Chapitre 35
Au fil du temps, Jun avait appris à ne plus juger l'apparence. Les paroles avaient un poids et les gestes témoignaient plus que les mots. Le regard était certes extrêmement trompeur parfois mais il était bien plus honnête que la bouche. Il ne ressemblait pas à ses frères et bien que leur rapports avec l'extérieur était très contrôlés. Il avait très souvent été intimidé. Son héritage ethnique n'était pas vraiment passé inaperçu aux yeux de ses camarades d'âge. Ses yeux étaient un peu plus bridés, sa peau n'était pas de la même couleur que la leur. Il avait avec le temps compris qu'au même titre que ses frères, il faisait partie de la famille. Malgré cette inclusion, Il avait toujours l'impression qu'Il devait en faire plus pour impressionner son père. Il n'avait pas une goutte de sang Andreo et sa place au sein de l'organisation avait fait la source de débat.
Il se recueillait sur la tombe de Layla. Il s'en voulait terriblement et les remords le rongeait. Ses mains tremblantes posèrent le bouquet de fleurs et l'homme regarda une nouvelle fois le nom écrit sur la plaque comme pour confirmer que c'était vrai.
«-"Je ne voulais pas faire comme les gens clichés dans les films et te parler mais j'ai envie de faire sortir ces mots une bonne fois pour toute. Ceux que je n'ai jamais su te dire." la voix rauque de l'homme se brisa et il éclata en sanglots mais continua tout de même à parler "Ce jour- je n'allais pas le faire. Je ne l'aurait jamais fait Layla. Pour toi, je voulais tout sacrifier, laisser cette famille derrière moi. J'avais ce révolver entre les mains et je ne pouvais pas appuyer sur la gâchette. Je-je ne pouvais pas appuyer sur la putain de cachette parce que pour la première fois il y'avait une personne qui tenait réellement à moi en dehors de ma famille. Je voulais tout do-"» sa phrase fut coupée par ses sanglots. Les larmes ruisselaient sur ses joues.
«-"Je ne sais pas ce qu'est aimer Layla. Je ne l'ai jamais réellement su, c'est pour ça que je n'ai jamais pu te retourner tes 'je t'aime'. Tu étais trop bien pour moi et je te voyais douter de toi-même. Je suppose que ça me donnait un sentiment de sécurité. Tout est de ma faute, de mon éco. J'étais toxique pour toi, ma famille est toxique. Je le savait, mais je me suis entêtée à continuer avec toi. Je- je t'aime Layla." héla t-il une nouvelle fois avant de sentir une main se poser sur son épaule. Il savait exactement qui c'était.
«-"Écout-"
-"Tu étais content hein"
-"Je ne sai-"
-"Tu clame haut et for Ricardo que tu es un homme bon. Tu n'hésite cependant pas à manipuler ta petite soeur dans le meurtre d'une jeune fille juste parce que tu sens tes secrets menacés."
-"Pourquoi tu mets ça sur moi ? C'est A-"
-"Tu peux berner Dante Sean avec ce discours. N'oublie pas qui je suis. Tu prétends être un homme intègre mais je vois tout ce que tu fait Ricardo."
-"Écoute– je comprends que tu es blessé mais je–"
-"Tes vilains petits secrets sont morts et enterré avec elle maintenant. Tu dois être heureux."»
Ricardo soupira, il ne savait pas quoi répondre à Jun. Il était vrai que la mort de Layla avait soulevé un poids des épaules de leur famille mais il n'aurait jamais commandité la mort de la jeune fille. Il voulait faire couler le moins de sang possible et il ne comprenait pas pourquoi Dante et Jun l'accusaient d'avoir manipuler Adelma. Il se retourna juste et s'empressa de retourner à son véhicule. Il ne voulait pas continuer cette conversation avec Jun.
•
Ses anciens démons le rattrapaient, il avait juste besoin de s'échapper. Il devait s'évader, la douleur était de plus en plus grande pour lui. Depuis qu'Il avait connu Araba, se faire mal ne le faisait plus de bien. Il avait besoin de quelque chose d'autre, il avait besoin de quelque chose de fort. L'alcool ne lui faisait plus vraiment de bien. Il avait remplacé l'alcool par quelque chose de plus poudreux et de bien plus dangereux.
La poudre blanche lui donnait la sensation d'être un surhomme. Elle transformait la réalité en fiction. Il pouvait imaginer "son bébé" près de lui. Elle avait été kidnappé ou peut-être était-elle morte dans l'explosion. Il n'en avait pas la réponse, mais il se sentait vide. Il devait trouver un moyen de s'évader et quoi de mieux que cette poudre cristalline. Ses mains ne cessaient pas de trembler.
