34


Le silence pesait lourd dans la loge.

Atsumu était affalé sur son canapé, une serviette autour du cou, encore en sueur après l'effort.

Son corps était épuisé, mais son esprit, lui, était en ébullition.

Il repassait chaque seconde du concert.

Sa déclaration.

Le regard de Kiyoomi.

Son sourire.

Putain.

Il passa une main dans ses cheveux décoiffés, tentant de calmer le bordel dans sa tête.

Ce fut à ce moment-là qu'on frappa à la porte.

Atsumu cligna des yeux, surpris.

Il s'attendait à Suna. Ou Osamu. Peut-être Oikawa venu lui faire un commentaire dramatique sur sa performance.

Il n'était pas préparé à voir Sakusa Kiyoomi, appuyé contre l'encadrement de la porte, les épaules légèrement voûtées, l'air épuisé.

Atsumu retint un sourire.

Ils restèrent quelques secondes sans rien dire.

Puis Kiyoomi leva un sourcil, son ton lourd de sous-entendus :

— Alors, c'était quoi cette mascarade, Atsumu ?

Atsumu haussa un sourcil.

— Une mascarade ? Il s'appuya contre le canapé, faussement détendu. J'sais pas, moi. Une performance légendaire ? Et que fait la sécurité en laissant entrer un de mes fans dans ma loge ?

Kiyoomi roula des yeux, avançant de quelques pas dans la pièce.

— Légendaire, hein ? Le regard brûlant fixé sur Atsumu. T'as vraiment un égo surdimensionné.

Atsumu haussa les épaules.

— Si t'as quelque chose à dire, dis-le clairement, Omi-Omi.

Kiyoomi tressaillit légèrement à ce surnom, puis il pinça les lèvres avant de lâcher d'un ton qui se voulait détaché :

— La dernière chanson.

Atsumu battit innocemment des cils.

— Ouais ? Quoi ?

Kiyoomi planta son regard dans le sien, comme s'il essayait de le forcer à parler.

— C'était pour moi ?

Un sourire lent étira les lèvres d'Atsumu.

Il se redressa, posant ses coudes sur ses genoux, son regard provocateur verrouillé sur celui de Kiyoomi.

— Si c'est toi qui le dis.

Silence.

Les mâchoires de Kiyoomi se contractèrent.

Atsumu le connaissait assez maintenant pour voir qu'il réfléchissait trop.

Alors, pour le déstabiliser, il souffla, moqueur :

— Quoi ? Ça t'a fait un truc ?

Kiyoomi plissa les yeux, son ton aussi acerbe que provocateur :

— T'as pas idée.

Atsumu eut un frisson.

Merde.

C'était lui ou l'ambiance venait de changer ?

Kiyoomi inspira profondément.

Puis, il posa son regard sérieux sur Atsumu.

— Tu te souviens...

Atsumu leva un sourcil.

— De quoi ?
— Quand tu m'as dit de toujours faire ce que je voulais, tant que c'était en accord avec mes valeurs. Tant que j'étais honnête avec moi-même.

Atsumu cligna des yeux, un peu perdu.

Puis, il haussa les épaules.

— Ouais, je m'en souviens. Pourquoi ?

Kiyoomi serra les poings.

Prenant une grande inspiration.

Et, sans détour, sans hésitation :

— Parce que là, tout de suite, j'ai envie de t'embrasser.

Atsumu se figea.

Juste une fraction de seconde.

Puis, un sourire sournois étira ses lèvres.

— Et qu'est-ce que tu attends ?

Kiyoomi sentit sa poitrine se serrer d'une chaleur étrange.

Une chaleur qui lui donnait envie de le rassurer.

Et peut-être...

De l'embrasser pour de bon.

Sans prévenir, Kiyoomi attrapa le col du tee-shirt d'Atsumu, tirant légèrement dessus.

Atsumu ouvrit de grands yeux.

— Attends, tu vas vraiment—
— Ferme-la.

Et il l'embrassa.

Pas un simple contact.

Un vrai baiser.

Précis.
Maîtrisé.
Intense sans être brusque.

Atsumu se figea.

Oh...

Oh, merde.

Il n'aurait jamais imaginé que ça serait comme ça.

Chaleur étouffante,
Douceur déconcertante,
Pression parfaitement mesurée.

