Chapitre 48

Quelques jours plus tard.

Me voilà de retour au boulot, je suis rentrée il y a déjà quasiment une semaine. Nathan et moi avons profité de la semaine restante pour bouger un peu, on a visité Versailles et quelques château de la Loire, c'était vraiment sympa comme retour de vacances. Mais aujourd'hui, c'est retour à la réalité, je suis au boulot depuis une bonne petite heure, je suis arrivée tôt. Je suis sur mes mails, j'en ai reçu pas mal et, même si j'en ai traité à mon retour entre deux visites.

-Salut collègue !

La voix d'Emma me fait sursauter, je me redresse et la regarde.

-Salut Emma ! Tu m'as fait peur !

-J'ai vu ça, ce n'était pas mon but. Bonne année.

-Bonne année à toi aussi.

-Alors, comment ça va depuis le dix-neuf décembre ?

-Plutôt bien. J'ai revu ma famille, j'ai bien profité, surtout de ma petite nièce et j'ai passé le nouvel an au soleil.

-Miami ?

-Non, beaucoup plus loin. En Australie.

-En Australie ?

-Ouais. Je n'y vais pas souvent, alors j'ai profité de mes vacances ! Et toi ?

-Je suis partie que dix petits jours pour passer Noël avec ma famille, après je suis revenue ici pour le nouvel an. Et je dois t'avouer que ce n'était pas le nouvel an que je vais me remémorer avec grand plaisir.

-Pourquoi ?

Emma recule, je me redresse sur mon siège, je vois la cheville blessée.

-Outch ! Qu'est-ce que tu as fait ?

-Je me suis cassée la figure le 31, alors que j'allais chercher ma robe pour la soirée. Ma cheville a été cassé.

-Bonne fin d'année quoi, finir avec une cheville cassée !

-Exact ! 

On réussit à rigoler un peu, mais je sens quand même qu'Emma a mal et remarque ses béquilles, enfin.

-Tu veux un café ?

-J'en rêve.

-Va t'installer, je te le prépare et te l'apporte à ton bureau.

-C'est gentil, mais je pense que je vais me commander un café à Starbucks. Je te prends un truc ? Cadeau !

-Oh, heu, pourquoi pas, surtout si c'est un cadeau ! Mais je vais t'aider à aller jusqu'à ton bureau.

-Merci.

Je me lève et prends les affaires d'Emma, nous allons jusqu'à son bureau, elle commande rapidement son café, je m'en prends un aussi, puis retourne à mon bureau. Je me remets à mes mails, je commence aussi à faire le tri dans les demandes qui seront trop tardive pour moi. J'en revois quand même quelques unes et je me rends compte que je vais vraiment bientôt partir, ça donne un petit coup au moral. Mais je ne dois pas penser à ça ! J'ai encore plus d'un mois à Paris, je vais en profiter !

* * *

Cela fait dix jours que je suis de retour au boulot, j'enchaine les rendez-vous ces derniers temps, surtout avec Nathan. J'évolue vraiment bien et j'ai quelques responsabilités en plus. Ce mois-ci est vraiment basé sur mon rôle de responsable, j'aime ça ! Je suis d'ailleurs en extérieur avec Nathan, en rendez-vous avec une cliente très importante. On a travaillé sur sa sélection en début de semaines. Elle semble contente de notre travail, même si elle reste très fermée. On s'en sort quand même bien, elle part avec une bonne partie de la sélection, Nathan a toujours un talent incroyable dans tout ça ! Et je dois dire que j'ai réussis à prendre un peu de son talent pour compléter mes compétences, toutes les tenues que j'avais proposé partent avec la cliente ! Je suis vraiment contente !

On finit par partir de l'hôtel particulier, je m'autorise un coup d'œil avant de monter dans la voiture.

-Charlie ? Qu'est-ce que tu fais ?

-Rien, je regarde juste l'hôtel. C'est vraiment beau ici, dis-je en me tournant vers Nathan.

-C'est l'île Saint Louis, c'est pour ça. Et on dois y aller, on a d'autres rendez-vous.

-Oui chef.

Je souris et m'installe enfin à la place, Nathan s'installe aussi et nous partons, direction notre prochain rendez-vous.

-T'aimes bien l'île Saint Louis ?

-C'est jolie ici, mais je sais que ça vaut une petite fortune.

-Pas pour toi quand même ?

-Ne crois pas que j'ai tout les moyens que j'ai envie. Mon père me donne de l'argent, c'est vrai, mais j'ai pas non plus des millions sur mon compte. 

-Dis la fille qui s'achète des sacs Hermès ou Saint Laurent à plusieurs milliers d'euros.

-J'ai pas non plus dit que j'avais que trois cents dollars, ou euros. Et tu as bien vu que je n'ai pas la carte facile. Je n'achète pas à tour de bras. Alors entre mes salaires et ma "rente" venant de mon père, j'économise assez pour m'acheter des sacs de luxe. Tu sais bien que les sacs, ça prends en valeur avec les années. J'investis !

