35

Le temps était très vite passé.

Il s'était déjà écoulé six mois depuis ce fameux concert. Cette fameuse soirée où Atsumu avait fait sa déclaration devant plus de 55 000 spectateurs.

Six mois depuis qu'il avait découvert que ses sentiments étaient réciproques.

Six mois pendant lesquels il avait commencé à expérimenter ce que c'était d'être en couple avec quelqu'un.

Six mois où chaque jour il avait hâte de recevoir un message ou un appel de Kiyoomi pour discuter de tout et de rien.

Six mois que Kiyoomi et lui s'arrangeaient pour sortir ensemble au restaurant, au salon esthétique, faire du shopping ou encore faire de longues virées en voiture lorsque leur emploi du temps chargé le leur permettait.

Six mois où ils s'échangeaient des piques, des compliments, des mots doux (parfois), des rires, des câlins et des baisers, à chaque fois qu'ils se voyaient.

Mais ils n'étaient encore jamais allés plus loin.

Atsumu savait que Kiyoomi ne voulait pas le brusquer. Mais l'entendre lui refuser sa demande de dormir ensemble dans le même lit était assez vexant.

Il reconnaissait n'avoir aucune expérience sur le sujet, mais il n'était pas stupide non-plus. Atsumu savait très bien pourquoi Kiyoomi refusait catégoriquement ses invitations à passer la nuit chez l'un ou chez l'autre. Et lorsqu'il acceptait, il insistait pour qu'ils ne dorment pas dans la même pièce.

Pourtant... N'était-ce pas normal pour un couple de dormir ensemble et se réveiller le matin avec la présence de l'autre ?

— Arrête de cogiter pour rien. Soupira Osamu en voyant son frère broyer du noir. Contrairement à toi, Sakusa a déjà eu une relation amoureuse qui s'est mal terminée. S'il ne veut rien précipiter, n'essaie pas de le forcer.
— J'ai toujours du mal à croire qu'Atsumu sort avec le célèbre Sakusa Kiyoomi. Le railla Suna en sirotant sa tasse de thé. Je ne pensais pas que c'était ton genre les grands bruns ténébreux.
— Je me suis dis la même chose. Rigola osamu entre deux bouchées de son onigiri. Quand tu regardes Shoyo, tout rayonnant, débordant de joie de vivre, tu te demandes pourquoi il est tombé amoureux d'un mec aussi peu expressif et sombre que Sakusa.

Après avoir bu son thé glacé d'une traite, Atsumu poussa un long soupir d'agacement.

— Arrêtez de parler de moi comme si je n'étais pas là. Moi-même je ne m'attendais pas à être attiré par Kiyoomi. Mais il n'est pas aussi froid, sombre et indifférent que vous le dites. Lorsqu'il est avec moi, il est complètement différent.

Osamu et Suna échangèrent un regard complice. Ils avaient beau se moquer de lui, ils étaient heureux pour Atsumu. Et ils voyaient bien que le regard froid et indifférent de Kiyoomi s'adoucissait automatiquement en présence d'Atsumu.

Le visage d'Atsumu s'illumina à la lecture d'un message sur son smartphone. Il engloutit rapidement son déjeuner et courut dans sa chambre.

— Tsumu, qu'est-ce que tu fais ?

Atsumu s'arrêta un instant. Lorsqu'il se retourna vers son frère et son manager, ses joues prirent une teinte rosée.

— Omi... Kiyoomi n'a pas de tournage aujourd'hui et vient de me proposer de dîner chez lui ce soir pour discuter.
— Pour discuter ? Voulu confirmer Suna en levant un sourcil.
— Tu vas perdre ta virginité ? Lança Osamu, plus directe.

Le visage entièrement rouge, Atsumu se passa les mains sur le visage, mort de honte.

— Samu... Rintarou... Qu'est-ce que je dois préparer ?

Son frère et son manager se mirent à rire avant de lui donner des conseils, tout en glissant des moqueries.

***

En arrivant dans l'appartement de Kiyoomi, Atsumu fut tout de suite accueilli par une douce et agréable odeur de ramen. Ses lèvres s'étirèrent et il se précipita vers la cuisine où Kiyoomi l'attendait déjà avec deux bols de ramens.

