3 versions - Quelle est la bonne ?


Première version

Ils ressemblaient à un couple banal. Jeunes, ils riaient ensemble, se murmuraient quelques confidences qui les rendaient heureux, échangeaient caresses et baisers. Personne dans le train ne voyait chez eux que deux jeunes heureux, amoureux, avec la vie devant eux.

Quand la police entra dans le train à une station certains voyageurs s'agitèrent. On demanda à chaque passager leur papiers d'identités. Cela paraissait être un banal contrôle donc. Quand ils arrivèrent au couple pourtant tous les agents se rapprochèrent pour les emmener. On en bavarda longuement dans le train. Qu'avaient bien pu faire ce couple si jeune, si heureux qui nécessite l'intervention des forces de l'ordre ?

Le couple lui patientait nerveusement, assis dans un salle d'attente du commissariat où on les avaient emmenés sans qu'ils comprennent pourquoi. Ils juraient n'avoir rien fait. Enfin un policier les prit dans son bureau.

— Vous êtes bien Edwina Frisch ?

— Oui. Je ne comprend toujours pas pourquoi il fallait que je vous suive.

— Et vous êtes ?

— C'est Ralph mon petit-ami. Vraiment je ne comprend pas. J'aimerais quelques explications.

— Mademoiselle Frisch vous vivez bien chez vos parents?

— Oui, ce n'est pas un crime que je sache.

— Non en effet. Mais ne deviez-vous pas être au travail actuellement? Votre chef comme vos collègues n'étaient au courant d'aucune absence.

Elle tritura un bracelet à son poignet, silencieuse, son petit-ami intervint:

— On a décidé de partir tous les deux, chercher une vie meilleure. Rien de bien méchant comme vous le voyez. Et on aimerait bien reprendre notre voyage.

— Mademoiselle Frisch on a retrouvé vos parents morts.

Elle porta la main à sa bouche, le visage bouleversé.

— Non, non vous devez faire erreur.

— J'ai besoin de quelques informations pour comprendre ce qui s'est passé. Quand les avez-vous vu pour la dernière fois?

— J'ai vu ma mère pour le déjeuner. Juste avant de rejoindre Ralph, dit-elle d'une voix éraillée de chagrin. Mon père avait un rendez-vous professionnel pendant le repas il n'était donc pas là et n'était pas encore rentrée à mon départ.

Sa voix s'éteignit sur ces mots et des larmes coulèrent sur ses joues qu'elle essuya.

— Qu'est-ce qui leur est arrivée? Personne ne s'en serait pris à eux. C'était des personnes très appréciés du voisinage.

— On a retrouvé sur vous une forte somme d'argent. Un prêteur à gage de votre rue nous a dit vous avoir pris es bijoux appartenant à vos parents contre de l'argent. Comment l'expliquez-vous?

— Vous ne l'accusez tout de même pas d'être responsable ? s'emporta Ralph. Vous voyez bien qu'elle ignorait ce qui est arrivée. Et je pense qu'elle a le droit à des réponses. Et puis on a pas le droit à un avocat ou quelque chose de ce genre.

— Mademoiselle Frisch encore une fois vous n'êtes accusée de rien. Vous pouvez prendre un avocat mais vous pouvez aussi coopérer, répondre à nos questions pour nous aider à comprendre ce qui a pu arriver à vos parents. Votre père a été assassinée, quand à votre mère elle a été retrouvée morte dans son lit, sans trace de lute. On attend les résultats de l'autopsie pour en savoir plus. C'est pour ça que votre témoignage pourrait nous être précieux. Des voisins ont témoignés avoir souvent entendu des disputes à votre domicile. Est-ce que vous sauriez nous en dire plus ?

La jeune femme se mit à sangloter.

— Vous pourriez lui laisser du temps, reprocha son petit-ami.

— Chaque minute de perdu est une minute où le meurtrier peut disparaitre.

— Je vais el faire Ralph pour maman. Oui il y avait e grosses tensions entre mon père et nous. Ces bijoux ma mère me les a donner au déjeuner. Je lui ai expliqué que je partais. Que je ne reviendrais pas, j'allais m'installer loin avec Ralph. Alors elle m'a donné tout ce qu'elle a pu trouver de précieux dans la maison pour me donner un coup de pouce. Elle m'a souhaiter bonne chance. Et je suis partit.

Sa voix mourut sur ses derniers mots.

— Votre mère n'a pas tenté de vous retenir?

Nerveusement elle joua encore avec son bracelet. Echangea un regard avec son petit-ami.

— Non elle avait compris mes raisons.

— Qui était ? Pourquoi partir aussi loin ? Qu'avez-vous pu lui dire pour qu'elle accepte que son unique enfant parte sans broncher ? Qu'est-ce que vous ne me dites pas Mademoiselle Frisch?

Elle interrogea du regard son petit-ami qui paraissait furieux.

— Je ne suis pas là pour juger mais chaque chose que vous pourrez me dire, chaque information peut nous aider à y voir très claire.

