25 Décembre : How to Save your life


•25 décembre :
How to save a life  j-stoneheart-j


1625 Preston Street, Balitmore.
24 décembre 2018 — 13h12
Appartement de Louis.

Cette histoire est courte. Ou longue. Je ne sais pas, je ne pourrais pas vous le dire. Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes le 24 décembre, je suis par terre, et je sens que je vais mourir.

Une douleur s'éveille au niveau de mon thorax et mon souffle se coupe sous la douleur, sous l'impression désagréable de compression que je ressens. Mon bras gauche me lance, comme si mes veines allaient exploser sous la pression de mon sang. Je tremble. Je tremble et je sens les gouttes de sueurs perler et glisser le long de mon dos. Me faisant désagréablement frissonner.

Je repense à la veille. J'aurais dû agir à ce moment là. Ce moment où le sommeil ne venait pas malgré la fatigue omniprésente. Ce moment où tous mes membres s'engourdissaient depuis quelques temps. J'aurais dû être alerter. Mais je ne l'ai pas été.

Cette histoire est courte. Ou longue. Je ne sais pas, je ne pourrais pas vous le dire. Puis-je vous garantir ou vous promettre que je n'ai pas été alerté ? Non. Parce que je ne le sais pas. Je ne le sais plus. Peut-être que j'ai envie de mourir ? Ou peut-être que je vais me battre. 

Pour moi, pour eux, pour lui.

C'est en tremblant, le souffle court, que je compose le numéro d'urgence. Ce numéro qui est dans mes favoris mais que je prends toujours le temps de re-composer, juste pour me rappeler que je suis là, malade, mourant. Je m'allonge alors, j'essaie d'oublier la douleur, mais elle est là. Elle est toujours là. Je m'allonge et attends mon sort. Cette fatalité : les urgences qui m'emmèneront dans mon second chez moi. L'hôpital. Cet endroit trop propre, trop désinfecté. Je crois que je suis encore plus malade à l'idée d'y retourner.

— « 911, quelle est votre urgence ? » me demande l'opératrice.
— « Je m'appelle Louis, Louis Tomlinson, » je commence, automatiquement, comme un robot. Toujours les mêmes phrases, les mêmes mots. « Je réside au 1625 Preston Street, Baltimore dans le Maryland. Je vous appelle parce que je crois que je vais faire une crise cardiaque. »

Et c'est sur cette triste fatalité que je raccroche.

Alors oui, cette histoire est peut-être courte. Ou longue. Je ne sais pas, je ne pourrais pas vous le dire. Tout ce que je sais, c'est que je vais peut-être mourir.

***

« Trop souvent, ce que l'on désire le plus au monde est inaccessible. Nous le désirons, mais nous ne pouvons pas l'avoir. Le désir peut nous briser le coeur, nous anéantir. Nous briser entièrement. Le désir peut être si ardent qu'il peut faire de notre vie, un enfer. C'est dur de vouloir quelque chose qu'on ne peut pas avoir. Mais ce qui est le plus dur, c'est de ne pas savoir ce qu'on veut. Je le désir, mais lui ne veut plus rien. » -H.

***

Hôpital John Hopkins
24 décembre 2018 — 16h17
Service chirurgie

Liam.

— « Expliquez moi la situation, Docteur Horan. »

Mon interne s'approche du lit du patient, s'apprêtant à réciter ce qu'il sait du cas présent devant lui. C'est un moment de grande pression pour tous les internes en médecine parce qu'il en va de leur crédibilité aux yeux du patient et à ceux de ses titulaires. Dont moi. C'est à ce moment là que commence la guerre entre eux : qui aura le dossier ? qui est le plus compétent ? Ça fait de ce moment, une fierté sans nom, une reconnaissance de ses pairs, l'étalement des connaissances qu'on passe des heures et des heures, des nuits et des nuits, à compléter. Tout simplement de prouver qu'on mérite sa place dans cette terrible arène qu'est la médecine.

Le docteur Horan est victime du regard des autres. Un problème énorme dans ce métier, un problème qui lui pèse et lui vaut des remises en questions constante. Qualifié de « trop gentil », « trop amical ». Foutaise. Il n'est qu'humain. Beaucoup plus humains que la majorité des cons de notre métier. Et ce qui me blesse le plus par rapport à mon interne, c'est que ça lui fait mal. Je sais qu'il travaille deux fois plus que les autre pour montrer qu'il mérite sa place. Comme je sais qu'il se contient le plus possible devant notre patient. Patient qu'il connaît par cœur, tout comme moi et pas mal de personne dans ce service.

— « Louis William Tomlinson, 32 ans, serveur de profession. Admis aux urgences dans l'après-midi suite à une crise cardiaque, causé par un caillot sanguin. Notre patient, monsieur, » dit-il poliment à l'intention de Louis, comme si il ne le connaissait pas, « présente des symptômes de fatigue constante, gonflement léger des jambes et de l'abdomen, une perte d'appétit et une perte de poids, une douleur constante au niveau du sternum ainsi qu'une difficulté à respirer. Tout cela en plus de la dîtes crise. »

— « Quel est votre diagnostic Docteur Malik ? Et que recommanderiez vous ? »

Niall se recule tandis que je me tourne vers le basané. De tous les internes de cet hôpital - et même de certains médecins, c'est sûrement lui qui va devenir le plus grand chirurgien de sa génération. Le meilleur neurochirurgien au monde. Je n'ai aucun doute quand il s'agit de l'avenir de Zayn. Je n'ai aucun doute quand il s'agit de ses capacités...

— « Selon les symptômes, le diagnostic que j'ai dressé lors de sa première visite ici serait que Monsieur Tomlinson souffre d'une insuffisance cardiaque, due, selon son dossier, à une cardiomyopathie mal soignée, ce qui explique la crise cardiaque. Pour ré-affirmer cela et pour pouvoir surveiller son avancement, je recommanderais tout d'abord une échocardiographie ainsi qu'un ECG. Et si nécessaire, une radiographie thoracique et un cathétérisme cardiaque." J'hoche la tête pour confirmer ses propos.

