Chapitre 12

Incapable d'arrêter de pleurer, je décide que je ferais mieux de partir d'ici.

- Papa tu viens, dis-je entre deux sanglots avant de sortir du salon.

Mon père me suit de près sans rien dire, je sors de la maison et marche en direction de la mienne. Je ne dis rien à mon père pendant plusieurs minute, je me concentre plutôt pour arrêter de pleurer. Je réussis finalement et commence à parler à mon père qui est maintenant à coté de moi.

- On va chez mes parents adoptifs, pour leur prouver que tu es toujours vivant et j'aimerais aller vivre chez toi.

- D'accord.
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Mes parents adoptifs m'ont cru et ont accepté de donner ma garde à mon père, malgré ça je sais que ce n'est pas la dernière fois que je les vois puisqu'ils sont chasseurs et que moi et mon père sommes des loups.

Ça fait deux jours que mon père à ma garde, on vit dans un petit appartement mais on va bientôt déménager dans une maison. Il ne s'attendait pas à ce que je vienne vivre avec lui, alors il a loué un appartement.

Je ne suis pas encore retournée à l'école depuis que j'ai décidé de sortir de leur vie. Je n'ai pas eu de nouvelle d'Alex non plus et le vide que j'avais dans la poitrine et revenu. La nuit je suis incapable de dormir, alors je vais courir dans la forêt, sous ma forme humaine bien sur car c'est moins dangereux. Je m'arrête devant la maison des Williams chaque fois, mais repars aussitôt.

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Je cours dans la forêt et m'arrête devant leur maison, je reste la quelque minute, puis j'ai l'impression que quelqu'un me regarde. Je lève mes yeux sur la vitre de notre chambre, mon regard reste figé sur cette silhouette, sans le vouloir je fais un pas en avant. Je m'arrête aussitôt en détournant les yeux de la vitre, lorsque je les y pause une nouvelle il n'y a plus personne, mais les rideaux bougent. Et si c'était lui ? Mais pourquoi n'est-il pas venu me voir alors ? Peut-être qu'il m'en veut, je le comprendrais après tout.

Je ferme les yeux et prends une grande respiration, la forêt, l'eau, les animaux... toutes les odeurs de la forêt, je les sens, mais une en particulier. Je la reconnaîtrais entre mille, j'ouvre les yeux à nouveau et une silhouette se tient devant moi. Incapable de savoir qui c'est je fais un pas en avant et l'homme devant moi à le même geste. Maintenant je le vois, je savais que c'était lui en sentant son odeur, mais je n'étais pas sur.

Ses cheveux noir ébène en bataille sont visibles malgré la nuit sans lune, ces yeux bleus brillent dans le noir. Je reste figée devant cet homme que j'aime, j'ai l'impression que ça fait des mois que je ne l'ai pas vue. Je voudrais lui parler, m'excuser d'être partie et tout lui expliquer, le supplier de me pardonner.

- Alex, dis-je, son nom résonne dans la nuit comme un hurlement.

- ...

- Je suis désolé, dis-je.

- Pourquoi ? Qui est-tu ?

Tout autour de moi s'écroule, l'homme que j'aime, l'homme avec lequel j'ai partagé mon premier baisé, mon âme sœur m'a oublié. Je tombe au sol comme une feuille, mon monde entier vienr de s'écrouler, tout autour de moi s'évapore, tout disparait pour me laisser partir dans un trou noir infini, j'ai tout perdu.

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Je me réveille en sursaut, les larmes perlent sur mes joues, j'ai l'impression de tout avoir perdu. Je regarde autour de moi. Je suis dans ma chambre, dans l'appartement de mon père, ce n'était qu'un rêve qui avait l'air si réaliste... Mes genoux et mes mains tremblent, je calme lentement mes pleures, pas la peine d'essayer de me rendormir je sais que je n'en serrais pas capable.

Je me lève et par prendre une douche chaude, la chaleur sur mon corps me réconforte, je suis bien dans ma bulle mais je dois sortir quand il n'y a plus d'eau chaude. Je m'habille et sors de ma chambre, je vais dans la cuisine, j'écris un mot à mon père pour dire que je pars plus tôt pour l'école et sors de l'appartement.