— Mon père abusait de moi, confessa-t-elle les yeux rivés au sol. Je l'ai avoué à ma mère ce midi-là. Elle l'ignorait. Mon père n'était pas un mari ou un père exemplaire mais elle n'avait jamais soupçonnait ce qui se passait sous son toit. Je l'ai quitté bouleversée. Elle s'est excusée de n'avoir jamais rien fait, de n'avoir pu me protéger. Elle m'a promis qu'il ne me ferait plus jamais de mal. Que je pouvais partir tranquille sans me soucier d'eux.

Un nouveau sanglot la secoua.

— Tout ça c'est de ma faute. Elle a dû le tuer et se suicider ensuite. Mon père avait un vieux pistolet et ma mère de nombreux médicament pour sa santé. Elle a dû en prendre un trop grande quantité une fois qu'elle a.... Après que mon père soit mort. Si je n'avais rien dit...

Un cri s'échappa de sa gorge et elle ne put s'arrêter de pleurer. Son petit-ami la pris dans ses bras.

— Tu lui devait des explications. Tu n'es pas responsable e ce qu'elle a fait ensuite.

— Je suis navrée mademoiselle Fricht. Je vous conseil de rentrer chez vous, organiser les funérailles de vos parents, vous occuper de leurs affaires. Qu'on puisse contacter si besoin.


Deuxième version.

La sonnerie retentit à la porte. Edwina ouvrit et découvrit les policiers sur le pas de sa porte avec surprise.

— Officiers ?

— Votre petit-ami est-il présent ?

— Bien sûr, entrez !

Elle les mena au salon où Ralph feuilletait le journal.

— Vous êtes venus nous rendre les corps ? demanda-t-il.

— Non. Ralph Bauer vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre du couple Frisch.

— Quoi ? C'est impossible ! s'exclama Edwina.

Mais les policiers emportèrent Ralph sous ses yeux horrifiés. Ce dernier fut emmené pour un interrogatoire.

— Le rapport d'autopsie révèle que Madame Frisch est morte d'une overdose de son traitement pour le cœur à 12h18. Tandis que son mari a été assassiné de trois balles dans la poitrine à 14h36. Le pistolet retrouvé dans l'appartement portait vos empruntes. L'hypothèse de Mademoiselle Frisch est donc incorrecte toutes les preuves pointent dans votre direction.

— C'est elle qui m'a demandé de le faire. Elle m'a demandé de tuer son père. Pour la venger de tout ce qu'il lui a fait.

— Et vous l'avez fait ?

— Il l'a violé pendant des années ! L'a traitée comme une chienne ! Refusait qu'elle me voie ! Et Edwina sait parfaitement manipuler les gens. Cet après-midi-là, après le déjeuner je me suis rendu chez elle, j'ai tué son père une fois qu'il est rentrée. Sa mère était déjà morte quand je suis arrivée et elle avait récolté tous les objets de valeur de la maison. On n'avait pas d'autres choix que de partir.

— Et prétendre ne rien savoir quand on vous a interrogé.

— Ce bâtard le méritait. S'il avait été arrêté rien de tout cela ne serait arrivé.

Ce fut autour d'Edwina Frisch d'être arrêté et prête à interroger. Les policiers l'observaient avec méfiance. Les témoignages du voisinage et des collègues avaient dépeint une femme difficile, qui avait tenté à plusieurs reprises déjà de voler ses parents, avec qui elle avait une très mauvaise entente. Les policiers lui expliquèrent les faits, les témoignages et enfin les aveux de son petit-ami.

— Ce sont des mensonges !

— Mademoiselle Frisch les faits vont dans son sens.

— Bien sûr ! Il ferait n'importe quoi pour éviter que ça lui retombe dessus.

— Les témoignages...

— Ces gens me détestent parce que je ne suis pas une fille sage, propre sur moi. Parce que je sors, j'aime faire la fête, j'ai un petit-ami. Vous avez interrogez son voisinage à lui ? Vous avez vu son casier ? Est-ce qu'ils vont ont parlés de mes cris quand il me frappait ? Est-ce que vous avez vu qu'il a déjà été arrêté pour vol à main armé ? Que plusieurs femmes ont porté s plaintes pour coups.

— Pas vous.

— À quoi bon ? Il a jamais été arrêté pour ça et ces filles là l'ont payés chers j'imagine. Je sais comment ça marche. Mon père est pareil. On vit dans un monde d'hommes. C'est toujours eux qui gagnent et nous qui souffrons.

— Alors que s'est-il passé selon vous ce jour-là ?

— C'est lui qui les a tués. Il était dans une rage folle. Il voulait qu'on parte. Il en parlait souvent. Je lui disais que mes parents ne me laisseraient jamais partir. Quand je suis arrivée après ma matinée de travail il était déjà à la maison. Sous prétexte qu'il voulait parler à ma mère. Quand elle a commencé à se sentir mal et qu'il a insisté pour qu'elle se repose il m'a avoué qu'elle ne se réveillerait pas que je serais libre.

