Chapitre 8

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Bon, ça s'annonce mal pour moi.
Premièrement, je me suis réveillée en retard car je n'ai pas vraiment dormi cette nuit. Je me suis en effet retrouvée dans la ruelle en étant, cette fois, bien plus sûre de moi. Quand j'ai pénétré entre ses étroits murs, je me suis sentie apaisée. J'étais désormais loin de l'agitation de la ville et je me suis assise par terre. En face de moi je retrouvais mon vieil ami, l'illusion du Cavalier qui m'avait regardé ce soir-là. Nous nous fixions comme si c'était nôtre manière de discuter et je ne faisais que me demander si lui aussi, ma vison le suivait partout. Mais je me sentais soudainement stupide parce que moi je le voyais car son assurance et sa nonchalance m'avaient transpercé, mais lui avait eu la vision d'une fille pleurant toutes les larmes de son corps.
Deuxièmement, Yves et Baekhyun se sont un peu accrochés à causes d'un sujet débile ce qui fait que j'ai eu le droit à une dizaine de message de Baekhyun qui me racontait rapidement la situation en me demandant des conseils sur comment agir maintenant avec Yves. Seulement je n'avais pas voulu prendre mon téléphone lors de ma balade, alors en rentrant j'ai eu le droit à une Yves complètement hors d'elle parce qu'elle s'était non-seulement disputée avec Baekhyun, mais que j'étais introuvable. Étant lassé de des petites crises de colères, je lui avais balancé que je n'étais pas à sa disposition tout le temps et que moi aussi j'avais une vie, et ensuite j'étais tout naturellement partie dormir.
D'accord je dois avouer que ce n'était pas la meilleure des choses à faire, mais j'étais dans un état second. Je venais de passer deux heure assise en face d'une illusion et en rentrant à l'appartement, j'avais encore cette sensation d'être enveloppée de la douceur de la ruelle.
Et troisièmement, je viens de prendre la décision que quitte à entrer en retard dans un amphithéâtre plein de monde, autant sécher tout ma matinée de cours. Et franchement ça me fait du bien de profiter de l'air frais matinal pour me balader dans la capitale. Mon sac en tissu blanc ne porte que mon ordinateur et mon porte-monnaie et je me sens à l'aise dans mon jean blanc et ma chemise bleu clair ample. Je sais que sortir de mon cercle de vie qui ne se résume qu'à Yves, aller en cours et aller travailler, me fera du bien. Je dois prendre le temps de chasser ma dispute avec Yves, le boulot et les cours pour au moins la matinée.
J'enfonce donc mes écouteurs dans mes oreilles et pars me balader dans les rues de Séoul. Je n'arrive pas à m'empêcher de d'observer les gens autour de moi. J'ai l'impression que les personnes qui m'entourent et marchent à côté de moi, sont affreusement fades. Elles vivent leurs vies sans se soucier de tout ce qui se passe autour d'eux.
Exécutions. Souffrance. Mort. Victimes. Cavaliers.
L'air frais qui souffle doucement dans mes cheveux devrait me faire du bien, mais au contraire. Il n'a pas cette odeur de brûler que je cherche désespérément à retrouver. Soudain mon téléphone sonne et regardant intrigué le nom de la personne qui cherche à me contacter, je décroche.
-Allô ?
***
-Pourquoi tu n'es pas venue en cours ?
Je regarde Jongho en soupirant. Comment résumer ma situation de façon clair sans pour autant paraître folle ?
-Je me suis pris la tête avec ma colloc' et ça à un peu cassé mon moral. Je me suis dis que j'avais besoin d'air.
Mon camarade me regarde d'une façon étrange, comme s'il voulait me dire quelque chose mais qu'il avait peur de ma réaction.
-Je connais ce genre de regard, qu'est-ce qu'il y a ? Demandais-je.
On s'assoit sur un banc à l'ombre d'un des arbres qui fait parti du parc dans lequel nous avons décidé de venir nous reposer et discuter.
-Tu te disputes souvent avec elle ?
-On se connaît depuis qu'on est enfant, alors je suppose que c'est normal qu'on se dispute souvent. Même si je dois avouer qu'en ce moment c'est de plus en plus fréquent, effectivement.
-Et, tu ne penses pas que ça veut dire quelque chose ?
-Comment ça ?
Jongho se mord la lèvre du bas en détournant légèrement son regard, attitude typique de quelqu'un qui s'apprête à dire quelque chose d'évident mais que je ne risque pas de bien prendre visiblement. Sauf que maintenant qu'il m'a dit ça, il ne peut pas revenir en arrière et me laisser sans aucunes explications. Je veux savoir ce qu'il entend par " ça veut dire quelque chose".
-Jongho. Dis-je fermement.
-Le prend pas mal, vraiment. Il souffle doucement comme pour se donner du courage. Mais pour moi, quand on grandit avec quelqu'un, on apprend à vivre avec. Alors oui au début on peut se disputer avec cette personne et aussi au moment de l'adolescence parce qu'on se cherche encore, mais Amy, vous êtes adultes maintenant. Vous devriez être capable de vous expliquer sur vos désaccords sans que ça parte en dispute. Donc, tu ne penses pas que ça pourrait vouloir dire que, votre amitié est en train de prendre un tournant qui montre que vous devez vous séparer ?
