Lay & Marie

      Comme à chaque fois que je rentrais chez moi après les cours, il était là, à m'attendre. Adossé au mur, il me regardait arriver, le sourire aux lèvres.

- Salut !

- Coucou !

On discutait un peu, puis je rentrais chez moi, me changeais, et ressortais. Ensuite, on se dirigeait ensemble vers notre endroit favori, le centre équestre. C'était ici qu'on s'était rencontré.

*Flash-back*

- Attention !

Un peu plus et je l'écrasais ! Du haut de mon cheval, je le foudroyais du regard.

- Quand on est dans une écurie, on lâche son téléphone ! Ou du moins on fait attention à ce qui se passe autour !

- Je suis désolé.

Gêné, il rangea son portable dans sa poche et s'inclina. Je soupirais.

- Bon... Désolée d'avoir hurlé comme ça, mais j'ai vraiment cru que tu allais être blessé.

Il me sourit.

- Tu es nouveau ? C'est la première fois que je te vois, et pourtant je viens régulièrement...

- Oui, j'ai emménagé ici il y a peu, et comme je montais à cheval avant, j'ai cherché un autre centre équestre pour pouvoir continuer. Au fait, je m'appelle Yi Xing, ravi de faire ta connaissance...

- Marie.

Je l'observais. Il avait un magnifique sourire, et, malheureusement pour moi, ses fossettes me firent craquer. Je sentis que je commençais à rougir, et préférais partir.

- Bon bah... au revoir !

Je pressai mes mollets contre les flancs de mon cheval et sortis du centre pour aller faire une balade. Mon cœur battait la chamade. L'animal sentit mon agitation et commença à s'énerver. Il s'ébroua, je le laissais faire, et posai une main sur son garrot.

*Fin du flash-back*

Je le revis quelques jours plus tard, et depuis ce moment-là on ne se quitta plus. 1 an plus tard, il m'attendait donc chez moi pour m'accompagner au club. Entre-temps, il acheta un cheval, ce qui nous permettait de partir régulièrement en balade.

On arriva au centre équestre.

- Coucou mon beau !

Je caressai le nez de mon cheval, Edène, un grand hongre bai brun, et Yi Xing s'approcha du sien, Memphis, lui aussi castré, mais gris pommelé. Je pris le licol et entrai dans le box. Edène me donna un coup de museau dans l'épaule, ce qui me fit rire. Je lui enfilais le licol et le sortit, pour aller l'attacher à côté de Memphis, déjà dehors. On commença à panser. Je finis plus vite que Yi Xing, et le taquinait.

- Allez ! Sinon je vais partir sans toi !

Je pris la selle et le filet de mon cheval.

Alors que je ressanglais après avoir fini de préparer, je vis une fille courir dans notre direction. Sourire aux lèvres, elle se précipita vers Yi Xing. Il était à côté de moi. Je lui jetai un regard, il paraissait perplexe. Je reportais mon attention vers la fille. Elle se jeta au cou de mon ami et l'embrassa. Je sentis mon cœur se briser. Je m'empressai de détacher mon cheval et, sans même les regarder, annonçai :

- Yi Xing, je... je pars devant, je te laisse avec elle !

- Marie, attends ! Tu vas où ?

Je ne l'écoutais pas et me dépêchais de me mettre en selle. Sans un regard en arrière, je lançais Edène au trot et partit. Au lieu de passer par notre parcours habituel, je fis un détour. Je ne voulais pas qu'il me trouve, je désirais faire durer la balade le plus longtemps possible. Je ne me rendis compte que je pleurais qu'au bout de quelques minutes. D'un geste rageur, j'essuyai mes larmes. Pourquoi devais-je l'aimer ? Pourquoi ne m'avait-il jamais parlé de sa petite amie ? Je crus l'entendre m'appeler. Les oreilles d'Edène étant toujours tournées vers l'avant, attentif à la promenade, j'en conclus que je m'étais trompée.

