Le rencontrer

Coucou tout le monde,

une petite Vutch du mercredi, ça faisait longtemps, non ? Je dois bien avouer que ça me manquait. Ceci étant, attention, celle-ci est un peu hors cadre.
Je m'explique. Quand avec miss Barjy et notre Sauvage, nous avons eu un de ces débats enflammés dont nous avons le secret, sur le thème de l'omegaverse donc (si vous ne voyez pas de quoi je parle, je vous invite à aller demander à mon ami Google. Il regorge d'explications et de schémas), on s'est dit qu'il y avait longtemps qu'on ne s'était pas lancées un petit défi. L'une comme l'autre, on n'adhère pas trop à ce genre de thématique, ou du moins au traitement qu'on en fait en général. Pourtant, c'est plus qu'intéressant en termes de représentations pour peu qu'on bouleverse un petit peu les codes. C'était notre idée de base.
Je sais que beaucoup sont plus que réticents à voir Butch en oméga (en résumé, un mec doté de cycles de chaleurs). Mais je peux vous assurer que le but était de casser l'image du petit blondinet soumis à son cul moite et du gros alpha dominant. Qui de mieux pour ça que Butchounet et sa grande gueule !?
Bref, j'espère que ça vous plaira et qu'on aura réussi notre coup.
Pour info, miss Barjy commencera à poster son histoire ce dimanche sur Fanfiction.net. Je vous en donnerai le lien et le titre dès que je les aurai ;)
Pour ma part, il s'agit plus d'un gros OS que d'une "vraie" fic à chapitres, mais j'ai découpé le morceau pour en faciliter la lecture. Donc ne vous attendez pas non plus à ce que j'ai creusé le sujet jusqu'au bout du bout ou à un pavé sans fin . Je voulais juste (me) prouver qu'il y avait matière à ;)
Un grand merci à Penny pour sa correction <3 et bonne lecture à vous.

EDIT : et merci à Félie pour sa couverture. Je suis trop fan <3



CHAPITRE 1



_Tu me touches, je t'éclate ta gueule...

V ne comprit ce qui l'avait instinctivement attiré dans cette ruelle sordide qu'en avisant le mec qui y était roulé en boule, tremblant de tous ses membres et les doigts crispés sur la crosse de son Glock. Un oméga. Et en pleines chaleurs, s'il fallait en croire l'odeur de camphre qui se dégageait des lourdes phéromones répandues dans l'air. Une fragrance si forte qu'elle parvenait à supplanter les relents de poubelles et d'eau croupie. Un vrai miracle.

Ce type avait d'ailleurs une chance folle. Vu les effluves qui s'échappaient de lui en vagues intoxicantes, s'il avait croisé un autre alpha que V, il serait déjà écartelé sur le pavé, son corps ravagé avec ou sans son consentement. À moins que l'agresseur ne se soit mangé une bastos avant, se dit-il en remarquant la manière dont le flingue se trouvait braqué sur lui.

_Un pas de plus et je te plombe !

Un oméga rebelle. Voilà qui promettait d'être amusant !

_Parce que tu penses que j'ai la plus petite envie de te fourrer maintenant ? Tu crois pas que t'aurais pu trouver plus romantique pour racoler, non ? ricana V avec une ironie féroce, désignant leur sordide environnement.

_Va te faire foutre, saloperie d'alpha de mes couilles. Trouve-toi un autre trou pour te dégorger le poireau avant que je truffe le tien de balles.

De nouveau, V se dit que ce type était un sacré chanceux. Flingue ou pas flingue, ils ne devaient pas être nombreux les alphas capables de suffisamment se contrôler pour résister à l'urgence de se jeter sur un oméga en chaleur. Et même lui...

D'ordinaire, les phéromones d'omégas ne l'affectaient pas plus que ça. Il lui était même arrivé de rester à siroter son verre de Goose à une table pendant qu'il regardait toute une meute de ses semblables se déchiqueter pour avoir la primeur de baiser un pauvre gars qui se tortillait comme une larve de l'autre côté de la pièce.

D'aucuns disaient que V méprisait les omégas. Ça n'était pas tout à fait vrai. Comment mépriser quelqu'un qui ne choisit pas sa nature, pas plus que le corps dans lequel il naît ? Aucun oméga n'était à même de contrôler ses pulsions sexuelles durant les chaleurs.

Pas même ce grand gaillard mal embouché qui le fixait toujours avec haine et défiance. De la sueur perlait à son front et une immanquable érection tendait le tissu de son jean. À ce stade, l'odeur de son excitation submergerait bientôt tout le quartier.

