et je finis par m'endormir sans m'en rendre compte.

J'ai l'impression d'avoir sombré pendant seulement quelques minutes quand je suis réveillé brusquement par un bruit sourd. Je me redresse vivement, essayant d'y voir quelque chose dans la pénombre de l'appartement, et j'entends un grognement venant d'un peu plus loin. J'allume la lumière et soupire, glissant les mains dans les poches de mon short de pyjama en voyant June qui se relève en essayant d'avoir l'air naturelle. Ses yeux vifs plongent dans les miens et elle prend un air innocent.

June: toi aussi tu as entendu un bruit ? Tu crois que c'est Link...?

Je me passe une main sur le visage en soupirant et elle explose de rire avant de de me donner un léger coup sur le torse, se dirigeant vers la cuisine d'un pas joyeux. Elle a l'air de tellement bonne humeur que j'ai du mal à croire ce que j'ai vu en la couchant. Peut être que j'ai rêvé ? Mon tee shirt cache a peu près tout, lui donnant d'ailleurs un air bien adorable, mais de ce que je vois d'ici, la marque sur son poignet est toujours là... elle ouvre le frigo et fredonnant et je m'approche, m'accoudant au bar pour l'observer attraper une bouteille d'eau fraîche et boire de grandes gorgées. L'air qu'elle chantonne me reviens en tête, étirant mes lèvres en un sourire.

Moi: tu chante le roi lion ? Ne serais-tu pas une enfant ?

June: pas du tout ! Mais la nouvelle adaptation m'a remise dedans... et puis tu as reconnu ! Donc c'est que tu connais bien aussi !

Moi: j'admets. J'adore le film et les musiques, je ne vais pas te dire le contraire.

June: Donc tu fais partie de ces mecs niais qui aiment les Disneys ?

Moi: je te permets pas !

June (tire la langue): je te taquine. C'est bien les garçons un peu enfants des fois.

Un air mélancolique passe un instant sur son visage avant de disparaître pour de nouveau laisser place à son regard joueur. Quelle est sa réelle humeur en ce moment ? Si elle est triste actuellement, et j'ai de grandes chances de penser que c'est là cas, elle le cache avec un talent exceptionnel. Mais tout de suite je préfère le dire quelle est bien la et que ma compagnie lui fait un peu oublier ses problèmes. Mais dans quoi est-ce que je suis en train de me fourrer ? Je ne sais pas si j'ai eu un déclic ou autre, mais me voilà en train de m'attacher à June sans aucune raison. Est-ce que c'est parce que je l'ai aidé hier ? Ou parce que je lais vu plus fragile que jamais tandis qu'elle m'agrippais le bras ? Ou parce que je la perçois désormais comme une jeune femme, et plus comme « juste » la fille du coach ? Je ne sais pas quoi en penser et je ne devrais même pas songer à tout ça. Il y a moins de 24h j'étais encore en train de me lamenter à propos de Nowlen, au bar avec les gars...

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top