« Que pensez-vous de cette couleur ?
Freyja fit tournoyer la soie abricot, brodée de fil d'or. À la lumière du soleil, la jeune fille resplendissait. Malgré ses réticences à l'idée de se marier, elle se pliait aux séances d'essayage de sa robe de mariée avec beaucoup de bonne volonté, transformant ce qui était à ses yeux un sacrifice en un moment festif. Les suivantes et les modistes s'extasièrent sur sa beauté angélique et sur la façon dont le tissu mettait en valeur sa chevelure dorée et sa peau de porcelaine.
Loin de cette effervescence, Mara, à moitié allongée sur une méridienne de velours, leva son regard de sa lecture pour scruter la soie que sa fille lui montrait. Elle esquissa un léger sourire face à sa naïveté presque touchante avant de siffler, moqueuse :
— Passable. Du moins, serait-elle bien plus belle si elle ne servait pas à habiller une de ces affreuses robes à tassel navariennes.
Sa critique, l'énième d'une longue succession de remarques qu'elle avait faites durant l'après-midi, ne toucha même plus la jeune fiancée qui leva les yeux au ciel avant de soupirer, avec douceur :
— Mère, vous ne voudriez tout de même pas que je porte une robe iriguoise à mon mariage ?
— Et pourquoi pas ? s'enquit la duchesse, d'un ton railleur.
— Cela passerait probablement pour une insulte.
Un ricanement hautain s'éleva dans la pièce, coupant court aux jacasseries des domestiques.
— C'est là ta seule raison ? Si tu cherches à me dissuader tu t'y prends mal, Freyja.
Certes, il était évident que la sublime blonde ne se priverait pas d'une occasion de montrer à tous qu'elle n'obéissait à personne, pas même la souveraine du royaume. La jeune fille soupira tandis que les modistes s'afféraient à prendre ses mesures et à arranger le fameux tassel en question sous le col en V.
— De toute façon, à défaut de choisir ton mari, je te laisse choisir ton trousseau, conclut Mara, reposant son regard sur le livre entre ses mains. Fais ce que tu veux.
— À la seule condition que je ne vous fasse pas honte...
— Tu sais où sont tes intérêts.
L'adolescente du se retenir de répliquer qu'il ne s'agissait pas de ses intérêts mais plutôt de ceux de sa mère. Elle n'avait jamais eu la même ambition que cette dernière. Mais la Meravigliosa avait de grands projets et malheur à celui qui oserait se dresser sur sa route. Béatrice ne l'avait peut-être pas encore compris mais une menace planait sur sa tête. Elle avait fait entrer le loup dans la bergerie.
Au même instant, une ombre attira l'attention de la duchesse. Elle fronça des sourcils, se redressant. Là, dans l'encadrement de la porte, elle croisa le regard noir d'Aleksi. Le jeune homme s'inclina respectueusement, son coude heurtant le pommeau de son épée. Puis il se redressa et lui adressa un petit signe de tête, discret, avant de s'éclipser.
Posant son livre sur la banquette, Mara se releva, lissant du plat de la main les plis de sa jupe. D'un pas hâtif, elle quitta cette ennuyante séance d'essayage et rejoignit son mercenaire qui l'attendait dans un petit corridor, peu fréquenté et dont les murs étaient couverts de lourdes tapisseries. Sans un mot, elle se plaça à ses côtés, le menton droit, sans lui accorder un regard. Son manque d'entrain et sa nonchalance n'échappèrent pas au jeune homme qui constata, placide :
— Pour quelqu'un qui organise un mariage censé augmenter votre puissance, vous ne semblez pas extatique...
La dame haussa des épaules avant de susurrer, balayant l'air d'un geste de la main :
— Je n'ai pas besoin que toute la Navarie soit au courant de mes états d'âme.
L'assassin esquissa un rictus narquois. Il doutait que quelqu'un ici – pas même lui ou Freyja – sache réellement un jour ce que ressentait la Meravigliosa. Ses états d'âme étaient aussi secrets que l'île de Rhün. Peut-être même plus étant donné qu'il existait des voies de communication avec l'archipel Reïdes, là où la duchesse ne laissait rien apercevoir de ce que renfermait son cœur, hormis à quelques rares occasions.
Il préféra se contenter de glisser, avec sincérité :
— Freyja est sublime. Elle charmera tous les cœurs de ce royaume.