— « Un caché-té quoi ? » interrompt Louis perdu. Je pouffe, depuis le temps qu'il entend ce mot, il ne l'a toujours pas digéré.

— « Un cathétérisme cardiaque, » reprend Zayn, un sourire aux lèvres « le Docteur Styles vous l'a déjà fait, il explore votre coeur grâce à une sonde. »

Et comme à chaque fois, comme à chaque rappel, je vois Louis frissonner. Mais je ne saurais dire si c'est à l'idée d'une sonde dans son cœur ou à l'évocation du nom d'Harry. Il sourit aux deux interne puis tourne son regard vers moi. Il me communique à nouveau sa peur du bloc, sa peur de tout ce qui est pour moi banal mais pour lui désespérément effrayant malgré la triste habitude.

Habitude, oui, c'est triste à dire. La maladie lui a gâché la vie et c'est visible dans la fatigue présente dans ses traits. Mais Louis est fort, il s'en sort toujours et s'en sortira toujours.

— « Bien, » je reprends fier de mes élèves « que faut-il faire si il s'avère que le diagnostic soit juste, comment traite-t-on une insuffisance cardiaque ? Docteur Antonelli. »

— « Oh, heu, mh, je... » je lève les yeux au ciel, exaspéré. J'entends Louis pouffer à côté de moi et ce bruit me calme. Je le regarde et souffle un coup. Ce que je demande est un classique en chirurgie,  que peut-elle bien faire en médecine si elle ne connait même pas la base ? Je la vois rougir de malaise.

— « Selon les résultats des examens, » répond le docteur Horan, « il y a trois choix possible : un pontage, un remplacement valvulaire ou une greffe. »

— « Malheureusement, » reprend Malik, « un pontage a déjà été fait, sans effet. Le remplacement valvulaire n'a pas eu plus de réussite, nous le voyons bien là. Il ne reste plus qu'une alternative... »

— « La greffe. » finit tristement Niall. Je ferme les yeux fortement avant de les rouvrir.

— « Très bien vous deux, je vais bipper le docteur Mayer en attendant que je trouve le docteur Styles et que je lui parle de ce qui va suivre. Horan, Malik, vous restez sur ce cas. »

***

« Je pourrais abandonner. Mais voilà le problème, je l'aime. Et je n'y arrive pas. Comment je pourrais abandonner ce qui me motive chaque jour ? Comment je pourrais abandonner ce qui me maintient debout, vivant. » -H.

***

Hopital John Hopkins
24 décembre 2018 — 16h45
Bloc 4 - Chirurgie

Harry.

—« Faites un décompte de 10 à 0 », demande l'anesthésiste à mon patient.

La patient s'endort complètement au chiffre sept. C'est quelque chose qui même après des années et des années d'expériences, me subjugue toujours autant : endormir un corps, rendant toutes choses, toutes actions aussi indolore et aussi extraordinaire. C'est aussi impressionnant que de soigner quelqu'un. Sans cette anesthésie, le patient souffrirait ou pire : il pourrait mourir et on ne soigne pas quelqu'un pour que la souffrance soit plus fort ou mortel. Ça n'a pas de sens.

— « Bistouri s'il vous plaît. Et musique. »

Cette phrase et mon rituel avant chaque début d'opération, que je demande aux infirmières de bloc. Une douce mélodie apaisante au piano résonne dans le bloc pendant que l'infirmière à ma droite me tend l'instrument chirurgical. Je jette un dernier regard à mon patient endormi avant de regarder l'écran affichant ses constantes. Stables. J'inspire et me répète intérieurement :

Harry, cet homme à une famille, une fille et un petit fils qui attendent son réveil, une femme qui ne dort plus depuis qu'il est malade et tu as le pouvoir de le sauver. Sauver leur quotidien. Ferme tes yeux et visualise l'opération : une incisions le long de la partie médiane de la face antérieure du thorax à travers le sternum. Puis deux incisions au niveau des jambes pour retirer des veines utiles pour le pontage. Simple. Tu as fais beaucoup plus compliqué. Tu ouvres, tu soignes, tu refermes et tu as rendu la vie de cet homme meilleure.

Je souffle et commence, jetant un dernier coup d'oeil à l'électrocardiogramme, sous le regard - je le sens - impressionné des quelques dizaine d'internes chanceux en salle d'observation. Je sais ce que je vaux dans le métier, je pratique l'opération cardiaque comme un artiste devant un tableau. Un virtuose du bistouri.

J'aime me comparer à un artiste - et je sais, les médecins ne sont pas connu comme les plus modestes - un artiste qui vit son art de tout son soûl. Parce que c'est ce que je fais. Le corps humain est mon terrain de jeu, le cœur est ma mission et je sais que j'ai réussi mon oeuvre quand les points de sutures sont parfaite et que le patient se réveil. Je ne fais pas ça pour l'argent ou pour la gloire. Pas au premier lieu. Mais pour les sourires des familles, pour la vie du patient. C'est sûrement pour cela, pour cette patient, qu'à chacune de mes opérations, même les plus basiques comme celle-ci, que la salle d'observation est autant rempli d'étudiant.

J'ai bientôt fini mon opération et j'entends la porte du bloc s'ouvrir. Je grogne. Je déteste être dérangé pendant l'une de mes opérations. Un homme grand, brun, son visage caché derrière un masque chirurgical s'approche de moi. Liam James Payn, titulaire en chirurgie générale et également mon meilleur ami, toujours présent pour moi, pour mes nerfs et pour rendre ma vie hors de cet hôpital moins fade et insipide.