Sean était en piteux état. Ses yeux mis-clos, comme si ils étaient éblouies par la lumière. Ses cheveux qui étaient normalement éclatants et toujours bien peignés étaient sales et collaient sur son visage. Il tremblait et il s'allongea sur le li encore une fois. Le jeune homme, autrefois, bronzé était devenu extrêmement pale. Il entendit à peine la porte s'ouvrir et ne daigna même pas à regarder qui était la personne qui entrait dans ses appartements.
«-"Hey Sean, Patrick m'a dit de ve-" la quinquagénaire stoppa sa phrase et poussa un cri en voyant l'état de la chambre de l'italien et surtout lorsqu'elle vit la poudre blanche sur la table de Sean.»
À l'entente de la voix de sa "mère adoptive", il tenta tant bien que mal de se redresser en prenant appui sur ses bras mais ces dernières ne répondaient pas vraiment. Il était comme dépourvu de toute force. La femme accourut vers lui et tenta de le faire redresser. Elle remarqua les pupilles dilatées du jeune homme. Son visage affichait un sourire béat. il ne fallait pas être devin pour se douter de ce qui se passait. Il n'était pas lui même, il semblait vidé de toute émotion. Ce qui n'échappa pas à la quinquagénaire.
«-"Oh doux Jésus ! De la cocaïne ?! Lève toi." La femme aida tant bien que mal le jeune homme à se lever. "Où sont les toilettes?!" s'exclama Marina.»
La femme ne reçut aucune réponse de la part de l'italien qui planait complètement. Elle identifia tout de même la salle de bain. Elle se hissa difficilement vers la salle de bain, presque tout le poids du jeune homme était sur elle. Elle ouvrit la porte et poussa l'homme dans la baignoire. Celui-ci ne faisait que rire. Il était euphorique à cause de la cocaïne. La femme le débarrassa de ses chaussures et entreprit de déshabiller le jeune homme.
«-"Maman ! Tu vas me laver ? Hahahaha– Je suis plus un enfant Hahahaha– Je–"»
Il fut coupé par le contact de l'eau froide sur lui. Il ne portait que son caleçon et il frissonna.
«-"C'est froid Maman ! L'eau est trop froide ! Je ne veux pas avoir froid ! Araba aussi n'aime pas le froid."»
Marina soupira et prit le shampoing près de la baignoire et en versa quelques gouttes sur les cheveux du jeune homme et commença à les laver.
«-"Maman ! Il y'a du savon dans mes yeux arrête !"
-"Oh, quand tu retrouvera ton état normal. Ce sera le cadet de tes soucis jeune homme."»
Après avoir rincer Sean, Marina le fit enfiler un peignoir et le fit allonger sur son lit.
«-"Maintenant, dors. Maman est là."
-"Maman–maman– ne me laisses pas. À part toi personne ne m'aime."
-"Mais non mon bébé, tout le monde t'a–"
-"Non ! Ils préfèrent tous Dante ! C'est toujours Dante, toujours lui ! Même toi, tu as toujours préféré–"»
Marina qui était extrêmement sensible sentit les larmes lui monter aux yeux et serra la main de son fils.
«-"Sean– tu es mon bébé. Je t'aime au même titre que tous tes frères et ta soeur. Je– je vais te raconter une histoire. Viens."»
Le jeune homme posa sa tête sur les pieds de sa mère adoptive et la femme passa sa main dans les cheveux bouclés de l'italien.
«-"Tu te rappelle du jour où ce monsieur a voulu te faire du mal ?"
-"Non, quel monsieur ?"
-"Celui qui aimait te faire mal et te toucher quand tu allais jouer chez Paolo."
-"Monsieur Sanchez, celui qui est mort dans l'incendie ?"
-"Oui, ce monsieur ! J'ai remarqué que chaque fois que tu sortait de chez lui, tu n'arrivais pas à t'asseoir correctement. Tu ne voulais rien me dire ni à moi, ni à ton père." Elle prit une profonde respiration. " Je suis allée chez lui le soir. Parce que personne ne pouvait faire du mal à mon bébé. Je l'ai poignardé vingt-cinq fois et chaque fois j'avais de plus en plus de haine. Personne ne pouvait toucher à mon fils et personne ne doit faire du mal à mon fils. J'ai allumé le feu et j'ai regarder sa maison brûler."
-"Tu m'as toujours dit que tuer c'était mal Maman."
-"Ton père t'as dit de tuer pour les gens que tu aimait si tu n'avais pas d'autre choix. Tu dois tout faire pour retrouver celle que tu aimes."
-"J'aime Araba."
-"Alors tu sais ce qu'il te reste à faire."
-"Merci Maman."
-"Encore une chose."»
Le jeune bredouilla quelque chose d'inaudible.
«-"Je ne veux plus voir cette poudre blanche. Jamais plus. Sean, ne prends plus jamais cette drogue."»
