Chapitre 10
Lorsque la chevelure blonde d'Harmonie réapparaît dans les escaliers un quart d'heure après qu'elle aie disparu, je me sens presque soulagé de la voir sur ses deux pieds. Elle tire sur le bas de sa robe et passe un doigt autour de ses lèvres pour effacer le rouge qui dépasse. Je la regarde se diriger vers la cuisine puis revenir avec un nouveau verre et retrouver la piste de danse, comme si elle n'avait jamais passé un moment là-haut. Elle est montée le sourire aux lèvres, elle redescend confuse, presque perdue. Se pourrait-il qu'elle regrette déjà et qu'elle se remette à boire pour oublier ce qu'elle vient de faire ?
Elle me tourne le dos et se met à bouger. Je remarque que la fermeture de sa robe n'a pas été remontée et lorsqu'un autre mec s'approche d'elle, je décide d'intervenir. Je ne vais pas passer toute ma soirée assis sur une chaise, à attendre qu'elle pose enfin son regard sur moi. Je voulais la rejoindre pour discuter, pas pour découvrir une facette de sa personnalité que je n'avais encore jamais vue. Et j'ai promis de veiller sur elle et je crois qu'il est temps de l'arrêter. Il est évident que demain, elle regrettera déjà pas mal de choses, pas la peine d'allonger davantage la liste.
Je me fraie un chemin dans la foule et m'approche de ma jolie blonde. Arrivé derrière elle, je pose une main sur son épaule, attirant son attention. Elle se retourne aussitôt, nos yeux se croisent et elle me sourit. J'adresse un regard peu amical au mec dans son dos et il s'éloigne aussitôt en levant les bras en signe de reddition.
– Chase ! T'es venu ? Je croyais que tu préférais les soirées en tête-à-tête avec ton arme plutôt que ce genre de fête !
Elle hurle bien plus qu'elle ne parle et glousse avant de passer ses bras autour de mon cou. Confus, je jette un coup d'œil autour de nous. Le volume de la musique est bien trop fort et les gens bien trop alcoolisé pour que qui que ce soit ai entendu ou compris ses paroles. Pas question d'attirer l'attention. Je me suis fait discret pendant presque deux ans, je ne peux pas imaginer une seule seconde que cette jeune femme ivre balance mon secret à tout le monde. Ce serait du délire.
Je la laisse se balancer contre moi. Je profite de sa proximité pour remonter doucement la fermeture de sa robe. Il ne manquerait plus qu'elle se retrouve en sous-vêtements au milieu de la pièce. Non pas que ça me dérangerait, mais je crois que ça aussi, elle le regretterait.
– J'ai soif, soupire-t-elle en aspirant les dernières gouttes de son verre. Je reviens.
Je la retiens par le bras et la garde contre moi. Elle fronce les sourcils et secoue la tête avant de se mettre à parler en français. Je l'ignore, n'ayant pas compris un mot de sa tirade, et tente de l'arrêter.
– Tu as assez bu pour ce soir, tu ne crois pas ?
– Depuis quand... Chase Scott se préoccupe de ce que je fais ?
Elle me scrute longuement, sa bouche s'ouvre puis se referme. Elle semble chercher ses mots et je ne serais même pas étonné qu'elle mélange nos deux langues.
– T'as pas autre chose à faire ? Des gens à tuer ? Des parties de roulette russe à entamer ?
Elle mime une arme avec ses doigts, la pointe sur sa tempe et fait semblant de tirer, puis elle éclate de rire et je perds pied. Est-elle réellement en train de rigoler ? Bien sûr qu'elle se marre, elle est ivre ! Mais c'est tellement déroutant de la voir plaisanter sur ce sujet que je ne parviens pas à intégrer l'information.
Je fronce les sourcils et resserre mon étreinte pour l'empêcher de s'éclipser. Elle se calme d'un coup, laisse tomber son gobelet vide sur le sol et s'appuie contre mon torse. Je la laisse jouer avec une mèche de mes cheveux, un peu perdu. Devrais-je la ramener ? Je n'ai pas le droit de conduire ici mais il n'est pas question que nous dormions sur place. Je ne connais personne, je préfère nous mettre à l'abri.