— « J'ai un service à te demander Harry ! » Il appuie sur la fin de mon prénom, le prolongeant désespérément. Je lève les yeux au ciel, fredonnant pour lui donner la parole. « J'ai un patient pour toi, insuffisance cardiaque ! »

— « Argh », je grogne, « pourquoi tu veux me refiler un patient ? Le docteur Mayer ou les autres ne sont pas là ? J'ai d'autre cas plus grave Liam, je suis overbooké, ça ne se voit pas ? » je demande en montrant mon patient allongé inconscient « Puis putain on est 2100 médecins ici, je suis pas le seul chirurgien cardiologue. »

Je grogne encore malgré le fait que mes doigts touchent l'organe de la vie avec des instruments qui en un mauvais mouvement, peuvent coûter la vie à mon patient. Mais malgré ça, personne ne dit rien. Tous le même à les yeux rivés sur mes gestes comme s'ils attendaient que je fasse une erreur. Et je n'en ferais pas.

— « Harry, rends moi ce service, tu veux ? Fais moi confiance. Tu es le meilleur et j'ai vu le dossier de cet homme, il en a vu des cardiologue, des chirurgiens, tout autant incapable les un que les autres », j'entends Liam s'énerver en me parlant et j'ai l'impression de revivre une scène quelques années plus tôt « et à cause de ça, de mauvais traitement, il a sans doute besoin d'une greffe ! »

— « Qu'est-ce que tu ne me dis pas Liam ? » je demande posément mais en restant sur mes gardes, tout en admirant le cœur de l'homme allongé sur la table que je suis sur le point de refermer. « Et calme toi un peu, j'ai un cœur en face de moi là, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. »

— « C'est... » je relève la tête vers lui, « ok... c'est Louis. »

— « Pardon ? »

— « Louis a été admis à l'hôpital dans la journée. »

Mes mains restent suspendu au dessus du corps encore ouvert du patient. Louis. Mon Louis, ici ? Des mois que je ne l'ai plus vu... depuis notre rupture. Un vent de panique me submerge : pourquoi est-il ici ?

— « Pourquoi il a été admis ? Pourquoi tu as tourné autour du pot ? »

— « Parce que j'avais peur que tu refuses vu votre passif... et il a été admis suite à une crise cardiaque... son état empire. »

— « Et le remplacement valvulaire n'a pas fait son job ? »

— « Apparemment non. Mayer lui fait passer des analyses actuellement avec Horan et Malik. »

— « Je... bien sûr que je vais l'aider Liam... tu sais que... »

— « Pas ici Harry. » il me montre les infirmières que j'avais complètement oublié. Je reprends constance.

— « Oui, bien, mh. » je toussote « Refermez le patient, j'ai fini. Je veux quelque chose de parfait. »

Je me recule, enlève mon masque et mes gants et quitte le bloc opératoire.

Louis Tomlinson est ici.

***

Hopital John Hopkins
24 décembre 2018 — 17h32
Service Chirurgie

Louis.

On toque à ma porte et je me redresse, posant sur le côté le magazine que Niall a eu la gentillesse d'aller m'acheter pour ne pas que je m'ennuie, puis j'invite la personne à rentrer. Un peu de distraction ne me ferait pas de mal du tout. Le très grand docteur Liam James Payn me fait l'honneur de sa présence et me sourit. J'adore Liam autant que Liam m'adore depuis longtemps. Nous sommes des amis de longues date, je le connaissais bien avant ma première hospitalisation ici, bien avant d'avoir rencontré Niall et Zayn, bien avant l'avoir rencontré lui...

— « Salut tête de nœud, j'ai pas encore eu l'occasion de parler avec toi. »

Il s'approche doucement de moi, m'enlaçant doucement par peur de me casser. Nous avons toujours eu une relation fusionnelle, enfin, peut-être pas au tout début parce que je ne l'acceptais pas mais alors pas du tout. Mais cette histoire remonte à loin et aujourd'hui, c'est l'une des personnes qui m'est le plus cher au monde.

— « Salut connard. »

Je ressers mon étreinte. Cela fait des mois et des mois que je ne l'ai pas vu, que nous n'avions pas eu de réelle conversation et c'est de ma faute. J'ai décidé de partir, de le quitter lui et tous les autres sans un mot. Et je le regrette autant que je ne le regrette pas. En arrivant ici, j'ai été surpris de les voir tous souriant, presque les larmes aux yeux... tous sauf un.

— « Que me vaux l'honneur de votre présence ici, ô grand docteur Payn ? »

— « Je viens au nouvelle, tu vas mieux depuis tout à l'heure ? » me demande-t-il en lisant mon dossier au pied de mon lit.

— « Comme tu peux le voir ! Au mieux de ma forme ! J'attends juste le docteur Mayer pour savoir mes résultats et de voir un .. chirurgien cardio pour la suite. » je ne sais pas si ça sera lui... « Comment vas-tu Liam ? »

— « Je vais bien, » dit-il en s'asseyant sur le bord de mon lit. « Ecoute, j'ai dis à Harry que tu es ici. »

— « C'est lui qui va s'occuper de moi ? » je demande, ne sachant toujours pas si je dois être heureux ou non.

— « Je crois bien que oui. » Je souffle doucement. « Il n'a jamais cessé de penser à toi. »

Et cette phrase me fracasse, me pousse encore plus dans le ravin de la culpabilité. Harry est mon premier petit copain, mon premier tout. Je n'ai jamais eu de chance en amour, et c'est même assez cliché de dire ça mais... c'est vrai. J'ai eu une courte histoire à mes dix sept ans... mais les gens ne veulent pas s'accrocher à une personne qui va peut-être mourir. Ils ne veulent pas souffrir inutilement. J'avais rencontré quelqu'un ici dans cette hôpital à mes vingt ans mais elle est morte, et j'ai souffert mais c'était prévisible. Puis il y a eu Harry...

Quelqu'un frappe à la porte et mon cœur manque un battement... je n'attends personne d'autre que lui. Est-ce que c'est lui ? Je n'ai pas le temps de me faire plus de film que la porte s'ouvre sur Niall. Tout heureux.

— « Pause dîner ! Salut Liam, coucou Lou ! J'ai pas eu le temps du coup : Joyeux réveillon ! »

Et je ne sais pas si je suis déçu ou combler. J'ai l'impression d'être constamment dans un ascenseur émotionnelle depuis que j'ai été admis ici. Je souris doucement à Niall avant que quelqu'un toc à la porte.


