26
L'odeur du café remplissait doucement la cuisine.
Kiyoomi, concentré, préparait le petit déjeuner.
Il avait trouvé assez facilement de quoi cuisiner dans les placards d'Atsumu—bien que certains aliments soient surprenamment en désordre, et que d'autres semblent être là depuis trop longtemps.
Mais au moins, il avait tout ce dont il avait besoin.
Des œufs.
Du pain frais.
Des épices.
Quelques légumes qu'il pouvait faire revenir rapidement.
Et surtout, du café noir.
De son côté, Atsumu faisait un effort... discutable... pour ranger.
Kiyoomi l'entendait traîner les pieds, soupirer exagérément, et de temps en temps, faire tomber quelque chose.
Il ferma les yeux quelques secondes, cherchant la patience.
— Miya.
— Hmm ?
— Si je me retourne et que je vois encore des canettes sur cette table basse, il se pencha légèrement, je balance tout par la fenêtre.
Atsumu lâcha un rire amusé.
— On dirait une vraie menace, mais je te connais.
Kiyoomi haussa un sourcil.
— Ah oui ?
— Ouais, t'es maniaque. T'aurais jamais le courage de jeter des trucs en vrac dans la rue, t'irais les récupérer pour les trier dans la bonne poubelle.
Le brun ne put retenir une grimace.
Atsumu avait raison.
Et ça l'agaçait encore plus.
— Dépêche-toi de ranger, au lieu de parler.
Atsumu ricana et reprit son tri, un peu plus sérieusement cette fois.
Quelques minutes plus tard, le petit déjeuner était prêt.
Kiyoomi posa deux assiettes sur l'îlot central, et Atsumu s'y installa avec un sourire satisfait.
— Je savais pas que t'étais doué en cuisine.
Kiyoomi haussa les épaules.
— Je cuisine rarement pour les autres.
Atsumu, déjà en train de mâcher son toast, leva un sourcil curieux.
— C'était ton copain qui cuisinait pour toi ?
Kiyoomi s'arrêta une seconde.
Il ne s'attendait pas à cette question.
Un instant, il hésita.
Puis il répondit, simplement :
— On commandait beaucoup.
Atsumu hocha la tête, pensif.
— C'est bizarre.
— Quoi ?
— T'as l'air de vraiment aimer faire les choses bien.
Il désigna son assiette.
— Alors j'me dis que c'est dommage que t'aies pas pu partager ça avec lui.
Kiyoomi ne répondit rien.
Mais une part de lui savait qu'Atsumu avait mis le doigt sur quelque chose.
Il avait toujours suivi les rythme d'Ushijima.
Et jamais, jamais, il ne s'était demandé ce qu'il voulait vraiment partager avec lui.
Il prit une gorgée de café, fixant son assiette.
Atsumu, de son côté, avait déjà fini son plat et tapotait son ventre d'un air satisfait.
— Bon, j'vais prendre une douche. Après ça, t'as prévu quoi ?
Kiyoomi leva un sourcil.
— Pourquoi ?
— Parce que t'es à Osaka, et j'ai bien l'intention de te faire visiter un peu.
Kiyoomi le fixa, sceptique.
— Je n'ai pas besoin d'un guide touristique.
— T'as surtout besoin d'arrêter de penser à ton ex pendant cinq minutes.
Kiyoomi tressaillit légèrement.
Atsumu avait donc deviné ?
Atsumu sourit, comme s'il venait de marquer un point.
— Alors ?
Le brun soupira, lassé.
— Si ça peut te faire taire, pourquoi pas.
Atsumu éclata de rire.
— Je savais que t'étais un bon gars, Omi.
Kiyoomi fronça les sourcils.
— Comment tu viens de m'appeler ?
— Omi ! Je voulais t'appeler Kiyoomi, mais Omi ça sonne mieux !
Kiyoomi grimaça immédiatement.
— Ne m'appelle pas comme ça.
— Trop tard, c'est adopté.
Kiyoomi sentit un mal de tête venir.
Mais pour la première fois depuis longtemps, ce n'était pas si désagréable.
*
La ville d'Osaka était différente de Tokyo.
Kiyoomi l'avait toujours su.
Mais il ne l'avait jamais vraiment ressenti, jusqu'à aujourd'hui.