— Tu ne m'avais pas dit que les ramens étaient trop gras et caloriques ?
— Si j'avais su que tu allais réagir comme ça, je t'aurai préparé des spaghettis au brocolis.

Atsumu éclata de rire tout en s'approchant de Kiyoomi, l'enlaçant et l'embrassant tendrement.

— Merci, mon Omi toujours grincheux.

Après avoir dîner, débarrasser, discuter de films et de musiques, un silence un peu malaisant s'était installé alors qu'ils étaient installés sur le canapé. Atsumu, nerveux, avait peur de demander s'il allait devoir dormir dans la chambre d'ami ou bien...

— Atsumu... Tu m'as toujours demandé pourquoi je ne voulais pas dormir avec toi.

Atsumu tourna instinctivement son attention vers Kiyoomi.

— Tu te souviens quand je t'ai dis qu'il m'arrivait de faire des rêves... Tu sais, ce genre de rêves avec toi...
— Érotiques !

Kiyoomi se racla la gorge, n'appréciant pas le terme utilisé par Atsumu, mais ne trouvait rien d'autre pour mieux le décrire non-plus.

— Bref... Je sais que tu n'as jamais fait ce genre de chose, alors je ne voulais surtout pas te brusquer. Surtout que je n'ai jamais fait ça non-plus...
— Comment ça tu ne l'as jamais fait ?

Kiyoomi semblait chercher ses mots, mais au bout d'un moment, il eut l'air d'avoir abandonné.

— Je n'ai jamais été celui qui était aux commandes... J'ai toujours été celui qui reçoit...
— De mon point de vue, c'est une bonne chose
— Non, justement. Pendant toutes ces années, je n'ai jamais osé le dire, mais j'ai toujours voulu être le dominant... Je me suis toujours imaginé admirer les expressions de mon partenaire lorsque je m'enfonce en lui avec douceur comme avec beaucoup d'intensité. Le voir jouir de plaisir sous mes yeux. L'entendre hurler mon nom-
— STOP !

Atsumu le regardait avec une expression mi-amusé mi-terrifié.

— Omi-Omi, j'ai bien compris que tu étais tordu.
— Je garde de très mauvais souvenirs de ma première fois en tant que celui qui s'abandonne, et je ne veux pas que tu vives la même chose.
— Omi... ça ne t'es jamais venu à l'esprit de me demander mon avis sur la question ? Tu ne t'es jamais dit que je pourrai aimer, au contraire ? Pourquoi tu envisages directement le pire ?

Atsumu s'approcha et posa ses mains sur le visage de Kiyoomi pour le forcer à le regarder dans les yeux.

— Kiyoomi, je t'aime. Pas le toi qui est parfait devant les caméras et en public. Non. Celui qui n'arrêtait pas de se moquer de moi et qui n'hésitait pas à me remettre à ma place lorsque j'en faisais trop.

Atsumu l'embrassa.

— Je n'ai pas besoin que ma première fois soit parfaite. J'ai juste envie que ce soit avec toi. Tu préfères quand c'est brutal et sans détour ? Ce n'est pas grave, tant que tu es honnête avec toi-même.
— Ces mots.
— C'est moi qui te les ai dits et je le redis, Omi, fais juste ce qui te plaît. Tu as envie de moi ? Pas la peine de tergiverser et fais-moi sentir à quel point tu me veux.

Kiyoomi se rapprocha de plus en plus d'Atsumu. Il commença à caresser sa mâchoire d'une main, tandis que l'autre remontait lentement le long de ses cuisses pour s'arrêter sur sa hanche.

— Atsumu, tu es sûr de ne pas le regretter ?

Alors qu'il tremblait légèrement, Atsumu lui répondit avec son sourire sournois.

— Ne me sous-estime pas.

La tension entre eux était presque palpable.

Kiyoomi le regardait avec une intensité qu'Atsumu n'avait jamais vue auparavant. Un regard brûlant, hésitant, mais déterminé. Atsumu, lui, sentait son cœur cogner contre sa poitrine, son souffle se faire plus court sous la pression de cette proximité nouvelle.

Ils s'étaient embrassés des centaines de fois, mais cette fois-ci, c'était différent.

Il sentit les doigts de Kiyoomi glisser sur sa hanche, s'agrippant doucement à son t-shirt avant de remonter lentement, comme pour lui laisser une dernière chance de reculer.

Atsumu ne recula pas.

