Chapitre 15

Pendant les 2 heures que Jane passa seule dans son dortoir, elle traita Harry de tous les noms en déversant sa colère contre son oreiller, balança de rage ses affaires aux quatre coins de la pièce et hurla sur son lit pour évacuer la haine qui l'oppressait.

-Hola, hola ! s'écria Auror en réceptionnant un coussin que Jane avait failli lui envoyer au visage.

Quand elle la vit, Jane se calma et s'effondra sur son lit. Auror n'y était pour rien dans cette histoire ; lui hurler dessus allait tout bonnement la faire fuir.

-Je suis au courant de ce qui s'est passé, l'informa la Serpentard en s'asseyant à ses côtés. Tout le monde vous a entendus. Comment tu te sens ?

Jane se redressa et haussa les épaules.

-Mal. Si je pouvais étrangler Harry là, tout de suite, je le ferais avec un immense plaisir !

Auror sourit et secoua la tête.

- Tu ne penses pas ce que tu dis.

Jane haussa les sourcils devant l'audace de son amie. Bien sûr qu'elle le pensait. Elle n'avait jamais autant haï son ancien meilleur ami depuis qu'ils s'étaient rencontrés.

-Ecoute, reprit Auror devant le silence de Jane. Harry est un crétin, je te l'accorde, mais... ça arrive de se disputer, même avec ses meilleurs amis. Vous vous êtes déjà disputés ?

Jane haussa les épaules. Elle se souvenait de cette fois en deuxième année pendant laquelle Harry avait failli la tuer à cause du serpent durant le duel. Elle lui en avait voulu, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il ne s'était pas contrôlé. La dispute avait à peine duré une heure. Jane ne la considérait même pas comme une dispute.

-Une fois. En deuxième année. Mais c'était débile !

-Ça aussi c'est débile ! Vous avez passé quatre ans ensemble, ce n'est pas un truc stupide qui va vous séparer. Laissez-vous du temps et vous finirez par vous retrouver.

Jane hocha la tête. Elle ne savait pas si Auror avait raison, mais pour le moment, elle allait suivre son conseil. S'ils étaient vraiment amis, sûrement qu'ils oublieraient.

Elles descendirent dans la Grande Salle pour dîner et Jane jeta un coup d'oeil à la table des Gryffondor. Hermione et Ron parlaient vivement, mais Harry n'étaient pas avec eux. Quand il la vit, le roux fit signe à Jane de les rejoindre. Elle prévint Auror et s'assit avec eux.

-On a tout fait ! s'exclama Hermione. On lui a crié dessus, on a essayé de le comprendre... mais rien à faire ! Harry est une vraie tête de mule !

Jane sourit. Visiblement, Harry ne tapait pas seulement sur ses nerfs.

-Vous en faites pas. Quand il sera décidé à être intelligent, peut-être qu'il reviendra s'excuser.

-Et tu le prends comment ? demanda Ron.

Jane ricana. Il connaissait déjà la réponse.

-Super bien. Je ne me suis jamais sentie aussi bien.

-Si tu veux, on...

-Non ! Ne faites rien ! Harry est assez grand pour savoir ce qu'il veut. C'est gentil mais il n'a pas besoin d'être conduit comme un bébé de deux ans.

Au même moment, le Survivant entra dans la Grande Salle et se dirigea vers eux, non sans s'être figé à la vue de Jane. Celle-ci leva les yeux au ciel et se leva. Il était hors de question qu'ils passent une seule seconde ensemble.

-Ne vous prenez pas la tête, sourit-elle à ses deux amis. On se voit cette nuit.

Il était vrai que puisque elle était préfète de Serpentard et eux de Gryffondors, ils faisaient leurs rondes ensemble. Comme Jane ne supportait pas la compagnie de Drago, quand elle les croisait, elle continuait avec eux.

Cela la soulageait de savoir qu'ils allaient partager un moment ensemble sans avoir Harry dans les pattes.

Elle les quitta et passa à côté d'Harry sans lui jeter un regard.

-Ah, Jane ! s'exclama Auror en la voyant. Je te présente...

