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Cela faisait maintenant une année et quelques qu'ils sortaient ensemble. Ils avaient réussi à trouver un certain équilibre pour se voir entre deux tournages ou enregistrements.
Lorsqu'il avait du travail à Tokyo, Atsumu logeait désormais chez Kiyoomi. Pendant leur jour de congé ou durant les weekends, Kiyoomi rejoignait Atsumu chez lui à Osaka.
Entre temps, ils sortaient ensemble à chaque fois qu'ils le pouvaient.
Côté travail, il leur arrivait de se retrouver sur le même plateau d'une même émission à la télé. Parfois ils se retrouvaient sur le même plateau de tournage lorsque Kiyoomi devait tourner le clip d'un nouveau single d'Atsumu.
Leur relation n'était pas encore officielle pour le public, mais dans l'ombre des projecteurs, leur entourage connaissait la vérité. Lorsqu'Atsumu l'avait annoncé à ses proches, Kiyoomi avait immédiatement deviné que le premier amour du chanteur avait été Shoyo. Et, bien sûr, il ne s'était pas privé de le taquiner.
Sur les plateaux de télévision, ils jouaient à un jeu subtil d'évitement et de connivence. Parfois, Kiyoomi était engagé pour tourner le clip d'un nouveau single d'Atsumu. À l'écran, leurs interactions étaient calculées, impeccables, presque trop parfaites pour être naturelles. Hors caméra, cependant, Atsumu trouvait toujours un moyen d'agacer Kiyoomi, de lui souffler un commentaire moqueur entre deux prises. Ils ne pouvaient pas s'en empêcher.
C'était leur langage.
Ils débattaient sur tout et rien : les goûts musicaux de Kiyoomi, qu'Atsumu jugeait « déprimants », le cinéma d'auteur qu'Atsumu ne comprenait pas toujours, mais que Kiyoomi adorait. Ils se chamaillaient sur les meilleures performances d'acteurs, sur les scènes cultes, sur la puissance d'un solo de guitare ou d'un arrangement orchestral. Ils se moquaient du sens du style de l'autre, de leurs habitudes alimentaires, de leurs routines de travail.
Mais avant tout, ils s'aimaient.
Ce soir-là, ils partageaient un dîner chez Atsumu, éclairés par les lumières scintillantes d'Osaka, un disque de jazz en fond sonore. Kiyoomi reposa ses baguettes, un air presque contemplatif sur le visage.
— Je pense que c'est la meilleure soupe miso que j'ai jamais mangée, déclara Kiyoomi en déposant ses baguettes sur la table.
Atsumu haussa un sourcil, visiblement méfiant.
— Tu de moques de moi, pas vrai ?
Kiyoomi prit une gorgée de son thé, haussa les épaules.
— Non.
— Espèce de— !
Un coussin fila dans sa direction, mais il l'esquiva sans effort, un sourire en coin. Toujours ce même jeu, cette même dynamique. Légère en surface, mais profondément ancrée.
Ils avaient toujours été comme ça. Taquins, bruyants, incapables de passer un repas sans que l'un ne provoque l'autre. Mais dans cette légèreté, dans ces disputes absurdes, il y avait quelque chose de profond.
Quelque chose qui durait.
Atsumu le savait. Il le sentait, dans la façon dont Kiyoomi s'installait naturellement chez lui, dans la façon dont il laissait ses affaires trainer sans même s'en rendre compte. Dans la manière dont il connaissait maintenant toutes ses habitudes, et qu'Atsumu connaissait les siennes.
Atsumu s'appuya contre le dossier de sa chaise, observant Kiyoomi à la lueur tamisée de l'appartement. Il pensait à tout ce qu'ils avaient bâti en un an. À la façon dont Kiyoomi connaissait maintenant par cœur ses horaires de tournée, à la façon dont lui-même pouvait réciter les dialogues des derniers films de son amant avant même leur sortie.
Ils vivaient à travers des scènes et des partitions, entre les textes d'un scénario et les paroles d'une chanson. Ils incarnaient des rôles différents aux yeux du monde, mais ici, ils n'avaient rien à prétendre.
Ils vivaient entre deux villes, entre deux carrières prenantes, entre deux mondes qui ne cessaient de bouger. Mais eux, ils restaient solides.
Et ce soir-là, sous la lumière tamisée de l'appartement, avec la ville d'Osaka qui scintillait derrière eux, Atsumu se rendit compte de quelque chose.
