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La première chose que Kiyoomi ressentit en ouvrant les yeux fut une douleur lancinante derrière les tempes.
La deuxième chose qu'il réalisa fut qu'il ne savait pas où il était.
Lentement, il se redressa sur le lit, les draps légèrement froissés autour de lui. Ce n'était pas son lit. Pas son matelas parfaitement ferme, pas ses draps en lin impeccables, pas l'odeur neutre et familière de son appartement.
Non, ici, ça sentait le bois chaud, un parfum qu'il ne reconnaissait pas, et vaguement l'alcool de la veille.
Il passa une main sur son visage, essayant de remettre de l'ordre dans ses pensées embrumées. Qu'est-ce qui s'était passé, bordel ?
Avant qu'il n'ait le temps d'y réfléchir, la porte s'ouvrit.
Et Miya Atsumu entra.
Un mug de café fumant à la main, un t-shirt légèrement froissé sur les épaules, et une grimace en le voyant réveillé.
— Tch. J'vois que t'as survécu. Dommage.
Kiyoomi cligna lentement des yeux.
— Où est-ce que je suis ? demanda-t-il, la voix rauque.
Atsumu s'appuya contre le chambranle de la porte, haussa un sourcil avant de répondre d'un ton traînant :
— Chez moi. Puis il ajouta, non sans amusement : Enfin... chez mon frère et mon manager.
Kiyoomi fronça les sourcils.
— Qu'est-ce que je fous ici ?
— Quand mon manager est venu me récupérer, t'étais trop bourré pour articuler ton propre nom. Et j'allais pas te laisser crever dans une ruelle, même si t'es un connard.
Kiyoomi passa une main sur sa nuque endolorie, tentant de se souvenir.
Le Nighthall. L'alcool. La discussion étrange avec Atsumu.
Putain.
— T'avais l'air bien décidé à tout faire sauf rentrer, continua Atsumu en s'étirant. On ne savait pas quoi faire d'un Sakusa Kiyoomi à moitié comateux, alors on t'a ramené ici.
Kiyoomi le fixa.
— Je ne t'ai rien demandé.
— Et moi je n'avais pas envie d'avoir ta mort sur la conscience, répondit Atsumu, le regard dur. Mais t'as raison sur une chose, c'est pas mon job de ramasser les restes de ta crise existentielle.
Atsumu lui tendit le café sans un mot.
Kiyoomi le fixa une seconde, méfiant, comme si c'était un piège.
Atsumu arqua un sourcil, agacé.
— Détends-toi, monsieur perfection. C'est juste du café. Noir, amer, et sans sucre. Comme toi.
Kiyoomi esquissa un rire sec, plus une expiration moqueuse qu'un vrai amusement.
— Charmant. Tu dois t'éclater à écrire ce genre de paroles pour tes chansons.
— Ouais.
Kiyoomi attrapa la tasse sans le remercier, comme si l'admettre serait une faiblesse.
Il porta le café à ses lèvres, prit une gorgée.
Un feu noir lui brûla la gorge.
Putain. C'était amer, acide, brutal.
— T'as mis quoi là-dedans, du goudron ?
— Non. Juste de quoi te réveiller. Si t'en es encore capable.
Kiyoomi ne répondit pas. Il but une deuxième gorgée, par pur orgueil.
Il aurait préféré s'étouffer plutôt que de montrer qu'il en avait bien besoin.
Et Atsumu, de son côté, ne cherchait pas à le ménager. Pas maintenant.
*
Atsumu soupira en voyant Kiyoomi dans un état lamentable, les cheveux en vrac, les cernes marquant son visage comme des gifles mal encaissées.
— Bouge-toi. J'vais pas te regarder traîner avec ta gueule de mort-vivant toute la matinée.
Kiyoomi roula des yeux, plus par réflexe que par rébellion. Il se leva sans protester, le corps encore lourd, l'esprit engourdi, mais au moins capable de tenir debout.
Atsumu l'entraîna vers la salle de bain et ouvrit un tiroir en sortant des vêtements d'un geste sec.
— Tiens. Mets ça. Avec un peu de chance, t'auras l'air vaguement humain. De loin. En flou.
Kiyoomi attrapa les vêtements sans un mot, les observant brièvement.
— Si porter tes fringues est censé me rapprocher de l'humanité, j'suis pas sûr que ce soit un progrès.
— La ferme et lave-toi, Sakusa. Tu pues le désespoir.
Kiyoomi referma la porte sans répondre, et laissa l'eau chaude lui heurter le visage comme une punition. Il ne savait pas ce qui était pire : la gueule de bois, ou l'idée d'avoir passé la nuit ici.
Chez lui.
Chez Miya Atsumu.