***

Hopital John Hopkins
24 décembre 2018 — 17h44
Service Chirurgie

Harry.

J'inspire doucement et toc à la porte. J'entends vaguement des rires, il n'est pas seul. Certainement avec Liam et Niall, sûrement aussi Zayn. J'ouvre la porte et en relevant enfin la tête, je croise son regard. Et la seule chose que je puisse ressentir à cet instant, c'est l'énorme bordel que me cause cet homme. Je sens mon cœur s'accélérer. J'analyse son visage, il a encore maigri, ses yeux sont plus claire, sa peau plus blanche, ses lèvres rouges légèrement teintée de bleu. Et malgré tout ça, tout ses mois, il reste incroyablement beau et je reste irrémédiablement amoureux de lui.

— « Arrêtez de vous faire l'amour du regard s'il vous plaît, » tousse Liam. « On est là. »

— « Hm, » je commence, essayant de reprendre mes esprits. « Je.. je n'ai pas besoin de me présenter, je suis le docteur Styles... ton.. votre chirurgien cardio-vasculaire. Je m'occuperais de toi... vous. »

— « Salut Harry, » me dit-il et mon coeur bat plus fort pour lui. Et je cède. Jetant au loin mon professionnalisme.

— « Salut Louis... comment tu vas... physiquement ? »

— « Je... » une quinte de toux lui prends « désolé ma gorge me brule et j'ai encore un peu mal au cœur. »

Je fronce les sourcils quand je lis la douleur sur son visage. Je l'ai déjà vu. Il lutte pour garder les yeux ouvert et je vois son torse s'élever et s'affaisser trop rapidement. Je m'approche rapidement de lui.

— « Louis ! Louis ! Merde Louis ! » crie Liam, mais je ne l'entends pas.

Je sors ma lampe et soulève ses paupières.

— « Pupille dilatée, » je dis à mes collègues.

— « Thorax silencieux » me réponds Liam en sonnant les infirmières déjà alerté. La machine se met à hurler, je lance un regard à l'électrocardiogramme et il est à cinquante battement par minute, et ça diminue.

— « Bradycardie. »

Je regarde Louis, toujours inconscient. Non, non, non, pas maintenant. Pas après tout ce temps passer sous silence. Zayn rejoint Niall et nous aide, je les entends demander des anticoagulant et de l'atropine pour accélérer les battements de son cœur alors que j'ai l'impression que le mien m'abandonne. Je me déplace pour faire une intubation trachéale pour faciliter les voies respiratoires quand tout s'arrête.

Tout s'arrête alors que je tiens l'incubateur entre les mains, prêt à l'enfoncer dans sa trachée. Alors que l'infirmière allait injecter l'atropine dans sa perfusion. Tout s'arrête après que Liam ai crier aux infirmiers d'aller chercher un putain de défibrillateur.

Le coeur repart normalement, il rebat comme ci rien ne venait d'arriver. Je sens son souffle sur ma main devenir plus régulier et pendant que tout le monde s'affaire autour de lui, je pars. Je n'en peux plus. Je passe la porte et la claque avant de me glisser contre le sol. Des larmes glissent le long de mes joues.

Et quand je sens une présence à côté de moi, me murmurer des choses que je n'arrive pas à comprendre, je lâche la bombe que je retiens depuis si longtemps.

— « Je ne veux pas le perdre encore, je ne veux pas Liam, » mes paroles sont hachées à cause de mes spasme. « Je ne veux pas, pas lui, pas Louis, s'il te plait je ne veux pas. Pas maintenant qu'il est revenu. »

Il me caresse le dos de haut en bas, pour me rassurer. Je me lève doucement et me dirige vers la salle de repos, épuisé par mes larmes.

***

Hopital John Hopkins
24 décembre 2018 — 23h49
Service Chirurgie

Louis.

Je me réveil et j'ai l'impression qu'un camion m'a roulé dessus tant mes muscles me font souffrir. Je souffle doucement, ouvre les yeux et tombe sur... un cachet et un verre d'eau ?

— « C'est pour ta migraine. »

Je sursaute et me tourne contre la personne qui m'a parlé. Et assis sur le canapé, je vois Harry, entrain de me regarder.

— « Je... Merci. »

Il s'approche de moi et m'examine rapidement. Il a son air professionnel et je sais qu'il ne veut pas parler. Ma santé l'a toujours plus inquiété qu'autre chose et même si il doit me détester de tout son cœur et me cracher sa haine tel une vipère, eh bien il attendra toujours de veiller à ce que j'aille mieux.

— « Tu as souvent ce genre de crise ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu une telle chose lors de tes précédentes hospitalisations. »

— « Oui, ça m'arrive assez fréquemment ses derniers temps. Je commence par une sorte de crise d'asthme, j'ai du mal à respirer et ça s'enchaine. Ça passe assez rapidement et je récupère après une petite sieste. »

— « C'est dangereux Louis, c'est ton cœur qui provoque tout ça et ça veut dire qu'en plus d'être de moins en moins efficace, il devient même nocif pour toi. »

Je baisse le regard et hausse les épaules. Qu'est-ce que je peux y faire après tout ? Rien. Je sais ce qui m'attends, je sais que je suis sur une liste d'attente et qu'il y a des gens avant moi. Je sais tout ça. Alors je ne peux rien faire a part subir et attendre que la mort me fauche.

— « J'ai essayé de t'oublier, » je sursaute à sa voix.

— « Je sais. »

— « J'ai essayé de ne plus y retourner, tu sais, dans nos endroits à nous. »

— « Je sais. »

— « Mais comment tu peux savoir tout ça ? » s'emporte-t-il doucement.

— « Parce qu'au fond de moi, je t'attendais. Chaque jour, dans nos endroits secret. Je t'attendais mais je ne voulais pas te voir, pour ton bien, pour préserver ton coeur même si je souffrais au sens propre comme au sens figuré. Chaque jour, je t'y attendais et tu n'es jamais venu, » je murmure.