Mara tressaillit à l'entente de ces mots. Sa fille lui ressemblait tant. Elle était comme elle, exactement comme elle. Elle se revoyait dans la délicate demoiselle qui paradait dans les soies les plus belles et les plus douces du continent... Elle aussi avait été si belle qu'on clamait partout que tout Rhün admirait sa beauté. Et où cela l'avait menée ?
Elle refusait que Freyja connaisse le même destin.
Toutefois, elle préféra changer de sujet, peu encline à parler de sa fille. Ses lèves s'étirant en un sourire mutin, toujours sans lui accorder un regard, feignant d'examiner une tapisserie poussiéreuse, elle s'enquit :
— Puisque nous en sommes à évoquer le cœur et les charmes, que donne ta mission d'espionnage auprès de notre petite servante Rhünoise ?
Le mercenaire se raidit à cette question. Voilà qu'ils abordaient les choses sérieuses. Sa conscience professionnelle refit aussitôt surface et réprimant les vifs tourments qui le gagnaient chaque fois qu'il était à proximité de la Meravigliosa, il passa une main sur son visage. Réfléchissant quelques secondes à la réponse la plus adéquate, il décida de passer sous silence les détails pour aller à l'essentiel :
— Pas grand-chose. Elle semble ignorer tout de vous. Et selon la Fersen, elle se tient tranquille et ne voit personne hormis son père.
— Qui est son père ?
— Je crois qu'il était pêcheur. Mais maintenant il officie en tant que forgeron.
Sa maîtresse hocha de la tête, sourcils froncés. Elle semblait trier les informations, les analyser pour en découvrir les ressorts. Pourtant, sans rien laisser paraître, elle poursuivit son interrogatoire.
— Pas de questions dérangeantes ?
— Aucune.
— Pas de comportements suspects ?
De nouveau, il secoua la tête négativement et avec tant d'assurance que Mara hésita. Elle avait toujours fait confiance à Aleksi dans ce genre de mission. S'il lui affirmait sans la moindre hésitation que la petite servante n'était pas un problème, peut-être avait-il raison ? Peut-être pouvait-elle se fier à lui ? Elle n'avait croisé Sigrid qu'une seule fois. Ses traits rhünois lui avaient sauté à la figure avec la même force qu'un mauvais génie qui s'échapperait d'une lampe jihilienne. Mais elle ne lui avait pas paru si menaçante.
— Peut-être me suis-je fait du souci pour rien... marmonna-t-elle pour elle-même, se massant la tempe.
Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un mauvais pressentiment, toujours logé au fond de son cœur. Et il lui était impossible de déterminer s'il s'agissait d'un pressentiment fondé ou d'une simple paranoïa. Dans le doute, il valait toujours mieux prévenir que guérir. Elle ne pouvait se permettre de prendre le moindre risque.
— Je veux que tu continues de la surveiller, ordonna-t-elle froidement.
Le mercenaire acquiesça, se tendant un petit peu en comprenant que sa mission était loin d'être finie. Une certaine amertume se déposa au fond de sa gorge et il se retint de grimacer tandis qu'elle l'ignorait toujours, lui déniant le moindre regard. Il voulait l'appeler, la forcer à le regarder. Mais il ne le pouvait pas. Alors, baissant la tête dans un geste d'assentiment, il glissa, doucement, livrant à la duchesse le fond de sa pensée :
— Sigrid ne me semble pas être une menace. Je crois qu'elle est aussi naïve et inoffensive que votre fille.
Mais sa plaidoirie tomba dans l'oreille d'une sourde. Mara n'en eut que faire.
— « Sigrid »... répéta-t-elle, détachant chaque syllabe, l'air d'en goûter la saveur sur sa langue, roulant les « r » et frappant les consonnes d'un fort accent rhünois.
Songeuse, elle plissa des yeux, pinçant des lèvres. Son nez légèrement retroussé conférait à son minois un air pensif. D'un ton un peu plus sec, presque cinglant, elle interrogea :
— Tiens-tu à cette petite servante ?
Aleksi se raidit à l'entente de cette question. Pas un seul instant elle ne l'avait regardé. Lui en revanche n'avais pas détourné des yeux, ne pouvant la lâcher du regard. Et si ses traits étaient toujours autant mesurés, égaux, il pouvait distinguer dans ses iris clairs un éclat dangereux.