Il n'est que six heure du matin, il est tôt pour aller à l'école mais je vais prendre mon temps. J'arrive à sept heure et demi, il reste trente minutes avant le début des cours. J'entre dans l'école sous le regard de quelques élèves arrivés plus tôt. Je vais dans la salle des casiers et repère immédiatement Maya qui me fait signe de venir la voir.

Rendue à sa hauteur elle m'adresse un sourire que je lui rends aussitôt.

- T'as eu des nouvelles d'Alex depuis ton départ ? me demande-t-elle.

- Non, et je ne veux pas parler de lui.

- D'accord mais tu pense pas que...

- Non !

Elle ne va pas lâcher le morceau j'ai l'impression. Elle veut vraiment que je retourne les voir, mais moi j'en ai aucune intention, je refuse qu'un autre malheur s'abatte sur leur famille par ma faute.

- J'ai pensé à ça, t'es sur qu'Alec était mon âme sœur.

- Oui eh... non. Je sais pas, je l'ai vu mais je suis pas sur. Toi penses-tu qu'il était ton âme sœur ?

- Je sais pas, même s'il est mort je ne suis pas triste, loin de là, si j'avais vraiment été son âme sœur je ne serais certainement pas contente aujourd'hui.

- On c'est peut-être trompée après tout.

- Ouais.

La cloche sonne et nous partons en cours. Nous nous asseyons à notre place, le professeur commence le cours en faisant les absences.

- Émily Parker ? demande-t-il.

- Présente, dis-je.

- Ravis de voir que vous prenez l'initiative de venir en cours.

C'est pas ma faute si j'ai été kidnappée par un malade mental.

- Alex Williams ? demanda-t-il. Il sèche encore les cours à ce que je peux voir. Mademoiselle Parker savez-vous où est monsieur Williams ?

- Non, pourquoi je le saurais ?

- D'après ce que je sais vous-êtes quand même assez proche.

Je ne vais quand même pas dire devant toute la classe qu'aux dernières nouvelles il était dans le coma.

- Vous avez de mauvaises informations alors.

Il me regarde perplexe avant de continuer à faire l'appel. Après ce qui me parait une éternité le cours se termine enfin. Je soupire en sachant qu'il reste encore trois autres cours.

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Durant la pause du midi je sors prendre l'air dans la cour, une envie me prend d'aller dans la forêt mais je décide de rentrer dans l'école, pour éviter que mon envie ne prenne le dessus sur moi.

Le reste de la journée se passe normalement, j'entre dans l'appartement et vais rejoindre mon père dans la cuisine.

- On mange quoi pour souper ? je demande en entrant dans la cuisine.

- Je sors, toi tu peux manger ce que tu veux, dit-il en enfilant sa veste.

- Tu va être rentré à qu'elle heure.

- Je ne pense pas rentrer ce soir, dit-il en me faisant un clin d'œil.

Trop de détail ! Lorsqu'il sort je vais fouiller dans le frigo pour trouver de la nourriture, mais je me rends compte que je n'ai pas vraiment faim. J'opte pour une pomme et vais m'assoir sur le divan. Je zappe les chaînes durant une bonne heure avant de décider de sortir prendre une marche.

Je prends soin de fermer la porte à clé et sors de l'immeuble. Après quelque minute de marche je serre ma veste sur moi, il commence à faire froid. Il reste juste une journée avant la fin du mois d'octobre, je m'arrête devant la forêt et regarde au travers des branches.

Comme ce midi j'ai envie d'y aller mais depuis mon rêve j'hésite, j'ai peur qu'il ne se réalise, le seul moyen de ne plus avoir peur et d'aller dans la forêt. Je laisse ma curiosité prendre le dessus et avance lentement. Je sais bien que ce n'étais qu'un rêve, alors pourquoi je veux tellement en avoir la certitude. Ce n'était qu'un rêve, je ne devrais pas réagir comme ça mais il me manque et je me dit qu'il a des chances pour que je le vois.