-Et tu fais bien !

-Tu investis toi ?

-Heureusement. L'investissement, c'est la base pour avoir mon mode de vie. J'investis un peu en bourse, mais surtout dans des petites sociétés.

-Et ça rapporte ?

-Je me fais plus de cinq millions en investissements chaque année, alors oui, ça rapporte.

-Waouh ! T'es aussi riche que ça ?

-Ouais.

-Je peux te demander combien tu as en fortune personnelle ?

-Tu peux mais ça ne veux pas dire que je vais te répondre.

-Tu vas y répondre ou pas ?

-J'ai une somme confortable. Avec tout ce que j'ai, ça doit monter à environ soixante millions d'euros en fortune. Enfin, en patrimoine.

-Hé bah ! T'es un gros riche en fait ! Multimillionnaire !

-Ouais ! Mais c'est surtout mon appartement qui aide à ma richesse.

-J'imagine bien. Et je comprends mieux le chauffeur privé et les voyages en business class. 

Nathan me regarde en souriant, la route passe passe quand même assez vite. Nous arrivons à notre nouveau lieu de rendez-vous, un hôtel de haut standing, pas surprenant. Je récupère un portant et nous allons jusqu'à la chambre de notre cliente, qui est un peu mystère, c'est un employé qui s'est occupé des mails.

Une fois devant la chambre, un assistant vient nous ouvrir, un peu sec. Nous entrons quand même dans la pièce, c'est une suite assez prestigieuse. J'installe mon portant à côté du canapé, Nathan discute un peu avec l'assistant, savoir qui est notre cliente. Je finis par entendre des talons, je me tourne vers le bruit en souriant, ma bonne humeur s'évanouit rapidement. 

-Bonjour. Je vous attendais !

-Louise ? C'est toi notre client ? Demande Nathan en voyant son ex.

-Mademoiselle Rizzo, s'il vous plaît. Monsieur Cooper, je vous pensais plus sérieux que ça.

-Ne joue pas à ça. Et pourquoi tu as fait appel à ma société ?

-Parce qu'elle est la meilleure. Mademoiselle Gomez, j'espère que votre sélection est bonne. J'ai demandé les meilleurs.

-Qu'est-ce que tu peux avoir comme événements ? Ta styliste s'occupe toujours de tes tenues.

-J'avais envie de changer. 

Louis finit par s'approcher du portant, elle regarde les vêtements, en grimaçant.

-Ouais, pas si excellente.

-C'est parce que c'est une sélection de Charlie. Et pardon, mais je ne vais pas te prendre en charge. Si j'avais su que c'était toi, je n'aurais jamais accepté ton cas. Charlie, récupère le portant et on y va. Si tu as vraiment besoin d'un shoper, je vais envoyer d'autres sociétés à la personne qui m'a contacté. Hors de question que ma maison traite avec toi.

Je récupère mon portant, Louise me retient.

-Lâche-moi.

-Non. Tu m'as volé mon mec espèce de salope, je vais te le faire payer.

Je n'ai pas le temps de réagir qu'elle m'envoie dans le décors, je tape le bas du dos dans une table, ça me fait tomber au sol. Louise fonce sur moi comme un boulet de canon, je la vois arriver, je réussis à me protéger un peu alors qu'elle commence à me frapper. Les coups ne durent pas longtemps, je sens rapidement quelqu'un la reculer, elle a le temps de me mettre un coup de pieds dans la figure. Je pose ma main sur ma joue, elle a tapé fort cette connasse !

Je me redresse, Nathan a disparu, tout comme l'employé, mais j'entends des hurlements. Je me lève enfin, j'ai quelques douleurs, mais ça peut aller. Je cherche Nathan, il sort de la chambre.

-Hé, ça va ?

-Oui, juste un peu mal à la joue et un peu aux côtes, mais ça va ! J'ai juste pas compris ce qu'il vient de ce passer.

-Louise a juste tendu un piège, elle voulait te faire du mal. 

-J'en ai vraiment marre d'elle ! Je pars dans peu de temps, elle aura tout le temps pour te draguer de nouveau !

-Non merci. Est-ce que tu veux porter plainte ? C'est la seconde fois qu'elle te fait du mal, là délibérément en plus.

-J'en sais rien. Vous avez appelé la sécurité de l'hôtel ?

-Pas encore. 

Louise hurle toujours, surtout des insanités sur moi. 

-Tu sais quoi ? Appelle juste la sécurité de l'hôtel. Je vais lui toucher deux mots.

-Charlie ...

-Je suis grande, j'ai juste été surprise. 

-Comme tu veux.

