chapitre quatre

La sonnerie fut le son de la délivrance pour Taeko, elle n'en pouvait plus d'être aussi tendue. Elle avait besoin d'air frais. Mais avant cela, elle devait s'excuser auprès d'Atsuya. Elle se posta donc à la sortie de la salle mais quand il sortit il était de nouveau entouré par ces fameuses filles. En voyant ça, tout son courage s'envola. Elle tourna donc les talons et partit.

Sur le chemin, elle tomba sur une jeune fille qui semblait perdue, elle regardait partout mais ne semblait pas arriver à se repérer. Assez petite, environ la même taille que Taeko, de jolis cheveux bruns mi-longs et de jolis yeux violets qui faisaient penser à la couleur des fluorites ou des améthystes. Quand elle l'aperçut, elle l'aborda timidement.

- Excusez-moi, je cherche le bureau du directeur, savez-vous où il se trouve ?
- Oui. Je peux t'y conduire si tu veux, proposa Taeko en souriant.
- Oh ! Merci beaucoup !

Le soulagement perçait dans sa voix.

- Tu es nouvelle ? Demanda la châtain.
- Oui, je suis arrivée aujourd'hui. Mais suis-je bête ! Je ne me suis même pas présentée ! Je m'appelle Oguri Mao.
- Enchantée Mao, je suis Chiba Taeko.

Pendant que les deux jeunes filles faisaient connaissance tout en allant chez le directeur, Daiki et ses amis se prélassaient à l'ombre d'un arbre. Certains parlaient d'autres jouaient, d'autres flemmardaient, et Atsuya regardait la cour, le regard perdu dans le vide. Mais, à un moment, il se posa sur une jeune fille, les cheveux blonds et longs avec les yeux vert émeraude, et un choc électrique traversa sa colonne vertébrale. Un sourire se dessina sur son visage, cela devenait de plus en plus intéressant. Il décida de se renseigner.

- Daiki, tu connais la fille là-bas ? Demanda-t-il en se désignant la brune.

Le basketteur se tourna pour la regarder.

- Oui, il s'agit de Kise Noriko. J'étais en seconde elle. Ne me dis pas qu'elle t'intéresse ?!
- Je n'ai jamais dit ça, soupira-t-il.
- Tant mieux.

Atsuya fut intrigué par son comportement.

- Pourquoi cela ?
- Ça se voit que tu ne la connais pas. Cette fille est insupportable. Elle pense tout savoir, se croit la plus belle et la plus intelligente. Plus arrogante et narcissique qu'elle tu meurs ! Je n'vois pas qui pourrait la supporter. Sauf d'autres pestes.
- Eh bien... Ça ne donne pas envie de la côtoyer.
- Absolument pas. Confirma Daiki.

Sauf que, cela ne se passerait pas comme ça.

En fin de journée, après l'entraînement de basket, Daiki décida de passer au parc en haut de la ville. Il adorait cette endroit, c'était son refuge. On pouvait voir toute la ville d'ici. Il s'y rendit et fut surpris de voir qu'il y avait quelqu'un, pourtant d'habitude à cette heure-ci il n'y avait jamais personne. Il s'agissait d'un jeune garçon, et le rose le reconnu, c'était le « fantôme ». Il déglutit, la dernière fois il avait été effrayé, mais pourquoi ne pas essayer de changer son point de vue ?

Il vint s'accouder à la balustrade à côté de lui.

- On a une belle vue d'ici ?

L'albinos garda le silence, ça commençait mal.

- Tu viens souvent ici ? Réessaya Daiki.

Nouveau silence.

- Je ne t'avais jamais vu avant, tu viens d'arriver ?
- Lâches-moi.

Comme la dernière fois, son ton était neutre et nonchalant. Il n'avait aucune envie de bavarder. Et cela rappela quelque chose à Daiki, ou plutôt quelqu'un. C'était il y a deux ans, quand ici, à cet endroit, il avait parlé à Atsuya pour la première fois. Le brun avait eu exactement la même réaction, et le même comportement. Solitaire, réservé, peu bavard et assez sec. Mais aujourd'hui cela avait changé.

- Tu joues au basket ?
- Tu n'as pas compris ? Lâches-moi.

Et il se détourna de la rambarde, Daiki le regarda partir sans rien dire, au moins il avait pu lui parler un petit peu.

L'albinos descendit les marches et continua sa route dans les ruelle quasiment désertes. Il finit par arriver devant une maison assez ancienne et qui paraissaient inhabitée. Il poussa la porte qui grinça et rentra.

- Tu es en retard, Ren.
- Ce n'est pas ma faute. J'ai eu un petit contre temps.

Il leva la tête et regarda celui qui se tenait dans l'ombre, comme d'habitude il lui était impossible de voir son visage. Cela l'énervait.