On arriva à un chemin d'environ cinq cent mètres couvert d'herbe, de quoi faire un bon galop. Mon cheval comprit tout de suite, il partit à vive allure. La vitesse m'offrit un moment de répit. J'étais juste concentrée sur la course d'Edène, et donc je ne pensais pas à ce qui s'était passé

 ***

             2h30 plus tard, j'étais de nouveau aux écuries. Memphis était dans son box. Il hennit doucement à l'approche de son copain de balade. Yi Xing devait être rentré avec sa copine. Cette pensée me fit grimacer. Je descendis de cheval, et chancela en atterrissant. Je tenais à peine sur mes jambes, mon souffle était court. Je m'accrochai à la selle pour ne pas tomber, détachai ma bombe d'une main et posai ma tête sur l'épaule d'Edène. Je pris une grande inspiration, et conduisis lentement l'animal au box. Je le dessellai et le brossai. Je pris tout mon temps. J'avais peur de rentrer chez moi. Je désirais désespérément qu'il soit là, à m'attendre, mais en même temps je ne voulais plus le voir. Je ne voulais pas souffrir encore plus. Une fois que j'eus fini de m'occuper du cheval, je m'agenouillai dans son box, dos à la porte. Il baissa la tête, l'approcha de moi, et souffla doucement par les naseaux. Je souris tristement.

- Toi, au moins, tu m'aimes, n'est-ce pas ?

Je me redressai, lui caressai le chanfrein et partis après avoir rangé le matériel.

J'arrivai devant chez moi. Il n'était pas là. « Il doit être avec elle... ». Cette pensée me fit souffrir. Je secouai la tête, comme pour tenter d'effacer les images qui me venaient à l'esprit, et j'entrai chez moi.

***

Le lendemain, Yi Xing m'attendait devant chez moi. Il paraissait en colère. Il se dirigea dans ma direction d'un pas décidé.

- Tu étais où hier ? J'étais mort d'inquiétude ! REGARDE-MOI ! Je t'ai attendu devant chez toi pendant 1 heure ! Je t'ai cherché partout !

- Je suis fatiguée, ma journée a été longue, on parlera de ça une autre fois.

Je ne voulais pas lui parler. Je ne voulais pas le voir, je désirais seulement qu'il me laisse tranquille. Mais je ne pouvais pas le laisser s'inquiéter, sinon il ne me lâcherait jamais. Je lui adressai donc un sourire que j'espérais suffisamment réaliste, puis je rentrai chez moi. Je m'allongeais sur mon lit et m'endormis sans même diner.

Je ne pus retourner au centre équestre. J'avais appelé mon moniteur pour lui demander de confier Edène à un élève qui saurait prendre soin de lui le temps que je me « rétablisse ». Il l'avait confié à une de mes amies en qui j'avais totalement confiance. Je n'aimais pas être loin de mon cheval et le laisser à quelqu'un d'autre, mais l'idée d'aller au club, de voir Memphis et d'éventuellement croiser Yi Xing m'était insupportable. Je ne le vit d'ailleurs pas pendant plusieurs jours. Il n'était plus venu chez moi depuis notre dispute.

     3 jours plus tard, je me dirigeais vers ma porte lorsque je le vis. Il me regarda approcher, sans bouger, le visage inexpressif. Je fis un effort surhumain pour afficher un sourire sur mon visage, et je le saluai, puis me dirigeai vers ma porte d'entrée. Il ne m'avait pas répondu. Je me retournai, et, sur un ton qui devait être ironique, je lui dis :

- Ce n'est pas très gentil de me foutre un vent !

Je tentais un ricanement, puis voyant que je n'arrivais plus à faire bonne figure, je fis demi-tour et ouvris la porte. J'allais la refermer lorsqu'il posa son pied pour la bloquer. Il me regarda sans dire un mot. Pourquoi mes larmes décidèrent de refaire leur apparition à ce moment précis ? Je me retournai et courus pour mettre un peu de distance entre lui et moi et avoir un peu d'intimité. Je l'entendis fermer la porte et s'approcher de quelques pas.

- La... La fille de la dernière fois était mon ex, tu sais... Je ne l'avais pas vu depuis mon déménagement, et je lui avais dit que tout était fini... Comme elle passait dans la région, elle a voulu me voir... Elle ne m'aime plus, et je ne l'aime plus.

- Mais pourquoi elle t'a embrassé ? Et puis... Pourquoi tu me dis ça ? C'est ta vie, ça ne me regarde pas !