– J'ai perdu Clément, souffle-t-elle soudainement en observant les alentours, inquiète.
– Il est probablement écroulé là où vous avez couché ensemble.
Elle se hisse sur la pointe des pieds, un sourire enfantin aux lèvres et se penche vers mon oreille, comme pour me souffler un secret.
– C'était mieux avant.
Elle se remet à danser et son regard s'ancre au mien. J'ai du mal à la suivre, elle et ses revirements d'humeurs et d'émotions. Elle poursuit :
– Tu devrais m'apprendre à jouer. Je suis sûre que la proulette prusse, euh... Non, la... rulette rousse ! C'est mille fois plus grisant que de coucher avec quelqu'un, hein ? Avoue-le. Je parie que tu ressens plus de trucs en te collant un flingue sur la tempe qu'en couchant avec moi.
Refusant de me lancer dans ce genre de conversation avec elle, je choisis d'ignorer ses piques. Elle n'a pas encore accepté ce que je fais, et je doute qu'elle l'encaisse réellement un jour, mais je ne dois pas me laisser distraire par ses réflexions. Pas question de parler de toute cette histoire au beau milieu d'une pièce bondée d'étudiants et avec une interlocutrice incapable de tenir sur ses deux jambes sans vaciller.
– Tu sais que tu regretteras demain ? T'aurais pas dû faire ça, soufflé-je calmement.
Je repousse sa longue chevelure blonde derrière son épaule. Elle ricane doucement avant de secouer la tête. Sans se soucier des autres, elle vole le verre d'une fille qui danse près de nous et s'empresse de le porter à ses lèvres. J'essaye de le récupérer mais elle est plus réactive et s'éloigne de moi pour m'en empêcher. Cette soirée va virer au cauchemar si elle continue à boire de la sorte. Il faut que j'y mette un terme et vite.
– Tu sais quoi Chasse ? Putain, non, Chase, pas Chasse, rit-elle.
Elle glousse avant de reprendre avant beaucoup de sérieux :
– C'est de ta faute !
Toute trace d'amusement a quitté son visage. Ses sourcils sont froncés, ses yeux me lancent des éclairs. La colère est en train de prendre le dessus. Elle revient près de moi et plante son ongle dans mon torse avec tellement de violence que je ne serai pas surpris que la marque soit encore visible sur ma peau demain. Son doigt accusateur frappe ma poitrine à plusieurs reprises. Elle vacille un peu avant de terminer son verre et de me dévisager, furieuse. Animée par une soudaine rage et un sentiment d'impuissance, ses mots fusent et m'écorchent bien trop profondément.
– J'avais juré que je toucherai plus à l'alcool et que je coucherais plus avec n'importe qui. Mais t'as tout foutu en l'air ! J'ai couché avec Clément et tu sais quoi ? J'ai même pas pris mon pied. Pourquoi t'es entré dans ma vie ? Pourquoi ?
Elle laisse tomber son front contre mon épaule et répète des dizaines de fois « pourquoi » dans mon cou. Ses mots m'affectent bien plus qu'ils ne le devraient. Bien sûr, l'alcool parle à sa place mais j'ai déjà été bourré et j'ai vu des gens ivres suffisamment de fois pour savoir qu'une part de vérité se cache toujours dans ce genre d'aveu.
Elle relève la tête, les yeux remplis de larmes. La haine, puis l'impuissance et maintenant, le désespoir. Qu'est-ce que j'ai fait putain ? Je voulais la protéger, pas la foutre dans un tel état !
– Vous avez gâché ma vie, toi, ces histoires sordides de meurtres et ce jeu stupide. Pourquoi t'es encore là putain ? Qu'est-ce que t'attends pour m'attirer dans une ruelle sombre et m'abattre ? J'en ai marre Chase. T'imagines pas à quel point je suis à bout. Alors je t'en prie, laisse pas durer le suspense. Venons-en tout de suite à l'épilogue.