— « Louis je... » j'entends des reniflements et relève la tête pour voir des larmes glisser le long de ses joues. « Tu m'as manqués. Tout ces mois à me demander pourquoi tu étais partis, pourquoi tu m'avais quitter sans me donner la moindre explication... »

— « Je ne voulais pas te faire de mal, je me suis dis que je devais juste partir pour que tu souffres moins de mon cas désespéré. Tu vivais tellement mal ma maladie Harry... et si j'étais mort ? »

— « Et tu crois que me lever chaque matin en me demandant si t'es encore vivant c'est mieux ? » il crie « je t'aimais Louis. Et je n'ai jamais cessé. »

— « Harry... j'ai fais ça pour ton bien... pour ne pas que tu souffres. »

— « Mais la décision devait me revenir si c'était le cas Louis ! C'était à moi de prendre cette décision, à nous deux ! Pas juste à toi. »

Il s'approche de moi et essuie les larmes présente sur mes joues, je ne les avaient même pas senti... Il s'approche de moi, ses yeux brillent à cause des larmes et il murmure inlassablement « je t'aime », « tu m'as abandonnés », « ne m'abandonne pas ». Et je voudrais ne pas lui faire du mal. Je suis parti pour ne pas retarder sa souffrance. Plus on attendait, plus elle aurait été dévastatrice...

Il est encore plus proche et nos lèvres se frôlent et se touche. Il m'embrasse et je le suis dans cette douce valse. J'ai le sentiment de faire une connerie en laissant mes sentiments passer avant son bonheur...

— « Joyeux Noël Louis... »

— « Joyeux Noël Harry... »

***

Hôpital John Hopkins
25 décembre 2018 — 10h30
Service Chirurgie

Patron : « Bonjour Louis, suite à de multiples absences à votre poste, je suis contraint de vous licencier. Vous recevrez sous peu un courrier le stipulant. Je suis désolé. Bonne continuation. »

Après le départ d'Harry hier, j'ai reçu ce message de la part de mon (ex) patron, stipulant la fin de mon contrat et je ne sais pas comment agir. Je n'ai pas les moyens de prendre un avocat et de contester et je... je n'ai plus les moyens pour payer mes soins. J'ai demandé ce matin à l'infirmier si il pouvait me chercher un devis concernant mon hospitalisation et la note à six chiffres m'a refroidi. Je n'ai plus d'emploi et plus d'assurance pour prendre en charge mes soins.

J'ai mal de savoir qu'en plus d'être malade, je n'ai plus d'argent pour simplement me soulager. Je bip une infirmière et me redresse. Je n'ai pas le choix, je dois partir et chercher un travail pour survivre au moins et ne pas m'endetter avec l'hôpital.

— « Oui monsieur Tomlinson ? » me demande l'infirmière en arrivant. « Oh... vous allez bien ? » elle me tends un mouchoir et j'essuie mes joues humides.

— « Oui, merci. Je souhaiterais un formulaire de sortie contre avis médical s'il vous plaît... »

— « Vous êtes sûr ? »

— « Oui, certain. » dis-je.
— « Je vous apporte ça. »

Je sais que c'est lâche. Harry, Liam, Niall et Zayn sont parties cette nuit ayant fini leur gardes et ne reviennent que demain. Mais j'ai honte. Je sais ce qu'ils vont me dire et me proposer et je ne veux pas de leur argent. J'ai honte de vivre aux crochets des autres. Je ne peux juste pas...

L'infirmière m'apporte mon document et me débranche de toutes mes machines. Je m'habille et quitte les lieux, non sans peine.

***

Hôpital John Hopkins
25 décembre 2018 — 14h
Service Chirurgie

Harry.

J'ai très peu dormi cette nuit. Je n'ai pas eu la tête à ça malgré la fatigue omniprésente. En quelques heures, j'ai appris le retour de Louis dans ma vie et ai assisté à une de ses crises. Oui. Je pensais à lui et je pense encore et toujours à lui. Lui et ses lèvres, à nos retrouvailles et à sa maladie. J'ai essayé de comprendre les raisons qui l'ont poussé à partir la dernière fois et je pense pouvoir les accepter avec le temps, quand j'aurais digéré son précédent départ.

Peu importe, je quitte actuellement ma voiture garée dans le parking de l'hôpital et entre dans mon lieu de travail. Je n'ai pas l'habitude de venir ici quand je ne suis pas de garde mais je veux passer du temps avec Louis. L'aider, le comprendre et l'embrasser encore et encore. Liam m'écoute me plaindre au téléphone depuis tout à l'heure mais ce n'est pas grave. Pour une fois que ce n'est pas moi qui subit ses fantasmes et sa frustration par rapport à Zayn.

— « Et tu lui pardonne ? » me demande-t-il.

— « Je ne sais pas. Il va me falloir du temps tu sais, mais je le comprends quelque part. J'aurais pas agit comme ça certes mais chacun est différent.

— « Je vous le souhaite. »

— « J'y crois... en nous. J'ai foi en nos sentiments. »

Je sors de l'ascenseur et me dirige dans sa chambre. Je salue mes collègues et les infirmières sur mon passage. Ils n'ont pas l'habitude de me voir en tenu de ville, de tous les jours. Donc je sens leur regard s'attarder plus que nécessaire sur moi. Je m'en fiche.

— « Bon mec, j'arrive dans sa chambre. Je vais passer la journée à tenter de rattraper le temps perdu. » il rigole alors que je pousse la porte. « Sal... euh. »

— « Quoi ? »

— « Où est Louis ? »

— « Pardon ? » s'affole Liam.

— « Je te rappelle. »

Je ne le laisse pas répondre et raccroche. Je regarde autour de moi et sa chambre à été lavé. Elle est propre et vide. Je me dirige vers le placard et rien. Lui aussi est vide. Je commence à paniquer.

Je sors brutalement et me dirige vers l'accueil des infirmières de l'étage.

