Chapitre 38

Pdv Ginny

Je luttais de toutes mes forces pour ne pas m'endormir la tête dans mon assiette. Les conversations autour de moi me paraissaient si lointaines, ma seule envie était de me glisser dans mon lit, fermer les yeux et enfin pouvoir me reposer.

- Ginny, reprends de la salade.

Je relevai doucement la tête afin de regarder ma mère qui me tendait un saladier, le sourire aux lèvres. Je n'avais strictement aucune envie de me resservir mais je ne pus m'empêcher d'accepter. Si ça pouvait faire plaisir à ma mère.

Je m'exécutai donc, toujours préoccupée par la soirée de la veille, celle de l'anniversaire de Blaise. Il y avait tout d'abord cette lettre dont je ne comprenais toujours pas la signification ainsi que notre "rapprochement" avec Drago mais plus grave, la conversation que j'avais eu avec Pansy. Je ne pouvais pas dire qu'elle comptait pour moi, après tout je ne la connaissais pas. Seulement, ce n'était pas une raison pour ne pas me soucier de son cas. Devais-je en parler aux garçons ou non ? Tous ces événements et toutes mes questions avaient tourné en rond dans ma tête, m'empêchant d'espérer un jour trouver le sommeil.

Fred qui remarqua le peu d'entrain avec lequel je remplissais mon assiette ne put s'empêcher de me faire une remarque :

- Sœurette, j'aimerais bien savoir ce que tu as bien pu faire avec monsieur Potter cette nuit pour être dans cet état.

Inutile de préciser l'état de gêne dans lequel je venais d'être plongée à cause de mon très cher frère. Fort heureusement, il était à ma gauche et m'avait dit ça discrètement. Cependant, j'étais presque sûre qu'Hermione avait entendu quelque chose vu la manière dont elle avait failli s'étouffer avec son verre d'eau.

- Fred ! m'exclamai-je.

Harry et Ron se tournèrent vers nous.

- Ça ne te regarde pas, expliquai-je calmement. Et puis tu as tout faux, nous étions invité quelque part.

- Quelque part ?

- Oui quelque part.

Il me fixait étrangement, amusé par la situation que lui seul jugeait drôle.

- Je plaisante Ginny mais tu devrais sincèrement penser à dormir.

- Quelqu'un peut me passer le poulet s'il vous plaît ? nous coupa Ron.

Ron, toujours fidèle à lui-même. 

Le plat passa jusqu'à lui mais avant qu'il n'y parvienne, lorsque Harry le tenait dans ses mains, ma mère l'obligea à reprendre de la nourriture :

- Mange aussi Harry ! lui dit-elle toujours de bonne humeur.  En plus tu l'as trouvé délicieux, profite-en.

Harry n'eut donc pas vraiment le choix, comme moi quelques secondes auparavant et remplit son assiette en remerciant ma mère.

- Autrement, poursuivit-elle en nous lançant à tous un regard bienveillant, Arthur et moi avons trouvé que ce serait une bonne idée de vous inviter à déjeuner tous les dimanches. Vous nous manquez tous beaucoup.

Elle avait presque les larmes aux yeux. J'allai la serrer dans mes bras en lui promettant qu'on viendrait les voir au moins un jour par semaine avant de remarquer que mon père n'était toujours pas revenu. Cela faisait au moins une bonne dizaine de minutes qu'il était parti à son atelier au fond du jardin pour aller chercher quelque chose qu'il voulait montrer à Harry mais depuis il n'était pas revenu.

- Je vais aller voir si papa a besoin d'aide, informai-je tout le monde en me dirigeant vers le lieu où il devait normalement être.

- Tu veux que je t'accompagne ? me proposa Harry.

- Oui si tu veux.

Après tout il était plus concerné que moi puisque c'est à lui que mon père voulait montrer je ne savais quoi.

Nous avançâmes donc sans nous presser pour autant tandis qu'Harry revenait sur la soirée de la veille.

- Ginny ? Tu es sûre qu'il ne s'est rien passé hier soir ? Tu n'as pratiquement pas dormi de la nuit c'est qu'il doit y avoir une raison.