Si elle cherchait ses mots un peu plus tôt, ceux-là sortent avec tant d'aisance que j'ai l'impression qu'elle les pensait depuis une éternité, qu'elle attendait simplement d'avoir assez de courage pour me les cracher au visage. Elle est tellement ivre que je devrais ignorer ses propos mais malgré l'alcool qui coule dans son sang, je ne l'ai jamais sentie aussi honnête, aussi vulnérable et aussi fataliste. C'est comme si je la découvrais pour la première fois. Sa souffrance m'éclate au visage et me serre le cœur. Elle a raison. Pourquoi suis-je entré dans sa vie ? Je n'ai fait que l'anéantir davantage.
– Je suis désolé.
– T'étais pas désolé quand j'étais pas au courant de tout ce que tu faisais.
Une gifle aurait été moins douloureuse que ses mots crachés avec tant de hargne. Soudainement, tout le monde autour de nous se met à crier. Je ne comprends pas un mot mais un coup d'œil à ma montre et je devine que le décompte a commencé. Pourtant, ni Harmonie, ni moi ne bougeons. L'océan de ses iris rencontre les ténèbres des miens. Le compte à rebours touche à sa fin, une page se tourne, une année s'est écoulée et autour de nous, les fêtards se remettent à danser joyeusement, à se serrer dans les bras. Le monde continue de tourner, c'est l'effervescence et nous, nous restons là, à nous regarder. C'est une nouvelle année qui débute mais rien ne va changer, rien ne va s'améliorer, bien au contraire. La situation va empirer. Elle attend l'épilogue ? Mais n'a-t-elle pas compris que nous n'en sommes qu'au prologue ? Ce que je lui ai confié, ce n'était que le début. Ce n'était que l'étincelle, celle que Tom m'a demandé d'allumer. Et il n'attend plus que notre retour pour la transformer en un incendie géant qui va ravager nos vies.
Armand nous rejoint et prend Harmonie dans ses bras, rompant notre contact visuel. J'ai l'impression qu'elle renoue doucement avec la réalité. Un sourire se dessine sur ses lèvres et, comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu, elle reprend le cours de sa soirée. Il ne lui faut que quelques secondes pour retrouver un verre et, impuissant, je la regarde le boire.
Elle s'amuse, elle danse avec tant de monde que j'ai du mal à ne pas la perdre de vue. Les heures défilent et quand nos regards se rencontrent une nouvelle fois, elle s'approche de moi. Plus aucune lueur de tristesse, plus aucun doute, plus aucun souvenir. Elle se colle effrontément à moi, ses mouvements sont lascifs et chaque fois que son bassin frôle le mien, des dizaines d'images de nos corps enlacés me reviennent en mémoire, par flash. Si la situation n'était pas aussi compliquée et si elle n'était pas complètement ivre, je l'aurais entraînée dans une chambre. Mais je ne peux pas. Pas maintenant. Pas comme ça.
– Pourquoi t'es si distant ? Je t'ai connu plus entrepreneur..., souffle-t-elle. Euh... je crois que je voulais dire entreprenant.
Je pose mes mains sur ses épaules dans l'unique but de la tenir éloignée de moi. Si elle continue de se frotter contre moi de cette manière, mon self-control risque de partir en fumée. Mais elle prend mon contact comme une invitation à poursuivre et sa bouche entre en collision avec la mienne. Surpris, je me fige et ne réagis pas. Elle insiste, sa langue tente de passer la barrière de mes lèvres mais je la repousse, à contrecœur.
– Allez... Je sais que t'en meurs d'envie, toi aussi.
– Tu m'en voudras demain si je te laisse faire ça, refusé-je.
– Je t'en veux déjà. Je te déteste même alors rattrape-toi.