— « Salut, heum », je regarde son badge « Camille. Ouais. Pouvez vous me dire s'il vous plait où est Louis Tomlinson s'il vous plait ? »

— « Oh, je ne sais pas, attendez. »

Je m'adosse au comptoir et l'attends tandis qu'elle tape sur son clavier. Elle fait glisser son siège roulant vers des casiers et fouille un peu partout. Elle en sort une feuille et me la tends.

— « Monsieur Tomlinson a signer une décharge pour sortir contre avis médicale. »

— « Quand ? »

— « Un peu plus tôt dans la matinée. Je n'en sais pas plus je viens de prendre mon service, il faudrait demander à la ronde de ce matin. »

Je la remercie poliment de la tête et me recule. Je sors mon téléphone et voit cinq appels manqués de Liam et deux messages de Niall. Je n'y prête pas attention et quitte cet endroit. Il ne peut pas être partie comme ça. Pas une nouvelle fois. Pas après hier...

Et si c'était hier la cause ? Pourquoi je l'ai embrassé ? Pourquoi il ne m'a pas repoussé ? Putain de merde il est instable, fragile. Je m'assois sur le trottoir la tête entre les mains et je réfléchis. Je n'ai jamais su où il habitait pour une raison qui m'échappe. Et je me creuse la tête sur l'endroit ou je pourrais le trouver.

Louis a toujours été un grand bosser et je me frappe la tête pour me punir de ne pas avoir trouver la solution plutôt. Peut-être qu'il est dans son bar ? Oui ! C'est ça j'en suis certain.

Je me relève rapidement et marche d'un pas décidé  vers son bar, oubliant ma voiture... Ce n'est pas une quinzaine de minutes de marche qui vont me faire peur. Je marche malgré le froid hivernal. Toutes les boutiques sont fermées et je me rappelle aujourd'hui qu'on est noël et j'ai de moins en moins d'espoir à trouver ce bar ouvert.

Néanmoins, mes prières ont été écoutés puisqu'il est ouvert. Il n'y a que des personnes seules. Certaines déjà ivres de solitude en cette journée et je pourrais être comme eux. Je n'ai rien prévu pour cette année, pour noël. Ma famille vivant trop loin et mon travail me bouffant toute mon énergie. Je parcours la salle du regard mais je ne vois pas Louis. Seulement le patron du bar que je crois reconnaître.

Je m'avance vers lui mais je me retrouve frapper par tous les souvenirs qui nous lient, Louis et moi, à cet endroit. C'est contre cette poutre que je l'ai embrassé pour la première fois hors des murs de l'hôpital. Et c'est sur ce comptoir que je touche en ce moment, que l'on à fait l'amour après une fermeture, un soir. J'inspire profondément et m'avance vers le patron d'un pas déterminé.

— « Bonjour, qu'est-ce que je vous sers ? »

— « Bonjour, où est Louis ? »

Je demande sans me soucier de sa question ou du ton que j'emploi. Le barman relève la tête et me regarde en fronçant les sourcils.

— « Oh mais je vous reconnais vous ! » lance-t-il.

— « Ouais, je voudrais juste savoir où est Louis s'il vous plait. »

— « Louis ne travail plus ici. »

— « Quoi ? » je m'écris « Mais ce travail, c'est toute sa vie ! »

— « Bah écoutez, c'est la vie, » dit-il en levant les épaules. « Je n'y peux rien. »

— « Ouais ok. Vous savez où il habite ? »

— « Oui, mais je ne suis pas disposé à vous donnez son adresse. Je n'ai pas le droit de divulguer ce genre d'information. »

J'inspire profondément et sors mon portefeuille pour y sortir un billet de cinquante dollar. Il regarde le billet, tenté mais toujours silencieux. Je sors un autre billet de la même sommes  mais pose violemment ma main dessus quand il s'apprête à les prendre.

— « L'adresse d'abord. » dis-je fermement.

— « Ok, ok, je vais vous chercher ça. »

Il disparaît derrière une porte et réapparait cinq minutes plus tard avec une feuille de renseignement. Je la prend et récupère mes billets sous ses yeux surpris.

— « Eh ! Mon argent ! »

— « Connard ! » je crache.

Je sors rapidement du bar et rentre l'adresse de Louis dans mon téléphone : le 1625 Preston Street. C'est à quelques minutes de marche seulement d'ici. Je souris et prends la route.

***
1625 Preston Street, Balitmore.
25 décembre 2018 — 16h22
Appartement de Louis.

Je frappe à la porte de Louis, mettant la main contre l'oeillade pour être sûr qu'il m'ouvre la porte. J'entends du bruit venant de l'appartement suivit d'un geignement criant qu'il arrive, avant que la porte ne s'ouvre. Cependant, quand il me voit, au lieu de me claquer la porte au nez, il l'ouvre grand et me sourit doucement.

— « Entre, je t'en prie. »

— « Pourquoi tu es partis Louis ? »

— « Je n'ai pas vraiment eu le choix... » me dit-il en se grattant l'arrière de la tête.

— « Si c'est à cause du baiser je suis désolé, je ne le ferais plus... »

— « Harry... »

— « Non, je te le promet mais Louis il est question de ta santé, s'il te plaît, reviens »

— « Je ne peux pas. »

— « Tu changeras de médecin, je te laisserais entre les mains de Mayer, » je supplie.

— « Harry... »

— « Je t'en prie... »

— « Je n'ai pas d'argent pour payer les soins ».

Je me tais et je fronce les sourcils. Je le regarde et il est gêné. Je reviendrais sur ce sujet plus tard, je ne pense pas qu'il soit dans l'immédiat prêt à me parler de ses soucis d'argent. Mais je ne le lâcherais pas. Je saurais et je l'aiderais. Je le ramènerais à l'hôpital quoi qu'il en coûte.

Je regarde autour de moi. Son appartement est petit, il n'y pas beaucoup de meuble ni beaucoup d'objet personnel. Ça reste assez froid.

— « Je n'étais jamais venu chez toi. »

— « C'est triste chez moi. Je me sentais mieux chez toi. » je souris tendrement et je m'approche de lui.