Kiyoomi ne se contentait pas d'effleurer ses lèvres.

Il les goûtait.

Comme s'il voulait les mémoriser.

Comme s'il voulait les graver dans son esprit.

Atsumu sentit sa peau frissonner.

Un mélange étrange d'excitation et de gêne l'envahit.

Son cœur battait trop fort.

Sa respiration se bloquait.

C'était... c'était son premier baiser.

Et putain, Kiyoomi savait y faire.

Atsumu s'accrocha à son tee-shirt, complètement perdu.

Puis, dans un souffle, il murmura :

— Ne te retiens pas.

Kiyoomi se recula légèrement, surpris.

— Quoi ?
— Je... Atsumu sentit son visage chauffer. Je n'ai jamais embrassé quelqu'un avant... alors...

Son regard hésita.

Puis, dans un élan de courage maladroit :

— Montre-moi ce que c'est.

Kiyoomi cligna des yeux.

Quelque chose se tordit dans sa poitrine.

Un mélange de fierté et de désir.

Alors...

Il recommença.

Mais cette fois-ci, sans aucune retenue.

Il plaqua ses lèvres sur celles d'Atsumu, plus exigeant, plus profond.

Atsumu sentit ses jambes faiblir.

C'était différent.

Brûlant.

Kiyoomi n'explorait plus timidement.

Il prenait.

Sa langue se fraya lentement un chemin entre ses lèvres.

Atsumu haleta légèrement en sentant cette intrusion nouvelle.

Un frisson lui parcourut l'échine.

Il ne savait pas quoi faire.

Il était trop conscient de tout.

De la chaleur de la langue de Kiyoomi,
De la pression de ses lèvres,
De sa main qui s'était glissée sur sa nuque.

C'était trop.

Et en même temps...

Pas assez.

Atsumu s'accrocha un peu plus à lui.

Il sentit son cœur exploser dans sa poitrine.

Puis, dans un souffle à peine audible :

— Encore.

Kiyoomi, le souffle court, sourit contre ses lèvres.

— T'es insatiable, Miya Atsumu.
— Dis celui qui m'a bouffé la bouche.

Ils se regardèrent.

Puis explosèrent de rire.

Un rire léger, sincère.

Un rire qui sonnait comme une évidence.

Et Atsumu se dit, en le regardant dans les yeux...

Que merde, il était foutu.

Avant qu'Atsumu ne parte rejoindre Osamu et Suna, il y avait une chose qu'ils devaient régler.

La nature de leur relation.

Parce que ce qu'il venait de se passer n'était pas juste un caprice.
Pas juste une impulsion passagère.

Ils voulaient être clairs.

Kiyoomi croisa les bras.

— Bon.
— Bon, répéta Atsumu en haussant un sourcil.
— Quel genre de relation entretenons-nous ? demanda Kiyoomi sans détour.

Atsumu cligna des yeux.

Puis, un sourire en coin apparut sur ses lèvres.

— On sort ensemble, non ?

Kiyoomi le fixa.

— Tu es sûr ?
— T'as une autre proposition ?

Kiyoomi roula des yeux.

— T'as intérêt à être fidèle.

Atsumu éclata de rire.

— Et toi alors ?! C'est toi qui va embrasser d'autres acteurs durant tes tournages !
— Moi ? Kiyoomi haussa un sourcil, faussement hautain. Je suis le petit ami idéal. Et le travail, c'est le travail. Ces derniers temps, j'essaie d'éviter le plus possible les films romantiques.

Atsumu ricana.

— Si jamais tu me trompes, je te jure que tu ne t'en sortiras pas vivant.

Kiyoomi sourit lentement.

— Idem.

Ils se dévisagèrent.

Puis, ils éclatèrent de rire en même temps.

— On est vraiment des cas désespérés, souffla Atsumu, amusé.
— Complètement.

Atsumu lui tendit une main.

Kiyoomi leva un sourcil.

— Pourquoi tu veux que je te sers la main ?
— Parce qu'on vient de conclure un contrat de couple, imbécile.

Kiyoomi roula des yeux mais serra sa main malgré tout.

— Félicitations, Atsumu, t'as enfin décroché un copain.
— Et toi, t'as décroché un mec beaucoup trop bien pour toi, se vanta Atsumu.
— Tsss.

