Soirée avec Colin
Comme il est encore tôt, je n'ai pas spécialement envie de rentrer chez moi tout de suite. Je propose à mon comparse d'aller boire un verre au " Tapas & Beer ". Nous pourrions apprendre à mieux nous connaître, car mis à part le travail, nous ne partageons pas vraiment grand chose. C'est toujours sympa de s'apprécier entre collègues en dehors du cadre du travail.
Le Tapas & Beer est un bar assez chaleureux, il propose des bières de toutes origines, et des tapas à tomber. Le lieu utopique pour se vider la tête.
Le cadre se veut cocooning, lumières tamisées, musique jazzy, fauteuils confortables, chaises ou même des bancs. Des tables mange debout également. Il y en a pour tous les goûts.
Colin accepte volontiers. Le trajet se passe assez rapidement, le bar n'est pas très loin du boulot.
Nous arrivons dans le quartier " chic " de la ville. Enfin chic n'est pas vraiment le mot approprié, c'est juste le " quartier " le plus animé de la ville. Pas vraiment de violence, en temps normal. Même s'il arrive quelques bagarres par des gars un peu éméchés qui ne savent pas tenir l'alcool, en général pas de quoi fouetter un chat. Ou de fouetter un gars pour aller au commissariat.
Une fois notre place prise sur le parking. La façade du bar nous fait face. Les tons de noirs et jaune lui donne un style très rafiné. Nous nous dirigeons vers l'entrée d'un pas ferme, bien décidé à décompresser de cette journée de dingue.
Après avoir salué Marc, le gérant du bar, nous nous installons sur un sofa couleur camel. Hum, je soupire d'aise en m'installant. Super confortable. Je crois que je devrais investir dans le même style pour mon chez moi. C'est juste dingue comme c'est confortable. Un vrai nid douillet.
Mais bon, si j'investi dans le même style, je n'aurais plus le même plaisir en venant ici, m'affaler sur ce doux sofa. A méditer.
J'aime venir dans cet endroit, Marc le patron, ami de longue date, qui à la base était aussi celui de mon ex, en premier d'ailleurs ;
Depuis qu'il a appris ce qu'il s'est passé, qu'il s'est rendu compte de son " vrai " visage, si je puis dire, il lui a comme qui dirait refait le portrait, et il l'a amené chez les flics. Il ne l'a jamais revu, et est resté ami avec moi. Il ne m'a jamais tourné le dos. Bref, c'est comme un frère pour moi.
Nous passons commande, Colin prend une "Goudale" et moi
" La spéciale Beer " , ma préférée.
Avec nos bières nous prenons une assiette de Tapas, ma petite préférée de la maison ; jambon Iberico, tortillas de patatas, Pulpo Gallego, Croquetas, Sepia, Boquerones et Albóndigas, de quoi se remplir la panse bien comme il faut. Tout ce que j'aime.
Marc est le patron de la maison, et en l'occurrence il est aussi le mari de Bérénice. On se connait assez bien, et pour cause il fait également parti
du " Coup frappé " . Il m'a souvent aidé, à certains moments de ma vie. Pas toujours facile. Ce qui a renforcé nos liens d'amitié.
En réalité on se faisait souvent des soirées à quatre auparavant, jusqu'à cette fameuse soirée ou tout à dérapé avec Cédric.
Ils ne sont pas partis, ils sont restés, plus amis que jamais.
Bérénice reste ma patronne, le boulot c'est le boulot, mais l'amitié reste tout de même plus forte que le reste. Maintenant on se fait des soirées à trois, c'est pas mal aussi. A cinq aussi, avec Greg et Luc. Ce sont toujours des soirées agréables, en toute simplicité, ambiance bonne enfant. Pas besoin de chichis pour passer une agréable soirée.
Colin fait partie de la maison depuis peu, mais il détient quelque chose d'attachant, je l'aime bien, il donne envie de le protéger, comme un petit frère. On se connaît au boulot mais on ne s'est jamais vu en dehors, alors une fois n'est pas coutume, il y a une première à tout. Première soirée entre collègues, en tout bien tout honneur, bien sûr. Pas de ça entre collègues, c'est la règle d'or ! En tout cas, c'est la mienne.
