*𝗖𝗛𝗔𝗣𝗜𝗧𝗥𝗘 | 𝟭*

PDV MARINETTE
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Mon père a demandé à me voir. Alors que normalement j'étais sensée passer une journée au calme, et tranquille, elle se déroule différemment. Je pense d'une journée agréable et apaisante, à celle que je vis tous les jours en dehors de mes jours de repos qui sont rarissimes. Si mon père avait un peu de pitié pour sa pauvre fille (moi), il n'aurait pas demandé à me faire venir dans son bureau dans les plus courts délais, alors que j'étais dans la piscine en train de nager.

La porte s'ouvre, et on me fait entrer de force. Encore trempée, des gouttes dégringolent le long de mon corps et je sens une chair de poule insatiable me saisir l'épiderme violemment. La vague de frissons manque de m'arracher un râle désagréable.

" J'espère que tu as une très bonne raison pour me déranger le seul jour où tu avais promis que je serai enfin tranquille. " déclaré-je puis je croise les bras.

Mon père se lève et d'un signe de la tête, ordonne à ses brutes de partir. Ceux-là s'exécutent et quand j'entends la porte se fermer, je soupire et m'assois sur le fauteuil en face de celui de mon paternel qui me fixe.

" Tu as de la chance que je ne sois pas d'humeur à répondre à tes gamineries. Parce qu'il faut que tu saches, que si je t'ai fait venir c'est parce que c'est une urgence. "

" Vraiment ? " ne puis-je m'empêcher de rétorquer un sourcils haussé et les bras croisés.

Il hoche la tête et poursuit.

" Nous avons un très gros problème. Des informations me concernant ont été dérobé dans l'après-midi. Elles sont très compromettantes pour toi ainsi que toute notre famille. " déclare-t-il sérieusement.

La curiosité me pince, je garde le silence pour qu'il continue.

" Je t'ai fait venir car tu es la seule à pouvoir m'aider. Tu sais très bien que sinon, j'aurai tenus ma promesse et tu aurais pu te reposer, évidemment. " assure-t-il tout en inclinant un peu son visage pour appuyer ses propos.

" Papa... Tu sais, je te connais bien. Tu n'es pas obligé de mentir devant moi. J'ai juste été idiote de te croire, et je ne ferai plus jamais la même erreur. " indiqué-je calmement sans hausser ni la voix ni la tête.

Aujourd'hui, même si je sais pertinemment que c'est foutus depuis longtemps, je tiens à préserver cette mini ou ce reste de sérénités que j'ai réussis à faire naître. Surtout, qu'il ne sert à rien de s'énerver, ça ne changera rien et ça ne nous aidera pas non plus à nous sauver des griffes de tous les ennuis qui nous tombent dessus.

Parfois, il faut savoir faire preuve de calme et de maturité, me dis-je à moi-même dans un soupir.

Un léger sourire amusé par cette situation plus que sans foi ni loi, étire mes lèvres. Mon père qui est en face, ne comprend rien à ma réaction mais se retient bien de commenter sa confusion. Alors, je poursuis :

" De quoi s'agit-il ? Que dois-je faire ? Comment puis-je t'aider, donc ? " demandé-je enfin en retenant à la fin de justesse un soupir ennuyé.

" Le temps nous est compté, alors la seule solution que nous avons, c'est de précipiter les choses. Nous sommes contraints de griller beaucoup d'étapes. " annonce-t-il.

" Que veux-tu dire quand tu me dis « beaucoup d'étapes » " le questionné-je perplexe.

Il marque un temps d'arrêt tout en me regardant fixement dans les yeux. Le temps qu'il prend laisse à l'hésitation qui l'habite suffisamment de temps pour que je sois interpellée par son brusque changement d'attitude.

Mon père ne dit pas tout, ou alors il est sur le point de trop en dire. Cela veut-il peut-être donc dire que je suis en train de m'embarquer dans un bourbier ?