Il bascula légèrement la tête en arrière, offrant plus d'espace, plus d'invitation.

— Omi, murmura-t-il, une lueur de défi dans les yeux.

Kiyoomi ne répondit pas. Il se contenta de presser ses lèvres contre celles d'Atsumu avec une douceur trompeuse, avant de l'approfondir avec une urgence qu'il ne contrôlait plus.

Le canapé fut vite abandonné.

Kiyoomi le guida vers la chambre, leurs corps s'entrechoquant maladroitement contre les murs dans leur précipitation. Ils riaient entre deux baisers, l'excitation et la nervosité mêlées en un tourbillon d'émotions contradictoires.

Lorsqu'ils atteignirent enfin le lit, Atsumu s'y laissa tomber en tirant Kiyoomi avec lui. Il sentit le poids rassurant de son corps au-dessus du sien, la chaleur qui se dégageait de sa peau.

— Tu trembles, souffla Kiyoomi en effleurant du bout des doigts la ligne de sa mâchoire.

Atsumu rit doucement, sa main se posant sur la nuque de Kiyoomi pour l'attirer plus près.

— J'ai jamais fait ça, idiot. Évidemment que je tremble.

Un silence s'installa.

Leurs respirations s'entremêlaient, lentes et irrégulières, contrastant avec le feu qui consumait leurs regards.

— Alors laisse-moi te guider.

La voix de Kiyoomi était basse, presque rauque.

Atsumu frissonna sous cette promesse silencieuse.

Il n'avait plus peur.

Parce qu'il savait, qu'avec Kiyoomi, il ne regretterait rien.

La pièce était plongée dans une pénombre douce, seulement éclairée par la lumière tamisée de la lampe de chevet. L'air était plus lourd, chargé d'une tension électrique qui faisait vibrer chaque parcelle de peau d'Atsumu.

Il n'avait jamais vu Kiyoomi ainsi.

Ce n'était pas qu'un simple désir, c'était quelque chose de plus profond, de plus intense. Une obsession silencieuse qui se révélait enfin.

Atsumu le sentit avant de le voir.

La poigne ferme de Kiyoomi sur son poignet, ses doigts longs et fins serrant juste assez pour lui rappeler qu'il n'avait plus vraiment le contrôle. Pas cette fois.

Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.

— Kiyoomi...

Ce nom, prononcé dans un souffle incertain, sembla réveiller quelque chose en lui.

— Tais-toi.

Atsumu cligna des yeux, surpris par l'ordre.

Mais il n'eut pas le temps de répondre.

Kiyoomi effleura son cou de ses lèvres, juste assez pour qu'Atsumu en veuille plus. Mais chaque fois qu'il essayait de bouger, chaque fois qu'il tentait de chercher plus de contact, Kiyoomi se reculait légèrement, savourant la frustration qui se peignait sur son visage.

— Tu veux quelque chose ? murmura-t-il, sa voix plus grave que d'habitude.

Atsumu aurait voulu répliquer avec son arrogance habituelle. Mais ce fut un soupir qui s'échappa à la place.

— Omi...

Kiyoomi esquissa un sourire en coin.

— Apprends à demander correctement.

Atsumu ouvrit la bouche pour répliquer, mais il fut coupé net lorsque Kiyoomi referma ses doigts sur sa mâchoire, l'obligeant à le regarder dans les yeux.

Son regard était brûlant.

— Sois sage, Atsumu.

Cette fois, Atsumu comprit.

Il n'avait plus besoin de mots.

Parce que Kiyoomi lui montrait à quel point il le voulait, à quel point il le désirait, sans détour.

Et Atsumu...

Il adorait ça.

La chaleur entre eux était oppressante, mais ni l'un ni l'autre ne cherchait à s'en échapper.

Kiyoomi n'était plus hésitant. Plus distant. Il s'abandonnait totalement à ce qu'il voulait, à ce qu'il avait toujours désiré sans jamais l'exprimer à voix haute.

Et Atsumu, lui, découvrait une facette de Kiyoomi qu'il n'avait encore jamais vue.

Une maîtrise parfaite de ses gestes. Une patience presque cruelle.

Chaque toucher, chaque baiser, chaque pression de ses doigts était calculée pour le faire réagir, pour le pousser à abandonner cette arrogance naturelle qu'il affichait toujours.

