7. Moi

Année de quatrième, une des pires de ma scolarité. Cette année-là beaucoup d'événements se sont enchainés. J'avais quelques amis avec qui je rigolais bien mais je ne les connaissais pas vraiment. J'étais une bonne élève en qui les professeurs avaient confiances. Mon père vivait toujours avec nous et il avait un rôle de chasseur pour le village il patrouillait dans la forêt, avec Blacky (« un animal de service avec lequel il existe un risque de blessures grave » enfin d'après le certificat que papa affichait dans le salon) pour... En fait je ne sais pas il ne me parlait pas de ce qu'il faisait dans les bois. Je n'osais pas demander. Bref.

Cette année, mes notes déjà étaient en chute libre, moi je lisais des romans à l'eau de rose au lieu des classiques à étudier, je rêvais de trouver l'amour au lieu de faire mes devoirs, je m'imaginais dans les bras de mon adoré qui me chuchoterait au creux de l'oreille qu'il m'aimait au lieu de suivre les cours. Donc en conséquence mes parents avaient décidé de me faire travailler le soir. Je ne voyais plus personne mise à part à l'école. Je ratais tous les évènements qui était important à nos yeux de collégiens, la fête d'un tel ou l'anniversaire d'un autre. Je m'éloignais donc de mes amis n'étant pas au courant des derniers potins du genre : Michael il a embrassé Ella alors qu'il sort avec Mina, Lily a changé de coupe, Bernard a retiré son appareil mais maintenant il met de lunettes, etc.

Cette année-là aussi un évènement vraiment grave était arrivé.

En revenant de l'école j'ai découvert maman en larmes sur le canapé, elle tenait un morceau de papier dans sa main droite et une enveloppe rouge dans celle de gauche. Je me suis approchée, j'ai ouvert la bouche mais rien, je n'ai rien dit. Ma mère m'a vue et m'as pris dans ces bras et elle m'a serré, fort, très fort contre elle de manière désespérée. Et moi, j'ai sentie des larmes qui coulaient le long de mes joues je sentais également un immense sentiment de tristesse qui m'envahissait ; ma mère ne me l'avais pas encore dit mais mon père venait d'être banni du village. Et ce jour-là, elle m'avait aussi dit qu'il était un loup.

Bien sûr après cette histoire, tous m'ont fui et m'ont ignoré.

Mais cette année, c'était aussi celle où nous découvrions nos animal totem, je me souviens les soirs que j'avais passé à revoir une à une les qualités que j'avais, mes traits de caractères et mes aptitudes ; le sentiment de joie intense et de stress total qui m'avait envahie quand on m'a appelé à la salle du texte et surtout je me souviens du désarroi et de l'incompréhension que j'ai ressenti quand on m'a annoncé que mon animal totem était :







Une vipère. Moi qui aimait aider les gens et qui cherchait toujours un moyen d'aider mon prochain, on m'assimilait à un animal solitaire, venimeux et dangereux.

Depuis, je me suis toujours dit que le village ne nous disait peut-être pas tout.

Cette lettre est vraiment étrange quand même. Dire qu'elle a réussi à faire resurgir des souvenirs que je croyais enfouis au plus profond de mon esprit. Je plie cette lettre empoisonnée et la pose sur ma table de chevet au-dessus de l'enveloppe couleur sang.

Un rayon de soleil traverse la vitre de ma chambre. Le ciel dégagé annonce une journée ensoleillée mais étrangement je n'ai aucune envie de sortir de chez moi. Aujourd'hui c'est la remise des diplômes, mais je ne vois pas pourquoi je devrais y aller je n'ai personne à féliciter et je n'ai pas passer le test. A cette pensée, je jette un coup d'œil furtif à la lettre sur ma table de chevet. Je la prends et la remets dans son enveloppe, avant de la caler entre deux livres. Pas besoin de remuer le couteau dans la plaie.

Habillée rapidement, nourriture dans les bras, je vais vers la grange pour voir les louveteaux. Ils s'amusent à se courir après utilisant les bottes de pailles comme obstacles pendant que je remplie leur bol. Les petits gloutons sentent l'appel de la nourriture et se précipitent vers moi.

« Alors, vous vous sentez bien ici ? dis-je en caressant Mint Leaf. »

Il plonge son regard dans le mien, celui-ci pétille, il me lèche comme le ferait un petit chien.

« Je prends ça pour un oui ! ..... Dites-moi vous pensez que je devrais aller à la remise des diplômes ? »

Ils se regardent tous les trois un petit moment avant de sauter sur moi et de me lécher le visage.

« Hahahaha ! C'est bon, stop ! J'ai compris je vais y aller. M'exclamais-je en me redressant. Petits chenapans, va ! »

Sur ces dernières paroles, je me dirige vers ma chambre et me change rapidement, et me précipite vers le lieu de la cérémonie.

Sur l'espace en plein air, des élèves, des parents et des professeurs, rient, parlent, stressent, ensembles ils parlent peut-être entre eux pour la dernière fois avant que certains ne partent pour l'extérieur.

Je déambule tranquillement dans cette foule quand soudain j'aperçois une chevelure blanche. C'est Diane Fox, elle parle avec une jeune fille, surement une citadine, je ne l'ai jamais vu au village, aux cheveux roses et aux yeux violets. La jeune fille s'éloigne et j'en profite pour m'approcher de Diane. Soudain, elle se retourne et son visage impassible fixe un point au loin. Elle se retourne et mon cerveau tourne à plein régime pour trouver un moyen de l'aborder.

« Excuse-moi... Diane Fox...Je...euh ? »

Elle se retourne et après m'avoir examiné un instant, elle me lance :

« Quoi ?

- Diane, on dit que tu as un pouvoir spécial.

- Bien sûr, je m'en moque, puisque je suis une sorcière.

- Non, dis-je gênée. Je...euh... Est-ce que c'est vrai que tu peux deviner nos animaux totem ? »

Elle me dévisage, avec une telle intensité que sur le moment j'ai peur qu'elle me dise de m'en aller et de la laisser tranquille. Mais j'ai besoin de son aide pour savoir si je au fond de moi je suis telle que le jury en à décider au si je suis celle que je veux devenir.

« Diane, nous ne sommes pas amies mais... j'ai besoin d'en avoir le cœur net. Je crois que mon animal totem n'est pas le bon. » Je chuchote ces derniers mots pour éviter de me faire entendre.

Elle prend mes mains et ferme les yeux. Elle se concentre, avant d'éclater de rire.

« Tu l'as vu ?

- Oui... Mais désolé, mes pouvoirs sont rouillés parce que j'ai vu... j'ai vu une licorne.

- Je le savais, chuchotais-je. Ils se sont trompés je ne suis pas une vipère. Merci Diane, merci. »

Je la laisse et m'enfonce dans la foule. Maintenant j'ai la confirmation que je peux être une bonne personne et que le jury s'est trompé sur mon compte.

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