2- "La fuite"


                   ~ Boston , Massachusetts, USA, 28 Octobre 1972 ~


     Je viens de me réveiller, mais je n'ouvre pas les yeux pour qu'ils ne voient pas que j'ai repris connaissance. Je me concentre pour arrêter la morphine qu'ils m'injectent par perfusion sans qu'ils ne s'en aperçoivent.  C'est à cause de celle-ci que je suis restée dans leurs griffes pendant si longtemps.   Me garder inconsciente est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour me contrôler. Mais j'ai heureusement petit à petit réussi à diminuer suffisamment cette dose pour me réveiller, tandis que la puissance de mes pouvoirs se décuplait. 

     L'un des assistants laborantin s'approche de la table où je suis allongée. C'est le moment. Je me concentre et repense à ce qu'ils m'ont fait. Je me souviens des seringues, des scalpels, et tout cela fait monter en moins la colère qu'ils tentent d'endormir avec les produits qu'ils m'injectent. Mais c'est fini maintenant, je suis bel et bien réveillée, et je vais le leur prouver. J'ouvre les yeux et projette toutes les personnes présentes dans la pièce aussi loin que possible. Ils sont tous sonnés mais l'alarme du complexe s'est déclenchée, surement à cause du vigile qui surveille le laboratoire grâce à ses caméras. Je me lève précipitamment de la table métallique sur laquelle je me trouve. En me relevant je vois les instruments qui se trouvent autour de moi, tel que la lumière ou encore la scie. Je ne suis pas habituée à les voir. Non, d'ordinaire je ne peux que les sentir lorsqu'ils pénètrent dans mes chairs. Je les quitte sans aucun regret, et me  précipite vers le couloir. J'effectue cette action aussi vite que mon corps me le permet. En effet, celui-ci a du mal à me soutenir à cause du manque d'exercice, et mes genoux menacent de me lâcher à chaque pas. Une fois sortie de la pièce où j'ai été retenue si longtemps, je regarde de part et d'autre du corridor. Plusieurs personnes se dirigent avec des armes vers moi ; je vois sur leur visage un mélange de peur et de colère, et comme les autres, je les envoie valser en l'air, sans ressentir aucune émotion pour eux. L'un d'eux a réussi à me toucher à côté du cœur. Je ne m'inquiète pas pour ça, je ne ressens presque plus la douleur maintenant et je m'en remettrai facilement, seulement il faut que je tienne encore jusqu'à ce que je me sois enfuie, sinon mes chances de partir seront réduites à néant. 

     Je ne pense qu'à une chose ; je dois m'enfuir. Il le faut. Je n'ai pas d'autre choix, il est hors de question que je leur permette de me torturer encore pendant des années. J'ai déjà trop souffert, je ne supporterai pas que ça recommence. Je ne dois pas perdre mon objectif de vue, c'est lui qui va me mener jusqu'à la liberté. D'autres personnes arrivent pour m'arrêter tandis que les personnes que j'ai déjà neutralisées sont toujours allongées par terre. J'enlève toutes les entraves de mon esprit qui me permettent de contrôler mes pouvoirs, et je laisse ceux-ci agir au maximum de leur puissance. Je me sens emplie d'une force qui augmente petit à petit en moi. Dans mes veines ce n'est plus du sang qui coule, mais la souffrance, la haine et la rancune. L'air aussi s'emplit d'un coup d'énergie tandis que mes pupilles prennent une couleur orangée et que de grandes ailes de feu sortent de mon dos. A ce moment-là je ne ressens plus rien, je ne suis plus capable de me contrôler, ce sont les souvenirs horribles de ce qu'ils m'ont fait qui dirigent mes actes. Les murs commencent à se fissurer, résultat de la puissance qui se déploie à proximité de mon corps, et j'immobilise ceux qui essaient de m'attaquer. Je fais léviter des morceaux de mur que j'envoie ensuite sur eux. Je concentre mes pouvoirs pour détruire tout ce qui m'entoure. Tout ce qui me rappelle ce que j'ai dû endurer à cause d'eux. Je sens le vent monter et s'enrouler autour de moi. Petit à petit je vois ce qui m'entoure disparaître. En premier ce sont les murs, puis le sol et le plafond et enfin c'est au tour du toit. Le complexe est détruit en à peine quelques minutes, et les gravats qui le composaient avant tourbillonnent maintenant autour de moi.

     Ça y est. Ils ne peuvent plus m'atteindre maintenant. Mais je ne peux plus non plus me contrôler. J'ai laissée mon pouvoir se déchaîner mais maintenant je suis incapable de l'endiguer, et j'ignore quand j'y arriverai. Je ne peux que me concentrer pour me calmer. Pour taire toute la douleur que j'ai en moi à cause de leurs actes. Oublier les blessures invisibles de mon corps, mais bien visibles dans mon esprit. 


         ~ Salon de la famille Brooks, New Jersey, USA, 28 octobre 1972 ~

FLASH INFO : Un ouragan est soudainement apparu dans l'Indiana et semble se diriger le long de la côte Est américaine. Il s'agit d'un ouragan de catégorie 1 qui contient des vents allant jusqu'à 120 km/h.  Cet ouragan est d'ailleurs entrain de se transformer en tempête extra-tropicale. Celle-ci est déjà surnommée "la tempête sans nom" du fait de son origine inconnue, puisque aucun fait n'indiquait qu'un ouragan allait se former, ou encore "la tempête parfaite" par sa convergence qui est parfaite. Nous ignorons encore avec précision son déplacement et sa durée, mais les autorités demandent aux personnes vivants le long de la côte Est de rester chez elles et de ne surtout pas prendre de risques. Enfermez-vous et éloignez-vous des fenêtres.  

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