Elle revient à la charge, attrape le col de mon t-shirt et m'embrasse avec plus d'avidité. Épuisé de lutter et de me battre contre elle, je cède et lui rends son baiser. Mes doigts se perdent dans ses cheveux emmêlés, les siens serrent si fort le tissu de mon vêtement qu'il risque d'en garder une trace. Elle s'agrippe à moi, mordille ma lèvre inférieure et déverse toute sa peur et toute sa haine dans ce baiser. Elle est morte de trouille et la vérité, c'est que je le suis aussi.
Ses mains descendent le long de mon ventre avant de trouver mon jean. Elle se rapproche un peu plus et lorsqu'elle commence à tirer sur la boucle de ma ceinture, la réalité s'abat sur moi avec une telle violence que je manque de tomber en reculant.
– Stop, l'arrêté-je.
Qu'est-ce que je fous bordel ? Depuis quand je profite des filles qui ont bu ? C'est pas moi ça et putain, je n'ai aucune envie de devenir ce genre de mec. Je prends la vie des gens, je mets en danger celle de mes amis et voilà que j'embrasse une personne qui ne s'en souviendra sûrement pas demain. Qu'est-ce qu'il m'arrive ?
Il faut que je parte, que je sorte de cet endroit avant de me laisser happer par l'euphorie et la débauche de cette fête. Mais pas question de laisser Harmonie ici. Nous devons rentrer. Tous les deux.
– On part.
– Quoi ? Non, je s'amuse bien !
– J'ai dit : on part, répété-je, agacé aussi bien par son refus que par mon propre comportement.
Elle s'éloigne de moi, croise les bras et me défie du regard.
– Et sinon quoi ? Tu vas me proposer une partie de roulette russe ? Ou tu vas appeler ton pote, Tom c'est ça ? Ha non, j'avais oublié, t'as laissé ton téléphone chez toi ! raille-t-elle.
– T'as deux options : soit tu sors d'ici sans faire d'histoires, soit c'est moi qui te traîne dehors, énoncé-je, ignorant ses railleries.
Elle perd son petit sourire et affiche un air de chien battu. Elle n'a aucune envie de quitter cette soirée mais moi, j'ai atteint mes limites. Je ne resterai pas une seconde plus dans cet endroit. Elle a bu bien plus qu'elle n'aurait dû le faire, elle a couché avec un pote et, si j'en crois ses dires, ce n'était pas génial, ce qui me fait douter de la prise en compte de son consentement et maintenant, elle se jette sur moi. Ses actions additionnées à nos conversations sans queue ni tête qui ne nous mènent à rien, je crois que nous sommes arrivés au bout. Je veux qu'on se barre d'ici avant que l'un de nous ne dise quelque chose qu'il regrettera réellement demain ou pire, qu'il lui arrive quelque chose.
Face à mon ton qui ne laisse pas de place à la discussion, elle baisse les bras et cède.
– Ok, capitule-t-elle.
Elle se dirige vers Armand pour le saluer. Ils discutent un moment avant qu'elle ne me rejoigne. Son pote m'adresse un signe de la main que je lui rends avant de suivre Harmonie. Elle trébuche sur un corps étalé au sol et s'écroule à ses côtés. Je lève les yeux au ciel avant de m'accroupir. Je prends une minute pour m'assurer que le mec par terre est toujours en vie et conscient. Je le tire dans un coin et le mets sur le côté, juste pour ne pas avoir une mort en plus sur la conscience. Manquerait plus qu'il s'étouffe avec son vomi ou que sais-je d'autre.
J'aide Harmonie à se remettre debout et la prends dans mes bras. Elle s'accroche à mon cou et laisse tomber sa tête contre mon épaule.
Dehors, le froid s'abat sur nous. Elle tremble contre moi et je presse le pas pour rejoindre sa voiture, suivant ses indications désordonnées pour retrouver le véhicule. Je récupère les clés, l'installe sur le siège passager et prends place derrière le volant. Tu peux le faire, Chase. Tu peux le faire.