Il marchait aux côtés d'Atsumu, légèrement déconfit, vêtu d'un sweat ample et d'un jean qui n'étaient pas les siens.
Ils avaient enfilé des casquettes et des lunettes de soleil pour éviter d'être reconnus, et malgré cela, Atsumu semblait totalement à l'aise.
Comme si cette ville lui appartenait.
— Bon, première étape, annonça Atsumu avec un sourire fier.
Il leva les bras en grand, désignant le décor devant eux.
— Bienvenue à Namba !
Kiyoomi regarda autour de lui.
Les rues étaient animées, vibrantes d'énergie.
Les enseignes lumineuses clignotaient dans toutes les directions, contrastant avec les ruelles plus tranquilles où les échoppes locales bordaient les trottoirs.
Atsumu écarta les bras.
— Ici, c'est mon Osaka.
Kiyoomi haussa un sourcil.
— Et c'est censé signifier quoi ?
— C'est pas un Osaka touristique, expliqua Atsumu en avançant dans une petite rue, c'est l'Osaka où j'ai grandi, où j'ai commencé la musique, où j'ai traîné avec mon frère et mes potes après l'école.
Kiyoomi le suivit en silence.
Ils passèrent devant de vieux magasins de musique, où Atsumu s'arrêta quelques instants, pointant les instruments qu'il avait achetés ici dans ses débuts.
— Celui-là, il désigna une guitare électrique accrochée en vitrine, c'est la première guitare que j'ai achetée avec mon propre argent.
— Tu l'as encore ? demanda Kiyoomi, curieux.
Atsumu hocha la tête.
— Ouais, elle est chez mes parents. Mais j'y tiens encore comme à la prunelle de mes yeux.
Ils continuèrent leur balade, s'éloignant des grandes rues bondées, Atsumu lui faisant découvrir des ruelles cachées, des petits sanctuaires nichés entre deux immeubles, et même un vieil escalier bordé de lanternes rouges où il adorait s'asseoir pour écrire ses chansons.
Kiyoomi se surprit à apprécier la balade.
Il n'était pas un grand adepte des sorties, encore moins des visites guidées.
Mais il devait admettre que voir Osaka à travers les yeux d'Atsumu... c'était différent.
Il ne visitait pas un simple endroit.
Il découvrait un morceau de vie.
Un bout de ce qui avait construit Miya Atsumu.
Ils s'arrêtèrent finalement devant un stand ambulant, où une douce odeur de pâte grillée et de fruits de mer flottait dans l'air.
Kiyoomi regarda l'échoppe, méfiant.
— Ne me dis pas que...
Atsumu sourit en coin.
— T'aimes les takoyaki ?
— Non.
— T'en as déjà mangé ?
— Non.
— Alors t'aimes pas "encore".
Kiyoomi ouvrit la bouche pour protester, mais Atsumu avait déjà commandé un lot de six.
Le cuisinier retourna habilement les boulettes de pâte, les laissant dorer sous la plaque brûlante.
L'odeur était tentante.
Mais Kiyoomi se reprit mentalement.
Ce n'était pas dans son alimentation.
Trop de sauce, trop de gras, trop de tout.
Mais il savait qu'Atsumu n'allait pas lui lâcher la grappe.
Quelques minutes plus tard, Atsumu lui tendit une barquette avec des takoyaki fumants, recouverts de sauce sucrée et de copeaux de bonite dansant sous la chaleur.
Kiyoomi le fixa, hésitant.
Atsumu tapota du pied, impatient.
— Allez, goûte.
Kiyoomi roula des yeux, avant de prendre une des boulettes avec les baguettes.
Il souffla légèrement dessus, puis mordit.
La pâte était moelleuse, légèrement croustillante à l'extérieur.
Le poulpe était tendre, la sauce juste assez relevée.
C'était...
Bon.
Il mâcha lentement, méditant sur son propre sort.
Atsumu le fixait, hilare.
— Alors ?
Kiyoomi garda son expression neutre.
— C'est acceptable.
Atsumu explosa de rire.
— Putain, Kiyoomi, t'es vraiment un cas désespéré !
Kiyoomi haussa les épaules.
Mais alors qu'il allait répliquer, Atsumu l'attrapa par le bras et l'entraîna vers un autre stand.