Trois raisons. Mais il n'y en avait aucune que je souhaitais partager avec Harry.

- Non, non. J'ai du mal digéré un truc.

Même moi je ne parvenais pas à me convaincre...

- Je ne pense pas que ce soit la seule raison. 

- Si je t'assure. Papa ! l'appelai-je pour mettre fin à la discussion.

Je n'eus aucune réponse ce qui m'inquiéta légèrement. J'avais pourtant crié assez fort.

- Papa ? réessayai-je.

Il devait sans doute être concentré dans ses recherches pour ne pas m'avoir entendu. Enfin, c'était ce que je pensais.

- Arthur ? l'appela à son tour Harry en poussant la porte de l'atelier.

J'entrai devant lui puisqu'il venait de me le proposer et parcourus rapidement l'endroit des yeux. Tout était désordonné et des tonnes d'objets s'empilaient sans pour autant avoir une autre utilité. J'ignorais comment mon père faisait pour s'y retrouver là-dedans. 

Alors que je ne pouvais quitter mon regard d'un meuble qui avait une forme particulièrement étrange, Harry me tira de mes pensées :

- Ginny, murmura-t-il en effleurant mon bras avec sa main. 

Il se mit à avancer précipitamment au fond de l'atelier ce qui me fit enfin remarquer ce qu'il se passait. Mon père se trouvait étendu sur le sol et semblait inconscient. Mon cœur loupa un battement tandis que je le rejoignis pour m'agenouiller à ses côtés.

- Papa ! tentai-je de le réveiller en lui secouant l'épaule.

Je n'obtins aucune réponse et devins par la suite incapable de faire la moindre chose comme si j'étais pétrifiée. La seule chose dont j'avais conscience était la présence d'Harry à ma droite. Il finit d'ailleurs par me secouer lui-aussi en voyant que je ne réagissais pas.

- Ginny, tu devrais aller prévenir ta...

- Il n'y aura pas besoin Harry, le coupa mon père qui venait d'ouvrir les yeux.

Mon corps qui s'était mis à trembler sans que je ne m'en aperçoive s'arrêta instantanément. Je lâchai un long soupire de soulagement avant de me jeter dans les bras de mon père qui s'était relevé en position assise avec douceur.

- Tu m'as fait tellement peur, qu'est-ce qu'il s'est passé ? le questionnai-je, sentant quelques larmes de joie s'échapper de mes yeux.

Je vis Harry nous observer d'un air attendri. 

- Et bien bonne question, répondit-il avec un léger rire. Mais je pense que je ne peux m'en prendre qu'à moi même et que quelque chose qui n'était pas bien rangé m'est sans doute tombé dessus.  

- Dès demain je t'aide à ranger car je ne veux plus jamais revivre ça ! décidai-je.

- Je ne veux pas casser l'ambiance Ginny mais demain tu dois aller au ministère pour travailler, sourit Harry.

Étrangement, ce léger détail m'avait comme qui dirait échappé. J'allais devoir revoir Drago mais aussi Morgan. Comment dire que je n'en avais aucune envie ? 

- Oh ce n'est pas grave, me mis-je à rire à mon tour, je viendrai après !

Mon père m'embrassa la joue avant de se relever ignorant tout ce qu'il venait de se passer :

- Allons rejoindre les autres, ils doivent nous attendre. Je ne voudrai pas manquer le dessert, Fred et George ont cuisiné une tarte qui m'a tout l'air délicieuse. En tout cas, elle sentait extrêmement bon. 

- Je suis entièrement d'accord, répondis-je une fois debout également. Et puis, c'est si rare qu'ils cuisinent.

- Que deviez-vous me montrer déjà Arthur ? reprit Harry.

Il regardait tout autour de lui avec un air intéressé.

- Ah oui, alors...

Je les laissai aller voir je ne savais quoi sans pour autant être rassurée. Même si je montrais le contraire, cette histoire continuait de me perturber. La cause du malaise de mon père était-elle vraiment du à ce qu'il m'avait raconté ou était-ce du à une toute autre raison qu'il ne voulait pas que je sache ? 






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