Et ça marchait.

Atsumu frémissait sous la poigne ferme de Kiyoomi, son souffle devenant plus erratique à chaque seconde. Il essayait de prendre le dessus, mais Kiyoomi ne lui laissait pas cette opportunité.

— C'est frustrant, pas vrai ? murmura Kiyoomi contre sa peau, ses lèvres effleurant la ligne de sa mâchoire.

Atsumu mordit sa lèvre, refusant de répondre.

Alors Kiyoomi resserra légèrement sa prise sur ses poignets, son sourire à peine visible sous la lumière tamisée de la pièce.

— J'aime te voir lutter.

Atsumu savait qu'il aurait dû répliquer, dire quelque chose, mais il en était incapable.

Kiyoomi prenait son temps. Trop de temps. Il le faisait languir, savourant la moindre de ses réactions, le moindre de ses frissons.

C'était une torture exquise.

Et il adorait ça.

Atsumu ne savait plus combien de temps s'était écoulé avant qu'il ne perde complètement la notion du contrôle. Il s'abandonna enfin, cessant de lutter, laissant Kiyoomi le guider comme il le voulait.

Et quand leurs regards se croisèrent une dernière fois dans le noir...

Ils comprirent tous les deux qu'il n'y aurait plus de retour en arrière.

Le monde autour d'eux semblait s'effacer, ne laissant que la chaleur de leurs corps entremêlés, le rythme irrégulier de leurs respirations et cette tension brûlante qui les consumait lentement.

Kiyoomi prenait son temps, explorant chaque réaction d'Atsumu avec une précision presque cruelle. Il voulait tout voir. Tout entendre. Le moindre frisson. La moindre supplique étouffée.

Et Atsumu, lui, perdait pied.

Il n'avait jamais ressenti quelque chose d'aussi puissant. Ce n'était pas seulement la façon dont Kiyoomi le touchait, ni la manière dont il murmurait son nom à son oreille d'une voix rauque. C'était l'intention derrière chaque geste. Cette envie de le posséder entièrement, de marquer ce moment à jamais.

— Kiyoomi...

Son prénom lui échappa dans un souffle tremblant, et il sentit immédiatement la réponse de Kiyoomi.

Une pression plus forte sur ses hanches.

Un baiser plus profond contre sa clavicule.

Un frisson plus violent le traversa.

Kiyoomi voulait tout lui prendre. Mais avec une patience infinie. Il le guidait lentement, refusant de précipiter quoi que ce soit, savourant chaque seconde, chaque nouvelle sensation qu'ils découvraient ensemble.

Atsumu, pourtant si bruyant d'ordinaire, se retrouvait incapable de formuler une phrase complète. Il était entièrement sous son contrôle, abandonné à cette nouvelle dynamique entre eux.

Mais ce n'était pas un simple jeu de domination.

C'était Kiyoomi qui s'autorisait enfin à prendre ce qu'il voulait.

À ne plus retenir ce désir qu'il avait trop longtemps enfoui.

Et Atsumu le lui offrait sans la moindre hésitation.

La nuit s'étira dans une danse silencieuse où seuls leurs souffles entrecoupés et leurs murmures brisés résonnaient dans la pièce.

Ils ne savaient pas combien de temps s'était écoulé lorsqu'ils s'effondrèrent enfin l'un contre l'autre, tremblants, essoufflés, consumés.

Le silence qui suivit n'était pas gênant.

C'était un silence apaisé.

Le front d'Atsumu se posa contre l'épaule de Kiyoomi, son corps encore frissonnant sous les vagues résiduelles du plaisir.

Kiyoomi, lui, resserra doucement son étreinte autour de lui, son souffle chaud caressant sa peau.

Il n'avait pas besoin de parler.

Parce que tout ce qu'ils avaient partagé cette nuit-là...

Ils l'avaient déjà compris.

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🌶️

NDA:

Celles et ceux qui me connaissent savent déjà que je n'écris pas de lemon à proprement parler. C'est très embarrassant 🤣.

J'espère que ça vous aura quand même plu 🥺.

Et je pense que vous l'avez déjà deviné, mais c'est bientôt la fin de cette fanfic. 😊 écrite sur un coup de tête, je pense que j'aime bien comment ça a tourné.

À mercredi prochain !

Hoshi_Steph

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