Encore une fois ?

" Nous ne procéderons pas comme nous avons pour habitude de le faire. Cette fois, tu ne devras pas seulement voler, mais également séduire. La cible étant son fils : Adrien Agreste. " lâche-t-il enfin et il suit ses propos en tirant sur le tiroir de son bureau pour en tirer une photo qui pose en face de moi.

Je n'ai le temps de rien dire qu'il renchérit encore.

" C'est la personne dont il est le plus proche et en qui il a le plus confiance. Si tu arrives à te rapprocher de lui, tu trouveras l'endroit où se trouve la clef usb et tu sauveras toute notre famille. "  explique-t-il d'un ton fracassant.

Ses aveux ne chamboulent plus non seulement ma journée, mais également tout mon avenir. Mon père est un vrai tyran, certes. Mais avec moi, il sait comme s'y prendre pour obtenir ce qu'il souhaite.

Il met sur mes épaules si frêle un poids monstre et presque ingérable. Comment suis-je sensée tous nous sauver ? Je sais à peine me gérer moi-même... Mais je ne peux rien dire. Papa est le dirigeant, c'est lui qui tient les rênes, la seule chose que je peux faire c'est fermer ma bouche et obéir aveuglément aux ordres qu'il me donne. Même si je ne suis pas en accord avec ce qu'il dit ou fait, ça reste mon père et mon patron. Le boss des boss, qui nous tient tous par la gorge.

" Très bien, je le ferai. " abdiqué-je finalement d'un ton serein, tout le contraire de ce que je ressens vraiment.

Sans qu'il ne réponde rien, j'appuie enfin mes mains sur les accoudoirs du fauteuil et m'appuie dessus pour relever tout mon poids. J'ai le cœur lourd, la nouvelle pèse encore. J'attrape très vite la photo puis me détourne en direction de la porte, au moment où j'en franchis le seuil, j'entends mon père me dire et m'arrête aussitôt :

" Je sais que tu penses ne pas parvenir à accomplir ta tâche, mais détrompe-toi, tu as toujours eu la manie de te sous-estimer, ma chérie. Tu y arriveras, je le sais. " tente-t-il de me rassurer, un sourire en coin étire le bord de mes lèvres sans que je me retourne.

" Heureuse de te l'entendre dire. " réponds-je calmement avant de partir en refermant la porte derrière moi.

Tout en marchant vers ma chambre, je finis par plonger mon regard ainsi que toute mon attention sur la photo que je tiens dans les mains. Le portrait du fameux Adrien, ma cible. Il est beau. C'est un blond aux cheveux courts volumineux, ses yeux sont verts émeraudes et il a un visage d'ange. Sa beauté est du genre : attirante mais dangereuse. Elle fait partie de celles qui vous attire dans ses filets pour mieux vous tuer.

Un vrai guet-apens.

Un piège qui pourrait m'être fatal si je ne reste pas sur mes gardes.

Je me rappelle qu'une fois, j'ai appris qu'à force de trop mentir souvent et avec autant d'assurance, on finissait par vraiment croire à toutes nos chimères. Si j'ai peur de me laisser entraîner dans les flots de ma propre miséricorde, il n'en est pas moins pour moi insupportable d'imaginer ma famille tout perdre. Je les aime tellement, ma mère et mon père, sont pour moi ma priorité. Ce sont les humains que j'aime le plus, mes préférés, mes vies.

Je ferai tellement n'importe quoi pour eux, que là, je risque ma vie pour la leur. Un échange qui malgré tout, ne me semble pas aussi terrible qu'on le pense. Au contraire, ça me paraît normal. Et même si mon cœur me hurle de déguerpir en vitesse, une autre partie de moi qui transpire l'amertume et l'injustice de la vie, me conseil de poursuivre mes efforts. D'insister jusqu'à atteindre mes limites.

Parce que je sais que si je n'essaye pas, je ne me le pardonnerai jamais.

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