Ils se regardèrent, complices.

Et c'était évident.

Personne d'autre ne les supporterait.

Ils étaient faits pour se détester.
Mais surtout, faits pour s'aimer.

Kiyoomi inspirait déjà pour lui dire quelque chose, mais hésita.

Atsumu le remarqua tout de suite.

— Quoi encore ?

Kiyoomi passa une main sur sa nuque, visiblement mal à l'aise.

— J'ai... un truc à avouer. Avant qu'on ne commence à aller plus loin.

Atsumu leva un sourcil, intrigué.

— C'est quoi cette tête ?
— C'est... Kiyoomi soupira. Un peu embarrassant.
— Oh. Atsumu se pencha en avant, curieux. J'adore quand t'es embarrassé. Vas-y, accouche.

Kiyoomi le fusilla du regard.

— Tu vas te foutre de moi.
— Probablement.

Kiyoomi serra les dents.

Puis, dans un souffle rapide :

— Disons que pour moi, il n'y a rien de plus satisfaisant que de voir quelqu'un perdre pied... quand c'est moi qui l'y pousse.

Atsumu cilla.

Silence.

Puis, il fronça les sourcils. Commençant à comprendre.

— Attends, QUOI ?!
— Je savais que tu réagirais comme ça.
— Comment tu veux que je réagisse, abruti !

Atsumu était rouge comme une tomate.

Kiyoomi expira lentement.

— Ce que je veux dire, c'est que ces derniers temps, je passe la nuit à t'imaginer sous moi en train de me supplier.

Atsumu ouvrit grand la bouche sous le choc.

— T'ES PAS NORMAL.

Kiyoomi croisa les bras, impassible.

— Je te l'avais dit.

Atsumu se passa une main sur le visage, essayant de reprendre contenance.

Puis, il souffla un bon coup.

— Bon... Il lui lança un regard méfiant. Merci d'être honnête.
— Tu as peur, maintenant ? se moqua Kiyoomi.
— Un peu, ouais !

Kiyoomi se massa les tempes.

— Regarde, je veux juste être clair : si un jour on en arrive là et que tu trouves que je vais trop loin, tu me le dis.

Atsumu le fixa.

Puis, il hocha la tête.

— OK.
— Et si jamais tu veux essayer autre chose, continua Kiyoomi. Je consentirai à—
— STOP.

Atsumu hurla en agitant les mains, le visage cramoisi.

— C'EST PAS ENCORE LE MOMENT DE PARLER DE ÇA !

Kiyoomi ricana.

— T'es vraiment vierge sur tous les plans, toi.
— FERME-LA, SAKUSA.
— Kiyoomi.

Atsumu s'arrêta net.

Il tourna la tête vers lui.

Kiyoomi soupira, levant les yeux au ciel.

— Atsumu, je voudrais que tu m'embrasses avant de partir. Tu en es capable pas vrai ? Je viens de te montrer comment on faisait.

Atsumu l'ouvrit, puis la referma.

Sa bouche se tordit en une petite moue.

Puis, dans un mouvement presque hésitant, il fit un pas en avant.

Il attrapa la chemise de Kiyoomi.

Et il l'embrassa.

Un baiser rapide.

Un baiser timide.

Mais un baiser sincère.

Quand il se recula, il était encore rouge.

Kiyoomi, lui, avait un sourire en coin.

— Mmmh... pas mal.

Atsumu pouffa, secouant la tête.

— J'vais prendre ça comme un compliment de la part d'un acteur qui a embrassé des centaines d'acteurs avant moi.

Kiyoomi leva les yeux au ciel.

— Dégage, avant que je t'attrape et que tu sois en retard.

Atsumu lui fit un clin d'œil.

— À plus tard, Omi.

Et il quitta sa loge.

Kiyoomi resta un moment immobile.

Puis, en touchant ses lèvres, il soupira.

C'était le premier baiser d'Atsumu, et bon sang ce qu'il embrassait divinement bien.

Kiyoomi le lui dirait sûrement un jour, mais pas maintenant.

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💝

NDA :

J'arrête là avant que je ne parte trop loin. Ils viennent à peine de se mettre en couple. Chaque chose en son temps.

À mercredi prochain !

Hoshi_Steph

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