Il n'avait pas l'habitude de boire à ce point. Encore moins de se réveiller avec ses habits de la veille, chez un mec qu'il passait son temps à détester.
Et pourtant, il ne se sentait pas aussi agacé qu'il l'aurait cru.
Peut-être que c'était ça, le plus dérangeant.
Quand il sortit de la salle de bain, ce fut pour se figer immédiatement dans l'encadrement de la porte.
Un deuxième Atsumu était dans la pièce.
Même carrure, mêmes yeux en amande, mais des cheveux bruns et un air moins explosif.
Il les fixa, incrédule.
Les deux se tournèrent vers lui avec le même sourire insolent, presque chorégraphié.
— Eh ben, siffla Atsumu. Tu as vraiment accepté de porter mes vêtements. J'croyais que t'avais un minimum de fierté.
Son jumeau hocha la tête, faussement impressionné.
— On est vraiment loin de son style habituel. Il faut croire qu'il peut porter autre chose que des costumes hors de prix. C'est flippant, non ?
Atsumu prit un ton tragique.
— Samu, j'crois qu'on a niqué le mythe. Il est humain.
Kiyoomi ferma brièvement les yeux, luttant contre l'envie de faire demi-tour.
— Vous avez fini votre numéro ?
— Non, répliqua Atsumu, mais j'vais t'épargner un peu. T'as déjà l'air au bord du suicide.
Il désigna l'autre avec un mouvement de tête.
— Bref. Voici Osamu, mon frère. Aucun talent artistique, mais il compense par une capacité hors norme à juger en silence.
— Tch, fit Osamu en levant les yeux au ciel. J'dirais bien que je suis content de te rencontrer, mais on ne va pas commencer à se mentir.
Kiyoomi arqua un sourcil, puis serra la main tendue, sèchement.
Atsumu ricana, tandis qu'Osamu esquissa un sourire blasé.
— Bon, j'vous laisse. J'ai un vrai taf, moi.
Osamu quitta la pièce d'un pas tranquille, et Atsumu fit un signe du menton à Kiyoomi pour qu'il le suive vers la cuisine.
— Allez. T'as assez dormi pour une épave. Viens reprendre forme humaine.
Ils marchèrent sans échanger un mot, mais l'air entre eux restait chargé. Rien n'était réglé. Rien n'était oublié.
Et aucun d'eux n'en avait vraiment envie.
À peine entré, Kiyoomi croisa le regard blasé de Suna Rintarou.
Le manager d'Atsumu, affalé sur une chaise, le regarda de haut en bas avant de lâcher un soupir exagéré.
— Sakusa.
Kiyoomi s'arrêta, le fixant en silence.
— Tu sais, j'ai déjà un boulot difficile en gérant cet énergumène, continua Suna en désignant Atsumu du menton. Alors si je dois commencer à ramasser d'autres célébrités bourrées en plein Tokyo, j'vais demander une augmentation.
Atsumu gloussa en attrapant une tasse de café, tandis que Kiyoomi pinça l'arête de son nez.
— Je ne suis pas sous contrat avec toi, fit-il remarquer.
— Non, mais t'es sous contrat avec ton propre manager. Et j'suis sûr qu'il sera ravi d'apprendre que t'as passé la nuit ici au lieu de te reposer.
Kiyoomi inspira lentement.
— C'était une erreur.
Suna lui lança un regard insistant.
— Évite de la refaire.
Kiyoomi n'était pas du genre à se faire réprimander. Personne n'osait lui parler comme ça, à part peut-être Konoha.
Mais il savait que Suna avait raison.
Alors il inclina légèrement la tête.
— Compris.
Suna haussa un sourcil, un peu surpris de voir Sakusa aussi docile. Mais il n'ajouta rien, préférant terminer son café.
— Bon, reprit-il en regardant Atsumu. Aujourd'hui, vous avez une répétition de chant et d'instrument de prévue. T'emmènes Sakusa avec toi, histoire qu'il se concentre sur autre chose que sa gueule de bois.
Atsumu tapa du poing sur la table en riant.
— T'as entendu, Sakusa ? Fit-il sarcastique. Je vais nous conduire jusqu'au lieu de la répétition ! T'as hâte, hein ?
Kiyoomi soupira.
— J'ai surtout envie d'un autre café.
Et peut-être d'oublier qu'il venait de passer la nuit chez Miya Atsumu.
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💫
NDA :
Non, je n'ai pas fais le trope du coup d'un soir. Même si la relation entre Atsumu et Kiyoomi est toujours chaotique, j'aimerai quand même installer de bonnes bases pour leur futur relation de couple.
À mercredi prochain !
✨Hoshi_Steph✨
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