Il voulait que ça continue.
Il voulait ça pour encore longtemps.
— Omi, murmura-t-il après un moment de silence.
Kiyoomi releva les yeux de son bol, intrigué par ce changement soudain de ton.
— Hm ?
Atsumu hésita une seconde, puis un sourire vint doucement étirer ses lèvres.
— Restons comme ça.
Kiyoomi cligna des yeux.
— Comme ça ?
— Ouais. Toi et moi, Osaka et Tokyo, les tournages, les concerts, les disputes, les repas ensemble. Tant qu'on tient la cadence, restons comme ça.
Il s'attendait à ce que Kiyoomi réplique avec sarcasme, ou le taquine sur son côté dramatique.
Mais il ne le fit pas.
Il le fixa simplement, avant d'acquiescer lentement.
— Ouais. Restons comme ça.
Atsumu sourit plus largement et tendit sa main vers lui, paume ouverte.
— Tape-là.
Kiyoomi soupira mais plaça tout de même sa main contre la sienne. Un contact simple. Réconfortant.
Atsumu ferma les doigts autour des siens et les serra doucement.
Il ne savait pas de quoi demain serait fait.
Mais tant qu'ils étaient ensemble...
Rien d'autre n'avait vraiment d'importance.
Atsumu observa Kiyoomi, un sourire taquin au coin des lèvres.
— T'as l'air pensif, Omi. Mes belles paroles t'ont touché ?
Kiyoomi leva les yeux au ciel, mais Atsumu ne rata pas la légère tension dans sa mâchoire, ce petit détail qui trahissait qu'il n'était pas aussi indifférent qu'il voulait le faire croire.
— Arrête de dire n'importe quoi, soupira-t-il.
— Hm... Mais c'est marrant, continua Atsumu en penchant la tête, j'ai l'impression que t'as autre chose en tête.
Kiyoomi haussa un sourcil, essayant de feindre l'ennui, mais Atsumu connaissait maintenant toutes ses expressions.
— Tsumu...
— J'me demande, reprit Atsumu en traçant des cercles sur le bord de son verre, maintenant que j'ai de l'expérience au lit... C'est qui le meilleur entre nous deux, hm ?
Kiyoomi sentit immédiatement son sang bouillir.
Ce petit sourire provocateur. Ce ton faussement innocent.
Atsumu savait exactement ce qu'il faisait.
Il testait ses limites.
Et Kiyoomi ne comptait pas le laisser s'en tirer aussi facilement.
Il posa lentement son verre, se redressa légèrement sur sa chaise, et fixa Atsumu de ce regard sombre et brûlant qui le faisait frémir à chaque fois.
— Tu veux que je te rappelle qui fait crier l'autre en premier ?
Atsumu frissonna, mais ne perdit pas son sourire.
— Ça dépend... C'était qui déjà qui a supplié l'autre de continuer la dernière fois ?
Les pupilles de Kiyoomi se dilatèrent légèrement.
Atsumu jouait avec le feu.
Et il allait se brûler.
D'un mouvement fluide, Kiyoomi attrapa son poignet et le tira brusquement vers lui. Atsumu tomba presque sur ses genoux, stoppé de justesse par une main ferme qui se posa sur sa nuque.
— Continue à parler, Tsumu.
La voix de Kiyoomi était basse, chaude, et tellement dangereuse.
Atsumu sentit un frisson d'excitation parcourir tout son corps.
— Pourquoi ? Tu comptes me faire taire ?
Kiyoomi effleura son oreille de ses lèvres, un sourire amusé étirant doucement ses traits.
— Oh non.
Il laissa une pause.
Puis, son ton devint plus rauque, plus menaçant.
— Je vais juste m'assurer que la seule chose que tu pourras dire ce soir... c'est mon nom.
Atsumu sentit une chaleur fulgurante l'envahir, son souffle se couper sous l'intensité de la déclaration.
Il ouvrit la bouche, sûrement pour répliquer quelque chose, mais Kiyoomi l'embrassa avant qu'il ne puisse parler.
Et à cet instant, Atsumu sut qu'il avait perdu.
Pas qu'il comptait se plaindre.
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🍑
NDA :
Bon, j'aimerai bien continuer leur histoire encore et encore, mais... toutes bonnes choses ont une fin. La semaine prochaine ce sera l'épilogue.
À mercredi prochain !
✨Hoshi_Steph✨
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