Et malgré ça, il luttait. Pied à pied. Vaillamment.

V l'étudia avec une curiosité certaine.

L'oméga était puissant, lourdement charpenté, et possédait des traits rudes. Debout, sa carrure devait être relativement similaire à celle de V. Musculeuse. Fait rare chez les omégas d'ordinaire graciles et souples. Toutes les lignes dures et raides de sa silhouette semblaient prendre leur véritable sens quand on croisait une mâchoire volontaire, un nez pété et des yeux noisette plissés par un entêtement farouche.

Plus intrigué qu'il ne l'avait été depuis des années, V s'accroupit, veillant à garder ses distances, et leva les mains devant lui. Un signe de non-agression. L'autre homme sembla accepter ce gage de paix, car il le détailla à son tour, toujours méfiant, mais l'arme légèrement abaissée.

_Qu'est-ce que tu fous là ? demanda V. Si t'étais parti pour éviter les alphas, t'as pas choisi le meilleur endroit...

La raucité de sa voix provoqua une réponse immédiate dans le corps déjà torturé qui se cambra douloureusement. Réaction instinctive. Biologique. Les alphas et les omégas étaient programmés pour s'attirer mutuellement.

Le mec serra les dents à se les briser et V se surprit à l'imiter. Lui que les parades nuptiales des omégas n'affectaient d'ordinaire pas le moins du monde se trouvait décontenancé par l'intensité d'une pulsion tout à fait inédite. Le désir de répondre lui embrasait les reins et l'obligeait à maintenir un contrôle de fer sur la moindre de ses réactions. De même qu'il tentait de ne pas respirer trop fort pour ne pas laisser les phéromones d'accouplement l'affecter davantage.

Pourquoi réagissait-il ainsi, bordel ?

_Je... J'ai oublié..., réussit à croasser l'oméga, plus pâle que jamais malgré la chaleur qu'il exsudait.

_Oublié tes chaleurs ? C'est pas banal, ça... Ce genre de truc à tendance à prévenir.

_Je... bossais. Pas bouffé, pas dormi... J'ai cru que j'avais de la fièvre. Pas fait gaffe. Me suis fait niquer...

_Pas encore visiblement, ricana V.

Sa piètre tentative d'humour se solda par un Glock de nouveau pointé sur son front. Il leva les mains un peu plus haut.

_Calmos, coco. C'était pas une proposition.

_Mon cul, gronda l'oméga.

_Ouais, en général, c'est ça qui intéresse. En tout cas, plus que ta charmante personnalité si je dois me baser sur ce que tu m'offres comme échantillon.

L'autre homme grimaça ce qui devait ressembler à une moue amusée, mais une nouvelle vague le plia en deux. Un appel si fort qu'il manqua de projeter V en avant.

_Barre-toi d'ici, ordonna l'oméga, même si cela ressemblait plus à une prière désespérée.

Dans les yeux noisette, V lut un peu de cette supplication. Un appel à sa propre décence.

Loin de toutes les conventions sociales, cet oméga que tous les alphas auraient traité comme un bout de viande avait le culot d'exiger son départ. D'être laissé en paix. De quoi lui valoir une bonne bastonnade, du moins après que les alphas se soient servis au buffet. Un viol organisé sur lequel tout le monde fermerait les yeux et contre lequel l'oméga ne pourrait même pas protester. À peine touché, il s'enflammerait et se plierait au moindre désir des dominants. Son corps succomberait à un plaisir conditionné, quand bien même le dégoût le submergerait.

Le comble de la honte.

V avait toujours admiré le courage, sous toutes ses formes. Et ce type n'en manquait pas. Il refusait son statut, refusait de courber l'échine, refusait de supplier. Il se posait en égal et exigeait le respect dû à tout être humain, quel que soit son rang.

_Si je te laisse ici dans ton état, reprit-il, tu ne tiendras pas un quart d'heure. Même si t'arrives à en dissuader un ou deux avec ton flingue, ton chargeur n'est pas infini.

Il se releva, sachant quel genre d'image imposait son aura. Dominante. Agressive. Sur cela, il n'avait pas de prise. Tels étaient les alphas. Ce qui demeurait en son pouvoir, c'était le contrôle. Celui qu'il exerçait sur lui-même. Une fois debout, il se força à l'immobilité la plus complète, son regard de diamant plongé dans celui de l'oméga.

_Bordel de merde, siffla celui-ci, alors que ses phéromones devenaient de plus en plus agressives.

De plus en plus persuasives. De quoi pousser n'importe quel alpha à succomber à la délicieuse sucrerie qui s'exhibait sous son nez. Sauf que V n'était pas n'importe quel alpha.

