✨ Chapitre 41 ✨

Je vois tout noir là. « Oh non ! Ne me dites pas que je me suis transportée à la cafétéria où tout le monde est présent en ce moment ?! », je prie en silence.

J'entends le hurlement de Liya et les rires de tous les élèves. Je me relève tant bien que mal, puisque je me trouve actuellement sur une table.

Quand j'arrive à descendre, j'ai de la purée partout. Heureusement, Liya me donne plusieurs serviettes pour que je me nettoie. Je le fais sans tarder. Mais je sais que tous les regards sont rivés sur moi. Je ne me sens pas du tout bien mais ce n'est pas pour ça que je ne vais pas me montrer fière.

Quand je relève enfin la tête. Je vois que tous les professeurs me regardent incrédules. Je crois qu'ils n'avaient pas remarqué que je n'étais pas présente au dîner.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ? me demande un des professeurs.

- Vous voyez bien que je m'amuse à sauter dans la purée ! C'est vraiment bien, vous devriez essayer. Si, si je vous jure ! Non mais franchement..., je leur lance en levant les yeux au ciel et en croisant mes bras sur ma poitrine.

J'ai décidé d'utiliser la carte de l'humour. Tous les élèves et quelques professeurs, donc Yogusto, rigolent. Mais les autres, y compris ma mère, ne sont pas du tout contents.

Je croise le regard de ma mère et je la défie sans aucune gêne. Avec ce que nous nous sommes dits tout à l'heure, je vais me gêner, tiens.

- Pourquoi n'étais-tu pas au dîner ? me questionne un deuxième professeur.

Personnellement, je n'ai pas envie de répondre. Ça ne les regarde pas.

- Je n'avais pas faim, je leur réponds finalement avec un sourire sarcastique.

Je sens le regard de mon groupe posé sur moi. Ils doivent se demander ce qui se passe. Seule Liya sait tout. Étrangement ma mère ne dit rien. Elle reste silencieuse.

Le professeur qui venait de me poser la dernière question continue de me parler :

- Diana, tu connais le règlement. Même lorsque l'on ne veut pas dîner, on reste. Il y a une autre raison, je pense, dit-il en se tournant vers tous les professeurs.

Ceux-ci acquiescent et ma mère continue à m'observer. Je ne sais pas ce qu'elle pense mais ce ne doit pas être bon du tout.

- Tu étais où pour vouloir te télétransporter ici ? continua celui qui avait commencé l'interrogatoire.

Ces questions commencent vraiment à m'agacer. Il n'a pas le droit de me poser des questions comme ça, même dans cette situation. Je n'ai même pas envie de répondre. Je n'ai même plus envie de rire, en fait. Je veux juste partir.

Je regarde tout le monde. Je suis dos à la porte de l'entrée de la cafétéria. Je fusille une dernière fois ma mère du regard et je fais demi-tour. Je marche d'un pas certain vers cette grande porte verte, en bois.

D'un coup elle se ferme, quelques pas avant que je ne la traverse. Je me retourne et vois ma mère, debout, son bras devant elle. Je comprends qu'elle veuille me garder ici, mais malheureusement pour elle, ce ne sera pas possible.

Même si je dois briser la première règle fondamentale de l'école, je n'ai pas peur. Je lui lance un sourire plein de sous-entendus, me retourne et passe ma main devant la serrure en disant, haut et fort :

- Sortius Angora...

La porte s'ouvre et des centaines de murmures s'élèvent de la salle. Les professeurs sont indignés. Mais je n'avais pas d'autres choix. Je veux cacher le plus longtemps possible l'existence de Maxime.

Vous allez me dire que j'aurais pu mentir, mais le truc c'est que ça se voit quand je mens ou dissimule la vérité.

Je me retourne une dernière fois admirant cette foule, la tête haute. Je lance un dernier regard à Liya et je disparais, prenant le portail pour rentrer sur Terre.

Heureusement, je le connais par cœur celui-là. J'arrive bien dans ma chambre, pas très bien rangée d'ailleurs. Je suis debout et j'essaie de ne plus penser à ce qui vient d'arriver.

Il est cinq heures du matin. Je regarde autour de moi et je commence à avoir mal à la tête. Mais c'est impossible ! Le portail me régénère. Je ne peux pas être fatiguée.

Ma tête tourne de plus en plus. Les contours des objets qui se trouvent sur mon bureau me paraissent flous.

D'un coup, je ne tiens plus et m'effondre sur mon lit, agonisante. Mes yeux deviennent humides, tellement j'ai mal. Mais aussi subitement que la douleur est arrivée, elle repart. Mais je ne peux plus me lever et mes yeux se ferment tout seuls pour laisser place à des images troublantes.

Je me trouve dans une grande pièce, plutôt sombre. Je suis en compagnie de deux autres personnes. Deux garçons. Ils ont tous les deux les cheveux noirs.

Nous sommes tous les trois enlacés. Je me vois et je suis tout simplement bien en leur compagnie. La vision se rapproche et je peux distinguer leurs traits. Celui qui m'enlace à gauche a des yeux aussi noirs que ses cheveux. Il a les mêmes traits que le deuxième. Mais celui qui se porte à ma gauche, je le connais. C'est Raphaël.

Nous sommes tous les trois, nous étreignant les uns les autres. C'est comme si nous nous retrouvions. Puis soudain Raphaël nous dit, d'une voix forte et assurée :

- Nous voilà enfin réunis !

Tout se met à reculer dans ma tête, comme si le temps défilait à toute vitesse. J'en ai mal à la tête, encore plus que tout à l'heure. Puis tout s'arrête.

Je suis sur une voix ferrée, qui a l'air abandonnée. Raphaël y est assis et je me vois le rejoindre. Je parle avec lui mais je n'entends aucun son, comparée à tout à l'heure. J'ai l'air vraiment stressé mais j'essaie de ne rien montrer, je me connais.

Brusquement, Raph se lève, il a l'air vraiment désorienté. C'est peut-être dû à ce que je viens de lui dire ? On dirait qu'il s'excuse, mais de quoi ?

Dès que je me pose cette question. Tout commence à s'emmêler, comme il y a quelques instants. Je suis en train de revenir à la réalité.

Plus aucun trace de fatigue ne se fait ressentir. Comme si rien ne s'était passé. Mais ce n'est pas le cas. Je sais ce que j'ai vu et les images repassent en boucle dans ma tête sans que je puisse les stopper.

Puis, tout d'un coup. Je me rends compte que les flashs ont un vrai sens. Tous les morceaux de puzzle qui s'étaient éparpillés dans mon esprit commencent à se recoller entre eux. Et la vérité éclate :

- Raphaël est mon frère...

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