S'il tenait à Sigrid ? Il était vrai qu'il avait passé pas mal de temps en la compagnie de la petite blonde. Il avait trouvé en elle un moyen de contrebalancer les élans furieux de son daemons. En cet instant, elle lui servait de balance au même titre que les épouses du cercle des merveilles. Avec ses traits rhünois, sa douce voix et ses yeux innocents, elle était une alternative idéale. Et le jeune homme ne pouvait nier qu'il appréciait réellement l'entendre chanter ses berceuses.
Avec elle, tout n'était pas extrême. Tout n'était pas folie furieuse, désir dévorant, guerre intérieure. Ce n'était qu'une petite servante. Insignifiante. Elle n'éveillait pas chez lui tout ce que Mara pouvait éveiller. Elle ne pouvait pas l'influencer comme la Meravigliosa en avait le pouvoir. Elle n'était rien. Et la duchesse était tout. Si elle ordonnait, il obéissait. Alors, baissant la tête, il glissa :
— Mon âme vous appartient, vous le savez.
Elle soupira. Ce n'était pas ce qu'elle avait demandé. Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait !
— Il n'est pas question d'âme ici, Aleksi, laissa-t-elle échapper dans un souffle las. Il est question de cœur.
Un instant, seul le silence lui répondit. Mara, sur le qui-vive, attendait que son homme de l'ombre sorte de son mutisme. Mais rien ne vint. Ses doigts se crispèrent un petit peu plus sur la tissus de sa robe, ses phalanges blanchissant. Déjà l'appréhension s'était éveillée en elle et ses griffes labouraient son ventre et ses entrailles sans pitié, creusant petit à petit le doute, laissant s'infiltrer en elle la peur.
Une peur viscérale.
Celle d'avoir perdu le contrôle. D'avoir perdu du pouvoir.
Si en apparence, elle conservait sans peine son masque d'impassibilité, intérieurement, un ouragan faisait rage, grondant menaçant. Déjà son esprit s'échauffait, à la rechercher d'une solution pour regagner ce qui avait été potentiellement perdu. Rien ne serait laissé au hasard.
Pas tant qu'elle n'aurait pas obtenu ce que son cœur désirait par-dessus tout.
Et bien du sang coulerait jusque-là...
Soudain, troublant le brouillard d'inquiétude qui s'était emparée d'elle, elle sentit la poigne ferme du mercenaire s'emparer de son poignet, franchissant la barrière de la bienséance tandis que sa paume se refermait autour d'elle avec un empressement presque désespéré.
— Vous connaissez déjà la réponse à cette question, murmura-t-il à voix basse, son timbre guttural résonnant dans le petit corridor.
À ces mots, il porta la main de la sublime femme à ses lèvres, embrassant la chevalière qui ornait ses doigts en signe d'allégeance.
En le voyant s'incliner, la duchesse se détendit aussitôt, sa poigne se desserrant et relâchant sa jupe. L'air s'infiltra de nouveau dans ses poumons naturellement et elle dut se faire violence pour ne pas esquisser un sourire de profond soulagement. Un éclat de pure satisfaction s'alluma dans les prunelles saphir de la duchesse et elle leva le menton dignement, ses lèvres s'écartant en un léger sourire fier.
Alors pour la première fois, elle tourna vraiment la tête dans sa direction. Leurs regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Elle lut alors dans les prunelles sombres de son valet une telle dévotion, une telle adoration qu'elle se sentit rassérénée. Elle n'avait rien perdu. Elle ne perdrait jamais rien.
Il lui appartenait à tout jamais.
Poussée par un élan venu du cœur, presque incongru, Mara finit par lui adresser un petit sourire. Sincère.
D'un geste doux, elle posa sa paume sur la main gantée de cuir du jeune homme qui enfermait déjà la sienne. Aleksi tressaillit, regrettant presque aussitôt cette barrière de cuir qui se dressait entre leurs deux mains. Il aurait voulu ôter ses gants pour mieux la sentir, mieux la toucher, l'effleurer, la caresser... Malheureusement, elle demeurait inaccessible. Pour toujours.