Au même moment, des cris provenant de l'escalier principal retentirent dans la Grande Salle. Les élèves s'y dirigèrent, intrigués.

-Qu'est ce qui se passe ? demanda Jane.

-Je sais pas, répondit son amie en l'entraînant avec elle.

Elles parvinrent vite devant les escaliers et Jane haussa un sourcil quand elle découvrit McGonagall et Ombrage sur les marches, en train de se déchirer les cordes vocales. Cela n'étonnait pas la jeune fille. Depuis la rentrée, les deux professeures ne cessaient de se chercher et Jane adorait voir sa professeure de Métamorphose remettre à sa place celle de DCFM. Personne à part elle ne lui tenait tête.

-Professeure, qu'est ce que vous insinuez exactement ? demanda Ombrage.

-Je vous demande que quand il s'agit de mes élèves, vous vous conformiez aux réformes de punition prescrites !

Quelqu'un d'autre avait dû subir la punition que Jane avait connu. Elle en avait encore la cicatrice et se souvenait parfaitement de la douleur.

-J'ai cru comprendre que vous contestiez mon autorité dans ma propre classe, Minerva, répliqua Ombrage en montant d'une marche.

Jane leva les yeux au ciel. Bien sûr que oui ! Personne d'autre que toi s'amuse à torturer ses élèves ! pensa-t-elle.

-Pas du tout, Dolores. Mais je conteste vos méthodes.

-Je suis désolée, ma chère, mais contester mes méthodes c'est contester le Ministère, et par extension, le ministre lui-même ! Je suis une femme tolérante. Mais s'il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est la déloyauté !

Jane se retint d'éclater de rire. La déloyauté ? Etait-elle vraiment bien placée pour en parler ?

McGonagall descendit d'une marche et esquissa un sourire, subjuguée devant les mensonges d'Ombrage.

-Les choses à Poudlard sont bien pires que je ne le craignais ! reprit Ombrage en regardant de haut ses élèves. Cornelius fera tout ce qui est en son pouvoir pour remédier à cela !

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-Mais pour qui se prend-t-elle ? s'écria Auror en versant hargneusement sa purée dans son assiette. Ça ne fait qu'une semaine que madame a été nommée Grande Inquisitrice de mes fesses et je me sens déjà comme dans une prison !

Jane hocha la tête. Elle était bien d'accord avec elle. Depuis sa confrontation avec McGonagall, Ombrage n'avait pas tardé à régner sur Poudlard. Le ministre avait élevé son grade, ce qui, par conséquent, lui permettait d'établir ses propres règles. Chaque jour, sur le mur qui donnait sur la salle d'examens, s'affichait des écriteaux. "Musique interdite", "Produits Weasley confisqués", "Interdiction de sortir de l'enceinte de Poudlard", "Tenue correcte obligatoire", "Filles et garçons sont privés de se tenir à 1 mètre l'un de l'autre". Et le pire, dans tout ça, c'était qu'elle avait examiné chaque professeur et avait renvoyé Trelawney. Heureusement, Dumbledore était intervenu. Elle se prenait pour quelqu'un qu'elle n'était pas. C'était affreux à vivre.

-C'est devenu une dictature, cette femme, murmura un garçon à côté d'eux.

Jane se demandait ce que faisait Dumbledore. Il était directeur, il avait le droit de contester. C'était à lui de diriger Poudlard, pas une vieille folle en rose fushia. En plus, elle n'avait toujours pas adressé la parole à Harry. Sa cinquième année était de plus en plus fade.

-Demain se déroule le match entre Gryffondor et Serpentard, espérons qu'elle ne l'annule pas, soupira Jane.

-Espérons. J'aimerais bien qu'on gagne.

Le Quidditch était bien la seule chose que Jane continuait de supporter dans l'école. Si Ombrage les supprimait, sûrement allait-elle finir par fuguer.

Il fallait absolument que quelqu'un fasse quelque chose.

A Suivre.

...

Chapitre nul because je suis malade héhé sorry

Enjoy !

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