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Elle était la pluie.
Souvent, les gens la comparaient à la pluie, après tout elle ne paraissait jamais heureuse et des gouttes tombaient souvent sur son doux visage. On ne lui parlait pas, on n'essayait pas de la comprendre, à quoi bon ? Elle était le symbole du désespoir, de la tristesse, son malheur se déversait sur les autres comme la pluie s'abattait dans la ville. Ce climat que les gens n'arrivaient plus à supporter tellement il était présent. Comment être heureux quand le ciel gronde, pleure et est tout gris ? Comment être heureux quand on a connu le doux parfum du soleil, des rayons qui nous caresse la peau, cette ambiance où soudainement le monde semble avoir repris son éclat, que les gens osent enfin afficher un sourire ?
Que cachait-elle de si terrible, de si dramatique ? Qu'avait-elle pu connaître pour en être là aujourd'hui : un visage sans expression, les yeux brillants de douleur, des cernes prononcés, les lèvres gercés, abimés et enfin ce détail qui me tuait, ses bras toujours cachés, été comme hiver, jour de soleil ou jour de pluie. Un jour où elle semblait presque joyeuse, elle avait libéré ses poignets car le professeur de sport lui avait demandé afin de mieux pouvoir tenir sur les agrès, je l'avais observé de loin pour mieux pouvoir distinguer cette délicatesse qu'elle cachait. Elle avait dû croiser mon regard, baissé les yeux vers cette partie de son corps avant de se rendre compte que ses cicatrices avaient peut-être croisé mon regard. Elle était partie en courant, honteuse.
J'avais réussi à la poursuivre, pour ne pas la laisser seule, cette fois encore. Elle n'a rien dit sur le moment, espérant probablement que je la délaisse comme tous les autres, pourtant, je ne l'ai pas fait. Je me suis installée à ces côtés puis j'ai commencé à parler. De tout et de rien, du chat de mon voisin, de la mer que je n'avais jamais vue, de mon désir de voyager, de connaître les recoins du monde, de ma passion pour les étoiles et puis, je lui ai aussi dit combien j'aimais la pluie. Elle n'a pas su répondre, mais pour la première fois de sa vie, un faible sourire était dessiné sur son visage. Après quelques minutes, elle m'a chuchoté avant de partir « On dit souvent que je suis la pluie et toi le soleil, mais je suis quasiment sûr que l'on a tellement de choses en commun. »
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