◼ ▪La Lettre▪ ◼

Drann, après avoir quitté l' arène, se dirigea vers sa chambre. D'après ce qu'elle avait compris, une sortie encadrée était organisée pour que les détenus prennent l'air après l'ouverture du tournoi.

Elle allait passer l'extérieur de Dévianta au peigne fin pendant que Nora se renseignerait sur l'intérieur.

Nora... Ou plutôt Énora...
Drann n'avait jamais été aussi attirée par une personne. Et Nora lui avait prouvé qu'elle avait la même attirance pour elle.
La jeune brune l'avait en quelque sorte libérée de sa solitude. Drann se sentait prête à faire des tas de chose pour elle.

Et puis il y avait plein de choses que Nora ne savait pas... Qui Drann était réellement, d'où elle venait,etc,...

Mais le plus grand secret, qu'elle ne lui dirait jamais, Drann le gardait enfermé dans un endroit inaccessible pour autrui.

Si Nora apprenait son existence, leur relation serait peut-être terminée à jamais et l'équilibre divin serait rompu. Déjà que cet équilibre était plutôt fragile...

Nora ne devait jamais rien savoir de plus sur les origines de Drann.

Sinon... Drann risquait de mourir.

Cette dernière, serrant les dents, ouvrit la porte de sa chambre et s'allongea sur son lit.
Elle entendit le bruit d'un papier qu'on froisse quand elle posa sa tête sur son oreiller et souleva le-dit oreiller.

Drann saisit la lettre qui se trouvait en dessous de l'oreiller et soupira.

Encore une lettre. Sûrement de son père.
Il y en avait une nouvelle presque tous les jours.

Drann l'ouvrit et lut.

«Ma fille.
Je vois que tu te portes à merveille, comme d'habitude. Ton combat contre cette... humaine était divertissant.»

Drann serra le poing. Pour son père, tous ceux qui ne faisaient pas partie de sa famille étaient des «humains». Il n'avait aucun respect pour les autres.

«Ma fille: je ne te comprends pas. Je sais que c'est difficile pour un père de comprendre sa fille en pleine crise d'adolescence mais... Faire ce que tu as fait...je ne peux pas le tolérer.
Tu sais combien ta santé et ta vie comptent pour moi. Tu t'es liée d'amitié avec des humains, je peux le comprendre. Mais... tomber amoureuse d'une d'entre elle et faire des...choses avec elle ! C'est impensable. Cette... humaine n'est pas digne de confiance. Crois-moi. Un jour, elle se rebelleras contre toi. Crois-moi, ma fille.»

Drann respira bruyamment. Son père se permettait en plus de critiquer Nora. Elle n'avait même pas le droit de vivre sa vie comme elle l'entendait ?

«J'aimerai qu'on se voie. Enfin, comme on ne peux pas se voir, on discuteras par l'intermédiaire de quelqu'un ou de quelque chose, comme d'habitude. Il faut que je te parles de quelque chose. Quand tu te seras évadée, je te donnerais plus d'informations.
Bonne évasion
Ton papounet»

Drann froissa le papier puis le déplia. Elle prit un stylo et écrivit au dos de la lettre:

«Lâche-moi avec tes conseils de merde. Je vis ma vie et tu fermes ta gueule.
Cordialement
Ta fille qui aimerait ne pas l'être»

La lettre disparut dès que Drann finit d'écrire le dernier mot.

«Drann. Le miroir

La voix qui venait de résonner dans la tête de la jeune fille faillit lui faire lâcher un cri de surprise.

«Le miroir.»

La jeune fille se leva et s'approcha du miroir qui recouvrait un mur entier.

Elle toucha son reflet du bout des doigts et le miroir disparut, laissant la place à une porte en bois.

Drann savait ce qu'était cette porte. Elle savait aussi ce qu' il y avait derrière.

La jeune fille l'ouvrit et se retrouva dans une grotte aux parois lisses et fluorescente.

Drann se dirigea d'un pas assuré vers le fond de la grotte.

Un piédestal s'y trouvait.
La jeune fille exécuta une révérence et s'agenouilla devant le piédestal.

Un chat rouge brillant comme un saphir apparut alors devant le piédestal.

«Ce n'est pas la première fois que je te rencontre»...commença le chat d'une voix calme.

Drann leva la tête vers le chat et le regarda droit dans les yeux. Ceux du chat étaient jaunes et luisants et fixaient la jeune fille avec insistance.

«Drann Onachiwa...continua le chat, Pourquoi avoir choisi ce nom ? Tu n'étais pas satisfaite de l'ancien ?»

Drann resta silencieuse et continua de fixer le chat.

«Et pourquoi avoir dit à cette fille, Énora, que ton père était l' actuel gouverneur du monde et que tu étais une de ses filles illégitimes ? Et en plus, tu lui as dit que tu t'étais enfuie ! Imagines que le gouvernement soit en contact avec elle, ou qu'elle l'ai dit à quelqu'un ayant un lien avec le gouvernement ! Ils sont peut-être déjà à tes trousses ! Et...

-Nora ne ferait jamais ça, le coupa sèchement Drann. Et puis le gouvernement ne la croirait pas. Parce que... parce qu'ils ne me connaissent pas assez. J'en ai marre que tout le monde autour de moi soupçonne Nora d'être mauvaise !

-Parce que tu crois qu'elle ne l'est pas ? Demanda le chat. Elle a quand même ravagé un village !

-Elle est comme moi. Répondit Drann. Elle a été possédée. Elle a tué et détruit à son insu. Elle n'a rien fait de mal.

-Tu ne la connais même pas...déclara le chat.

-Mieux que toi, en tout cas, répondit Drann.

-Ah ! Tu crois ça ? Et bien, je te mets au défi d'en apprendre le maximum sur elle. Tu lui poseras plein de questions et tu noteras tout sur un carnet, que tu me remettras la prochaine fois que tu me verras.

-Et si elle trouve le carnet et qu'elle le lit ? Demanda Drann, méfiante.

-Ça n'arrivera pas, répondit le chat.

-Et si je refuse ton défi ?

-Je te tue, répondit le chat. Et je tue Énora. Avec amour et bonne humeur.»

Sur ces paroles, le chat disparut.

Drann se releva et se dirigea vers la porte à l'autre bout de la grotte.

Saleté de psychopathe de chat.

À chaque fois qu'elle le voyait, il lui demandait quelque chose.

Les fiches sur les habitants du château et du vaisseau et les détails de la légende des dieux, c'était le chat qui lui avait demandé de se renseigner dessus.

Et à chaque fois elle avait appris quelque chose d'intéressant, de nouveau et qui lui servait dans sa vie.

En fait, c'était grâce aux missions du chat qu'elle avait rencontré Nora.

C'était peut-être un sale psychopathe, mais il était un peu son guide.

La jeune fille passa la porte et réapparut dans sa chambre. Elle ôta sa tenue de combattante et mit son habit de détenu. Elle sortit de sa chambre et rejoignit la queue des détenus voulant sortir prendre l'air.

Le repérage allait commencer.

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top