Je reste inerte face à ses paroles. Elles me font mal parce que je ne veux pas penser à mon amitié avec Yves de cette manière, elle est moi on est inséparable depuis nôtre naissance, je ne peux pas imaginer ma vie sans elle pour me faire rire et pour partager des tas de moments ensemble jusqu'à qu'on ne soit plus en état de se souvenir de tout. Et pourtant, ses paroles me font doublement mal, parce que je ressens une part de vérité dans ce qu'il me dit. C'est peut-être pour ça que j'ai mal, parce que je réalise qu'elle et moi on s'accroche à continuer de faire tenir une amitié qui doit se terminer ?
-Je ... Je ne sais pas comment interpréter ça. Confiais-je.
Voyant ma mine perdue, Jongho s'empresse de s'excuser.
-Est-ce qu'on pourrait changer de sujet, s'il te plaît ?
-Bien-sûr ! Alors euh ... Tu veux que je te passe les cours d'aujourd'hui ?
J'acquiesce en silence et lui écrit mon adresse mail dans les mémos de son téléphone, pour qu'il m'envoi les cours directement une fois chez lui. Je le remercie et ensuite il me raconte comment le cours n'était pas vraiment intéressant sans mes petites blagues ou mes commentaires à tout va.
-Hé, t'es sensé écouter le cours, pas moi. Lui reprochais-je gentiment.
-Je sais, mais tu rends le cours plus vivant.
Je souris en le trouvant adorable. C'est fou, ça ne fait que deux jours que je le connais et je me sens déjà si bien en sa présence. Il est vraiment une petite bouffée d'air frais, une personne qui change les idées qui trottent toujours inlassablement dans ma tête. Je suis contente de le connaître et je remercie le hasard de l'avoir mit dans mon groupe de TD, car sans ça, je ne l'aurais pas connu et je serais sûrement encore d'humeur maussade à cause de ma dispute avec Yves et du fait que Baekhyun qui ne ferait parler lui-aussi, de sa dispute avec elle.
Voyant que je n'ai pas vraiment le moral, Jongho pose sa main sur la mienne.
-Je suis vraiment désolé d'avoir plomber ton moral.
Je vois dans son regard qu'il s'en veut de m'avoir parlé de Yves et je lui adresse un sourire.
-Tu sais, je l'avais pas vraiment avant que t'arrives donc t'as pas fais grand chose.
Jongho me fixe et ses sourcils froncés semblent montrer qu'il est en train de se creuser la tête pour je-ne-sais-quoi et pendant ce silence, je sens mon cœur s'alourdir. Plus j'essai de trouver la moindre idée contrant le fait que mon amitié avec Yves serait fini, plus je constate que je n'en trouve pas, ce qui montre que plus rien ne peut la sauver.
-Tu veux venir te poser chez moi ? Me demande-t-il soudainement.
-Quoi ? Mais nos cours de l'après-midi ?
-On devrait pouvoir se débrouiller pour les rattraper, je m'en fais pas pour ça.
Je le regarde en pesant le pour et le contre de cette situation. Je me rends rapidement compte que même si je vais en cours pour les prochaines heures, je sens que je ne serais pas productive, alors à quoi bon ?
J'accepte donc la proposition de mon camarade et nous nous levons avant de nous mettre en marche pour allez chez lui. Sur le chemin, nous parlons des cours et de comment Jongho vit son récent déménagement. D'après lui, il le vit plutôt bien, même s'il n'est pas vraiment habitué à la grande ville qu'est Séoul et c'est tout naturellement que je lui ai proposé que si jamais un jours il avait voulait visiter Séoul, je serais ravie d'être son guide.
Nous arrivons dans une des grandes rues de la capitale et nous devons marcher encore quelques pas avant que Jongho s'engage dans une petite ruelle sur la droite. Sans regarder vraiment où je me trouve, je le suis, et ce n'est que quand je me trouve au milieu du chemin, que je m'arrête soudainement. Une pression se fait autour de ma cage thoracique et j'ai l'impression de ne plus réussir à bien pouvoir respirer. Une sensation glaciale s'empare de mes entrailles et comme une main de fer, les empoigne pour les tordre dans tous les sens.
-Amy ? Tu te sens bien ? Me demande mon ami, inquiet.
-Oui, j'ai simplement la tête qui tourne.
Mensonge, mensonge, mensonge, mensonge et encore mensonge.
Jongho ne semble pas se faire convaincre par mon piètre jeu d'acteur et je prend l'initiative de lui sourire et de me remettre à marcher, pour lui montrer que ce n'est que passager.
Pourquoi a-t-il fallut qu'il passe par la ruelle où les Cavaliers ont tué un homme devant mes yeux, pour aller chez lui ? Pourquoi j'ai aussi mal réagit en entrant dans cette ruelle alors que j'y suis allée plusieurs fois depuis le drame ? Et bon sang, pourquoi j'ai l'impression de me faire épier ?