Il sentit tous ses membres se raidir, une chaleur vive se diffusant dans ses veines. Le contact des doigts de la duchesse était léger, doux, délicat. Comme un battement d'aile de papillon, comme la caresse d'une plume. Il aurait voulu les emprisonner pour toujours au creux de ses mains, emprisonner cet échange de regard pour qu'il ne cesse jamais.
Mais la bulle explosa soudain en un millier d'éclats lorsqu'une voix grave s'éleva au bout du corridor.
— Mara ?
À l'instant même où la silhouette altière et noble du comte d'Orsignac se découpa dans la lumière, la Meravigliosa brisa le contact avec son âme damnée, récupérant sa main sans plus se soucier de lui. L'expression qu'elle affichait jusque-là changea du tout au tout et elle affichait de nouveau cette moue taquine et séductrice qu'elle exposait aux regards des membres de la cours de Navarie.
Sans se soucier du regard à la fois surpris et orageux de son amant, elle s'exclama, joviale :
— Vous me cherchiez, cher ami ?
— Et je vous ai trouvée il me semble. Un homme vous attend dans le grand salon.
— Un homme ?
Elle haussa un sourcil, surprise. Le chevalier esquissa un rictus cynique avant de répondre :
— Je crois qu'il s'agit d'un messager de la reine venu s'enquérir des préparatifs.
La duchesse leva les yeux au ciel, ennuyée par cette nouvelle. Mi-agacée, mi-taquine, elle s'esclaffa, sarcastique, s'écartant d'Aleksi pour de bon :
— Et bien ! Soit ! Puisque c'est à moi de m'occuper de tout si l'on espère s'amuser ne serait-ce qu'un peu à ces noces... Je me vois dans l'obligation de vous laisser.
En passant près de son amant, il lui vola un baiser auquel elle répondit dans un éclat de rire. Avant de disparaître, gaie comme un pinçon, prête à aller voler dans les plumes de ce messager jusqu'à le faire retourner dans les jupons de la reine, au bord du désespoir.
Elle laissa derrière elle les deux hommes, sans se soucier un seul instant de leurs jalousies respectives et des étincelles prêtes à exploser qui crépitaient entre eux.
Le mercenaire soupira. Il savait que la duchesse était parfaitement consciente de la situation délicate. Déjà, alors qu'il se trouvait seul avec le jeune noble depuis seulement quelques secondes, il sentait une rancœur dévorante s'éveiller en lui et s'infiltrer dans les limbes de son esprit pour venir nourrir la part la plus sombre qui sommeillait en lui.
Il dut faire un effort d'hypocrisie pour saluer respectueusement cet individu qu'il abhorrait pour avoir eu le privilège de poser ses mains sur Mara.
— Monsieur... marmonna-t-il.
Mais alors qu'il s'apprêtait à s'éclipser à son tour, d'Orsignac lui fit barrage de son corps, l'empêchant de passer. Ses prunelles vertes scintillaient de de mépris et d'amertume.
— Pensez-vous que j'ignore vos regards ?
Aleksi dut contenir la vague ardant qui se déversa en lui au moment même où son épaule heurta celle du brun. Brûlante, elle l'électrisa tout entier, agissant avec la même vigueur qu'un coup de fouet. Se maîtrisant de justesse, refreinant le grondement animal qui naquit au fond de sa poitrine, il éructa :
— Je ne vois pas de quels regards vous parlez.
Le comte ricana amèrement, peu dupe.
— Comprenez bien que c'est moi qui aie la Meravigliosa, gronda-t-il, carrant les épaules et bombant le torse.
Bien naïf était celui qui pensait que la duchesse lui appartiendrait un jour. Mara n'accepterait jamais de redevenir la propriété de quelqu'un. Elle préfèrerait mourir.
Voir le jeune noble se bercer d'autant d'illusions arracha un rictus moqueur et narquois au mercenaire alors même qu'il conservait le silence. Ce geste fit perdre toute contenance à son interlocuteur qui s'enflamma aussitôt et cracha, méprisant :
— Vous n'êtes rien. Rien qu'un valet, un homme de l'ombre. Vous ne l'aurez jamais.
Ce rappel cruel fit soudain écho aux démons qui hantaient Aleksi. Il lui semblait réentendre son reflet dans la glace, lui rappelant que jamais il n'aurait droit de souiller la merveille qu'était Mara. Mais cet écho se heurtait au mur enflammé que représentait Iskela, aux frontières de sa conscience et qui commençait à se réveiller, réanimé par cette confrontation brutale.