— Maintenant, on passe aux taiyaki.
— Je suis censé avaler combien de conneries en une journée ?
— Un minimum de deux si tu veux que je t'accepte officiellement comme Osaka-jin d'adoption.
Kiyoomi soupira bruyamment.
Mais alors qu'il mordait dans le taiyaki encore tiède, il devait bien l'admettre.
Osaka, sous l'angle d'Atsumu...
Ce n'était pas si mal.
*
La journée avait défilé bien plus vite que Kiyoomi ne l'aurait cru.
Entre les rues animées, les anecdotes d'Atsumu, les dégustations forcées de spécialités locales et les éclats de rire qu'il s'était surpris à apprécier, il ne s'était même pas rendu compte que le soleil commençait à décliner.
Osaka brillait maintenant sous les lumières dorées du crépuscule, et la ville, pourtant toujours aussi vivante, semblait un peu plus calme.
— Dernière étape, annonça Atsumu en s'arrêtant devant un immense bâtiment éclairé de projecteurs.
Kiyoomi leva les yeux.
Un théâtre.
Il cligna des paupières, légèrement surpris.
— C'est le Festival Hall, expliqua Atsumu, l'un des plus grands théâtres d'Osaka.
Kiyoomi connaissait cet endroit.
Il l'avait vu en photos, en reportages, en affiches de spectacles.
Mais il n'y avait jamais mis les pieds.
Atsumu croisa les bras, un sourire aux lèvres.
— J'me suis dit que ça te plairait.
Kiyoomi ne répondit pas immédiatement.
Au lieu de ça, il fixa l'entrée du théâtre, ses immenses colonnes, l'élégance du bâtiment.
Quelque chose remua en lui.
Un souvenir.
Une sensation.
Et, sans vraiment y réfléchir, il murmura :
— Je voulais être acteur de théâtre, à la base.
Atsumu, qui s'apprêtait à parler, s'arrêta net.
Il haussa un sourcil, intrigué.
— Sérieux ?
Kiyoomi eut un sourire discret, presque nostalgique.
— Ouais.
Il s'avança légèrement, observant les détails de la façade.
— Quand j'étais gosse, mes parents m'ont inscrit dans une troupe.
Atsumu le regardait avec curiosité.
Kiyoomi ne parlait jamais de lui.
Et pourtant, là, dans ce lieu chargé d'histoire, il semblait plus détendu.
— J'adorais ça.
Kiyoomi passa une main sur la rambarde en fer forgé devant l'entrée, comme s'il voulait en absorber la texture.
— Le trac avant de monter sur scène, les répétitions, les costumes, les projecteurs...
Il sourit pour lui-même.
— Le théâtre, c'est différent du cinéma.
Il se tourna vers Atsumu.
— Il n'y a pas de coupe, pas de seconde prise. Quand t'es sur scène, t'as qu'un seul essai.
Atsumu hocha doucement la tête.
— Ça te manque ?
Kiyoomi ouvrit la bouche pour répondre.
Puis, il hésita.
Il ne s'était jamais posé la question.
Mais maintenant qu'Atsumu le lui demandait...
Il réalisa que oui.
Peut-être.
Un peu.
Il détourna le regard.
— Je sais pas.
Atsumu le scruta un instant.
Puis il sourit et donna une tape sur son épaule.
— Tu devrais t'y remettre un jour.
Kiyoomi haussa un sourcil.
— Me remettre à quoi ?
— Monter sur scène, répondit Atsumu avec un sourire espiègle. Pour voir si t'aimes encore ça.
Kiyoomi roula des yeux.
— Et tu vas me dire quoi, que toi tu m'accompagnerais en musique ?
Atsumu eut un rictus malicieux.
— Exactement. On ferait une comédie musicale pour changer !
Kiyoomi souffla un rire discret, secouant la tête.
Il n'y croyait pas une seconde.
Mais dans un coin de son esprit, il se demanda...
Et si ?
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🌷
NDA :
Ouais, Kiyoomi est en mode touriste avec Atsumu comme guide touristique. Atsumu fait du mieux qu'il peut pour aider Kiyoomi à se changer les idées comme il l'avait fait pour lui il y a un petit moment.
À mercredi prochain !
✨Hoshi_Steph✨
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