_C'est quoi ton nom ?

_Qu'est-ce que ça peut foutre ? Salope. Chienne. Garage à bites. Choisis, c'est pas comme si ça changeait quelque chose pour vos putes d'omégas.

Courageux jusqu'à la bêtise et l'inconscience. V retint un sourire amusé. Il pouvait vivre avec ça, même si le moment était mal choisi. Plus ils passaient de temps dans la ruelle, plus ils risquaient d'attirer l'attention d'autres alphas.

_Je peux toujours te siffler, mais c'est pas très pratique. Ton prénom m'arrangerait mieux.

Il se retrouva jaugé et évalué par le profond regard noisette, quand bien même celui-ci était vitreux de désir, les pupilles infiniment dilatées.

_Butch, finit par cracher son interlocuteur.

_OK, Butch, dit-il en désignant la sortie de leur impasse, va falloir que tu me fasses confiance. C'est dans tes cordes ?

_Très moyennement, mais est-ce que j'ai le choix ?

_Bonne réponse. J'vais te faire une promesse et tu vas devoir me croire sur parole. Je peux t'aider à sortir d'ici et te ramener chez toi pour que tu t'y enfermes le temps que cette merde passe. Mais pour ça, va falloir me laisser t'approcher. Et me faire confiance quand je te dis que je me contrôle et que je ne te toucherai pas. Enfin nulle part où ça porte à conséquences quoi...

Mieux valait préciser. Dans son état, l'oméga ne tiendrait jamais debout tout seul. Du moins pas suffisamment pour marcher jusqu'à la voiture de V. Un peu de soutien serait donc nécessaire et, par voie de conséquence, de contact.

En temps normal, V se serait senti parfaitement confiant en faisant cette promesse. Il aurait attrapé l'oméga, l'aurait balancé sur son épaule comme un ballot de paille et s'en serait débarrassé dans son coffre sans un battement de cil. Présentement, son instinct lui soufflait que ça n'allait pas être le même genre de balade. Son sexe douloureusement érigé le torturait, pressé contre sa braguette. De même qu'il se demandait comment il allait se démerder pour toucher ce gars sans perdre la tête. Tant qu'il se tenait à distance, il pouvait gérer. Sauf que le doute l'assaillait à l'idée de retrouver Butch pressé contre lui. Surtout si ce dernier se noyait dans la transe de ses chaleurs.

Ledit Butch semblait ruminer les mêmes questions tandis qu'ils se fixaient, encore séparés par une petite dizaine de mètres. Néanmoins, la main qui soutenait le Glock faiblissait petit à petit. Juste de quoi indiquer que Butch était prêt à tenter le tout pour le tout. V admirait cela. À circonstances égales, sans doute en aurait-il été incapable, surtout quand l'infime espoir de salut provenait d'un inconnu large comme une armoire et entièrement vêtu de cuir noir.

V sentit le moment où la volonté de l'oméga ploya, car un véritable nuage de phéromones le noya. Du désir, du sexe, du stupre à l'état brut, certes. Mais également autre chose, de plus subtil. Soulagement ? Gratitude ?

Les yeux noisette s'adoucirent sous leur voile de désir.

_OK, concéda Butch. Tu peux approcher, mais pas de geste brusque. Et si t'essayes de me coller la main au panier, je te déboîte la colonne vertébrale.

Curieusement, V se dit qu'il aurait bien aimé voir ça. Bien aimé savoir à quoi ressemblait ce type dans son état normal. Sa combativité éveillait sa curiosité, fait bien assez rare pour être signalé.

Au moment où il allait esquisser un pas en direction de Butch, une ombre se profila à l'entrée de la ruelle. V jura. Trop obnubilé par ses pensées, il n'avait pas entendu l'autre alpha approcher.

_Miam. Joli petit lot que tu as trouvé là, bava le type, la main déjà posée sur sa braguette. Tu partages ?

Instantanément, le flingue de Butch se retrouva braqué vers le front du jeune cadre dynamique qui venait de se pointer. Tout en lui respirait l'abruti de bas étage, avec sa Rolex de beauf et ses fringues bien coupées. Bien propre sur lui et tellement certain de son bon droit. De sa position dominante.

_Barre-toi, beugla Butch.

Il avait l'air plus affolé par la présence de ce mec avec son petit costume de commercial que par celle de V. Intéressant...

Le nouveau venu ricana et entreprit de dégrafer les boutons de son pantalon.

_Ouvre la bouche, petite salope. Je vais y fourrer de quoi la remplir !