— « Je n'ai eu personne après toi, » je murmure.

— « Moi non plus. » Nos mots ne sont que chuchotement. Une bulle s'est créée autour de nous.

— « Tu m'as tellement manqué »

— « Prouve le moi. »

Et je me jette sur ses lèvres pour lui prouver tout l'amour que j'éprouve pour lui. Pour lui montrer à quel point il m'a manqué. J'embrasse chaque parcelle de sa peau. Le goûte et redevient accro à son goût, à sa douceur. Nous faisons l'amour avec passion, même si j'essaye de le ménager et ne pas trop l'épuiser, pour sa santé. Il me mort, me griffe, me caresse et exprime toute sa frustration et son impatience sur mon corps.

Louis est dans mes bras, sur son lit. Je le regarde et il faut que je lui dise.

— « Reviens à l'hôpital. »

— « Je n'ai pas d'argent. »

— « Pourquoi tu as quittés ton travail ? » je demande, ne comprenant toujours pas.

— « J'ai reçu un message, quand tu étais pas là. Un message de mon ex patron me disant qu'il me licencie à cause de mes absences... »

— « Mais il n'a pas le droit ! » je le coupe.

— « Je sais. Mais je ne peux rien y faire. Plus de job, plus d'assurance. Je ne peux pas payer mes soins ou mon hospitalisation. »

— « J'en ai moi. »

— « Harry... »

— « Louis.. tu vas mourir sinon... »

— « Je n'ai pas peur de mourir, je n'ai plus peur. »

— « Moi si Louis... j'ai peur que tu partes. J'ai peur que tu meurs, j'ai peur que tu me laisses seul. N'abandonne pas Louis... je t'en prie... ne m'abandonne pas. Pas encore une fois. »


***
Hopital John Hopkins
31 décembre 2018 — 17h30
Service Chirurgie

Harry.

Bip bip bip.

Le bruit incessant de mon bippeur me sort de mon demi-sommeil, je regarde ma montre. Je n'ai dormi que vingt minutes. C'est trop et pas assez en même temps. Il est 17h30 et Liam me demande, il ne me demande jamais. Pas comme ça en tout cas. Je m'étire, faisant craquer toutes les articulations de mon corps, contractant tous mes muscles pour bien me réveiller avant de quitter cette petite chambre inconfortable. Je traverse les couloirs, salue les infirmières de garde et les collègues venant d'arriver et je sors mon téléphone pour envoyer des messages d'insultes à Liam. Il est introuvable.

— « Docteur Styles ! » je me tourne vers un infirmer. « Le docteur Payn vous attend dans le bloc 2. C'est une urgence. »

Je n'ai pas le temps d'assimiler ce qu'il me dit que mes jambes se déplacent automatiquement. J'attrape un masque et le colle contre mon nez et ma bouche pendant que je pousse la porte du bloc.

— « Qu'est-ce qu'il se passe ? »

— « Harry, » Liam est concentré mais son ton est sérieux. « Cet homme est mort d'un accident de voiture il y a plusieurs heures, le patient qui devait avoir la greffe est mort aussi. » il se tourne vers moi tandis que je vois le docteur Mayer s'occuper du prélèvement de son cœur. « Le centre de transplantation nous a dit que ce cœur irait à Louis. Il est compatible. »

— « Quoi...? Mais c'est génial ! »

— « Harry va te préparé on a pas une minute à perdre ! Il est dans le bloc d'en face. »

Je sors rapidement mais me stop en plein milieu du couloir, devant la porte du bloc un. Je souffle et passe les portes et commence à me laver les mains et la naissance de mes avants bras correctement avec la solutions antiseptiques alcooliques. Je fais craquer mon cou et sèche soigneusement mes mains avant d'entrer dans la salle d'opération. Un infirmière m'enfile mes gants et une autre ma blouse, j'attache mon masque et m'approche du patient étendu sur le lit.

— « Pas trop stressé ? » je demande à Louis.

— « Je ne sais pas. Non ? » il me demande. « J'ai l'impression de ne pas mériter ce cœur. »

— « Ne dit pas trop de connerie. »

— « Eh ! Est-ce que c'est même légal que tu m'opères ? »

— « Ne dis pas de connerie, je l'ai déjà fait. »

— « Oui mais là c'est différent. » il se tait avant de reprendre « Si je meurs, tu t'en voudras alors que ça ne sera pas de ta faute. »

— « Je suis le meilleur médecin de l'hôpital Lou, tu ne vas pas mourir. Ce cœur est à toi, tu l'attends depuis tellement longtemps... »

Je lui souris doucement tandis que l'anesthésiste s'approche de lui, un masque dans la main qu'il pose sur son nez et ses lèvres.

—« Faites un décompte de 10 à 0 », demande-t-il.

— « Je t'aime » lance-t-il « 10, 9, 8, 7, 6... »

Et il s'endort complètement. Et le fait que ce soit lui me subjugue encore plus. Il est complètement endormi et ne sens plus rien. Ses traits sont reposés comme jamais ils ne l'ont été et il est beau. Louis est beau et je dois le sauver. Après cette greffe, sa vie ne sera plus la même, on pourra vivre, à deux. Et faire le tour du monde.

— « Bistouri s'il vous plaît. Et musique. »

Une douce mélodie apaisante à la guitare résonne dans le bloc pendant que l'infirmière à ma droite me tend l'instrument chirurgical. Toujours le même processus. Je jette un dernier regard à Louis, endormi avant de regarder l'écran affichant ses constantes. Stables. J'inspire et me répète intérieurement :

Harry, cet homme est l'homme de ta vie. Il a longtemps souffert de ses problèmes cardiaques et il compte sur toi pour vivre à nouveau, croquer la vie à pleine dent. Ce n'est pas le seul. Il y a tout ses amis et il y a toi. Toi qui l'aime. Alors sauve son quotidien pour être heureux. Ferme tes yeux et visualise l'opération : une incision verticale au niveau du sternum. Tu retires le cœur et le remplace par le nouveau et tu pries fort pour qu'il batte. Tu ouvres, tu soignes, tu refermes et tu rends sa vie meilleure.