Il devait à tout prix se maîtriser s'il ne voulait pas repeindre les murs de ce corridor avec le sang de l'homme qui en cet instant se dessinait comme un rivale aux yeux du daemon. Loin de se douter de la menace, d'Orsignac asséna avant de s'écarter, pour laisser celui qu'il considérait comme un insecte s'en aller :
— Gardez vos distances.
Mais l'assassin n'avait pas dit son dernier mot. Serrant le poing, luttant contre la douleur dévorante qui ravageait sa poitrine tandis même que sa haine bataillait pour pouvoir s'exprimer, il plissa des yeux. Par pur esprit de provocation, il glissa, d'un ton égal, maîtrisé, qui ne laissait rien deviné de l'incendie qui le consumait intérieurement :
— Si Sa Grâce m'appelle auprès d'elle, je viendrais. C'est elle qui donne les ordres, je ne fais qu'obéir.
Face à ce fait contre lequel il ne pouvait rien, le comte se figea imperceptiblement, touché dans son orgueil. Aleksi en profita pour conclure, dans une révérence pleine d'hypocrisie, bien décidé à s'en aller cette fois-ci, avant que tout ne dérape :
— Vous n'allez tout de même pas aller voir la duchesse pour lui dire de ne plus m'approcher ? Vous savez, je suis dans son ombre depuis assez longtemps pour savoir qu'un homme jaloux ne fait pas long feux dans son sillage.
Mais alors qu'il se relevait, prêt à partir, la poigne du chevalier se referma autour de son bras alors qu'il se penchait pour interroger, un éclat de rage embrasant ses iris émeraude :
— C'est une menace ?
Lentement, affichant une sérénité à l'exact opposé de son état d'esprit actuel, le mercenaire secoua la tête de gauche à droite avant d'offrir un sourire carnassier au jeune noble :
— Un avertissement.
L'homme fronça des sourcils. Il n'aimait pas du tout le court qu'avait pris cette conversation. Ce misérable valet avait osé lui tenir tête. Et quand bien même il était parfaitement conscient qu'il ne pouvait pas demander quoique ce fût à sa maîtresse, il n'en demeurait pas moins qu'il ne se laisserait pas faire par ce garçon laid et vaniteux. Il était un noble chevalier, il avait combattu les hordes Skÿull, des guerriers impitoyables, et les avait repoussé sans frayeur. Recomposant son masque de nonchalance, il esquissa un rictus hautain avant de vociférer, la mâchoire serrée :
— Très bien, alors voici le mien. Ne pensez pas être en mesure de me tenir tête. Je n'hésiterais pas à agir s'il le faut. »
Sur ces mots, d'Orsignac le relâcha et tourna des talons, s'en allant tête haute. Toutefois, il ne put cacher sa frustration alors même qu'il fulminait, ses bottes martelant le sol.
Aleksi l'observa s'éloigner, inspirant profondément. Il se rendit alors compte que ses doigts s'étaient posé sur le manche de son poignard et le serrait tant que le cuir de ses gants était prêt à craquer.
Un instant, il ferma les yeux, se concentrant sur le rythme saccadé et apocalyptique de son cœur. Chaque pulsation envoyait dans ses veines un flot de lave bouillante.
Le noble ferait mieux de prendre garde à lui.
Car tout au fond du cœur du mercenaire, entravé par des chaînes bien trop fragiles, Iskela grondait, ruminant sa fureur et sa rage, rêvant à chaque instant du moment où il pourrait détruire cet arrogant humain.
Car ce jour viendrait. Et il le réduirait en cendre.
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Hello 🖤 comment allez-vous ? Pour ma part j'entame ma deuxième semaine de vacance qui va être... Chargée !
La tension augmente entre Aleksi et Orsignac... Ça ne présage rien de bon pour la suite 😇 cela pourrait nuire aux affaires de la Meravigliosa... Quelques théories quant à la suite ?
En attendant, un mariage royal se profile à l'horizon ! Et même si Mara casse un peu l'ambiance, Freyja se prépare à vivre un moment... Marquant !
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu 😊
Bon dimanche à tous et à toutes et à la semaine prochaine,
Aerdna 🖤
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