Le rendez-vous

           La journée de notre protagoniste passa aussi lentement que la matinée, d'autant plus qu'il finissait à 22h00. Il n'avait qu'une envie, c'était celle de rentrer chez lui et de réfléchir à l'individu de la nuit dernière. Mais il n'avait pas encore fini, il avait toujours le rendez-vous avec son inspectrice-en-chef.


           Vers 19h00, Leo était à son bureau et attendait impatiemment les résultats d'une analyse susceptible de mettre un tueur derrière les barreaux quand il entendit des bruits de pas dans son dos. À cette heure, il était censé être seul avec Olivia. Mais il n'avait pas envie de la voir, il estimait qu'il la verrait bien assez aujourd'hui. Il se retourna : à sa grande surprise, il découvrit Ben, son éternel chapeau de paille sur la tête, qui s'avançait vers lui.

- Ne devais-tu pas finir il y a deux heures ? lui demanda Leo, étonné de le voir ici.

- Si, mais Olivia m'a dit de faire quelques heures sup' car on est pas assez nombreux, donc on avance pas.

- Ah, d'accord.

- Oh, aller, détends-toi, il n'y a personne pour nous déranger ! Tu réponds toujours la même chose sans rien ajouter, sois plus tranquille !

- Je suis détendu, je n'ai simplement pas envie de discuter.

- Ok, comme tu voudras. Bonne soirée Leo !

- Au revoir, Ben.


          Le reste de la journée de travail de Leo se passa sans encombre, et cela lui convenait très bien. Il ne souhaitait pas être davantage dérangé par qui que ce soit, il voulait être seul.


          L'heure de son rendez-vous arriva à son goût beaucoup trop vite. Il sortit du commissariat, se rendit au bar à pied et attendit Olivia à l'entrée. Même si elle finissait en même temps que lui, elle sortait toujours une dizaine de minutes après, le temps de tout ranger et trier.

          Sa supérieure arriva enfin et le salua, après quoi ils entrèrent tous deux dans le bâtiment. Il était encore tôt pour aller boire un verre, il n'y avait presque personne. Olivia commanda au barman deux pintes tandis que Leo s'installait à une table proche du comptoir ; il n'aimait pas les tabourets, il ne les trouvait pas confortables. L'inspectrice-en-chef vint s'assoir en face de lui avec les boissons.

- Alors, ta journée s'est bien passée ? demanda-t-elle.

- Oui, merci, répondit simplement Leo.

- Leo, j'essaie de faire la conversation, soupira Olivia, tu pourrais y mettre un peu du tien pour une fois.

- Tu sais bien que je ne suis guère bavard, je ne parlerai jamais de mon plein gré.

- Oui, c'est sûr, mais tu pourrais faire un petit effort pour cette fois... Bref, parlons de cette enquête.

Voyant que son interlocuteur ne répondait rien, elle enchaîna.

- Pour commencer, quel est son nom ? Je ne pourrai pas te donner un coup de main si je ne la connais pas.

- Je ne veux pas que tu m'aides, et je n'en ai d'ailleurs pas besoin.

- Enfin, sois réaliste... Personne ne travaille seul sur une affaire.

- Moi si.

Olivia le fixa de ses yeux noisettes, ce qui fit comprendre à Leo qu'elle attendait une réponse à sa question.

- Brighthall, bredouilla-t-il.

- Brighthall !? répéta Olivia.

- La connais-tu ?

- Oui, mais ça m'étonne. C'était il y a neuf ans. Je me souviens, on n'avait absolument rien trouvé, et ce n'est pas après tant d'années que tu découvriras quelque chose. C'est peine perdue.

Leo but une gorgée de sa boisson et grimaça. Il n'aimait pas tellement l'alcool, et il trouvait celui-ci un peu fort. Il trouvait son goût bizarre et désagréable. Il répondit :

- Si, justement. Si je m'y suis intéressé, c'est parce que ce n'est pas loin de chez moi. Il y a longtemps, j'étais passé devant et y avais vu de la lumière. Il y avait également du bruit en provenance du manoir. Je m'étais arrêté au portail, puis plus rien.

- En effet c'est curieux, il est inhabité depuis le meurtre normalement.

- Et c'est pour cette raison que cette affaire m'intrigue. Hier soir, je suis allé y faire un tour. Je sais que ce n'est pas très légal, mais je ne pouvais pas avancer sans m'y introduire...

- Et tu as trouvé quelque chose qui en vaille la peine ?

- Oui, largement. Sur une colonne, j'ai vu une...

Leo, se sentant soudain nauséeux, s'interrompit.

- ... une marque qui...

Sans savoir pourquoi il s'écroula et tomba de sa chaise, secoué de spasmes. Olivia se leva et s'agenouilla à côté de lui. Il lui sembla qu'elle l'appelait. Ce genre de malaise ne lui était jamais arrivé auparavant, il ne comprenait pas pourquoi il en faisait un maintenant. Son œsophage le brûlait. Il n'arrivait plus à penser clairement et était confus. Il n'eut pas le temps de paniquer et de se poser davantage de questions ; il s'évanouit.

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