Je souffle exerce une pression au niveau du sternum pour l'ouvrir. Le cœur est visible et je suis concentré. Je relie avec attention chaque vaisseaux sanguins lié à son cœur, à l'appareil de circulation extracorporelle et une fois l'appareil en marche, je retire son cœur, en faisant attention de garder les quatre veines pulmonaires. Je le prends délicatement dans mes mains et le regarde un instant avant de le déposer doucement dans un plateau. Je regarde Louis et me permet de souffler un peu. Plus de retour en arrière possible.

Une personne rentre suivit de Liam et tend une petite glacière hermétiques à l'interne face à moi qui s'occupe de récupérer le cœur et me le tendre. Je le place dans sa nouvelle place, dans le corps de Louis et commence mon travail, je le relie aux vaisseaux et aux tissus cardiaques de Louis. J'aspire l'air et déclampe l'aorte. Quand j'applique la dernière suture, je me recule.

— « On va voir si ça fonctionne maintenant... »

Toute la salle retient son souffle mais rien ne se passe, le cœur ne bat pas. Je souffle mais garde mon calme. Je prends mon défibrillateur et applique une petite impulsion électrique. J'attends quelques secondes. Toujours rien. Son cœur ne veut pas battre. Je perds mon calme. Ça ne peut pas se terminer comme ça.

— « Injectez 1 mg d'adrénaline. »

C'est quand j'entends les battements régulier émis par l'électrocardiogramme que je souffle et me détends. Je me rapproche de lui et débranche l'appareil, refermant toutes les incisions que j'ai faite et veillant à ce qu'il n'est plus qu'une légère et fine petite cicatrice.

J'ai réussi.

***

Hôpital John Hopkins
31 décembre 2018 — 23h55
Unité de Soins Intensifs.

J'entre dans la chambre de Louis et le voit réveillé. Il est faible, pâle mais me sourit. Il est là, vivant, allongé devant moi et je suis heureux de pouvoir croiser ses yeux. Je m'approche des infirmières pour regarder ses analyses post-op et souris en voyant les résultats.

— « Salut toi... » me murmure-t-il d'une voix rauque.

— « Salut... » je murmure à mon tour. « Tu te sens comment ? »

— « Vivant. » il me sourit et je ne peux pas m'empêcher de le lui rendre.

Je m'approche de lui et l'embrasse tendrement, je suis fier de moi, fier de lui et j'ai foi en notre avenir. Il se détache de moi, regarde brièvement par dessus mon épaule et me chuchote.

— « Bonne année Harry. »

Je me tourne rapidement vers l'horloge et voit qu'il est minuit passé. Je le regarde et me baisse pour l'embrasser, encore et encore.

— « Joyeux nouveau départ, » dis-je en posant ma main au niveau de son cœur.

— « Il ne sera joyeux que si tu es avec moi. »

— « Je le serais, toujours. »

— « Harry, je ... »

Mais d'un coup, ses yeux roulent en arrière et l'électrocardiogramme s'alerte. Je ne comprends pas ce qui arrive. On me tends un défibrillateur mais je ne peux rien faire à part le regarder. Je me sens bousculer, on m'éloigne de Louis mais je ne veux pas ! Non !

— « Non ! » je crie « Lâchez moi ! Louis ! Louis ! »

Je supplie mais personne ne m'écoute, un bras me retient et je sais que c'est Liam. Il me murmure de me calmer mais je n'y arrive pas, je ne comprends pas. Qu'est-ce que j'ai fais de mal ? J'essaie de me repasser l'opération en tête, voir où j'ai pu déconner mais je ne vois rien. Rien du tout.

— On le perd ! On le perd ! Chargez ... »

Mais je n'entends plus rien à part le bruit incessant et continu de l'électrocardiogramme.

Bip...


Epilogue.

Je suis dans un bateau, naviguant sur l'eau turquoise, presque transparente, me rapprochant de cette île de rêve que je n'ai vu que dans les films où à la télévision, mais qui est pourtant là. Je n'ai jamais pu voyager à cause de ma maladie mais je le peux maintenant. La musique nous berce et les vagues dansent doucement autour du bateau. J'arrive enfin sur l'île et quand je tourne la tête, je le vois, mon ami, mon amant, mon amour, mon tout, chapeau à la tête, livre dans la main.

Nous sommes déjà en maillot de bain, un cocktail nous rafraîchit de cette chaleur intense, nous jetons nos montre loin de nous, nous voulons simplement nous déconnecté du temps, profitez de l'instant. Profitez tout court.

Quand la nuit tombe et que de son briquet, mon homme allume le feu nourrit par le bois, nous pouvons nous détendre, champagne à la main, nourriture devant nous.

Je me pose et je souris à Harry.

— « Nous aurions pu passer Noël dans une ville froide, tu sais, pour coller au tradition, » me dit-il en souriant.

— « J'ai supporté le froid de Baltimore assez longtemps je pense, ici on est au soleil et c'est tout aussi bien. »

— « Joyeux Noël Louis. »

— « Joyeux Noël Harry, » je dis tout en m'approchant de lui.

Il y a un an jour pour jour, je me croyais mourir. Je n'avais plus aucune raison de rester. Mais aujourd'hui tout a changé.

Aujourd'hui, je suis vivant.

Le petit mot de la fin :

Tu es adorable et cet os est génial merci de l'avoir écrit et d'avoir égayer ma matinée ❤️
J'imagine pas les recherche que tu as du faire WOW ❤️❤️❤️❤️

Merci de pas avoir tuer loulouuuuu j'avais un peu peur ❤️❤️❤️




Merciiiiiiiiiii d'avoir partagé ta plume avec nous 🥰

Soutenez le ❤️❤️❤️Son os est entièrement bénévole il ne souhaite pas gagner un prix mais ça n'empêche que vous pouvez le soutenir ce pti bouchon

Its Christmas 🎄
Merry Christmas 🎁
A demain pour le dernier :)

XxxL

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