Je démarre le véhicule et prie pour ne pas croiser la police. Ce serait sympa que je ne termine pas cette soirée pourrie en garde à vue.
Le trajet me semble durer une éternité. Je ne roule pas vite par peur de nous envoyer valser dans un fossé. Je ne connais ni la route, ni la voiture, il faut que je reste prudent.
Sur la route, Harmonie chantonne joyeusement mais au fil des chansons, les paroles deviennent incompréhensibles. Ses paupières sont lourdes, un sourire idiot flotte sur ses lèvres et elle dodeline de la tête. L'euphorie passée et l'effervescence de la fête désormais loin derrière nous, la fatigue lui tombe dessus d'un coup. Et alors que je crois qu'elle s'est endormie, elle ouvre soudainement la vitre et passe la tête dehors.
– Je vais... vomir.
Il ne manquait plus que ça !
Reconnaissant la rue, je n'arrête pas la voiture avant d'être arrivé à destination. Elle peine à ouvrir la portière et lorsqu'elle y parvient enfin, elle tombe à genoux sur le trottoir et tout ce qu'elle a bu ce soir se retrouve sur la route.
J'attrape ses cheveux et attend patiemment derrière elle. Quand elle semble se sentir un peu mieux, elle me repousse et refuse mon aide en marmonnant des mots inintelligibles. Je la suis, juste au cas où, et l'observe déambuler dans la maison. Elle trébuche sur une paire de chaussures, manque de faire tomber un vase et allume quatre fois la lumière du hall, incapable de trouver l'interrupteur pour celle du salon. Finalement, elle laisse la pièce plongée dans le noir et s'effondre dans le canapé. Quelques secondes plus tard, elle dort.
Je retire ses chaussures et l'installe plus confortablement puis je trouve une chaise et m'y installe. La nuit va être très longue mais je ne peux pas la quitter des yeux. Elle a bien trop bu, je vais devoir veiller sur elle.
J'ai tout le temps nécessaire pour repenser à ce qu'il s'est passé ce soir. Tout ce qu'elle m'a dit, tout ce que j'ai vu. Elle était exactement celle qu'elle m'avait décrite à New Paltz. Cette jeune femme, c'est celle qu'elle était avant le décès de son amie et je dois être honnête avec moi-même, si elle ne savait rien de ma double vie et qu'elle n'avait pas autant bu, elle et moi, nous aurions très certainement terminés notre soirée dans un lit ou contre un mur. Au lieu de cela, elle a passé la majeure partie de son temps à me lancer des piques, à m'allumer puis à me cracher toute sa haine au visage. C'était légitime de sa part mais j'aurais préféré que ça se déroule autrement.
Nous sommes le premier janvier. Les derniers grains de mon sablier sont en train de tomber. Je n'ai plus que trois jours pour lui expliquer la situation et la convaincre de rentrer avec moi. Trois jours, ça paraît largement suffisant. Seulement, je n'ai même pas la moindre idée de l'état dans lequel Harmonie sera demain. Elle était déjà au plus bas, je crains que cette soirée empire la situation. J'ai l'intime conviction qu'elle regrettera ce qu'elle a fait et il est évident que ça ne va pas arranger mes affaires. Je n'ai plus qu'à espérer que ce moment de faiblesse agisse comme un électrochoc, qu'elle décidera de reprendre le contrôle de sa vie et qu'elle me laissera enfin une chance de lui confier toute la vérité.
Ouais, j'ai plus qu'à espérer. Parce qu'à ce stade, je n'ai plus rien à quoi me raccrocher hormis l'espoir.
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Hello ! 👋🏻
Comment allez-vous ?
Fin de soirée pour Harmonie et Chase. Le séjour en France touche bientôt à sa fin pour Chase mais qu'en sera-t-il de notre jolie blonde ? Auront-ils le temps de discuter ? Va-t-elle le suivre et abandonner ses proches ? 👀
Réponse la semaine prochaine ! 😘
On se retrouve mercredi pour la suite ! ❤💜
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