Peut-être qu'il s'est réveillé et qu'ils ont décidé de ne pas me le dire, mais je l'aurais senti s'il s'était réveillé, non ? C'est vrai qu'avec le vide que j'ai dans la poitrine je ne risque pas de sentir grand chose le concernant. Je devrais peut-être arrêter de me casser la tête avec ça.

Je sors de mes pensées et regarde devant moi, la maison est là, j'ai envie de regarder la fenêtre mais j'ai peur, peur de le voir se tenir là, peur de réaliser que mon rêve n'était pas qu'un rêve mais la réalité. Après quelque minute de réflexion je pose mon regard sur la fenêtre... rien ! Il n'y a rien, même pas un petit mouvement de rideau. Je lâche un soupire de soulagement et de tristesse. Pourquoi je suis triste de ne pas le voir, après tout c'est moi qui ai décidé de ne plus le voir. Sans le savoir il me fait souffrir... non je suis la seule fautive de mes souffrances. Je regrette d'avoir pénétrer dans la forêt la première journée d'école. C'est dur à dire mais je crois que c'était la pire décision que j'ai fait de toute ma vie.

Sans le vouloir quelques larmes roulent sur mes joues, je m'empresse de les essuyer et de tourner le dos à la maison pour la dernière fois. Je ne vais plus revenir, aujourd'hui c'était la dernière fois que je venais dans la forêt. Je fais un pas mais m'arrête aussitôt, pétrifiée, mon corps refuse de m'écouter. Je ferme les yeux et les larmes coulent de plus belle sur mes joues, rougies par le froid. Je suis incapable de bouger, pourquoi ? J'ai décidé que c'était la dernière fois que je venais mais je ne contrôle plus mon corps. Ma louve refuse de faire ses adieux, elle n'accepte pas ma décision.

Arrête sa, on s'en va, lui dis-je.

Mais avant retourne toi, je veux que tu fasse sa pour moi.

D'accord.

Je prend une grand respiration avant de me retourné les yeux toujours fermé, j'ai peur, je ne veux pas ouvrir les yeux. Si mon rêve se réalisais je ne sais pas comment je ferais pour vivre.

Ouvre les yeux, me dit ma louve.

Non laisse moi.

Fait le!

Non!

J'ai beau essayé de garder les yeux fermés, ma louve me force à les ouvrir et c'est plutôt douloureux, je n'ai pas d'autre choix que de les ouvrir, j'ai l'impression que mes paupières vont se déchirer. J'ouvre les yeux, devant moi se tient un homme, je ne peux pas voir qui il est car son capuchon est rabattu sur sa tête, cachant complètement son visage.

Je ravale ma salive avant de faire un pas vers l'avant. J'ai l'impression que tout ce qu'il y a autour de nous a disparu et qu'il ne reste seulement que lui et moi.

- A...A...A...
J'essaye de dire son nom mais j'en suis incapable. Et si ce n'est pas lui. Je le fixe toujours aussi intensément, essayant de trouver quelque chose qui pourrait me confirmer que c'est bien lui... Rien, je ne vois rien qui le pourrait, sauf peut-être cette sensation dans ma poitrine.

- Alex ?

L'homme face à moi ne dit rien, il a toujours la tête baissée mais lorsque j'ai dit le nom de l'homme que j'aime elle s'est relevée, laissant voir des yeux bleus toujours aussi brillant, une mèche de ses cheveux noirs tombe devant son visage. Je reste figée, c'est vraiment lui, il est là, il s'est réveillé et se tient face à moi. Les larmes roulent sur mes joues, les inondant.

- Alex, je suis désolé...

J'arrête de parler, et s'il ne se rappelait pas de moi comme dans mon rêve... non il ne faux pas. Mes mains tremblent à cette pensée. Je ne peux pas rester plus longtemps, je m'enfonce dans la forêt. Je ne veux pas, je ne peux pas rester plus longtemps, j'ai peur qu'il m'ait oublié, je préfère fuir que de savoir.
*******

Corrigé.

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