- Marie, on ne s'est pas embrassé... Pourquoi tu dis ça ? Tu as dû mal voir, elle a un copain, et j'aime une autre fille, donc je ne vois pas pourquoi on se serait embrassés.

Mes larmes brouillaient ma vision. J'étais soulagée. Il vint se placer face à moi. Je ne comprenais plus rien.

- Pourquoi tu pleures... ? S'il te plait, dis-le-moi... Je n'aime pas te voir comme ça !

Je souris bêtement. Quelle idiote ! Pourquoi mon cerveau m'avait-il fait croire ça ?

- Pour rien, je suis juste fatiguée.

Il me regarda tendrement et, un sourire moqueur sur son visage, il passa ses bras autour de ma taille. Me regardant dans les yeux, il avança d'un pas, m'obligeant à reculer.

- Ah oui ? Tu es vraiment sûre... ?

Il recommença à avancer. Il continua comme ça jusqu'à ce je me retrouve collée au mur. Il posa une main sur ma hanche et l'autre au mur, de telle sorte que je ne pouvais pas bouger. Il se pencha vers moi, et, toujours le même sourire taquin sur les lèvres, il murmura :

- Pourtant, j'aurais presque tendance à croire que tu étais jalouse...

Je sentis malgré moi mon visage rougir. Je n'osais parler. Je me contentai de le fixer dans les yeux. Je les vis descendre lentement le long de mon visage pour s'arrêter sur mes lèvres. Mon cœur se mit à battre à tout rompre, et je crus que ma poitrine allait exploser. Il releva les yeux et me sourit de plus belle. Il chuchota :

- Tu es tellement belle quand tu es jalouse.

Sur ces mots, il se rapprocha de moi, collant son corps au mien. Nos lèvres se trouvèrent d'elles-mêmes. Ma respiration s'accéléra à ce contact. Je passai les bras autour de son cou. Ce moment pouvait-il durer pour l'éternité ? Ma prière ne fut pas entendue. Il sépara son visage du mien et me regarda tendrement.

- Je t'aime, Marie.

A ces mots, mes yeux s'écarquillèrent. Je me jetai en avant et l'embrassai. Ses paroles résonnaient à mes oreilles comme la plus douce des mélodies. Tout à coup, il me souleva du sol. Interrompant notre baiser, il plaça mes jambes autour de sa taille et, riant aux éclats, il se mit à tourner sur lui-même. Je ris avec lui. Ma tristesse avait disparue pour laisser place à un bonheur immense.

Yi Xing s'arrêta. Souriant comme un enfant, il perdit l'équilibre. Je tombai avec lui sur le tapis. On se regarda, perplexes, puis on se mit à rire. Je posai mes mains sur le sol et me redressai légèrement pour pouvoir regarder l'homme qui me rendait folle. Je lui souris tendrement.

- Je t'aime aussi, Yi Xing.

Il me regarda, puis, d'un coup, me fit rouler par terre pour se placer au-dessus de moi. Il se pencha vers moi, et à l'instant où nos lèvres se frôlaient, il se redressa et me chatouilla. Je ris tellement que j'en eu du mal à respirer. Je m'assis difficilement, et, à mon tour, je lui faisais des guillis. Nous pleurions littéralement de rire.

- Stop, stop ! Je reprends mon souffle !

Je souriais. Je n'allais tout de même pas lui accorder ce privilège ! Je me jetai donc sur lui, me servant la pause à mon profit.

- Eh ! Tu triches !

Il attrapa mes avant-bras et, après les avoir passé autour de sa taille, il me serra contre lui. Je fermai les yeux et laissai son parfum enivrer mes sens. Il blottit sa tête contre mon cou.

- Maintenant, je t'interdis d'être jalouse de qui que ce soit... Parce que je ne vois simplement que toi. Et ce, depuis un an.

- Je t'aime, Yi Xing... de tout mon cœur.




Coucou ! En cette triste soirée, lendemain des attentats, je poste cet OS, espérant qu'il vous remontera un peu le moral ♥

Cet OS est basé sur un de mes rêves d'il y a quelques semaines ! ça fait un moment que je l'avais écrit, mais je n'avais pas eu l'occasion de le poster. J'espère que ça vous a plu !



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