Chapitre (47) : Quatre druides.

Je retourne à mon Tartuffe XD.

...

Ils étaient quatre. Une rousse en tête du groupe suivie par trois touffes bleues. Leur marche imposait le respect et même la crainte. Ils s'avançaient, silencieusement en direction du vieux couple Redfox. Tout le café fut plongé dans un silence glacial où même le bruit des respirations se taisait sous la pression humaine.

_ Où est-ce qu'il est ? siffla la tête de file à Reby.

Cette dernière déglutit rapidement puis bafouilla quelques mots dans le désordre :

_ Dans les sous-sols...Merci de votre aide...il est...

Gadgeel, sceptique, passa un large bras sur la nuque de son épouse puis apporta plus de détails à sa place, sur un ton posé et totalement neutre :

_ Kinana est en bas. La porte de la pièce est fermée à double-tour, fit-il en présentant une clé en cuivre rouillée par le temps. La chose qui la manipule n'est pas sortie malgré nos efforts.

_ Bien, asséna la druidesse aux cheveux de feu.

Le vieux cuistot serra les dents. Bien qu'il ait toujours eu une entière confiance en ce groupe de mages, il n'aimait pas les personnes de nature sombre et peu bavarde.

_ Attendez, murmura Reby.

Son chuchotement fut à peine audible. La rousse ne semblait pas l'avoir entendue. Elle s'était dirigée d'un pas assuré vers les escaliers en colimaçon qui menaient aux sous-sols. Deux hommes vêtus de larges manteaux, qui avait sûrement dû coûter cher à une époque mais qui étaient à présent troués de tout part, la rejoignirent sans dire mot. Seule une jeune femme aux cheveux bleus resta en arrière et tourna son regard, plus avenant que celui de sa congénère, vers la cuisinière.

_ Tu voulais ajouter quelque chose maman ?

_ Juvia, fait en sorte que Kinana ne souffre pas. Elle n'est pas bien bavarde, mais ce n'est pas une mauvaise personne. Nous serions dans la rue sans elle...

_ Ne t'inquiète pas, furent les seuls mots que prononça la dénommée Juvia avant de rejoindre ses compagnons et camarade de sorcellerie.

Ses pas étaient inaudibles, comme une caresse solaire. La femme mûre d'âge descendit les escaliers en quatrième vitesse puis s'engouffra dans une pièce où seule la lueur de trois chandelles permettait de se retrouver.

_ Il y a tellement d'esprits dans cette pièce ! Ça me perturbe.

C'était l'un des deux gaillards aux cheveux similaires à ceux de Juvia. Il s'était débarrassé de son manteau, reposant sur le dossier d'une chaise, et se ventilait à présent à l'aide de la paume de sa main, visiblement gêné par la chaleur de la pièce.

Sous sa volumineuse masse capillaire brillaient deux yeux noirs ébène dont l'un était marqué par un tatouage rouge sang. Il avait un petit nez retroussé et des sourcils plutôt broussailleux. Son visage était petit et mince et son menton en lame de couteau pouvait en effrayer plus d'un.

_ Tais-toi Jellal, somma la rousse.

Elle lui lança un morceau de charbon qui salit aussitôt les doigts tantôt blancs-chair du jeune homme. Elle s'écorniflait du temps libre celle-là. À ses côtés, un autre homme se mit à ricaner sous cape.

_ Trace les runes. Tu serviras à quelque chose, continua le tyran féminin.

Le récemment-nommé-Jellal siffla sa frustration et se mit à fulminer tandis qu'il se mettait au travail. Les murs furent bientôt décorés de signes affreusement indescriptibles qui satisfirent pourtant la commentatrice de l'œuvre.

Juvia arriva alors :

_ Où est-elle ?

Celui qui, tantôt s'était moqué de Jellal, se raidit puis se redressa et pointa du doigt un lit situé au fond de la pièce.

_ Elle dort encore, répondit-il de sa voix grave et écorchée.

Tandis que les couleurs capillaires des trois étaient parfaitement claires, celle de ce dernier n'était pas déterminée avec facilité. Comme un jeu de lumière, les cheveux de l'homme passaient par plusieurs nuances. Du brun au bleu-marine en passant par le noir. Sous ses fines lèvres pâles s'alignaient de parfaites dents blanches.