Elle poussa un long sanglot.

— Qu'il fallait qu'on s'empare de tout ce qui était précieux et qu'on parte. Pendant qu'on a récupéré les bijoux et l'argent il a trouvé le pistolet de mon père et l'a tué à son arrivée. Il m'a trainée chez le prêteur et m'a menacé si je ne jouais pas mieux mon rôle. Ensuite sur le chemin de la gare on a préparé la version qu'on vous a donnée la première fois. Qu'au déjeuner j'avais avoué à ma mère ce que mon père m'a fait et que je partais. Qu'elle m'avait donc donné tout ce qu'il y avait de précieux pour m'assurer un bon futur que j'avais échanger avant de partir et qu'elle avait assassiner mon père avant de se suicider.

De nouveau elle éclata en pleurs, la tête entre les mains elle paraissait désespérée.

— Aidez-moi je vous en prie ! N'ai-je pas déjà assez souffert ?



Troisième version

En prison il y avait une certaine hiérarchie. Et ce n'était pas parce qu'on était dans une prison pour femme que les choses étaient différentes. Néanmoins la prisonnière la plus craint par les autres condamnées ne paraissait pas si terrible à la nouvelle venue. Elle était frêle, âgée d'une trentaine d'années bien marquées. Alors la confronter avait paru une bonne idée pour se faire une place. Mais l'autre avait u répondant.

— Je n'ai pas peur de toi, dit la nouvelle venue. Je sais qui tu es, Edwina Frisch je me souviens de ton procès et de celui de ton petit-ami. Tu pleurais comme une mauviette. Tu disais que tu n'avais rien fait de mal.

Elle s'esclaffa d'un rire fou.

— Tu crois que j'ai dit la vérité là-bas ? Ma pauvre je suis la plus grosse manipulatrice qui soit. J'ai tout inventé. Cette histoire de viol c'est des mensonges que j'avais raconté à Ralph, je savais ce qu'il y avait sur son casier, je le menais à la baguette tellement il était dingue de moi. Je voulais qu'il tue mon père. Que je sois débarrassé de lui et de toutes ses règles idiotes sur mon comportement. Quand j'en ai eu marre d'attendre j'ai tué ma mère. J'en pouvais plus d'elle non plus. Toujours à me faire la morale. Mets pas des jupes aussi courtes ! Rentre plus tôt ! Ne sors pas avec ce garçon ! Une fois que j'ai empoisonné sa nourriture, que je lui ai dit de se reposer quand elle a commencé à se sentir mal j'ai appelé Ralph. Une fois arrivée il avait plus vraiment le choix, je lui ai parlé de la fortune que j'avais, qu'il devait me protéger. Alors il a abattu mon père. On a inventé mon premier mensonge sur le chemin e la gare, certain que tôt ou tard les policiers viendrait me poser des questions. La seconde version, tout ce spectacle au procès, tout ce que je voulais c'est qu'on me déclare innocente. T'as vu comme ça a bien marché. Comme on s'est empressé de prendre mon parti dans les médias, comment on manifestait dans la rue devant le tribunal pour me soutenir. Alors reste à ta place. Parce que j'ai eu le temps de manipuler tout le monde ici. Un simple mensonge et je peux faire de ta vie en enfer, comme je l'ai fait pour Ralph ou mes parents. Il me reste plus longtemps à tirer, quand je serais sortie tu pourras essayer de te faire une place. En entendant t'as intérêt de te tenir à carreau.

Elle se leva, la nouvelle venue l'observa, se demandant si c'était la vérité ou si c'était un mensonge qu'elle avait répété et répété pour rester saine et sauve dans cet univers impitoyable. Incapable de savoir il allait falloir rester sur ses gardes. Pour le moment. 



Cette nouvelle m'a été inspirée par 2 faits-divers assez ancien. Le premier se passe début XX° en France. Je ne me souviens plus de détails mais une jeune femme a assassiné son père, tenté d'assassiné sa mère et les a volé. Pour sa défense elle a affirmée que son père avait abusé d'elle. Cette affaire a pas mal déchiré les médias sur si elle avait bien était abusé ou si c'était un mensonge pour se défendre. L'autre histoire date d'encore avant, au Canada cette fois, je l'ai découvert dans le livre Captive de Margaret Attwood (livre que je recommande pas forcément). Une employée  et son petit-ami aurait assassinée son maître et son épouse. Elle a livré 3 versions différentes, la seconde elle accuse son petit-ami d'être responsable qui sera condamné à mort tandis qu'elle sera envoyé en prison. C'est en prison à une journaliste où elle donnera une version plus à charge contre elle. On ne saura jamais le fin mot de ses deux dernières histoires tous les protagonistes étant décéder désormais. C'est un peu ce côté mystère que j'ai voulut retranscrire ici. Quelle version est la bonne. Raison pour laquelle on reste constemment d'un point de vue externe à Edwina.  A chaque lecteur de se faire son avis. 

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