- Un contre temps ? Enfin, peu importe. Nous n'avons pas le temps de nous occuper de cela. Comment se passe le marchandage ?
- Ça peut aller. Il va bientôt cracher le morceau. J'en suis sûr.
- Tu fais du bon boulot. Mais n'oublie pas de dormir un peu, tes cernes sont énormes.

L'albinos grogna mais ne répliqua pas, il n'aimait pas son ton moqueur.

- Je vais essayer, marmonna-t-il.

L'inconnu se releva, mais resta caché dans l'ombre, malgré tous ses efforts, Ren ne pouvait absolument rien voir, était-ce de la magie ?

Le mystérieux personnage se dirigea vers une porte sur le côté et l'ouvrit, mais avant de sortir il s'arrêta.

- Une dernière chose, nous allons bientôt avoir une nouvelle recrue.

Et il disparut subitement. Ren en resta bouche bée, il n'était pas de nature naïve et curieuse, mais la magie lui faisait quand même peur, malgré le fait qu'il l'utilise lui-même. Mais, il était sûr d'une chose, ce type lui faisait froid dans le dos. Il se surprit à penser que c'était sûrement mieux qu'il ne connaisse pas son identité.

La fille aux long cheveux bleu pâle se tenait à genoux dans une ruelle sombre, ses deux mains ouvertes, paumes vers le ciel devant elle.

- Faites que ça marche, marmonna-t-elle.

Ces mains se mirent à briller et une assiette apparut, vide. Elle se sentit abattu, et le gargouillement de son ventre ne fit que l'accentuer. Elle mourrait de faim, mais n'avait aucun moyen de se nourrir. Sa magie n'arrivait pas à faire apparaître de la nourriture, et cela la rendait folle, si elle n'y arrivait pas, elle serait obligée de voler, et elle préférait se faire remarquer le moins possible.

- Allez, encore une fois.

Elle retenta son expérience. Elle concentra toute son énergie pour réussir, au départ la lumière était vive et puissante, mais petit à petit elle commença à faiblir, elle perdait de son intensité.

- Je dois... Y arriver...

Son énergie quittait son corps et l'épuisait, elle se mit à trembler et avait du mal à maintenir sa magie, mais elle refusait d'arrêter avant d'avoir réussi. Elle continua, elle n'avait presque plus de force, une intense fatigue s'empara soudain d'elle. Ses muscles, contractés par l'effort, se détendirent d'un seul coup, elle sentait ses paupières devenir de plus en plus lourdes, la fatigue s'insinuait dans chaque partie de son corps. Ses yeux papillonnèrent une dernière fois, la lumière disparut et elle s'effondra à terre.

Le lendemain matin, quand elle se réveilla, elle se trouvait dans un lit chaud et confortable, mais elle était aussi seule dans une grande pièce vide. Enfin presque...

- Tu es enfin réveillée !

Elle sursauta et bondit du lit en position de défense, se trouvait devant elle une personne qu'elle n'avait jamais vu. Et surtout, elle ne pouvait pas voir son visage.

- Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle avec méfiance.
- Je suis celui qui t'as sauvé, Ikeda Yumi.
- Comment connais-tu mon nom ?

La panique et la peur commencèrent à pénétrer en elle, un type qu'elle n'avait jamais vu la connaissait.

- Oh, mais je sais beaucoup de choses sur toi Yumi, comme par exemple le fait que tu meurs de faim.

Et il fit apparaître une appétissante assiette de pâtes à la bolognaise, l'estomac de Yumi grogna et elle sentit qu'elle était à deux doigts de baver, la douce odeur flotta jusqu'à ses narines, la tête lui tourna tellement, elle mourrait de faim. Mais c'était sûrement un piège, elle ne devait pas se laisser berner.

- Je t'offrirais autant de nourriture que tu le souhaite, à une condition.

Et voilà, elle en aurait mit sa main à couper. Mais elle avait pour principe de ne faire confiance à personne, surtout pas à un étranger qui lui faisait du chantage.

- Laquelle ? Demanda-t-elle instinctivement.
- Que tu accomplisses un travail pour moi.
- Quel genre de travail ?
- Je te dirai si tu acceptes.

Elle secoua la tête.

- Alors c'est non. Je trouverai à manger par mes propres moyens.
- Et comment comptes-tu nourrir ta petite sœur ?

A la mention de sa petite sœur, elle se mit encore plus garde. Comment pouvait-il savoir ? Il la regarda un petit moment sans rien dire, puis posa l'assiette sur une table.

- Je vais te laisser réfléchir, peut-être que ça ira mieux le ventre plein.

Et il disparu subitement, sans un bruit, sans rien. Yumi fixa le plat, et elle se demandait quelle serait la meilleure décision à prendre. Pour elle et pour sa sœur.

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