Une main s'abattit avec force sur sa nuque. Mais nullement surpris, il se tourna vers le coupable. Ou la coupable ici en l'occurrence.

_ Calme. Détends-toi. Elle ne mord pas, annonça la rousse.

_ En effet, murmura Juvia, la tête ailleurs tandis qu'elle s'approchait de Kinana, toujours endormie.

La bleue secoua alors légèrement la propriétaire de l'auberge. Cette dernière inspira profondément sans pour autant ouvrir ne serait-ce qu'un œil. En même temps, le coup administré par Wendy et Rogue n'était pas filé de toute délicatesse.

Jellal, qui avait finalement achevé sa corvée, s'avança :

_ Laisse. Je m'en occupe.

Il prit alors la place de Juvia, mais au lieu de la secouer, il plaça la paume de sa main droite au-dessus de la tête de l'endormie. Elle s'illumina un instant d'une lueur rouge avant qu'il ne la retire et prenne congé de cette Belle aux Bois Dormants.

Quelques secondes plus tard, Kinana se réveillait en sursaut, de la sueur coulant le long de ses tempes. Jetant un coup d'œil à droite, puis à gauche, elle comprit l'endroit où elle résidait. Mais pas la situation dans laquelle elle s'était empêtrée.

_ Qu'est-ce que je fais là ? s'exclama la violette avant d'apercevoir les quatre personnes l'entourant. Les quatre druides du village ? Qu'est-ce qu'il se passe bon sang ?

Erza s'avança mais fut rapidement coupée dans son élan par Juvia :

_ Laisse-moi lui expliquer la situation.

La rousse serra les lèvres mais acquiesça, consciente de son incapacité à contrôler ses pulsions de chef. Ainsi, la fille de Reby se rapprocha de Kinana, cette dernière s'étant redressée, tentant de se lever sans y parvenir.

Adoptant un ton doux et melliflu, la quinquagénaire expliqua rapidement la situation à la propriétaire de l'auberge. Elle lui fit remarquer la gravité de son secret gardé. Kinana baissa le regard, rouge de honte. Puis, finalement, la druide exposa son projet à elle et à ses compagnons. Son interlocutrice se raidit mais hocha vivement la tête par la suite :

_ Oui ! Aidez-moi, s'il vous plait ! Il est un fardeau sans nom.

Jellal sourit :

_ Vous auriez pu vous adresser à nous plus tôt. On n'allait pas vous manger non plus.

Kinana baissa à nouveau la tête avant de chuchoter :

_ Les druides du village n'ont pas toujours eu une bonne réputation.

_ Mais nous sommes leur descendants ! Enfin, à part Juvia..., s'offusqua le brun au manteau.

_ Moins fort Grey, ordonna Erza.

_ Certes..., finit par dire la propriétaire de l'auberge.

_ Bon. Assez de temps perdu. Il faut que nous commencions le rituel, avança Jellal, le visage sérieux.

Ses compagnons étaient entièrement d'accord avec lui. Certes angoissée, Kinana se laissa, sous les paroles rassurantes de Juvia, attacher à une chaise en bois de sureau. Ses liens étaient bien épais, de sorte à ne pas être détruits ni par la magie, si par de quelconques éléments naturels. La température de la pièce baissa d'un coup lorsque les quatre sorciers s'assirent en tailleur aux quatre coins de la pièce. Les runes tracées sur les murs s'illuminèrent soudainement, une à une. L'obscurité de la pièce fut alors avalée par le néant car à présent, il n'y avait d'endroit plus lumineux sur terre.

Les druides se mirent alors à scander mille et une paroles dans une langue étrangère, d'une voix grave, écorchée. Kinana sentit alors en elle une colère tournoyer dans son esprit. Mais au même moment, le ricanement du roi de Pissoc retentit dans sa tête, rire qu'elle seule pouvait de toute manière entendre.

Pendant une bonne demi-heure, les quatre sorciers s'efforcèrent de ne pas perdre espoir. L'avenir de leur village dépendait bien de leur réussite non. Jellal fronçait les sourcils agacé. Erza manquait de serrer les poings. Grey voyait rouge tandis que Juvia s'attristait rapidement.

_ Attendez, fit brusquement Kinana.

Les druides se turent et laissèrent la femme donner son avis, légèrement sceptiques.

_ Je crois que je sais comment le faire sortir de ses gonds ! Son frère.

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