Nathan va chercher le téléphone pendant que je prends place sur le canapé, je dois soigner ma joue quand même. Je sors un miroir, j'ai juste une grosse trace rouge avec quelques petites ouvertures, rien de bien grave. Je désinfecte la plaie et la recouvert avec un pansement, j'ai l'air fine comme ça, mais ça passe. Nathan vient à côté de moi, il inspecte mon travail, ça me fait sourire.

-Tu as mal nulle part ailleurs ? 

-Un peu, mais ça va, c'est rien comme douloureux. Je sais que ça va passer et que rien n'est cassé.

-T'es sûr ?

-Oui. Il n'y a que ma joue qui est embêtante. La sécurité arrive rapidement ?

-Dans quelques minutes ils seront là.

-Super. En tout cas, merci de l'avoir enfermée dans la salle de bains.

-Tu peux surtout remercier son employé, c'est lui qui a eu l'idée.

-Je le remercierais. 

Je souris, puis nous attendons la sécurité, qui ne tarde pas. Ils vont chercher Louise dans la salle de bains, elle donne du fil à retordre, pas étonnant. Je me lève et m'avance vers elle, je me retiens vraiment de lui en coller une.

-Charlie, sale pétasse, je te jure que je vais te buter un jour.

-Louise, je pars dans un mois, je rentre chez moi. Il faut que tu arrêtes d'être aussi haineuse sur moi. 

-T'as volé mon mec ! 

-Non, je ne t'ai rien volé du tout. Nathan était déjà célibataire quand on a commencé notre relation.

-Mytho ! On est toujours ensembles avec Nathan ! N'est-ce pas mon amour ?

Elle se tourne vers Nathan, elle a juste l'air folle. Pas déprimée ou blessée, mais folle !

-Louise, arrête. Et arrête de prendre Charlie pour cible.

-Quoi ? Tu ne vas pas me dire que t'es tombé amoureux ? C'est vrai que je ne t'ai jamais vu comme ça avec une fille ! Même pas avec moi.

-Tu sais très bien que je ne tombe pas amoureux. Messieurs, emmenez-là. 

-Est-ce qu'on appelle la police ?

Je me tourne vers Nathan, il comprends que j'ai juste envie de rentrer, pas de me battre.

-Non. Isolez-là le temps qu'on parte.

-Bien monsieur.

Les deux messieurs de la sécurité partent avec Louise, on récupère nos affaires, remercions l'employé et on s'en va ! J'espère que l'autre ne va rien me faire, sinon je risque de la taper à mon tour ! 

Nous retournons tranquillement au bureau, Nathan s'autorise une petite caresse sur mon dos avant de partir dans son coin. Je m'avachis sur mon siège et garde les yeux clos jusqu'à ce que je sente une présence face à moi. C'est Emma.

-Charlie, ça va ?

-Oui, ça va.

-Tu viens à la cuisine avec moi ? Je crois que tu as besoin d'un bon café.

-Je confirme !

Je me motive pour me relever et file à la cuisine, Emma s'occupe de tout. Une fois nos tasses prêtes, on s'installe à table, je sens la discussion un peu pénible.

-Alors, j'ai deux questions à te poser !

-Je t'écoute.

-Ta joue, qu'est-ce qu'il c'est passé ?

-Eum ...

Je ne peux pas dire que c'est l'ex de Nathan, alors je décide de mentir.

-Rien, un problème de rien du tout. Un cintre m'a fait mal.

-Vraiment ?

-Oui. Un des portants a fait n'importe quoi, je me suis pris un cintre en pleine figure, ça m'a griffé.

-OK. Je ne te crois pas totalement, mais soit. Ma deuxième question ; tu te tapes Cooper ?

-Hein ?

-Charlie, on voit bien une tension sexuelle de malade entre toi et lui ! Est-ce que vous avez couché ensembles ?

Je prends une gorgée de café, un peu gênée, je l'avoue. Mais ça fait comprendre à Emma, qui ouvre grand la bouche de surprise, puis un sourire apparait sur son visage.

-T'es sérieuse ? Tu te tapes Cooper ? Et c'est bien ?

Je réussis à ne pas recracher mon café, elle me fait rire.

-Je te dirais rien.

-Allez Charlie, on se connaît depuis le début ! Tu peux me le dire. Je te le jure que je ne répèterais à personne !

-Je ne doute pas de ta confiance, mais j'ai envie d'y garder pour moi. C'est entre lui et moi.

-Un petit "c'est bien" quand même ? Pour ta meilleure collègue au monde ?

-C'est... torride, chuchoté-je.

-J'en étais sûr qu'il était bien !

-Oh que oui.

-Et j'ai bien compris que tu ne voulais pas donner plus de détails. Mais c'est fou ! Cooper a su se lâcher, enfin !

-Il est quand même cool comme patron.

-C'est sûr. Mais je parle sexuellement parlant. 

-N'importe quoi toi. 

Je secoue la tête en rigolant, puis nous lançons la conversation sur un autre sujet : mon départ qui arrive beaucoup trop vite !

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