Chapitre 17
Quand je me lève le lendemain matin, je soupire. On est jeudi. Et jeudi, il y a piscine. Piscine sans moi. Je jette un coup d'œil à mon emploi du temps et découvre que c'est en début d'après-midi. J'aurai sûrement des devoirs et je ne pourrai pas les accompagner.
À moins que...
Je me prépare, descends prendre mon petit-déjeuner et sors. Une Volvo orange tourne au coin de la rue au moment où je verrouille la porte. Elle s'arrête devant chez moi tandis que la vitre se baisse:
- Je t'emmène? me propose Roxane.
Je hoche la tête, ravie, et m'engouffre dans la voiture. Elle démarre et nous restons silencieuses.
- Dis-moi, je suis un peu curieuse, pouffe-t-elle. Qui était ce joli garçon avec toi, hier?
- Oh? Bastien. C'est mon meilleur ami.
- Hmm... Ami? Je crois que tu es plus pour lui, me confie-t-elle.
Je baisse les yeux et triture un fil de ma veste:
- Je sais. Mais, je ne l'aime pas et j'ai peur de le perdre si je le repousse, alors, je préfère faire semblant de ne rien voir. Tu ferais quoi à ma place?
Roxane inspire profondément et réfléchit.
- Je ne sais pas trop. À ton âge, j'étais un petit boudin, donc, je n'avais pas ce genre de problème.
Je pouffe:
- Un petit boudin?
Elle rit:
- Oui. Une fille invisible que les garçons ne remarquent pas. Donc, personne ne m'aimait. Qu'est-ce que je ferais à ta place? Hmm... Je ne sais pas. Peut-être que tu devrais carrément mettre les pieds dans le plat? hasarde-t-elle.
Je hoche la tête:
- Ça fait des années que je me dis qu'il faut que je le lui dise, mais... quand je suis en face de lui, je n'ai pas le courage.
Elle me sourit tristement et nous discutons encore quelques minutes, jusqu'au lycée. Là, elle me salue et démarre. Je rejoins mes amies puis la cloche sonne et nous nous rendons en cours.
La prof de physique nous donne un exercice pour la semaine prochaine, puis, nous nous rendons en maths.
Là, je fais quelque chose que je n'avais jamais fait. Quelque chose à laquelle je n'aurais jamais songé.
Au lieu d'écouter le cours, je me mets à faire mes devoirs de physique. Mes amies sont incrédules. Il ne m'est jamais arrivé de gribouiller dans mon cahier parce que je m'ennuyais alors, me voir faire mes devoirs pendant le cours les sidèrent.
Je me concentre sur mon exercice en essayant de ne pas être perturbée par le cours qui se déroule en même temps. Bon, je prends quand même quelques notes, écoutant d'une oreille seulement.
- Madison?
Je sursaute. J'étais tellement dans mon exercice que j'ai complètement oublié le cours. Je lève les yeux vers le tableau et essaie de comprendre la succession de chiffres. Je vois que toute la classe est mal pour moi. Mais, au contraire, moi, je vais très bien. Je sais que je vais trouver la réponse sans que le prof ne se doute que je n'ai pas écouté. Je fais confiance à mon cerveau. En quelques quarts de secondes, mon cerveau trouve quel calcul je dois faire et ensuite, le résout:
- Ça fait 33, monsieur, déclaré-je.
Il acquiesce, non sans avoir hoché un sourcil surpris et reprend son cours. Tessa me fait un clin d'œil. Je lui souris et me penche sur mon cahier où je continue mes devoirs.
- Madison? m'appelle une seconde fois mon prof, plus tard.
Je lève les yeux.
- Mais monsieur! Vous m'avez déjà interrogée! protesté-je.
- J'ai l'impression que tu n'écoutes pas. Quelle est la réponse?
J'étudie le tableau une nouvelle fois et soupire:
- 274. Vous savez, je suis capable d'écouter le cours en faisant autre chose.
- Peut-être, mais j'aimerais que tu te concentres sur le cours.
Je hoche la tête, "contrite". En réalité, je ne le suis pas du tout et je n'ai absolument pas l'intention d'écouter son cours. Je veux finir mon exercice. C'est tout.
Je le termine un quart d'heure plus tard et range mes affaires de physique. Là, je me concentre sur le cours et le prof m'adresse un sourire appréciateur.
Je m'arrange pour finir mes devoirs pendant les deux heures suivantes, et je prie pour pouvoir accompagner mes amis à la piscine. Mme Pince, étant prof de sport pourrait refuser que je les accompagne pour ne pas fragiliser encore plus ma cheville.
Je ne doute pas que si je devais rester en permanence, la classe présente avec moi serait les SDF. Comme par hasard. Pourquoi n'ai-je plus confiance en le hasard? Peut-être parce que ça fait un peu trop de "hasard" justement?
Tout le repas, je croise les doigts, et quand vient l'heure d'aller en sport, je trépigne de savoir enfin. Voir nager les autres n'est pas aussi amusant que de nager, mais ça l'est largement plus que rester en permanence.
--
Alors, qu'est-ce que vous pensez?
Vous croyez qu'elle va pouvoir les accompagner ou bien qu'elle va devoir rester en étude (avec les SDF, ou pas)? Je précise que votre réponse n'influencera pas la suite puisque le prochain chapitre est déjà écrit (mais, je le posterai la semaine prochaine. Je sais, je suis très méchante!), donc, n'hésitez pas, et vous verrez bien si vous avez eu raison.
Allez, bisouuuuuuus!!
Cécilie
Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top