Quand nous sortons enfin de la ruelle, je ressens de nouveau l'air léger et frais de milieu septembre et je me sens mieux. Jongho me précise d'ailleurs que je semble avoir repris des couleurs, et il ajoute qu'il me fera une tisane quand on sera chez lui. Je le remercie de faire preuve d'autant d'attention envers moi et quelques secondes après, il s'arrête devant la double porte d'un immeuble. Il entre un code et la porte s'ouvre après un petit bruit sourd. Il me laisse passer en premier et je le remercie. Il nous fait ensuite monter deux étages en s'excusant car l'ascenseur est en panne, puis il sort une clef et l'entre dans la serrure du numéro 8 et ouvre la porte.
-Désolé pour les cartons, j'ai pas encore finis de m'installer. Dit-il en refermant derrière moi.
-Dis plutôt que tu t'es pas du tout installé oui. Dis-je en rigolant.
Effectivement, à part un frigo, une table et un canapé, le sol de l'appartement est jonché de cartons, certains ouverts et d'autres non. Même la télé est à même le sol.
-Si t'as besoin d'aide pour aménager, je suis là.
-Merci, j'y penserais. Me répond-t-il en souriant.
Mon ami brun disparait dans sa petite cuisine pour sûrement préparer la tisane qu'il m'a promit et pendant ce temps, je regarde les murs de son appartement, encore vierges de toutes décorations. Ça me rappelle quand Yves et moi avions aménagé ensemble, on avait passé des jours à se mettre d'accord sur la décorations et des jours encore à tout installer. À ce petit souvenir, je sens mon cœur se serrer légèrement.
Non, ne pense pas à ça maintenant Amy, tu parleras de cette situation avec Yves en rentrant.
***
-Je peux savoir pourquoi elle n'est pas dans la cave ? Demande sévèrement Hongjoong.
-Parce qu'elle n'es pas encore prête. Répondit le plus jeune du groupe.
Le chef de cette joyeuse petite bande lâche un petit rire qui montre qu'il est agacé par la situation.
-Eclaire nous sur ta pensée Jongho, on t'écoute.
Les sept autres membres du groupe fixe Jongho qui se tient debout devant la longue table sur laquelle ils ont l'habitude de faire toutes leurs réunions. Jongho lance un regard en biais à Mingi qui ne semble pas pouvoir lui venir en aide. Avec ses yeux, il fait un rapide tour de la table qui se tient devant lui. Mingi aimerait pouvoir l'aider mais il n'a aucune idée de comment, San a l'ai désintéressé de la situation mais regarde quand même la scène qui se déroule autour de lui, Yunho regarde simplement Jongho étant curieux de savoir de quelle manière il compte s'en sortir, Wooyoung s'amuse à planter légèrement la pointe d'un de ses couteaux sur le bout de ses doigts, Yeosang regarde la scène avec un petit sourire montrant que la situation l'amuse, Seonghwa pose sur lui un regard froid et distant se demandant aussi comment il va se dépatouiller pour s'en sortir, et Hongjoong laisse sa colère briller dans ses prunelles en croisant ses bras, attendant l'explication du plus jeune.
-Elle a eu une sorte de malaise en passant dans la ruelle, elle n'est pas encore assez détachée de sa stupide meilleure amie et on n'est pas encore assez proche pour qu'elle me confie plus de choses.
La mâchoire du chef se contracte mais avant qu'il est le temps de parler, le plus vieux décide de parler.
-Je pense qu'il a eu raison. Tous les autres le regarde, intrigués. Il nous faut attendre un peu, le temps que Jongho continue de se rapprocher d'elle et de définitivement la retourner contre son amie et par la même occasion, faire de Jongho la personne à qui elle dit tout. Quand on en sera arrivé à ce stade, on pourra la kidnapper et lui forcer à nous dire tout ce qu'elle sait sur nous et comment elle l'a découvert et quand on aura toutes ces informations, Wooyoung s'occupera d'elle.
Un silence plane dans la salle de réunion du groupe. Jongho ne sait pas pourquoi Seonghwa est intervenu en sa faveur mais il lui en est infiniment reconnaissant. Puis Hongjoong accepte de faire comme le plus vieux à dit et quitte la table. Un par un, les membres des Cavaliers quittent à leur tour la table pour partir vaquer à leurs occupations. Il ne reste donc que Seonghwa et Jongho.
-Merci de-
Mais le plus jeune ne peut finir sa phrase car Seongwha se lève pour s'avancer vers lui en lui coupant la parole.
-C'est la dernière fois que je te sauve la mise Jongho. Tu as peut-être eu raison de vouloir attendre avant qu'on l'enlève, mais si le plan ne marche pas, c'est de toi que Wooyoung devra s'occuper.
Puis, après un dernier regard sévère de la part du bras droit de Hongjoong, Seonghwa quitte la salle principale de la planque des Cavaliers.
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