Sentant le moment où la situation allait dégénérer, V se décida en un éclair. D'une habile clé de bras, il retint l'autre alpha et l'envoya valser de tout son poids dans une poubelle proche. La tête du mec heurta le conteneur métallique avec un bruit mat.

Cela avait été un geste instinctif, né de son entraînement au combat autant que d'une rage jusqu'ici inconnue. La simple idée que ce fils de pute puisse poser la main sur Butch avait soulevé en lui une émotion d'une puissance rare. Lui qui ne ressentait presque rien, ou toujours comme si ses sentiments se trouvaient filtrés par un épais voile de coton, avait distinctement éprouvé le besoin de massacrer cet abruti d'alpha au rabais.

C'est mauvais ça, mon petit V, pensa-t-il. C'est l'heure de se barrer vite fait.

Au fond de la ruelle, Butch braquait de nouveau son arme sur lui, comme on se méfie d'un animal sauvage, ignorant quel sera son prochain mouvement. V soupira et appela à lui des années de maîtrise et d'indifférence pour se recomposer une expression distante.

_Bon, parvint-il à articuler. On se tire maintenant ou tu préfères me voir assommer les douze prochains ?

Butch hésita puis baissa son arme, le corps secoué d'incontrôlables soubresauts.

_On se barre...

V avança sans se précipiter, mais aussi rapidement qu'il l'osait. Plus le temps passait, plus le périmètre d'attraction des phéromones de Butch s'accroissait. Pour ne rien arranger, plus V se rapprochait de l'épicentre, de Butch, plus le besoin de le toucher devenait insoutenable.

Ils s'affrontèrent du regard, sachant qu'il était inutile de nier cet élan qui les poussait l'un vers l'autre. Bien malgré eux.

_Tu gères ?

Butch lui posa la question le menton fièrement dressé, tentant de réprimer ses propres pulsions. Surpris de le voir se soucier de lui ainsi, V n'en admira que plus sa détermination.

_Je gère. Et toi ?

_Tu sais que ça va merder dès qu'on va se toucher ? T'en es conscient ?

_Je t'ai promis que tu rentrerais chez toi en un seul morceau. J'te jure que je tiendrai ma promesse.

La gratitude brilla plus fort dans le regard noisette et, pour la première fois, V eut l'impression de prendre la bonne décision. De faire ce qui était juste.

Butch lui offrit un piètre sourire avant de lui poser la question à cent sous.

_Dis-moi que ta bagnole est garée à la sortie de la ruelle...

_Elle l'est. Mais même comme ça...

Il venait d'exprimer leur pensée à tous les deux. Ils hochèrent la tête simultanément, comme pour se donner le top départ, et l'alpha se pencha pour enrouler le bras de Butch autour de ses épaules. Le contact les électrifia des pieds à la tête, soulevant en eux une vague d'une intensité si douloureuse qu'elle confinait à la torture.

Butch relâcha un long gémissement et, sans pouvoir s'en empêcher, poussé par la proximité de l'alpha, lâcha son arme pour se coller à V.

_Aide-moi, putain, gronda celui-ci, les mâchoires verrouillées.

Déjà Butch perdait la tête et lui mordait sans douceur le cou, agrippant ses épaules pour pouvoir presser son sexe raide contre la hanche de V. Même Tantale au plus fort de son supplice n'avait sans doute jamais ressenti une telle pulsion.

V resserra son emprise, esquissa un pas, puis comprit qu'ils n'arriveraient jamais à la voiture dans ces conditions. Perdu dans l'ivresse, Butch cherchait déjà à déboutonner sa braguette pour s'emparer de son sexe. Et même au travers de l'épais pantalon de cuir, ce contact représentait une tentation presque insoutenable.

Il repoussa son tourmenteur du mieux qu'il put. Une fois, deux fois. Un pas, deux pas. Encore et encore. Jusqu'à ce que ces quelques mots s'échappent de la bouche pâteuse de Butch.

_Baise-moi. Besoin que tu me baises. Maintenant !

Non, ça c'était ce dont son corps avait besoin. Le vrai désir de Butch, l'homme, pas l'oméga, c'était de pouvoir se regarder dans une glace le lendemain matin.

V avait fait une promesse et il n'était pas dit qu'il faillirait.

_Je suis désolé, murmura-t-il.

D'un coup sec sur la tempe, il assomma Butch qui s'effondra de tout son poids contre lui.

à suivre

Notes:

Voilà, c'est tout pour cette fois. La suite mercredi prochain avec le lien vers la fic de Barjy.
Bises à tous !

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