Chapitre quatorze: J'ai tiré.
Je n'avais plus recroisé Luke depuis la dernière fois, sur le toit, il s'était volatilisé. Il avait comme disparu, mais je m'en fichais. Je me fichais de ce que Luke devenait parce que je ne l'aimais pas, parce qu'il n'était qu'un de ces garçons prétentieux qui avait rendu ma scolarité douloureuse. Pourtant, il y avait cette petite chose qui faisait qu'il était différent, mais je n'arrivais pas à trouver cette chose. J'avais tellement de mal à le cerner, j'avais eu tellement mal quand j'ai vue ses yeux devenir livide juste en face de moi, juste sous les miens.
Je n'avais pas trouvé Calum non plus, il n'était pas apparu depuis longtemps, peut-être était-il sortit ? Peut-être était-il libre ? Libre de respirer à nouveau de l'air. Libre de pouvoir sortir, boire, se défoncer comme il en avait envi.
J'ai marché dans les couloirs pendant un bon moment aujourd'hui, marchant simplement à la recherche d'une quelconque âme perdu comme la mienne cherchant quelqu'un à qui m'accrocher. Une âme à qui je pourrais tout dire, tout raconter des détails les plus futiles au plus con. J'ai marché et une porte a attiré mon attention, une porte que je n'avais jamais vue avant. Je l'ai ouverte: il y avait des escaliers qui descendaient, alors je suis descendu en fermant la porte derrière moi, pour ne pas avoir d'ennuis.
Je suis descendu, c'était une cave et il y avait déjà de la lumière: quelqu'un y était déjà. Je commençais à trembler, et si c'était un infirmier ? On m'avait dit ce qu'on faisait aux personnes qui désobéissaient aux règles: on les envoyait au trou.
Le trou, c'est pire que la prison, pire que là où je me trouve. On vous enferme dans une pièce et on ne vous fait sortir que quand c'est nécessaire. On vous fait manger de la merde et beaucoup de gens crient, pleurent, supplient. On perd toute nocions du temps là-bas. Les jours ne sont plus les jours et les nuits ne sont plus les nuits.
Plus j'avançais, plus j'avais peur de me faire prendre, mais finalement se sont des cheveux blonds que j'ai surpris allongé sur un matelas défoncé, un matelas que personne ne voudrait utiliser sauf lui, sauf Luke. Je suis resté là à le regarder, regarder le plafond les yeux vides de tout. Il n'a pas bougé mais quand il a sentit une présence il s'est tourné vers moi dans un mouvement à s'en briser la nuque, et il m'a regardé à son tour.
« Qu'est-ce que tu fous là Manson ? » M'a-t-il demandé d'un ton froid.
« J'ai vue la porte et je suis rentrée. Et puis tu étais là, et j'ai pas osé bouger, t'étais tellement beau à fixer le plafond. » Je haussai les épaules avant de me rendre compte de ma connerie, et il a sourit fièrement.
« Tu m'as trouvé beau ? » Questionna-t-il.
« Non... non, c'est pas ce que je voulais dire ! » Je roulai des yeux.
« Bien sur que si. Je le sais. » Il sourit fièrement et tapota la place à côté de lui sans bouger. « Viens t'allonger deux minutes. »
J'étais plutôt surprise par son geste, et j'ai hésité un petit moment avant de finalement allé m'allonger sur ce matelas, dans cette vieille cave.
« C'est vrai que ce n'est pas vraiment un palace cinq étoiles, avec des salles de bains, de la bouffe à volonté. C'est vrai qu'être ici allongé sur un vieux matelas tout usé n'est pas une chose que j'avais l'habitude de faire avant. J'étais plutôt ce genre de petit bourge tu vois ? Celui qui avait plus de la moyenne, qui faisait du sport mais qui arrivait à avoir une vie social. J'étais plutôt populaire dans mon lycée à vrai dire, très même, le garçon que les filles feraient tout pour sucer. » Je tirai la langue.
« C'est dégueulasse Luke. »
« Mais c'est la vérité ! » Il sourit, les yeux toujours rivé sur le plafond. « J'avais des parents et des frères qui m'aimaient, la petite famille parfaite qui se retrouvait le soir pour diner en se racontant sa journée. Jamais de dispute, juste des rires. J'arrivais tout de même à avoir mon propre style et arrivait à me démarquer des autres. Les profs m'aimaient, j'avais beaucoup d'amis, une petite-copine, je sortais, je buvais, je m'éclatais. J'étais heureux. » Il avala sa salive. « Pourtant, tout à basculé un jour. J'avais commencé à me drogué pour faire cool, vu que tout le monde le faisait, le seul problème était que je ne tenais absolument pas la drogue, un peu de cannabis et je rigolais de tout et de rien. Je testai toute sorte de chose, sans jamais payer. Puis voilà, c'est comme ça qu'on devient accro tu ne crois pas ? En tout cas, c'est le cas pour moi. Puis mes amis m'ont lâché, à cause de mon caractère qui changeait, de mes excès. J'étais devenu le pauvre drogué paumé, et je leur en voulais beaucoup, vraiment. Je leur en voulais tellement qu'un matin, j'avais prit ma dose, j'avais pris des armes que je m'étais procuré plus tôt, et je suis allé au lycée, et j'ai tiré. J'ai tiré sur les profs, les élèves, les innocents comme ceux contre qui j'étais en colère. Il y avait ces voix dans ma tête qui ne cessaient de dire fait le, ils le méritent, ils t'ont laissé comme une vieille merde et ne méritent que la mort. Ces voix tournaient en boucle dans ma tête, comme une douce mélodie qui me bercé un peu plus en direction de l'enfer. Depuis, elles ne m'ont pas quittés, elles sont toujours là dans un petit coin, bien caché, mais toujours existante et je sais qu'un jour ou l'autre, elles reviendront me hanter comme Ashton te hantent. J'ai appris à les dompter, mais pas complétement, parce qu'elles ne peuvent pas partir, elles doivent rester comme elles disent pour mon équilibre mental. Mais je n'ai pas besoin d'elles. » Il secoua la tête, retenant du mieux ses larmes.
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