Il est assez réservé, mais il accomplit de l'excellent boulot, même avec sa maladresse. Il a l'œil averti du photographe, il a ce quelque chose qui se retranscrit dans ses photos. Malgré la petite boulette de l'épisode
" Marcus ", c' est un bon élément. Je l'apprécie beaucoup.
Après nous avoir déposé nos mets et bières, je remercie Marc qui s'éclipse rapidement, le bar est bondé ce soir, comme c'est souvent le cas.
En même temps, il a bossé dur pour construire son petit bébé, il n'a que ce qu'il mérite avec son équipe, le fruit d'un dur labeur.
Toute l'équipe et à nos petits soins, toujours souriant, l'ambiance est très agréable, et les bières d'un choix excellent, certaines sont locales, et d'autres viennent de l'autre bout du pays ou de la planète. Et leurs mets, fait maison, sont tout simplement divins.
En conséquence, il a du boulot et donc nous évitons de le distraire.
Je trinque avec Colin. Le sourire aux lèvres, me remémorant la journée.
Qui, il faut le dire, restera gravé dans les anales. Pour une première c'est une première. Je lève mon verre :
- À cette mémorable journée que nous ne sommes pas près d'oublier. Aux non-mariés ! Tchin ! Lui dis-je avec plein d'entrain.
- Je valide, à cent pour cent. Je ne suis pas près d'oublier cette journée.
- Ça vous arrive souvent ce genre de choses ?
- Heureusement, non. J'aime trop goûter au gâteau des mariés.
Quoique c'est assez distrayant, je dois le dire.
Mais fort heureusement, non. Je t'avoue que c'est la première fois que cela m'arrive. Comme on dit, il faut une première à tout.
- Oui, heureusement que ça n'arrive à chaque fois. Dit-il le sourire étiré jusqu'aux oreilles.
Je l'observe, attentivement, et je dois dire qu'il a son charme, une peau de bébé au ton de pêche. Pas un poil n'est visible au menton. Des yeux légèrement en amandes, couleur vert, un vert assez classique je dois dire.
Il est vraiment mignon, je trouve. Et puis il est sympa, je suis contente de l'avoir comme collègue.
La soirée se passa paisiblement, Colin me parla de sa vie, sa formation de photographe à l'institut "The practice of photography".
Une institution remarquable, le niveau est extrêmement élevé, et c'est la meilleure pour se former au métier de photographe.
Il me parle également de sa mère, avec qui il est assez fusionnel.
Ses échecs amoureux, dont un assez douloureux, elle partit du jour au lendemain, apparemment sans un mot. Maintenant il me dit qu'il va bien, et que sa situation, même célibataire lui convient très bien.
Je le rejoins sur ce point, je suis entièrement d'accord avec lui.
Je raccompagne Colin chez lui, ce qui en somme ne me dérange pas. Et puis quand je sais que je conduis je ne dépasse pas un verre, deux maximum.
En même temps, je ne suis pas une grande buveuse d'alcool. J'apprécie de boire en soirée, comme ici, entre collègues ou entre amis, mais je n'ai jamais aimé les effets que procure l'alcool sur le corps. La tête qui tourne, l'envie de courir un sprint jusqu'aux toilettes, non vraiment, ce n'est pas pour moi. Je ne comprends d'ailleurs pas les gens qui se bourre la gueule à longueur de week-end. Quelle satisfaction cela apporte t-il ? M'enfin, ce n'est que mon avis, les gens font bien ce qu'ils veulent après tout.
Ce que je me suis tenu à faire, je me venge sur la nourriture à la place et ma balance me le fait bien savoir.
Colin est déposé chez lui. Je fais demi tour pour être dans le bon sens de marche, direction ma couette douillette. Programme du dimanche, grasse matinée en perspective.
( au téléphone)
- Oui ? Allo ?
- Madame Shell ?
- Oui, c'est moi, qui est-ce ?
- Madame, c'est les pompiers. Vous êtes bien de la famille de Monsieur Clarence Gregory ? Vous êtes son contact d'urgence.
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