7. Lactea Via
Bon, je vous annonce la couleur de suite : ce chapitre ne peut même pas être considéré comme un chapitre tant il est court... Mais, s'il vous plaît, ne me trucidez pas.. ^^'
Si vraiment ça ne vous convient pas, je pourrais ajouter un chapitre Mercredi, mais ça ne fera que raccourcir le temps de sortie, puisqu'on s'arrêtera quand même au chapitre 10.. Dans tous les cas, sorry.
Mais je vous aime !
Bonne lecture !
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Ariel.
La galaxie est si grande qu'elle me gobe toute entière, comme on mange une chips pour ne pas mettre des miettes partout. Elle m'absorbe, m'avale et me digère. Bientôt, je n'ai même plus conscience d'avoir été quelqu'un. Des vents interstellaires magiques, gonflés à la vie, me malmènent et jouent avec moi. Ils ne sont pas animés comme je le suis, pourtant ils en rient, et leurs rires carillonnent dans mon crâne qui n'existe plus.
Ils chahutent tant avec moi que leur divertissement me transforme. Je veux les suivre, m'amuser comme ils le font, parcourir cet étonnant univers fait d'étoiles scintillantes incapables de demeurer stables. Elles s'agitent, disparaissent et se téléportent ailleurs, à la fois si proches de moi que j'imagine pouvoir les rejoindre pour découvrir ce qu'elles sont, et trop loin pour pouvoir ne serait-ce que déterminer leurs contours. L'espace est dans ma tête, sans y être, car je n'ai plus de tête. Je ne sais d'ailleurs plus ce que c'est. Une cage ? Une enveloppe charnelle de l'esprit, pour l'empêcher de vadrouiller là où je me trouve ?
J'aime cet endroit. Il ronronne de quiétude, c'est sombre et illuminé, chaud et tendre, mais frais et agréable, combustion et agglomération, et ses discordances s'accordent, tels le ying et le yang, et je comprends que ces lieux ne représentent ni la vie ni la mort, mais le cycle intemporel de la renaissance.
Ici, l'équilibre l'emporte et ses vents gargantuesques n'ont pas pour rôle de chahuter, mais celui de guider. Sans chemin tracé, sans ligne incorrigible, mais plutôt dans une infinité de possibilités et de choix qu'il suffit d'oser frôler, d'espérer épouser.
Et ces chants qui permutent et se répercutent, sans qu'on puisse savoir s'il s'agit d'une seule chose ou de plusieurs, s'unissent dans l'écho désordonné de leur danse endiablée, pour chatouiller mon moi et l'inciter à me galvaniser.
Quand je prends enfin connaissance de la pureté de cette essence fabuleuse qui m'entoure, je n'ai plus qu'un désir qui habite ce qu'il reste de moi : les rejoindre, fusionner avec cette brise universelle.
Pour cela, je dois me défausser de la carcasse d'humanité qui compose encore mon esprit, le débarrasser de tout ce qui aurait pu un jour en faire son individualité, pour accepter pleinement la dissociation que forme la perfection.
Les morceaux peuvent s'agglomérer et se reformer à l'infini pour former tout ce qui peut l'être. Faire le choix de se compartimenter en un assemblage imparfait limite les possibilités, restreint le simple fait de concevoir.
Pour devenir, je dois me perdre.
Pour enfanter, je dois me déposséder.
Pour composer le tout, je dois abandonner le Un.
Je veux nager dans cet océan galactique. Être l'écaille qui miroite de milles parures pour s'associer à l'infiniment grand, à l'infiniment uni.
Je veux être tout pour être la perfection d'un.
Je veux...
Je me fonds, je me disloque, et je touche l'extase de l'abdication.
Adieu Ariel.
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