•
Elle savait que c'était trop beau pour être vrai. Elle ne serait jamais pardonner pourtant de ne pas avoir essayer. Elle pensait qu'elle aurait pu réussir. Quelle naïveté. Elle était maintenant sur le lit de la chambre qui lui avait été attribué. Elle attendait Antonio. Elle ne savait pas qu'elle serait da réaction quand il apprendra qu'elle avait tenté de s'évader.
Sa tentative d'évasion était lamentable. Quand tout le monde avait le dos tourné, elle avait pensé pouvoir fuir. Elle n'avait même pas pu atteindre l'extérieur du manoir. La deuxième chose étant que personne ne comprenait réellement anglais. Tout le monde parlait italien à part Prissy, Jino et bien sûr Antonio. Elle était au milieu de la campagne italienne, personne ne passait par cet endroit. Elle n'entendait jamais de bruits de moteur.
Les deux jours qu'elles avaient passé dans le manoir était extrêmement ennuyant. Les domestiques étaient aux petits soins avec elle malgré la barrière de la langue. Prissy était un peu moins sympathique mais elle ne s'en plaignait pas. Elle se demandait si après sa tentative d'évasion, ce serait la même chose. Prissy serait sûrement beaucoup plus sévère.
Elle entendit des bruits de pas dans le couloir et son peur battait la chamade. Elle savait qu'ils arrivaient. Sa tentative d'évasion lui avait été sûrement raconté et elle ne savait pas ce que l'homme était capable de faire. Elle était effrayée. La porte s'ouvrit et laissa entra le rouquin qui avait l'air très détendu comme si il n'était pas au courant de la tentative d'évasion de la jeune fille. Il était suivit de deux hommes très musclés.
«-"Bonsoir Araba" dit-il le plus normalement possible en s'Approchant de la jeune fille qui n'osa pas répondre son interlocuteur.»
Il s'amusa de l'expression effrayée de la jeune fille. Il aimait avoir ce sentiment. Il aimer dominer, savoir qu'il avait le contrôle.
«-"Tu ne vas pas parler ?" dit-il en s'asseyant à ses cotés. Il s'approcha encore plus et ses lèvres frôlaient les oreilles de la jeune fille qui frissonna à ce contact.»
Araba ne voulait pas parler et se mettre dans une situation encore plus délicate qu'elle l'était actuellement.
«-"Tu as l'habitude de toujours avoir les mots, jeune fille. Le chat a attrapé ta langue ?"»
Le coeur de la jeune file battait toujours aussi fort. Elle ne savait vraiment pas quoi dire. Elle avait l'espoir que l'homme la comprendrait ou percevrait sa peur et aurait pitié.
«-"J'ai entendu ce que tu avais fait plus tôt. Il parait que tu as essayé de t'échapper aujourd'hui ? On ne te traite pas bien petit coeur ? Réponds-moi." conclut-il en mettant sa main sous le menton de Araba, le pivotant pour qu'elle le regarde dans les yeux au lieu de regarder le sol.
-"J–je veux juste r–rentrer chez moi."
-"Ici, c'est chez toi chaton. Je n'aime pas que tu sois désobéissante donc je pense que je vais te punir."
-"La pire chose qui peut m'arriver c'est d'être ici avec toi. Je veux juste que tu me laisses aller. Dante n'en a rien à foutre de moi ! Il n'y a jamais eu rien entre nous. Je n'ai rien d'intéressant, ne perds ton temps avec moi. Je ne sais vraiment pas ce que tu veux de moi bordel ! Laisse-mo-"
-"Il faudra de rendre encore plus docile on dirait." dit-il en souriant. "Ce n'est pas grave j'adore jouer. Enfermez-la." dit-il plus froidement en s'adressant aux deux hommes qui le suivaient au début.»
Araba qui comprit assez rapidement ce que se passait mais Antonio avait une ferme prise sur elle et elle se débattu tant bien que mal mais il s'emparèrent d'elle. Antonio se leva juste et sortit de la chambre, ignorant les cris et les pleurs de la jeune fille.
Les bras puissants de l'homme avaient complètement immobilisé la jeune fille. Ils l'entrainaient de plus en plus bas dans le manoir et l'enfermèrent dans une pièce close et se retournèrent sans se soucier des cris de la jeune fille.
La pièce était modérément décorée, il n'y avait pas de fenêtre. La seule source de lumière étant une lampe situé près du lit. La jeune fille se mit à pleurer, elle n'aimait pas être seule, ni enfermée.
«-"S'Il vous plaît ! Je n'essaierais plus de m'évader ! Je serais sage ! Ne me laissez pas ici." criait-elle en vain.
De l'autre coté, Antonio souriait intérieurement. Elle n'allait pas tarder à se briser et enfin il pourrait mettre son plan à éxécution.
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NDA: Coucou mes loulous, me revoici avec ce chapitre. Ce n'est pas fameux mais bon ^^"
Que pensez vous des personnages ? Vos avis sur l'histoire et le tournant qu'elle prend?
Merci de votre fidélité, vous êtes les meilleurs !
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